JANINE BOISSARD.

Janine Boissard C John Foley

Janine Boissard est née le 18 décembre 1937 à Paris. Elle a écrit « L’esprit de famille », en six tomes, qui a connu un très grand succès et a fait l’objet d’un film et d’une série télévisée. Ses autres romans sont moins connus.

UNE FEMME NEUVE.

La narratrice est Claudine, 45 ans, mariée à Julien Langsade, la cinquantaine. Ils ont deux grands enfants, Mathilde et Eric.

L’histoire commence par une annonce dramatique, Julien lui fait part de son intention de la quitter pour une jeune stagiaire , après vingt-cinq ans de mariage. Elle est effondrée car elle  ignorait la liaison de son mari. De surplus, il lui dit qu’il l’aime toujours mais que sa maîtresse, qui a vingt-cinq ans, ne veut plus attendre. « Je ne voulais pas ! J’ai tellement horreur de te faire mal. J’ai attendu tant que j’ai pu mais je ne pouvais plus, vraiment ; et je l’aurais perdue »

Claudine n’a jamais travaillé. Julien lui laisse l’appartement dont le loyer est très élevé. Elle veut le garder car il est plein de souvenirs heureux.

Elle va très vite être confrontée à la réalité : elle doit travailler. Elle s’est mariée très jeune, elle n’a aucun diplôme, aucune compétence. Elle va devoir poursuivre un long chemin pour s’en sortir.

Elle en veut terriblement à son mari, d’être brutalement rejetée et le traite de salaud. Elle se rappelle le début de son mariage et l’aveu de Julien : il l’a épousée parce qu’elle était « une femme neuve »

 Une amie Fabienne, qui tient un magasin de brocante lui propose de travailler avec elle. Elle accepte mais ne convient absolument pas pour ce travail. Très vite, Fabienne la vire.

Elle va accepter de faire « du porte à porte » pour une entreprise mais cela ne marche pas.

Elle va donc se décider à pousser la porte d’une agence qui aide les gens à trouver un emploi. Claudine sera agressée par un chômeur qui lui reproche de prendre le travail des autres. « Qu’ont-elles toutes ces femmes à vouloir travailler ? »

L’auteur nous rappelle ce qui était l’usage à l’époque, en 1980. Beaucoup de femmes ne travaillaient pas. Parfois ce n’était pas un libre choix mais une demande de leur mari qui insistait pour qu’elle soit entièrement disponible pour lui et les enfants. Un choix accepté car  il était largement répandu dans la bourgeoisie. Ce sont les féministes qui, les premières, ont attiré l’attention des femmes sur ce qui pouvait leur arriver quand leur mari les abandonnait.

Claudine se rappelle d’ailleurs les débats qu’il y avait à l’époque sur le travail des femmes et le mépris des hommes envers les femmes qui travaillaient.

Claudine va s’inscrire à l’agence. Elle regarde les annonces collées sur le mur et se rend compte qu’elle peut seulement faire ce qu’elle a toujours fait, s’occuper des enfants.

Elle sera embauchée par la mère de Bertrand Sainteville en usant d’un stratagème. Une lettre de références qu’elle signe de son nom d’épouse et une demande faite sous son nom de jeune fille.

Elle a compris qu’elle devait s’habiller autrement. Elle ne pouvait plus être « la bourgeoise » qu’elle avait été si longtemps.

Bertrand a besoin d’aide car sa femme est décédée et il a trois enfants dont elle devra s’occuper en plus du ménage et des repas.

Claudine aura cette pensée : « Je découvre des choses banales : la différence entre un travail fait pour les siens et avec amour et le même fait pour les autres et contre de l’argent. »

Elle suivra une formation et deviendra une auxiliaire régulatrice dans les hôpitaux. Sa fille aura cette remarque charmante : en fait, tu es une « écouteuse » comme tu l’étais pour nous.

L’auteur aborde un autre sujet pénible qu’est le divorce. Estimation des biens, conciliation chez le juge, prononcé du divorce par consentement mutuel. Elle vit très mal cette situation mais ne s’oppose pas à la demande de son mari.

Claudine sera aussi confrontée aux difficultés financières. Son mari lui verse une pension, elle est donc privilégiée, mais malgré cela et son travail, elle doit renoncer à tout le superflu qu’elle avait toujours qualifié de « nécessaire ». Elle renoncera à son appartement, le loyer étant vraiment trop cher.

L’auteur n’a pas voulu faire un livre très noir. Claudine connaîtra Florent qui l’aidera dans son parcours psychologique. Une liaison très brève car lui aussi sans travail acceptera la proposition de son frère et partira à Rio.

Claudine a aussi la chance de pouvoir séjourner dans la maison de famille, où son père l’entourera de toute son affection.

Ces séjours sont d’ailleurs largement décrits par l’auteur, une vie simple, dans la nature, un contraste avec sa nouvelle vie professionnelle.

