J. COURTNEY SULLIVAN

J. Courtney Sullivan

J. Courtney Sullivan est écrivain et journaliste. Elle est née en 1982 et a fait ses études dans une université privée, uniquement réservée aux filles, le Smith Collège. Elle vit à Brooklyn et est journaliste au New York Times.

Œuvre : « Commencement » « Les débutantes » « Maine ».

Ses livres ont connu un grand succès aux Etats-Unis.

LES DEBUTANTES.

C’est l’histoire de quatre jeunes filles qui se sont connues à l’université et se retrouvent pour assister au mariage de l’une d’entre-elles, Sally, qui a lieu sur le campus de l’université.

L’auteur alterne les chapitres consacrés à chacune d’elles en mêlant leurs souvenirs universitaires et leur vie actuelle.

Célia est une irlandaise catholique qui rêve de devenir écrivain. Elle est charismatique, s’intéressant à ses autres compagnes, conseillère à l’occasion. Elle vient d’une famille aisée.

Bree vient du sud. Elle a été fiancée à seize ans mais a rompu ses fiançailles. Elle est amoureuse de Lara mais vit mal son homosexualité car elle veut se marier et avoir des enfants. Elle sera avocate.

Sally vient de perdre sa mère. Elle est riche mais n’y accorde pas d’importance. Elle va vivre des relations amoureuses et finira par se marier à vingt-cinq ans.

April est une féministe radicale. C’est la seule qui travaille pour payer ses études. Avec Ronnie, elle va monter une société pour tourner des films sur le sort des femmes : crimes d’honneur au Pakistan, mutilations génitales en Afrique, commerce du sexe en Asie et en Europe de l’Est.

L’auteur nous fait connaître l’université bien spéciale de Smith où tout est permis et où règne une grande tolérance.

Les quatre jeunes filles, très différentes, se lient d’amitié à l’université mais cette amitié perdurera même quand elles seront adultes. Elles gardent toutes un excellent souvenir de leur séjour universitaire même si la vie ne répondra pas aux attentes qu’elles avaient quand elles étaient étudiantes.

L’auteur aborde tous les sujets : mariage, grossesse, deuil, vie amoureuse, viol, ruptures, suicide. Les choix de vie des jeunes filles  ne sont pas toujours approuvés par leur entourage ou leurs parents par exemple l’homosexualité. Les parents de Bree refuseront de recevoir Lara.

Le plus intéressant est la vie à Smith. Loin des parents et des pressions de la société, véritable cocon, les jeunes filles peuvent faire leurs expériences et bâtir leurs plans d’avenir car tout semble possible. C’est un univers surprenant pour un lecteur occidental.

Le livre a remporté un grand succès. Roman sur l’amitié, sûrement, c’est le meilleur du livre.

Féministe ? Je suis plus réservée. Elles ont conquis l’indépendance, vivent sans contrainte à l’université mais si elles ont l’air de détester les hommes, elles ont des relations amoureuses…   L’homosexualité est très présente à l’université mais pas acceptée par la société. J’ajouterai qu’en 2000 elles profitent des acquis de celles qui les ont précédées.

J’aurais voulu en savoir plus sur leur réussite professionnelle qui est, selon moi, un vrai critère de l’émancipation des femmes.

Le livre est bien écrit, drôle, parfois émouvant mais je n’ai pas accroché à la deuxième partie.

Un mot sur l’université. Smith fait partie des sept universités féminines de l’Amérique, appelées les « les sept sœurs » Beaucoup de féministes engagées y ont fait leurs études comme Margareth Mitchell en 1922 et l’auteur.

Des citations tout de même du féminisme de l’auteur :

« Le féminisme est la notion radicale que la femme est un être humain. – Les hommes pris par un, on les adore, en groupe, ce sont des demeurés » (sic !)

« En fait, quand une femme écrit un livre qui se rapporte de près ou de loin aux sentiments ou aux relations humaines, on l’estampille littérature pour filles ou romans féminins »

Je ne peux pas être d’accord avec ce jugement d’une critique dont le nom n’est pas cité, repris en quatrième de couverture :

« Si Les débutantes est d’abord un hymne à l’amitié, c’est également une réflexion passionnante sur l’indépendance des femmes dans notre société. Une réussite. »

A chacun son opinion…

 

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HARUKI MURAKAMI.

Murakami_Haruki_(2009)

Haruki Murakami est né le 12 janvier 1949 à Kyoto (Japon). Il a écrit de nombreux romans et des nouvelles souvent récompensés. Depuis 2006, il est pressenti pour le Prix Nobel de littérature. Il est un des auteurs japonais le plus lu dans le monde.

Murakami est aussi traducteur de l’anglais en japonais d’une vingtaine de romans.

