HENRI PENA-RUIZ.

 

Français, agrégé de philosophie, il est professeur au lycée Fénelon à Paris. Défendant les valeurs de solidarité, il est devenu un spécialiste des questions de laïcité qu’il pose comme fondement de l’universalité. A ce titre, il a été, en 2003,  un des vingt sages de la commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages : « La laÏcité » « L’Ecole » » Le Roman du monde, légendes philosophiques » »Qu’est-ce que la laïcité? » « Leçons sur le bonheur » »Qu’est-ce l’école ? » « La solidarité, une urgence de toujours ».

GRANDES LEGENDES DE LA PENSEE.

L’auteur a sous-titré son livre : « De la chute d’Icare à l’âne de Buridan. Mythes universels, légendes fondatrices. » Il a réuni en un recueil une série d’émissions de radio faites sur France-Culure en 2005. L’objectif de l’auteur est de partir de mythes ou de légendes pour réfléchir sur la condition humaine et surtout sur le sens de la vie.

Les titres des chapitres illustrent bien l’objectif et les thèmes variés abordés par l’auteur.  J’en citerai quelques-uns : « Le feu de Prométhée ou Les conquêtes de la culture. » « La chute d’Icare ou Les dangers de l’aventure technique. » « Le rocher de Sisyphe ou Le courage de vivre. » « Le choix d’Ulysse ou L’homme responsable de sa vie. » « La balance de Zeus ou Le verdict du destin. » « Le chant du cygne ou L’ultime réalisation de soi. » »Le philtre d’amour ou La passion fatale. » Don Quichotte et les moulins à vent ou La nostalgie de l’idéal. » « L’aveuglement d’Oedipe ou Les détours du destin. » L’âne de Buridan ou La paralysie de l’indifférence. » « La traversée du Rubicon ou Les tourments de la décision ».

L’auteur rappelle la légende, l’analyse, cite les réflexions d’autres écrivains avant d’en tirer un conseil de vie. Ainsi, le lecteur retrouvera-t-il avec plaisir des citations des Stoïciens, des Epicuriens, de Sénèque, Montaigne, Pascal, Camus, Sartre etc.

Le premier chapitre est consacré à Prométhée, dieu de l’Antiquité qui décide de voler le feu à Zeus pour le remettre aux hommes et leur permettre ainsi la connaissance des arts et des techniques. Il sera sévèrement puni puisque attaché à un rocher du Caucase, son foie sera dévoré par l’aigle de Zeus et renaîtra sans cesse pour permettre la perpétuation du supplice. « Ainsi, Prométhée remet aux hommes un des grands attributs de la divinité. C’est toute l’aventure de la culture humaine qui n’est au départ qu’une transformation active de la nature, qui est ainsi décrite. Grâce à Prométhée, l’homme découvre sa vocation – que l’on dira prométhéenne : il s’invente lui-même, littéralement. »

Dédale, artisan athénien dont le nom signifie « l’ingénieux » invente un taureau. Pasiphaé, la reine du roi de Crète Minos, engendre avec le taureau, le Minotaure, moitié homme, moitié taureau. Minos, honteux de la naissance de ce monstre, oblige Dédale à construire un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure, puis Dédale lui-même et son fils Icare. D’après Ovide, Dédale se serait exclamé : « Minos a beau gouverner toute chose, il ne gouverne pas les airs. le ciel du moins leur reste ouvert. » Dédale construit donc avec de la cire et des plumes, des ailes pour lui et son fils. Il recommande à Icare de ne pas s’approcher du soleil. Mais, le jeune Icare, dans la joie qu’il éprouve à voler, s’approche du soleil et tombe dans la mer. Ainsi comme Icare, l’homme porté par l’exigence de la liberté, peut perdre sa lucidité.