Claudine s’apercevra aussi combien la vie de femme seule est difficile. Des détails qui font comprendre la difficulté éprouvée par les femmes à cette époque.

Une anecdote. Elle met longtemps à se décider à entrer dans un restaurant. On la place à une petite table, en retrait et elle se rend compte que le dîner est servi très rapidement car le restaurateur lui en veut d’occuper toute seule une place revenant à un couple !

J’ai hésité avant de relire ce livre. Je l’ai bien aimé car il me rappelle une époque que j’ai bien connue.

Rien à voir avec la situation actuelle. Même si le divorce est souvent un drame imposé par le conjoint, les femmes sont moins démunies qu’à cette époque. Les nécessités économiques ont fait que rares sont les épouses qui peuvent se permettre de ne pas travailler.

J’ai réentendu les propos de l’époque sur l’épanouissement que procurait le travail aux femmes. Un discours féministe qui ne correspond pas toujours à la réalité. Les femmes restant encore souvent les seules à s’occuper des enfants et du ménage même s’il y a un grand changement chez les jeunes couples qui sont « pour le partage des tâches ». Un progrès très relatif car les femmes sont souvent plus préoccupées par leurs enfants que les hommes.

Je ne vais pas faire un débat sur l’égalité des sexes, ce n’est pas le propos du roman et si je me suis permis quelques réflexions je voulais avant tout faire connaître le livre.

Le titre « Une femme neuve » l’auteur le reprendra trois fois. En parlant de Claudine que son mari a épousée parce qu’elle était « neuve » (on dirait maintenant vierge, mais pas question d’utiliser cette expression à l’époque). Mathilde dira aussi à sa mère que la maîtresse de Julien lui plaisait parce qu’elle était « neuve ». Enfin, Claudine après son itinéraire difficile deviendra une femme « neuve » parce qu’elle a su devenir indépendante.

J’espère que d’autres femmes ou hommes liront le livre pour se rendre compte de l’évolution des femmes. Et pourquoi pas, d’un discours féministe pas toujours valable mais qui a quand même joué un rôle certain dans la société.

 

J. COURTNEY SULLIVAN

J. Courtney Sullivan

J. Courtney Sullivan est écrivain et journaliste. Elle est née en 1982 et a fait ses études dans une université privée, uniquement réservée aux filles, le Smith Collège. Elle vit à Brooklyn et est journaliste au New York Times.

Œuvre : « Commencement » « Les débutantes » « Maine ».

Ses livres ont connu un grand succès aux Etats-Unis.

LES DEBUTANTES.

C’est l’histoire de quatre jeunes filles qui se sont connues à l’université et se retrouvent pour assister au mariage de l’une d’entre-elles, Sally, qui a lieu sur le campus de l’université.

L’auteur alterne les chapitres consacrés à chacune d’elles en mêlant leurs souvenirs universitaires et leur vie actuelle.

Célia est une irlandaise catholique qui rêve de devenir écrivain. Elle est charismatique, s’intéressant à ses autres compagnes, conseillère à l’occasion. Elle vient d’une famille aisée.

Bree vient du sud. Elle a été fiancée à seize ans mais a rompu ses fiançailles. Elle est amoureuse de Lara mais vit mal son homosexualité car elle veut se marier et avoir des enfants. Elle sera avocate.

Sally vient de perdre sa mère. Elle est riche mais n’y accorde pas d’importance. Elle va vivre des relations amoureuses et finira par se marier à vingt-cinq ans.

April est une féministe radicale. C’est la seule qui travaille pour payer ses études. Avec Ronnie, elle va monter une société pour tourner des films sur le sort des femmes : crimes d’honneur au Pakistan, mutilations génitales en Afrique, commerce du sexe en Asie et en Europe de l’Est.

L’auteur nous fait connaître l’université bien spéciale de Smith où tout est permis et où règne une grande tolérance.

Les quatre jeunes filles, très différentes, se lient d’amitié à l’université mais cette amitié perdurera même quand elles seront adultes. Elles gardent toutes un excellent souvenir de leur séjour universitaire même si la vie ne répondra pas aux attentes qu’elles avaient quand elles étaient étudiantes.

L’auteur aborde tous les sujets : mariage, grossesse, deuil, vie amoureuse, viol, ruptures, suicide. Les choix de vie des jeunes filles  ne sont pas toujours approuvés par leur entourage ou leurs parents par exemple l’homosexualité. Les parents de Bree refuseront de recevoir Lara.

Le plus intéressant est la vie à Smith. Loin des parents et des pressions de la société, véritable cocon, les jeunes filles peuvent faire leurs expériences et bâtir leurs plans d’avenir car tout semble possible. C’est un univers surprenant pour un lecteur occidental.

Le livre a remporté un grand succès. Roman sur l’amitié, sûrement, c’est le meilleur du livre.