Fils d’un enseignant de littérature japonaise en collège, Murakami passe son enfance avec ses livres : « J’étais un enfant unique, solitaire, inquiet. Je passais mes journées, enfermé avec mes livres et mes chats. »

Œuvre : « La Course au mouton sauvage » « La Ballade de l’impossible » « Chroniques de l’oiseau à ressort » « Kafka sur le rivage » « Après le tremblement de terre »

(Billet du 17 octobre 2011)

L’INCOLORE TSUKURU TAZAKI ET SES ANNEES DE PELERINAGE.

Le livre débute par l’obsession que Tsukuru Tasaki a de la mort. Il est en deuxième année d’université.  Pendant plusieurs mois, il vit comme un somnambule ou « comme un mort qui n’a pas encore compris qu’il était mort. » Apparemment, il vit normalement, prend une douche chaque matin, fait sa lessive mais n’attache aucune importance à la nourriture. Il va perdre six kilos.

Pourquoi cette obsession ? L’auteur nous dit qu’un événement l’avait sans doute déclenchée. Un événement qui remonte à ses années de lycée.

Cinq adolescents s’étaient liés d’amitié en participant à un travail à vocation sociale. Le groupe s’était soudé. Tous appartenaient à la couche supérieure de la classe moyenne et vivaient dans la banlieue résidentielle de Nagoya.

« Pourtant le hasard avait voulu que Tsukuru Tasaki se distingue légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s’appelaient Akamutsu – Pin rouge -, Omi – Mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane – Racine blanche – et Kurono – Champ noir. Mais le nom « Tazaki » n’avait strictement aucun rapport avec une couleur. D’emblée, Tsukuru avait éprouvé à cet égard une curieuse sensation de mise à l’index. »

Après le lycée, Tsukuru décide d’aller étudier dans une université à Tokyo parce qu’un professeur spécialiste de l’architecture des gares y enseignait. Or, Tsukuru s’intéressait depuis toujours aux gares. Ses autres amis étaient restés à Nagoya mais Tsukuru les revoyait pendant les vacances.

Un drame va survenir qui pèsera très lourd sur toute la vie de Tsukuru. Revenu à Nagoya, comme il le faisait d’habitude, ses amis lui apprennent qu’ils ne veulent plus le voir sans en donner la raison. « Si tu y réfléchissait par toi-même, tu devrais sûrement pouvoir le comprendre. »

C’était la première fois de sa vie qu’il était rejeté aussi brutalement.  Il a subi un choc dont il sera incapable de se remettre. Il ne cherche pas à comprendre et ne revient plus à Nagoya.

C’est ce qu’il confie à Sara alors qu’il a déjà trente ans et travaille pour une société ferroviaire.

Sara l’encourage à rechercher ce qui s’est passé, consciente que cet événement pèse lourdement sur Tsukuru.

Elle se débrouille pour savoir ce que sont devenus ses amis et le persuade de les rencontrer pour savoir ce qui s’est passé.

Tsukuru va rencontrer ses anciens amis, l’un après l’autre, sans prévenir de peur d’être rejeté. Il ira même jusqu’en Finlande pour rencontrer Noire.

Le lecteur va le suivre dans ce long pèlerinage à la recherche de la vérité, pour pouvoir se guérir d’une blessure qui l’empêche d’aller vers les autres.

Bleu lui apprendra que Blanche l’avait accusé de l’avoir violée. Même si les adolescents éprouvaient des difficultés à la croire, elle s’était montrée très persuasive et avait obtenu que ses amis n’aient plus aucun contact avec lui.

Comme Noire lui expliquera, Blanche était très mal psychologiquement et, très proche d’elle,  Noire avait décidé de faire ce qu’elle lui demandait même si elle était persuadée que Tsukuru était incapable de faire ce qu’elle disait.

Blanche ne dira jamais qui était son agresseur. Elle mourra étranglée sans que le lecteur apprenne par qui.

Tsukuru va pouvoir vivre pleinement sa liaison avec Sara. Commencer une autre vie.

La musique est très présente dans le livre notamment « Le mal du pays » de Liszt que jouait Blanche.

« La vie ressemble à une partition compliquée, se dit Tsukuru. Elle est remplie de doubles croches, de triples croches, de tas de signes bizarres et d’inscriptions compliquées. La déchiffrer convenablement est une tâche presque impossible… »

L’histoire aurait pu être banale. Un rejet d’un groupe où règne l’harmonie. Plus que l’abandon, c’est l’harmonie qui régnait dans le groupe que regrette Tsukuru. Il devra apprendre ce qu’est la vie pour pouvoir aimer Sara.

