QUEL PAYS !

Je veux pas parler de la Grèce, de l’Espagne, de la Libye, de la RDC ou d’autres pays d’Afrique ou d’Asie dont la situation dramatique de la population suscite chez moi tristesse et compassion Non, c’est de la Belgique dont je voudrais vous entretenir.

Petit retour en arrière. Après les élections législatives fédérales, Bart de Wever, grand victorieux, cède élégamment (sic) sa place de Premier ministre à Elio Di Rupo. C’est l’euphorie, un Premier francophone, c’est la seconde fois que cela arrive. Nous devons vite déchanter. Il faudra plusieurs mois pour former un gouvernement, les records mondiaux de durée étant battus.

Le Constitutionnel étant prioritaire, la scission de BHV est âprement négociée, mais, miracle ! elle finit par aboutir. Un dossier qui nous a empoisonnés pendant des années est « presque » réglé.

Le gouvernement travaille au budget. Des milliards à trouver mais il finit par y arriver. Ouf ! Mais il a fallu tellement de temps que les élections régionales sont proches, le 14 octobre 2012 s’annonce. Que se passe-t-il ? Tout s’arrête. Ministres fédéraux ou régionaux sont en campagne. Même si on sait que les électeurs votent plus pour une personne, leur bourgmestre par exemple, qu’un parti, ceux-ci ne vont pas prendre le risque de les mécontenter avant les élections.

Je ne reviendrai pas sur la « saga » d’après élections. Accords d’alliance dénoncés, règlements de comptes, alliances inattendues, le vote de l’électeur a peu de poids face aux partis. Pas très démocratique…

Retour au Fédéral pour le budget qui devrait impérativemet être voté avant la fin de l’année. Rien ne filtre au début puis les mauvaises nouvelles s’accumulent. Le taux de croissance est moins élevé que prévu, réduire la dette pour rester dans le déficit de 2,5 % reste un impératif que certains, notamment les socialistes, remettent en cause. C’est tentant mais serait catastrophique au niveau européen et pour le taux d’intérêt très bas dont jouit l’état.

Les langues se délient un peu et nous assistons aux déclarations habituelles. « L’ambiance est bonne » »Toutes les pistes sont envisagées » « Tout est sur la table » Tout le monde veut aboutir ».

En réalité, les partis se déchirent, les tabous fleurissent : index, indemnités de chômage, hausse de la TVA, cotisations temporaire de crise. Pas simple de faire des économies et de relancer la croissance. Chacun a sa petite idée, les notes sont déposées, je dirais presque l’une contre l’autre, comme dans un détestable jeu de cartes. Les chiffres défilent : x millions d’économies si on opte pour telle ou telle solution. Mais comment trancher ?

J’imagine que l’ambiance doit être détestable même si, interrogés à la sortie des négociations, tous les politiques arborent un sourire, un peu crispé, dirais-je.

Dans le pays, la situation se dégrade encore : fermetures d’usines, faillites. Mécontentement, colères, désespoir, discours enflammés et souvent haineux des syndicats, appels des entreprises pour sauver la compétitivité, tout s’enchaîne. Oserais-je dire que j’ai l’impression de vivre dans un pays en guerre ?

Comme si cela ne suffisait pas ou peur-être pour faire diversion, on reparle de la monarchie. Bravo à Albert II pour le rôle capital qu’il joue en ces temps difficiles mais, clament les républicains, un président de république aurait fait aussi bien !

Je rêve. Un pays où il est aussi difficile de se mettre d’accord, où on se moque éperdument des électeurs, où les querelles communautaires n’en finissent pas,  certains croient (ou font semblant) qu’un président élu serait plus légitime, plus efficace. Sur quelle planète vivent-ils ?

Je ne suis pas économiste c’est donc volontairement que je reste vague, que je n’affiche pas mes convictions ou mes préférences pour telle ou telle solution. De toute manière, on ne demande pas mon avis. J’ai voté, n’est-ce pas ? Mon droit s’arrête là ! Je me contente de dire ma tristesse devant ce qui se passe, mon anxiété pour l’avenir.

La crise est mondiale, c’est vrai. La Belgique n’est qu’un tout petit pays dans une Europe, malade elle aussi. Austérité, relance de la croissance, je suis bien consciente de la difficulté rencontrée par le gouvernement. Mais n’avons-nous pas le droit de comprendre, de savoir quelles seront les conséquences – à long terme – des décisions qui seront prises ?