Féministe ? Je suis plus réservée. Elles ont conquis l’indépendance, vivent sans contrainte à l’université mais si elles ont l’air de détester les hommes, elles ont des relations amoureuses…   L’homosexualité est très présente à l’université mais pas acceptée par la société. J’ajouterai qu’en 2000 elles profitent des acquis de celles qui les ont précédées.

J’aurais voulu en savoir plus sur leur réussite professionnelle qui est, selon moi, un vrai critère de l’émancipation des femmes.

Le livre est bien écrit, drôle, parfois émouvant mais je n’ai pas accroché à la deuxième partie.

Un mot sur l’université. Smith fait partie des sept universités féminines de l’Amérique, appelées les « les sept sœurs » Beaucoup de féministes engagées y ont fait leurs études comme Margareth Mitchell en 1922 et l’auteur.

Des citations tout de même du féminisme de l’auteur :

« Le féminisme est la notion radicale que la femme est un être humain. – Les hommes pris par un, on les adore, en groupe, ce sont des demeurés » (sic !)

« En fait, quand une femme écrit un livre qui se rapporte de près ou de loin aux sentiments ou aux relations humaines, on l’estampille littérature pour filles ou romans féminins »

Je ne peux pas être d’accord avec ce jugement d’une critique dont le nom n’est pas cité, repris en quatrième de couverture :

« Si Les débutantes est d’abord un hymne à l’amitié, c’est également une réflexion passionnante sur l’indépendance des femmes dans notre société. Une réussite. »

A chacun son opinion…

 

GEORGE SAND.

George Sand

Dans son livre « Les mots des Femmes » Mona Ozouf consacre un chapitre à George Sand. Aurore Dupin est née à Paris en 1804 et décédée à Nohant en 1876. Elle a passé son enfance à Nohant auprès de sa grand-mère maternelle. Après la mort de celle-ci, elle épouse en 1821 Casimir Dudevant. Le mariage est désastreux. Aurore a des aventures amoureuses puis part seule à Paris, sans ses enfants, Maurice et Solange. « Je suis enfin libre mais sans mes enfants ». Elle reprendra Solange plus tard.

Elle entame une carrière de journaliste, romancière, dramaturge. « Lélia » « La mare au diable »  « La petite Fadette » « Histoire de ma vie »

Elle est surtout connue pour sa liaison avec Alfred de Musset (1833) puis Frédéric Chopin. (1838). Elle est très connue du milieu littéraire et, d’après Mona Ozouf est, de son vivant la femme la plus haïe et la plus calomniée.

A trente-trois ans, elle fait une déclaration qui fait date : « J’en fais le serment, et voici la première lueur de courage et d’ambition dans ma vie, je relèverai la femme de son abjection et dans ma personne et dans mes écrits, Dieu m’aidera. »

Elle se démarque par sa tenue : pantalon, chapeau gris, grosse cravate, cigare et pipe. Elle choisit pour écrire un nom masculin, mais sans S et les quatre premières lettres de son amant de l’époque, Jules Sandeau.

Elle justifie sa tenue au nom de la liberté, la superbe indépendance dont les hommes se croyaient seuls détenteurs.

Elle revendique la liberté pour les femmes qui à l’époque dépendaient de leur mari même pour ouvrir un compte en banque ou considéraient qu’ils avaient le droit de décider de l’éducation des enfants.

Pourtant c’est « Aux femmes de faire des enfants, donc de faire l’enfance des hommes, les hommes eux-mêmes. » Egalité des sexes même si, pour elle, la maternité est une fierté.

Par contre, elle est très opposée à l’institution du mariage qu’elle considère comme un rapport boiteux établi entre les sexes par la société. Elle ira jusqu’à parler « d’esclavage » et même de « prostitution ».

Tout lui est insupportable, la cérémonie, la fierté de s’entendre appeler Madame, l’ingénuité des jeunes filles qui vont à la nuit de noce « comme des pouliches – comme on tend le cou au lacet ». Elle ne cessera de demander aux amis qui se marient de ne point être brutaux. « Les hommes ne savent pas assez que cet amusement est un martyre pour nous. ».

Rien d’étonnant qu’elle revendique pour les femmes la liberté de divorcer. « Le mariage d’amour partagé est la plus belle chose du monde, le mariage sans amour est la plus détestable. » Normal donc de se séparer quand l’amour n’est plus là. Ce n’était pas la conception de l’époque et surtout de l’Eglise qui considère les liens du mariage comme indissolubles. La prescription de Saint-Paul : « Femmes, obéissez » elle ne l’admettra jamais.

Bizarrement, pourrais-je dire, elle refusait toute participation des femmes à la politique. Elle a toujours refusé de figurer sur une liste de candidats. Elle ne croyait pas les femmes inaptes puisqu’elles les considéraient capables de tout mais disait-elle « Comment les femmes que le mariage faisait vivre dans la dépendance des hommes pourraient-elles espérer conquérir cette indépendance-là ? »

Elle est logique envers elle-même en considérant que la priorité est l’obtention des droits que le mariage enlève aux femmes. Elle avait vécu la révolution de 1848, la fête de la fraternité avec enthousiasme mais avait l’intuition que les révolutions ne triomphent que lorsqu’elles sont faites dans les esprits. Elle n’avait pas tort. C’est vrai encore aujourd’hui.