Sisyphe, roi légendaire de Corinthe, est condamné par les dieux à remonter sans arrêt un rocher sur une montagne. Camus en fera un personnage heureux qui nie les dieux et arrive à trouver que sa tâche n’est ni futile, ni stérile. « La question du sens des actions s’étend très vite à celle du sens de la vie. (…) Quelle vie voulons-nous vivre et quel bien mérite d’être recherché pour lui-même ? Question essentielle qui appelle une réflexion pour aller vers la sagesse. »

Ulysse, de retour en Ithaque, après la guerre de Troie, est un héros qui a affronté de multiples épreuves. Pourtant, dépouillé de son ambition, il fait le choix d’être un homme modeste. « Tel est le choix d’un sage qui a su méditer l’existence qu’il venait de vivre. C’est, en un sens, le choix inverse de celui d’Achille. Achille avait préféré une vie courte mais glorieuse, à une longue vie dans l’ombre ou dans la modestie. Ulysse choisit, lui, les biens qui tiennent à une vie de sagesse et de tranquille accomplissement de soi. »

L’amour de Tristan et Yseult, l’amour passion, ne s’inscrit pas dans l’ordre des choses. « S’il conduit à la mort aussitôt qu’il s’affirme, il entre dans la belle légende qui le fait survivre pour tous ceux qui s’aimeront plus tard. Comme s’il s’agissait de rappeler que l’élan d’un être vers un autre ne se commande pas, ne se prévoit pas. »

Le déluge est rapporté dans un texte babylonien puis dans la Bible. C’est le récit d’une faute collective des hommes mais aussi d’une renaissance. L’auteur rappelle que les Epicuriens et les Stoïciens voulaient dédramatiser la nature. Il faut, dit-il, « revenir à une lecture sereine des phénomènes naturels, pour dégager le domaine des choses qui dépendent des hommes et celui des choses qui ne dépendent pas d’eux et avec lesquelles il faut composer. »

Jean Buridan, philosophe de l’époque médiévale, voulait démontrer l’impossibilité de décision d’un être paralysé par des motivations strictement équivalentes. Dans sa fable, il montre un âne qui, étant placé à égale distance d’un boisseau d’avoine et d’un seau d’eau, ne sait se déterminer s’il a plus faim que soif, et finit par mourir de faim ou de soif, ce que ne dit pas la fable. « Ne pas savoir quel parti prendre, hésiter, balancer entre deux choix qui semblent équivalents, et rester finalement immobile » c’est le sens de la fable. Mais pour l’auteur, la comparaison entre l’âne et l’homme, ne tient pas. Le philosophe développera longuement la notion d’indifférence mais aussi du libre-arbitre.

César hésite à franchir le Rubicon, à la tête de son armée. Il décidera de le faire, transgressant ainsi l’ordre de Rome. C’est le fameux « Alea jacta est ! » (que le sort en soit jeté), rapporté par Suétone dans sa Vie de César. «  C’est aussi son destin, devenir empereur pour être finalement poignardé par son fils adoptif Brutus. Son « Tu quoque mi fili ! (Toi aussi, mon fils) est le dernier acte sanglant d’un destin. C’est l’analyse faite par les historiens. Mais, pour le philosophe : « Le roman du monde n’a peut-être pas d’autres acteurs que les hommes eux-mêmes, inventant le sens de leur existence par le risque et s’inventant eux-mêmes par une action que nul savoir certain ne peut assurer de sa portée. »

Le ton du livre est celui de la conversation avec un ami, jamais ennuyeux, riche d’enseignements et source de réflexions.

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ECOLO ET L’ENSEIGNEMENT.

 

Sarah Turine était l’invitée de Matin première, ce lundi. Je résume ce qu’elle a dit pour l’enseignement.

LE  VOILE.

Pas question de l’interdire. Pas question de laisser les écoles choisir. En réponse, à une question d’un auditeur, elle précise qu’il ne faut pas créer de « ghettos » ce qui serait le cas si on interdisait le voile partout. Bizarre. Evidemment, dit-elle, il faut que les élèves suivent les cours normalement.

Voilà la position d’Ecolo, qui était celle de leur programme électoral mais pas, nuance, de la campagne électorale, réaffirmée clairement. Je me souviens pourtant que, dans un forum, Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant avaient dit qu’il fallait discuter… C’est fait.

Alors, je voudrais que Sarah Turine m’explique comment une jeune fille voilée peut valablement suivre le cours de gymnastique. De quel droit un parti politique peut-il supprimer ce qui se trouve depuis des années dans le règlement d’ordre intérieur des écoles, à savoir, pas de couvre-chef ? Les profs obtiennent, pas toujours facilement, que les garçons enlèvent leur casquette ce qui est une question de savoir-vivre même dans la religion musulmane. (cf. un film récent). Une nouvelle discrimination fille/garçon ?