Je le crois même si je ne me fais plus d’illusion.

Et pour terminer, une polémique que je trouve bien stérile, sur le sapin de Noël de Bruxelles. Coût plus élevé qu’un sapin naturel, mais tant pis, ce qui prime, disent les défenseurs, c’est la modernité et surtout de gommer le côté « religieux » de la fête. Dois-je rappeler qu’il a fallu longtemps pour que le sapin s’impose dans les foyers chrétiens même à côté de la crèche ? Qui s’en souvient ? Je vais donc le dire : le sapin n’est pas un signe religieux.

Chacun fait ce qu’il veut chez lui. Heureusement ! J’espère que Noël sera, cette année encore, une occasion de se retrouver en famille pour des moments heureux.

LA BELGIQUE A UN GOUVERNEMENT.

Le gouvernement n’a pas été accueilli par un grand enthousiasme mais plutôt par une résignation teintée de scepticisme. Cela s’explique par la durée de négociations et l’énorme tâche qu’il devra accomplir. Les vingt dernières heures consacrées uniquement à la formation du gouvernement ne sont pas étrangères non plus au sentiment d’inquiétude manifestée par la population. Les ministres vont-ils réellement s’entendre ? Reverra-t-on des marathons comme ceux vécus pendant de longs mois ?

Je soulignerai d’abord combien il est dommage qu’alors que les ministres n’ont pas encore prêté serment, on réentende l’antienne trop connue. « Ils sont forcés de réussir » parfois changé et, c’est encore plus grave, par « Elio Di Rupo est condamné à réussir ». Certains vont même plus loin et prédisent déjà que ce nouveau gouvernement, tant attendu, n’ira pas jusque la fin de la législature. Pire, Elio Di Rupo serait le dernier ministre de la Belgique !

Je comprends que les spécialistes interrogés, politologues, philosophe (!), expriment une inquiétude légitime mais ne pourraient-ils tout de même attendre que le gouvernement ait travaillé avant de prédire de manière péremptoire son avenir ? Je devrais dire son non-avenir. Cela a quelque chose d’indécent, voire d’irresponsable au moment où tout le monde sait que la confiance est primordiale. Pour faire une comparaison, un professeur qui dit à son élève, au début de l’année, qu’il a peu de chance de réussir, le conduit fatalement à l’échec.

Elio Di Rupo a été ausculté par les journalistes, les politiques, les politologues. Certains soulignent sa ténacité, sa patience, ses qualités d’écoute et, cela m’a étonné, son ambition. D’autres évoquent son manque de charisme (sic) et sa difficulté à décider. Il faut tout de même rappeler que le Premier ministre n’est pas tout le gouvernement et que les décisions sont prises par consensus.

J’en viens à la fameuse question du néerlandais. Tarte à la crème pour certains. Un Premier ministre doit parler les langues officielles du pays. (Et l’allemand ?) Cela paraît logique mais je rappellerai que Wilfried Martens, par exemple, parlait un français absolument déplorable et qu’on ne lui a jamais reproché. Quant à son charisme, ayant participé à certaines négociations qu’il présidait, je l’avais surnommé « le poisson froid ».

J’ajouterai que les Flamands s’estiment très vite parfaits bilingues, même s’ils admettent, mais toujours avec un sourire qui dément leurs propos, que leur français n’est pas parfait. Par contre, un Wallon est très rarement considéré comme un parfait bilingue même lorsque sa connaissance du néerlandais est impeccable. Je crois qu’il s’agit aussi d’accent. D’expérience, je sais qu’un Wallon, parlant néerlandais, a un accent insupportable pour les Flamands. Les francophones admettent eux qu’un flamand parlant français a aussi un accent qu’ils pourraient qualifier de désagréable. Ils ne le font pas, pas plus qu’ils ne leur reprochent leurs fautes de français et c’est bien.

J’ai entendu beaucoup de critiques parce que Didier Reynders n’était plus ministre des Finances. Il a fait du bon travail mais a été tellement critiqué non seulement en Flandre mais aussi en Wallonie que c’est une bonne chose. Il avait d’ailleurs dit qu’il souhaitait le ministère des Affaires étrangères. C’est donc une bonne nouvelle d’autant plus qu’un Wallon sera enfin ! sur la scène internationale.