Quand s’annonce la vieillesse, elle écrit à Flaubert : « Voici venue l’heure du repos » et encore : « Tu vas bientôt entrer dans l’âge le plus favorable de la vie, la vieillesse. »

« On n’est jamais vieux quand on ne veut pas l’être ». A côté de ce qu’elle considérait comme le fond d’une vie réussie – la sécurité d’âme de l’amour partagé et la maternité – il y avait mille autres choses : la musique, la botanique, l’amitié qu’il faut entretenir, les chats, la campagne, les fleurs…

Elle avait un formidable appétit de vivre et trouvait son bonheur dans l’absence complète de vanité. Que les hommes puissent attacher tant d’importance aux honneurs lui était incompréhensible. Elle avait d’ailleurs refusé de faire partie de l’Académie française.

A ses funérailles, dans le petit cimetière de Nohant, se pressaient des personnalités : le prince Napoléon, Renan, Dumas… Victor Hugo avait envoyé un message : Je pleure une morte, et je salue une immortelle. » Flaubert qui l’avait beaucoup admirée écrira : « Il fallait connaître comme je l’ai connue pour savoir tout ce qu’il y avait de féminin dans ce grand homme, l’immensité de tendresse qui se trouvait dans ce génie ».

Une fois de plus, Mona Ozouf nous trace un portrait touchant de George Sand, loin des caricatures dont nous avons souvent été abreuvés. Ses romans ne sont pas passés à la postérité, ils sont pour nous largement dépassés. Mais son combat pour les femmes mérite notre reconnaissance. Que sa vie ait paru scandaleuse à certains est compréhensible. Mais je ne retiendrai que sa quête pour la liberté et son éloge de la maternité.

 

SIMONE de BEAUVOIR.

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir est née à Paris en 1908 dans une famille de moyenne bourgeoisie. Elle est agrégée de philosophie, essayiste et romancière. Elle est décédée en 1986.

Extraits de son œuvre :

Romans : « L’invitée » « Tous les hommes sont mortels » « Les Mandarins » « La femme rompue ».

Essais : « Le Deuxième Sexe » « La Vieillesse »

Récits autobiographiques : « Mémoire d’une jeune fille rangée » « La Force de l’âge » « La force des choses » « Une mort très douce » « Tout compte fait » « La Cérémonie des adieux ».

Simone de Beauvoir est la dernière héroïne du livre « Les mots des femmes » de Mona Ozouf.

Le bonheur est l’obsession de toute sa vie. « Même si l’on n’est pas aimé, même si l’on n’est pas aimable, restent encore la littérature et le simple plaisir de respirer. Avec de bons livres, tout ça qui est bien réel et solide, ne nous manquera jamais. » Elle s’acharnera à être satisfaite et y parviendra presque toujours.

Mona Ozouf s’intéresse à sa jeunesse. D’après elle, Simone a dit détester son enfance, si morose, si rangée qu’elle a failli en étouffer. Si la famille de Simone était conventionnelle, son père l’emmenait au théâtre, était fier de ses succès scolaires et la maison était pleine de livres. Sa mère était bigote mais son père athée. Puis il y avait son amie Zaza éblouissante.

Sur les photographies des « Mémoires » une Simone de deux ans et demi affiche déjà l’air de l’indépendance. « C’est une impatiente, une colérique, avec des flambées brusques de désirs et des suffocations de rage ; une despote qui aime tenir sa petite sœur courbée sous sa volonté. »

Dans le trio d’étudiants qu’elle rencontre en préparant l’agrégation, c’est Sartre qu’elle élit pour sa réputation sulfureuse.

Dans son livre « Tout compte fait » elle fait le bilan de sa vie heureuse grâce à ses dons et à la chance : une santé insolente, des études réussies qui lui garantissaient une indépendance matérielle et l’amour de Sartre.

Et, bien sûr, ses livres dont elle dit que chacun lui coûte deux à trois ans de travail mais que pour elle tout labeur reste un plaisir.

L’amour. Pas seulement celui de Sartre mais aussi des hommes et des femmes. Dans le pacte passé avec Sartre il était clair qu’à côté de l’amour qui les liait, il y aurait forcément « des amours contingentes ».

Qu’est-ce que pour Beauvoir être née femme ? Jusqu’à ses quarante ans, rien, elle vit dans un monde d’hommes et s’y sent bien.