Qu’on le veuille ou non, porter le voile est une manière « de se mettre à part », de former un groupe bien visible. Je précise que les autres élèves de la classe, non voilées, musulmanes ou non, se font traiter « d’impures ». Je n’ai jamais entendu quelqu’un relayer leurs réactions qui sont pourtant bien connues des profs. Sur mon blog, quelqu’un m’a conseillé d’imiter la pudeur des femmes musulmanes ! Et oui, nous en sommes là.

Et je ne reprendrai pas tout ce que j’ai déjà dit sur la dignité de la femme, sur les combats des féministes, combien il est blessant de voir que la soi-disant « pudeur » est imposée aux femmes pour éviter la concupiscence masculine.

Tareq Oubrou, théologien et iman à Bordeaux, qui plaide pour un islam moderne, disait dans une interview : les partisans du port du voile, par leur position religieuse, réduisent la femme à un vêtement, et par leur fragilité, trahissent leur ignorance. Ou encore « Cette visibilité est néfaste car, à long terme, cette pratique pose des problèmes spirituels et psychologiques aux filles qui  veulent étudier ou travailler. » Tareq Oubrou participe régulièrement aux émissions religieuses « Islam » sur France2 mais n’est pas invité dans les débats télévisés….

Un dernier mot, je n’arrive pas à comprendre pourquoi Ecolo ne veut pas défendre les valeurs de la laïcité. Et, je rappelle que de très nombreuses écoles catholiques interdisent le port du voile en se basant sur le règlement d’ordre intérieur.

MIXITE  SOCIALE.

 La position de Sarah Turin est très claire. Il faut 20 % d’élèves « défavorisés » dans toutes les écoles. Et en  réponse à un auditeur, « l’élève défavorisé » devient »la musulmane voilée » ! On appréciera. Et elle précise : « Les enfants qui sont actuellement inscrits en école primaire pourront avoir accès à l’école secondaire si l’école primaire est adossée mais ceux qui s’inscriront à partir de demain n’auront plus cet avantage. »

La presse nous a largement informés que le projet de décret d’inscription était une proposition d’Ecolo. Le fameux formulaire…

Beaucoup pensaient qu’Ecolo au pouvoir signifiait le retour des taxes. Cela viendra sans doute. En attendant, ils ne respectent pas un droit constitutionnel qui est la liberté de choix des parents pour l’école de leurs enfants.

Ils ne sont pas conscients du tout que céder sur des valeurs essentielles c’est ouvrir la porte à des dérives qui pourront, dans l’avenir, être graves.

Isabelle Durant, s’était déjà exprimée : elles sont si mignonnes les jeunes filles voilées qu’elle rencontre dans le bus ! Comme s’il s’agissait de cela !

Regarde-t-elle ce qui se passe dans les pays où la charia est appliquée ? N’est-ce rien à ses yeux que les femmes fouettées ? Rien, le combat de beaucoup de musulmanes pour que leur dignité soit reconnue ? Rien, les larmes de celles qui racontent comment la police les traite ? A-t-elle oublié le combat de la jeune fille courageuse qu’on a surnommée « la fille au pantalon » ?

Désespérant.

LE VOILE : ENCORE ET TOUJOURS.

Etudiante voilée.La lecture d’Alexandre Adler a renforcé mes convictions : les décisions prises par nos gouvernants sont souvent  inspirées par des croyances, valables ou non, auxquelles ils adhèrent mais hélas ! aussi par de l’opportunisme, le souci de leur électorat, sans préoccupation réelle des conséquences à court ou moyen terme.  J’ajouterai, et c’est ce qui m’apparaît le plus grave,  sans se soucier que toute décision, régionale ou nationale, est une pièce d’un puzzle mondial.

Nous avons vu comment l’obsession de mixité sociale a abouti à ce calamiteux décret d’inscription qui a raté son objectif, pire a bouleversé la communauté française, mécontenté les parents, les directeurs d’école, les enseignants et a finalement débouché sur l’inverse de l’objectif : la création de listes de bonnes et de mauvaises écoles.