Je ne vais pas m’amuser à compter le nombre de ministres ou de secrétaires d’état donnés à chaque parti. D’autres le font suffisamment. Joëlle Milquët qui tenait tellement à l’emploi est-elle contente ? Je n’en sais rien. Olivier Chastel devient ministre. Récompense sans doute pour son bon travail et le soutien apporté à Charles Michel lors de la fronde anti-Reynders…

J’ai tenu à réagir aujourd’hui parce que c’est tout de même un jour important. Je souhaite bonne chance à Elio Di Rupo et à ses ministres, sans ironie. Si j’aimais les clichés, je dirais, du fond du coeur.

TROIS ANNIVERSAIRES.

Ce lundi 18 juillet, les journaux lient trois anniversaires : 60 ans pour Elio Di Rupo, 20 ans pour la mort d’André Cools, 400 jours sans gouvernement. Etrange de rapprocher ces trois nombres, je le prends comme un hasard du calendrier.

ANNIVERSAIRE D’ELIO DI RUPO.

C’est bien malheureux qu’un anniversaire aussi important, 60 ans, ce n’est pas rien, tombe un si mauvais jour. Elio Di Rupo aurait certainement espéré le fêter dans de meilleures conditions. Mais, je le lui souhaite avec des termes sans originalité : bonne santé, bonheur, sérénité. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille. Et j’ajouterai, l’avenir est parfois meilleur que ce que le présent laisse supposer.

ANDRE COOLS.

Je suis perplexe. Pourquoi ressortir cette pénible affaire ? Certes, elle a provoqué un véritable séisme. Bien sûr, certains ne s’accommodent pas de la vérité judiciaire ni des zones d’ombre. D’autres affaires n’ont jamais été éclaircies, les tueries du Brabant wallon et bien d’autres, moins spectaculaires mais douloureuses pour les victimes.

4OO JOURS SANS GOUVERNEMENT.

Grave, dramatique, incroyable, inouï, je pourrais accumuler les adjectifs. Je vais cependant essayer de souligner ce qui est positif. La Belgique existe toujours, le gouvernement démissionnaire travaille, les libéraux, écartés des négociations sous un faux prétexte, ont été rappelés. Elio Di Rupo a admis que les citoyens devaient être informés, pour moi, c’est important car démocratique.

Le discours a légèrement changé. Je n’entends plus les antiennes reprises constamment, alors que la réalité les démentait. « On est proche d’un accord » « Tout est sur la table » Pas question de ne pas tenir compte du travail énorme fait par les négociateurs de l’Olivier pendant des mois » Embarras mais pas de culpabilité sur le plus incroyable : des négociations uniquement bilatérales depuis septembre !

Il est pathétique de constater que la volonté d’Elio Di Rupo de réunir ensemble les partis qui ont accepté sa note, même en affirmant bien fort qu’elle était négociable, soit intervenue aussi tard malgré les échecs successifs.

Que dire de toutes ces notes qui se sont succédé sans succès ? Et cela continue puisque le CD&NV veut repartir de sa note. Et on espère comme une victoire qu’il rejoindra les négociations malgré le refus de la NV-A. Nous en sommes donc là. Supplier un parti flamand de rejoindre les négociateurs ! Pour faire quoi ? Accepter ce qui paraissait inacceptable, détricoter la note d’Elio Di Rupo, qui, il faut bien le dire, n’est pas parfaite même si le travail que le formateur a fourni est considérable ?

Aucun parti ne veut des élections. C’est vrai que cela ne ferait que radicaliser les positions. Alors ? Bien malin celui qui trouvera une solution au blocage actuel même si le CD&NV rejoignait le groupe des sept.

Il y a pourtant un optimiste : Karl-Heinz Lambertz, le ministre président de la Communauté germanophone, qui affirme qu’on en sortira mais qu’il faudra du temps. Du temps, après 400 jours sans gouvernement. Pourtant, je souhaite qu’il ait raison. Je souligne aussi qu’il a affirmé qu’il croyait que la Belgique fédérale compterait quatre entités. C’est mon voeu mais, actuellement, rien ne permet de le croire. Johan Van de Lanotte va un peu dans le même sens mais avec un bémol d’envergure : « On se dirige vers une structure architecturale du pays composé de quatre entités mais, ces dernières ne pourront pas exercer toutes les mêmes compétences. » (LB du 13/07/2011)

Si mes informations sont exactes, Herman Van Rompuy a programmé un sommet européen le 21 juillet. Cette décision handicape le défilé. Blocage du quartier Schmann, plus de policiers pour assurer la sécurité. Le fait-il exprès ?