« Le Deuxième Sexe » va changer son regard. « Etre femme, ce n’est rien, en effet, ni essence ni destin. Mais pour la grande majorité des femmes, ce rien est tout »

Ce livre qui va rester son œuvre majeure et aura tant d’influence sur les femmes est né du hasard. Elle admirait « L’Age d’homme » de Michel Leiris et voulait prendre aussi le risque d’une autobiographie. Sartre trouvait qu’une question préalable se posait : qu’a signifié pour elle le fait d’être une femme ? Rien du tout, « ça n’a pour ainsi dire pas compté ». Elle s’enfermera deux ans à la Bibliothèque nationale, ira de surprise en surprise et modifiera sa vision du monde. Elle décrira tout et découvrira que si la biologie peut piéger les femmes, elles peuvent aussi s’en libérer, rejeter cette société qui fait de la femme un être relatif et subalterne. D’où la fameuse phrase : « On ne naît pas femme, on le devient. »

Elle avait tout fait pour ne pas le devenir. Ni meubles, ni maison, ni appartement. Pas de tâches ménagères. Pas de mariage même si Sartre le lui a proposé. Pas d’enfants. Dans « Le Deuxième Sexe » elle rejette le prétendu « instinct maternel » et ne voit dans le désir d’enfants qu’un choix individuel.

Son credo est que c’est la dépendance, l’impossibilité de s’affirmer comme sujet, et non la féminité, qui est responsable du malheur féminin. « En se libérant, la femme aura accès à ces valeurs d’indépendance, de risque, d’intelligence, qui sont déjà privilégiées par les hommes : le monde masculin a l’universel dans son particulier. »

Le paradoxe est que Simone de Beauvoir considérée comme « féministe » s’attirera la méfiance des féministes radicales. Elle concédera qu’elles peuvent être utiles pour « la cause » mais restera fidèle à sa conception : un rapport aisé, détendu avec les hommes.

Lorsqu’elle tombe éperdument amoureuse d’Algren, elle nie « appartenir » à Sartre mais refuse de venir vivre avec lui. « Elle ne peut pas faire autrement. »

Sa découverte de la vieillesse sera douloureuse. La conclusion de « La Force des choses » le dit bien : « Oui, le moment est arrivé de dire jamais plus ! Ce n’est pas moi que me détache de mes anciens bonheurs, ce sont eux qui se refusent à moi. »

La fameuse phrase qui termine le livre  « J’ai été flouée » a été considéré comme un aveu d’un regret d’avoir refusé sa féminité, la maternité, l’émancipation, ce n’est pas ce qu’elle dit dans ce très beau livre. La vie est toujours faite de choix donc de renoncements.

A cette irruption de l’idée de la mort dans sa vie, elle réagit comme elle a toujours fait, en l’affrontant.

Pour Mona Ozouf, le gros livre qu’elle consacre à la vieillesse est un pendant de cheminée au « Deuxième Sexe ». On ne naît pas vieux, on le devient. Mais dans ce devenir-ci, tout est subi.

Dans un entretien, elle dira : « Une femme peut passer à travers la vie en refusant d’admettre qu’elle est fondamentalement, par ses valeurs, son expérience, sa façon d’aborder la vie, différente des hommes. Mais il est très difficile de ne pas se rendre compte qu’on est vieux. Et devenir vieux, c’est devenir mort, c’est devenir rien. »

Une conception bien pessimiste de la vieillesse mais contredite, je crois, par sa vie. D’ailleurs, ne dira-t-elle pas aussi dans « La Vieillesse » : « Il est plus facile de disparaître de ce monde quand on y est une fois vraiment apparu et qu’on y a laissé sa marque. »

Cela, elle a réussi. Elle fait partie de l’Histoire. Qu’on l’approuve ou qu’on ne l’approuve pas, qu’on l’aime ou pas, elle sera toujours une des grandes dames du vingtième siècle.

 

ENQUETE D’HERODOTE.NET.

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Olympe de Gouges.

Pastel d’Alexandre Kucharski (Wiképédia)

Le site d’histoire, Hérodote.net, a invité ses lecteurs à choisir sur une liste de 31 noms, une à trois personnes françaises dignes d’entrer au Panthéon.

4228 personnes se sont exprimées. Voici le résultat de l’enquête.

Une première surprise, en tête du classement, se trouve une personnalité peu connue : Olympe de Gouges. Née Marie de Gouges (1748-1793) elle a participé à la dénonciation de l’esclavage. Elle a combattu pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Ses idées, fort en avance sur son temps, lui ont valu la guillotine.

Le philosophe Denis Diderot occupe la deuxième place. Né le 5 octobre 1713 il a affiché  son athéisme dans ses écrits.  Il est surtout connu pour la rédaction de l’Encyclopédie « Monument de l’esprit humain ».

Une autre femme occupe la troisième place Geneviève Anthonioz de Gaulle, nièce du général de Gaulle, résistante, rescapée du camp de Ravensbrück, elle a milité dans l’association ATD-Quart Monde du père Joseph Wresinski.