La Communauté flamande constatant la difficulté entraînée par le port du voile dans les écoles s’est très vite prononcée pour son interdiction. On ne peut que s’en féliciter. Elle a résisté au chantage fait par un iman de créer des écoles musulmanes, en insistant bien qu’il en avait les moyens comme il les avait eus pour les mosquées.

La décision a été critiquée par la communauté française pas prête, une fois de plus, à regarder la réalité en face. Le statu quo, autonomie des écoles qui décident par le biais d’un règlement d’ordre intérieur de permettre ou d’interdire le voile, ne fonctionne plus. Les écoles qui permettent le voile voient un afflux de femmes voilées et les directeurs affirment qu’à long terme, ce n’est pas tenable. Dans d’autres écoles, même quand le règlement d’ordre intérieur prévoit l’interdiction des couvre-chefs, qui existe depuis longtemps, certaines musulmanes ne l’admettent pas, allant jusqu’à dire que le voile n’est pas un couvre-chef mais un vêtement !

Soit ! Réfléchissons à cette affirmation. Le vêtement a toujours revêtu une grande importance dans la société. Pendant longtemps, il était le signe d’une appartenance sociale. Il n’y a pas si longtemps que les écoles se battaient contre les anoraks de marque, qui suscitaient la jalousie et faisaient des jeunes qui le portaient un groupe à part, privilégié. 

Les mentalités évoluant, surtout chez les jeunes, la notion d’être comme tout le monde est devenue la préoccupation majeure d’où le succès du jeans. Et bien sûr, nous avons assisté aux réactions habituelles de vouloir quand même se distinguer ou braver l’autorité en portant des jeans volontairement troués ! Le souci de provoquer, de s’affirmer, de braver l’interdit ont toujours été une caractéristique des adolescents. Casquette, cagoule, boucles d’oreille pour les garçons, même combat. Nos notions de savoir-vivre leur sont totalement étrangères. Mais, nous avons réagi, interdit.

Un long détour pour parler du voile. J’ai écouté attentivement les deux jeunes filles invitées à « Controverse » dimanche dernier. (Je suis désolée d’avoir oublié leurs prénoms.) La musulmane voilée avait comme seul argument : « J’ai bien le droit de… » Affirmation courante chez les jeunes. L’autre, après une longue explication de son opportunisme, ne pas porter le voile pour ne pas handicaper son avenir, a attaqué ses compagnes qui portent des jupes courtes et à qui on ne dit rien.

Cette dernière remarque m’a fait réfléchir. C’est bien le reflet d’une conviction que notre civilisation est choquante. Et nous voilà dans le vrai débat. L’Islam défend des valeurs face à un occident corrompu. C’est ce qu’elles entendent à la mosquée, à la télévision, lisent sur Internet. Dans ce contexte, le voile devient un panache, qu’il soit ou non une prescription coranique. D’où leur affirmation, c’est mon choix, un choix qui leur apparaît juste, voire obligatoire.

Comment, dans ce contexte, pourraient-elles entendre nos arguments : dignité de la femme, luttes féministes ? Comment pourraient-elles comprendre que ce qu’elles appellent « pudeur » nous l’appelons soumission et résurgence d’une notion très ancienne : la femme objet de concupiscence pour l’homme ?

Même en sachant cela, nous ne pouvons pas admettre que nos valeurs  soient piétinées. Le « vivre ensemble » cher à nos politiciens, n’est possible qu’en ayant le courage d’interdire ce qui est bel et bien du communautarisme. Etre un groupe à part, bien visible, rend impossible toute vie commune.

Si je comprends que les musulmanes ne se sentent pas manipulées, qu’elles ferment les yeux sur ce qui arrive à leurs soeurs dans d’autres pays, je ne peux pas l’admettre de la part de nos gouvernants. Comment peuvent-ils oublier les « tournantes », la création de « Ni putes, ni soumises » ?

Les discours prosélytes des pays arabes sont une réalité. « L’atlas de la création » envoyé dans toutes les écoles par l’Arabie Saoudite était un signal fort, qui a interpellé nos gouvernants, mais, l’émotion passée, ils se sont empressés de le jeter aux oubliettes.