Je pourrais terminer mon post par une banalité : « L’espoir fait vivre ». Non, je suis trop désespérée pour dire cela.

LIBRES PROPOS.

Comment avoir envie d’écrire quand on a l’impression d’avoir déjà tout dit sans aucune chance d’être écoutée ? L’écriture délivre, dit-on, c’est peut-être une raison suffisante pour m’exprimer.

GREVE.

La grève, m’a-t-on toujours dit, est un moyen ultime qu’ont les citoyens pour protester, faire pression sur leur patron ou l’Etat, un droit sacré. Tous ceux qui prennent le bus pour se rendre au travail ou à l’école ont très mal pris la grève du TEC. Le mécontentement de 17 personnes réclamant une prime a pénalisé beaucoup de monde. La disproportion entre le motif de la grève et les dommages subis par la population est flagrante. Les syndicalistes auxquels les journalistes ont fait remarquer que le moment était mal choisi n’ont pas hésité à les rembarrer vertement. « Il n’y a jamais de bon moment » « Une grève doit faire mal ». Langage connu mais inacceptable dans ce cas précis.

Je ne comprends pas que les centrales syndicales ne l’aient pas condamnée. Certes, il y aura toujours des grèves sauvages parce qu’il suffit d’un mécontentement local pour que le personnel se mette en grève. Est-ce acceptable ? En agissant ainsi les travailleurs ne banalisent-ils pas la grève ? Les centrales syndicales devraient, au moins, se poser le problème au lieu de reprendre un autre refrain connu : « Il y a grève quand la concertation sociale, que nous privilégions a échoué. » Cela ne correspond pas à la réalité.

MOUVEMENT REFORMATEUR.

Charles Michel a rencontré Bart De Wever. Une rencontre qui devrait être considérée comme normale, même encouragée. Que des présidents de partis se parlent, n’est-ce pas ce que tout le monde souhaite ? Comment comprendre les critiques violentes qui ont suivi ? « Trahison du front francophone » « Scandaleux » ! Décidément, le bon sens est absent du jeu politique, j’irai même plus loin, le respect de la démocratie, aussi.

« La gauche bloque autant que la NVA ». Propos vigoureusement condamnés par Laurette Onkelinx qui parle d’arrogance, par le CDH, par Jean-Michel Javaux qui y voit un manque d’humilité. Et de reprendre son refrain habituel sur la responsabilité des libéraux en 2007. Une manière de réécrire l’histoire. Tout le monde sait maintenant que l’orange bleue a échoué parce que le CDH voulait le retour des socialistes au pouvoir, ce qu’il a obtenu.

Pour moi, l’erreur a été d’écarter les libéraux des négociations en prétextant que puisqu’il s’agissait de donner de nouvelles compétences aux régions, l’Olivier seul devait négocier. Ne soyons pas cruels, mais la situation actuelle devrait, pour reprendre les propos de Jean-Michel Javaux, appeler l’Olivier à un peu « d’humilité » ! Comment peut-on affirmer que seul l’Olivier était en droit de négocier une réforme qui allait chambouler complètement le pays ? Pour moi, il s’agit d’un déni de démocratie.

CERTIFICAT D’ETUDE DE BASE.  

Je souhaite bonne chance à tous les écoliers qui le passent. Mais, déjà, les écoles en immersion soulignent leurs difficultés. Les enfants qui ont suivi un cours en néerlandais ne connaissent pas l’équivalent des mots en français. Les écoles ont essayé de « rattraper » mais ce n’est pas évident. Pour moi ce CEB n’est peut-être pas une très bonne idée. Personne ne peut nier que toutes les écoles primaires sont du même niveau. Je crains qu’on ne se serve des résultats pour établir les listes des « bonnes » écoles.

J’ai aussi trouvé très cynique la remarque de Marie-Dominique Simonet qui affirme que des places vont se libérer parce qu’il y aura des échecs. Dans quelles écoles ?

GOUVERNEMENT.

La note du formateur est attendue avec un certain scepticisme. On verra. En attendant la situation de la Grèce, inquiète la zone euro. La Belgique aussi pourrait être concernée. Et si le gouvernement démissionnaire a fait ce qu’il a pu, obtenant même un bon bulletin de l’Europe, on peut craindre des difficultés si la situation actuelle se prolonge.