Encore une femme à la quatrième place Simone Weil (1909-1943) issue d’une famille agnostique juive, normalienne et philosophe, militante active de la cause ouvrière. Elle a d’ailleurs travaillé en usine, s’est engagée à Londres dans la Résistance et est morte d’épuisement à l’âge de 34 ans.

Les femmes sont nombreuses dans le classement : Louise Michel (la Vierge rouge), Lucie Aubrac et son mari, résistants eux-aussi, l’ethnologue Germaine Tillon déportée à Ravensbrück, Emilie du Chatelet, première femme du monde à s’être vouée aux sciences à qui Elisabeth Badinter a consacré un ouvrage, Christiane Desroches Noblecourt, égyptologue médaillée de la Résistance, Georges Sand, prototype de la femme libre du XIXe siècle, la romancière Colette,  Solitude, née du viol d’une esclave africaine, popularisée par le roman d’André Schwart-Bart, « La Mulâtresse Solitude et, sans surprise, Simone de Beauvoir.

Douze femmes sur 31 personnes retenues dans le classement, ce n’est pas mal.

Parmi les hommes, des romanciers et des politiques très connus. Je citerai Albert Camus, Pierre Mendès France, Robert Schuman, Alexis de Tocqueville, Claude Levi-Strauss, Théodore Monod, Jules Michelet, Maurice Genevoix, Roland Dorgelès, Romain Rolland.

Aimés du grand public, le commandant Yves-Cousteau, Stéphane Hessel, l’humoriste Coluche et en tout dernier, Yannick Noah.

J’ai trouvé ce sondage très intéressant.  J’y ai retrouvé, bien placées, les trois personnalités pour qui j’avais voté. Je vous laisse deviner…

Je vous invite à vous rendre sur le site d’Hérodote.net pour avoir plus de détails sur les personnalités retenues.

 

LES MOTS DES FEMMES.

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MONA OZOUF est l’auteur du livre « Les mots des femmes » suivi d’un essai  « Essai sur la singularité française. »

Mona Sohier est née en 1931 à Plourivo (Côtes-du-Nord). En 1955, elle a épousé Jacques Ozouf, historien ami de François Furet.

Agrégée de philosophie, elle s’est dirigée vers l’histoire et est devenue spécialiste de la Révolution française. Elle y a consacré de nombreux livres.

LES MOTS DES FEMMES.

Mona Azouf fait le portrait d’une dizaine de femmes en s’appuyant sur leurs écrits, livres et surtout correspondance. Elle s’intéresse à ce qu’elles disent du combat féministe et de leur féminité. Elle veut ainsi se distinguer de ses prédécesseurs comme Michelet ou Sainte-Beuve par exemple.

Elle illustre ainsi la condition féminine entre le XVIIIe et XXe siècle. Marie de Deffand, Isabelle Charrière, Manon Roland pour le XVIIIe, Germaine de Staël et Claire de Rémusat, au tournant du XIXe, George Sand et Hubertine Auclert, Colette qui ouvre le XXe siècle, enfin Simone Weil et Simone de Beauvoir.

Chaque chapitre est précédé d’une courte biographie. Elle qualifie aussi les femmes choisies par un adjectif qui, en somme, les résume. Madame du Deffand – Marie ou la féminité ; Madame de Charrière : Isabelle ou le mouvement ; Madame Roland – Manon ou la vaillance ; Madame de Staël – Germaine ou l’inquiétude ; Madame de Rémusat – Claire ou la fidélité ; George Sand – Aurore ou la générosité ; Hubertine Auclert – Hubertine ou l’obstination ; Colette – Gabrielle ou la gourmandise ; Simone Weil – Simone ou l’ascétisme ; Simone de Beauvoir – Simone ou l’avidité.

Certaines sont plus connues que d’autres mais les portraits sont toujours passionnants. Difficile parfois de suivre son raisonnement car elle fait appel aux personnages de ses héroïnes et même si elles citent leur livre, tout le monde n’a pas sa culture. Moi, je n’ai pas lu tous les livres qu’elle cite ou n’en ai plus qu’un vague souvenir.

L’auteur raconte aussi des rencontres, des jugements portés sur leurs contemporains, des anecdotes. C’est tout un monde que nous parcourons en lisant ses portraits.

J’ai l’intention d’en présenter plusieurs dans les semaines qui suivent. Une anecdote pourtant sur Simone de Beauvoir, bien à l’aise, on le sait, dans un monde dominé par les hommes.