Discuter encore et encore ne servira à rien. Répéter que bien sûr, les cours doivent être suivis par tous, y compris les musulmanes, donne bonne conscience mais ne règle rien. C’est à l’avenir qu’il faut penser, pour nos enfants et, je l’affirme, aussi pour les musulmanes qui contribueront comme les autres jeunes à créer le monde de demain.

LA LAICITE.

La chouette.Dans le langage chrétien, un laïc était au Moyen Age un baptisé qui n’appartenait pas au clergé. De nos jours, un laïc serait une personne chargée de fonctions, autrefois dévolues au clergé, dans une institution chrétienne. Mais cette appellation tente à disparaître. Dans les écoles catholiques, par exemple, où il n’y a pas de religieux, ce qui est devenu le cas le plus fréquent, on n’appellera plus les professeurs, des laïcs.

Dans la seconde moitié du XIXième siècle, la laïcité est devenue une conception de l’organisation de la société visant à la neutralité de l’Etat en matière religieuse. La laïcité est aussi une éthique basée sur la liberté de conscience visant à l’épanouissement de l’homme en tant qu’individu et citoyen.

Récemment, à propos de la prestation de serment de la députée bruxelloise voilée, on a beaucoup dit que la Belgique était un état neutre, non laïc, alors que la France est une république laïque.

C’est en 1831, que la neutralité de la Belgique a été imposée par les grandes puissances en échange de la reconnaissance de son indépendance. « La Belgique sera, dans ses limites telles qu’elles seront arrêtée et tracées … un Etat perpétuellement neutre. Les cinq puissances lui garantissent cette neutralité perpétuelle ainsi que l’intégrité et l’inviolabilité de son territoire. »

 La Constitution, rédigée rapidement, institue un régime de libertés, remarquable pour l’époque, notamment l’égalité des droits et de la liberté de la presse. Elle reconnaît l’égalité des cultes (art. 19 et 20) et l’indépendance de l’Eglise à l’égard de l’Etat. (art. 21). Certains cultes obtiennent une reconnaissance de l’Etat, par voie législative, à certaines conditions. Actuellement, les cultes catholique, protestant, anglican, israélite, islamique et orthodoxe sont reconnus.

La loi du 21 juin 2002 va reconnaître une forme de laïcité, en mettant sur un même pied, aux yeux de la constitution, le mouvement laïque et les cultes préalablement reconnus. La loi sera matérialisée notamment par la reconnaissance du Conseil d’Action laïque. (CAL)

L’ASBL, « La Pensée et les hommes » a été fondée en 1961. « L’association a pour objet de contribuer au rayonnement des principes de laïcité, de tolérance, de fraternité humaine, de progrès social et scientifique, de libre examen auxquels ses fondateurs sont unanimement attachés. »

L’association organise des émissions de télévision et de radio et édite une revue mensuelle. Ainsi, en Belgique, la RTBF diffuse le dimanche matin « La Pensée et les hommes » en alternance avec l’émission catholique. France2 diffuse le dimanche matin des émissions religieuses : le bouddhisme, les religions juive, islamique, catholique, orthodoxe, protestante mais pas d’émission laïque.

La pensée et les hommes, animée actuellement par Jacques Lemaire, traite des sujets très différents : des sujets de société : la toxicomanie, l’antisémitisme, l’euthanasie, les soins palliatifs, les sectes, le créationnisme, le négationnisme; des sujets scientifiques ou sur l’enseignement : le décret d’inscription, le voile dans les écoles, la lutte contre l’échec scolaire, les associations de parents, l’apprentissage des sciences, le cours de morale. D’autres émissions traiteront des religions ou seront consacrées à des écrivains ou scientifiques : Voltaire, Diderot, Rousseau, Freud, Darwin etc. 

Jacques Lemaire invite deux invités, en fonction de leur compétence ou parfois de leur actualité. (publication d’un livre par exemple). L’esprit de tolérance sera respecté même si les invités sont libres d’exprimer leurs opinions, parfois divergentes.

J’ai mis comme image « La chouette » qui serait le symbole de la laïcité. Chez les Grecs anciens, la chouette était assimilée à Athéna. La ville d’Athènes était sous son patronat. La chouette représentait la pensée élevée, les arts, la musique, l’intelligence et était aussi considérée comme une excellente conseillère.