Sans vouloir être trop pessimiste, je crains aussi qu’un gouvernement formé, les difficultés seront encore aggravées. Quel sera l’arbitrage entre des programmes socioéconomiques aussi éloignés ? Quelles répercussions économiques pour les régions si les réformes passent ?

Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Encore faut-il ne pas se tromper.

HIER… MAINTENANT… DEMAIN…

 

Le jour des élections, quelqu’un, je ne sais plus qui, avec un humour que je qualifierais de déplacé, disait que le résultat des élections reflétait le drapeau belge : jaune et rouge. Il oubliait le noir, symbole du deuil. Journée noire bien sûr pour les perdants, MR ou CD&V et   pour la Belgique.

J’ai été complètement ahurie d’entendre dire que la victoire de la NVA était historique. Que le score soit historique, oui, mais l’événement, non. Les historiens qualifient d’historique ce qui est exceptionnel mais pas n’importe quoi. Ainsi n’ai-je jamais entendu la guerre de 1940 et, Dieu sait ce qu’elle avait d’exceptionnel, qualifiée d’historique !

Autre surprise, Bart De Wever est devenu un homme d’état. Par un seul discours. Il a suffi d’un peu de sémantique : la Belgique ne va pas exploser mais imploser, il ne veut pas une révolution mais une évolution jusqu’à l’évaporation lente du pays et il tend la main aux Francophones !

L’insistance est mise aussi sur le fait qu’il est démocrate, entendez par là, élu démocratiquement mais cela me semble aussi un peu facile. L’élection ne suffit pas. Combien d’hommes ont été élus démocratiquement et ne sont pas considérés comme démocrates ? Je ne voudrais pas être désagréable en citant des noms, mais je crois que c’est une évidence.

S’asseoir sur la Constitution, qui est tout de même la base de notre pays, est-ce vraiment une attitude de démocrate ? Apparemment, ses discours électoraux sont oubliés mais vouloir faire de Bruxelles une ville non une région, dire que la famille royale doit disparaître avec un commentaire désobligeant « ils sont assez riches ! » restent pour moi, un discours qu’il ne faut pas oublier. Puisqu’en Belgique, on aime bien les symboles, être reçu par le roi, en tant que   président victorieux donc appelé à gouverner, s’y présenter « sans cravate » est soit une provocation, une de plus, soit une marque de mépris qui devrait le faire descendre de son piédestal d’homme d’Etat.

« Ils sont bien obligés de s’entendre » dit-on à propos d’Elio Di Rupo et de Bart De Wever et, la mine grave, les politologues essaient de nous persuader que ce sera difficile mais faisable. Même discours d’ailleurs de la part d’Elio Di Rupo, qui veut rassurer.

Rassurer, c’est bien l’ambiance actuelle. Je comprends, les agences de notation, sont attentives et pour elles, l’instabilité d’un pays peut peser lourd. Guy Quaeden le rappelait encore ce matin. Mais on ne peut pas dire que la campagne électorale ait été centrée sur la situation économique grave de la Belgique, sauf pour faire des promesses qui vous amènent des électeurs… Après, il suffit de dire qu’une coalition est toujours synonyme de compromis.

N’empêche que, tout le monde est d’accord pour dire que les programmes économiques des deux partis sont très éloignés. Il est vrai que déjà aujourd’hui, on ajoutait que Bart De Wever avait aussi des préoccupations sociales… Rassurer, vous dis-je, rassurer… Dois-je rappeler que certains Flamands, expliquant pourquoi ils avaient voté NVA, ont parlé « d’un bon coup de pied donné aux Francophones » ?

Je ne peux pas souhaiter que la formation d’un gouvernement soit impossible, l’enjeu est trop important. Mais, je suis sceptique. Même s’ils y arrivent, le compromis sera-t-il durable ? Bart De Wever ne posera-t-il pas aisément les jalons qui lui permettront d’aller plus loin, quand il l’aura décidé ? Croire, comme on le dit, que nous allons avoir quatre ans de paix, certains disent même dix ans, je ne le crois pas. Quelle sera la réaction des électeurs du PS ? Il est vrai que tout est fait pour préparer le terrain. Elio Di Rupo, premier ministre, quel honneur ! Et petit à petit, les députés wallons s’expriment, serait-ce si grave si tel ou tel domaine était régionalisé ? Seule, jusqu’ici la sécurité sociale reste un tabou. Pour combien de temps ? Et, franchement, est-ce suffisant ?