« Le livre qui a fait sa réputation, l’énorme Deuxième Sexe est donc une œuvre de hasard. Elle admirait L’Age d’homme, le livre où Michel Leiris avait eu le courage de s’exposer, tel un torero, à la corne du jugement d’autrui, souhaitait prendre elle aussi le risque de l’autobiographie. Sartre qui s’entretient du projet avec elle, a l’intuition qu’une question préalable se pose et s’impose : qu’a signifié pour elle le fait d’être une femme ? Rien du tout, « ça n’a pour ainsi dire pas compté ». Comme il insiste, l’élève consciencieuse s’enferme pour deux ans à la Bibliothèque nationale. Elle y vole de surprise en surprise – la première, la plus forte, est de découvrir que toute femme qui entame son autoportrait doit commencer par ce truisme : « Je suis une femme », alors qu’un homme peut paisiblement passer outre. A mesure qu’elle progresse dans ses lectures se modifie aussi, car elle ne fait rien à moitié, sa vision du monde. De tout cela, elle émerge avec ce monument, à travers lequel le monde entier va la juger, et qui confirme, paradoxalement le « rien » dont elle était étourdiment partie. Etre femme, ce n’est rien, en effet, ni essence, ni destin. Mais pour la grande majorité des femmes, ce rien est tout, et voilà de quoi justifier huit cents pages. »

Un livre écrit par hasard comme celui de Benoîte Groult « Ainsi soit-elle » qui a apporté des révélations sur la situation des femmes comme l’excision et a été un véritable choc. Benoîte Groult reconnaissait récemment dans une interview qu’elle était devenue féministe très tard.

Je n’ai pas aimé « Le Deuxième Sexe » Je lui ai préféré « La femme mystifiée » de Betty Friedan, moins intellectuel, plus près de la réalité vécue par les femmes.

Dans son « Essai sur la singularité française » Mona Ozouf parle de ce qui oppose ces deux féministes : « Toute attachée qu’elle soit à la vision universaliste d’un féminisme de l’équité, Friedan est préoccupée par les aspects concrets de l’existence – la vie quotidienne des femmes est, il est vrai, plus difficile en Amérique qu’en France, le système d’assistance sociale beaucoup moins efficace. Toute séduite qu’elle soit par la différence, Beauvoir ignore les femmes réelles et tient un langage qui paraît à l’autre complètement désincarné. Dialogue de sourdes. »

Dans son essai, Mona Ozouf parle de la spécificité française au niveau du féminisme. D’après elle, la révolution française a donné tellement de droits aux femmes que même la revendication du vote n’était pas importante. (France : 1944). Elle insiste aussi sur le travail fait par l’école laïque  qui mettait les garçons à l’égalité avec les filles. La France a été longtemps le seul pays à accepter des institutrices mariées.

Mona Ozouf le dit clairement, elle n’aime pas le féminisme anglo-saxon même si elle trouve sommaire l’opposition  faite par certains entre le féminisme à la française, qui serait celui de l’égalité, et l’anglo-saxon, qui serait celui de la différence.

J’aurai l’occasion d’y revenir en parlant de certaines des femmes qu’elle a choisi de présenter dans son livre. Mais, il est clair qu’il a existé et existe encore plusieurs conceptions du féminisme.

Je ne résiste pas à citer l’allusion qu’elle fait aux « Lettres persanes » de Montesquieu.

« Ils débarquent en France sans avoir imaginé une seconde que l’esclavage des femmes puisse n’être pas fondé en nature. Ils reçoivent leur premier choc du spectacle que leur offre la vie parisienne : ici, une manière d’égalité entre les sexes, et la liberté. Pas de voiles, ni de grilles, ni d’eunuques. Des maris ruinés, déshonorés, bernés par leurs femmes. »

J’ai beaucoup aimé le livre de Mona Ozouf. Je n’ai pas très bien compris sa conception du féminisme. Elle cite tellement de monde (Montesquieu, Rousseau, Hume, Tocqueville) qu’il en devient difficile de comprendre en quoi elle adhère. Je sais que son livre a été mal accueilli dans certains milieux féministes.

Comme je le crois, il y a féminisme et féminisme. Les revendications des femmes européennes ne sont pas celles qui vivent dans d’autres pays du monde et se battent pour des droits précieux dont nous ne nous rendons plus compte de la chance que nous avons de les avoir. Et pourtant, la véritable égalité homme/femme n’est pas encore acquise, même chez nous.

 

LENINE.

Lénine

Diane Ducret consacre un chapitre de son livre  « Femmes de dictateur » à Lénine. Né le 10 avril 1870, il est décédé le 21 janvier 1924. Il s’appelait Vladimir Oulianov. Il avait fait des études de droit à l’Université de Saint-Pétersbourg. Il a participé à la Révolution russe qui a renversé le tsar, a fondé le parti bolchevik, institué le parti unique et les camps forcés ancêtres des goulags.

L’auteur ne parle pas de sa vie de dictateur mais s’intéresse aux femmes qui ont fait partie de sa vie.

La première est sa mère. Il profitera de l’amour qu’elle lui vouait. Il lui demande continuellement de l’argent Elle accepte toujours. Elle lui envoie de la nourriture et des vêtements lors de ses séjours en prison et a même été jusqu’à déménager pour se rapprocher de lui. L’aimait-il ? L’auteur n’en dit rien.

Beaucoup de femmes ont aimé Lénine mais il n’en a véritablement aimé que deux, Nadia et Inessa.

Nadia, il l’a épousée, contraint, si je puis dire, parce qu’elle l’avait rejoint en Sibérie où il purgeait une peine de trois ans. Cest pendant ce séjour, au bord de la Léna qu’il décida de s’appeler Lénine. Nadia avait parcouru 8000 Km en train, trois jours en traîneau pour le rejoindre. « Il prend conscience de ce qu’elle avait fait pour lui. (…). Lénine est séduit par ce coup de force et accepte sans broncher sa nouvelle condition d’homme marié. »

Nadia était issue d’une famille noble mais pauvre et, très jeune, professait des idées progressistes. Elle s’occupera de sa santé, de son bien-être, supportera ses maîtresses et jouera un rôle politique important. Elle créera un magazine féminin « Femme ouvrière » qui remportera un grand succès.

Lénine n’avait guère d’estime pour les femmes. « Lénine répète à qui veut l’entendre qu’il n’a jamais connu une femme capable de lire « Le Capital », ni de  se débrouiller d’un tableau horaire de trains, ni même de jouer aux échecs. » 

Et pourtant il va leur confier des rôles importants. Au gouvernement issu de la révolution d’octobre, il place des femmes à des places stratégiques. Sa soeur, Maria, à la rédaction de son journal, La Pravda, Inessa, à la direction du Soviet de Moscou, Alexandra est ministre. Plus tard, il sera entouré d’une véritable armada de secrétaires.

Pourquoi confie-t-il des postes importants à des femmes ?  Voilà ce que dit l’auteur : « Depuis son enfance, Lénine sait s’entourer de femmes, nombreuses à s’affairer autour de lui. Lénine ne fait confiance qu’à elles. Il a besoin de s’entourer d’une intimité qui ne soit pas celle de rivaux politiques. Comprenant très tôt l’enjeu que peut représenter cette masse brimée, il se présentera comme  un féministe (…) Nous ne pouvons exercer la dictature du prolétariat sans avoir des millions de femmes de notre côté »

Féministe, il ne l’était certainement  pas.  Ainsi, trouvera-t-il  stupide qu’Inessa veuille améliorer la condition des prostituées. Il  jugera  sévèrement sa défense de l’union libre. Position bourgeoise, dira-t-il, alors qu’il a longtemps vécu, à la fois, avec Nadia et Inessa !

Féministe, Inessa l’était.  Elle sera une ardente avocate de la liberté des femmes. Sa vocation remonte à une humiliation infligée par un pope. Alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant, on lui avait refusé l’entrée de l’église parce qu’enceinte, elle était impure !

Une personnalité curieuse que celle d’Inessa. Elle avait été dans sa jeunesse amoureuse d’un jeune rebelle, Vlady, qui mourra  de la tuberculose. Mariéé à Alexandre Arnaud, elle semblait avoir trouvé l’équilibre qui lui avait manqué dans sa jeunesse :  la richesse, un mari gentil et attentionné. C’est son frère Vlad qui lui fera découvrir les milieux révolutionnaires.

Une amie l’amènera à une réunion semi-clandestine où elle rencontrera  Lénine. Elle n’est pas impressionnée par lui, qui, comme à son habitude, est mal vêtu, parle bien mais à l’air d’un moujik. Lui est conquis par cette jeune femme de quatre ans sa cadette. Il a trente-neuf ans. « Elle est habillée très à la mode, avec un chapeau sombre sophistiqué orné d’une plume rouge. Sous une masse indomptable de cheveux châtains, il remarque ses yeux immenses, sa grande bouche sensible,ses traits finement modelés. Rapide, intelligente, Inessa dégage une confince en elle inébranlable qui attire encore plus l’ardent idéologue. »

Comme Nadia, elle fera partie de ceux qui dirigeront le premier état communiste. Elle fondera une école pour diffuser  les idées de Lénine.  Chargée de la question paysanne, elle s’épuise. Elle en mourra.  Lénine est bouleversé. A son enterrement, il marche les yeux fermés, au bord des larmes.

Lénine sera victime d’une attaque. Se sentant perdu, il dictera à sa secrétaire une lettre qui peut-être considérée comme son testament. « Je pense que la présence au CC de membres tels que Staline et Trotski est une menace pour la stabilité. (…) En devenant secrétaire général, le camarade Staline a concentré entre ses mains un pouvoir immense, et je ne suis pas sûr qu’il sache toujours l’utiliser avec suffisamment de prudence. » Seule Nadia sera autorisée à l’ouvrir après sa mort.

Après la mort de Lénine, Nadia sera forcée de travailler avec Staline… Le jour de son anniversaire, en 1939, Staline lui enverra un gâteau qui l’empoisonnera… Elle sera rapidement incinéréé…

Je retiendrai le nom de deux féministes marxistes méconnues : Nadejda Kruhskaïo  et Inessa Arnaud. Elles ne sont pas les seules femmes à ne pas être entrées dans l’histoire !