Les noms de couleur des personnages ont une grande importance puisque Tsukuru est « l’incolore »

Cet aveu fait à Sara : « … je n’ai pas ce qu’on appelle un moi. Une personnalité. Pas non plus de couleur éclatante. Je n’ai rien à offrir. C’est le problème qui me hante depuis longtemps. Je me suis toujours senti comme un récipient vide. »

Un beau roman imprégné de mélancolie. L’auteur aurait pu en faire un thriller, la quête de la vérité de Tsukuru présenté comme une enquête. L’auteur a choisi d’en faire un pèlerinage. Tsukuru est en quête de son vrai moi qui lui permettra d’accéder à l’amour.

 

PHILIPPE CLAUDEL.

Philippe Claudel.

Philippe Claudel, né en 1962 en Lorraine, est un écrivain, réalisateur et scénariste français.   Agrégé de Lettres modernes, il est maître de conférences à l’Université de Nancy. Il a également été professeur en prison auprès d’adolescents handicapés physiques. Il a été élu à  l’Académie Goncourt le 11 janvier 2012 au fauteuil de Jorge Semprun.

Romans : « Les Ames grises » « Le roman de Brodeck » « L’Enquête » « « Parfums ».

Il a reçu de nombreux prix et est traduit dans le monde entier.

Ses films « Il y a longtemps que je t’aime » et « Tous les soleils » ont été de grands succès en France et dans le monde.

(Billets : 19 janvier 2010 – 14 mars 2014)

LA PETITE FILLE DE MONSIEUR LINH.

« C’est un viel homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le viel homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu’il s’appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui. »

Par les premiers mots du livre, nous apprenons que Monsieur Linh a quitté son pays en guerre, comme beaucoup d’autres et arrive dans un endroit qu’il ne connaît pas et dont il ne parle pas la langue.

Il est hébergé dans un centre pour immigrés avec sa petite fille « Sang diû » qui dans la langue de son pays signifie « Matin doux ». Les parents du bébé. sont morts et Monsieur Linh a décidé de partir à jamais, pour l’enfant.

Il dort dans un dortoir avec d’autres réfugiés. Le personnel l’appelle « oncle » comme c’est la coutume dans le pays.

Lors d’une promenade, assis sur un banc, il est rejoint par un homme, un peu moins vieux que lui, plus grand, plus gros. Il demande le nom de la petite fille et le traduit mal « Sans Dieu » Il  s’appelle Bark et s’enquiert du nom de Monsieur Linh. Sans comprendre la question, Monsieur Linh, répond « Tao-laï » qui équivaut au bonjour dans la langue de son pays natal. Monsieur Bark l’appellera donc Tao-laï.

Les deux hommes vont se rencontrer tous les jours sur ce banc et va naître entre-eux une amitié très forte alors qu’ils ne parlent pas la même langue. Monsieur Linh apprécie ce nouvel ami : « C’est comme de retrouver un signe sur un chemin alors qu’on est perdu dans le forêt, que l’on tourne et tourne depuis des jours, sans rien reconnaître. »

Monsieur Linh est bercé par la voix de cet inconnu qu’il lui parle sans qu’il puisse saisir un seul mot. « Monsieur Bark a de gros doigts dont les dernières phalanges ont pris une couleur orangé, à force de serrer les multiples cigarettes qu’il fume sans cesse. »

Monsieur Bark lui fait visiter le parc où se trouve un manège qui appartenait à sa femme, décédée. « J’étais toujours ému en voyant cela, en voyant ma femme actionner le manège, savoir que son métier, c’était de donner de la joie aux enfants. »

Un jour, rentré au dortoir après sa promenade, la traductrice Sara lui apprend qu’il ne pourra pas rester. Le bureau des réfugiés va examiner son cas et il lui proposera un autre endroit où il pourra résider éternellement.

En attendant le transfert, Monsieur Linh, qui ne fume pas, demande d’avoir un paquet de cigarettes tous les jours pour les remettre en cadeau à son nouvel ami.

Il lui remettra les deux paquets de cigarettes dans un café où l’a emmené Monsieur Bark. Celui-ci est très ému. Il y a si longtemps qu’il n’a plus reçu de cadeaux. Bien que les cigarettes soient d’une marque qu’il ne fume pas, il ouvre le paquet et fume les trouvant meilleures que celles qu’il fume d’habitude, parce qu’il est tellement content du cadeau.

Monsieur Bark emmène Monsieur Linh au bord de la mer et avoue qu’il connaît son pays natal. « Oui, je le connais,  reprend-il en regardant de nouveau la mer et le lointain. Il y a longtemps, j’y suis allé. Je n’osais pas vous le dire. On ne m’a pas demandé mon avis, vous savez. On m’a forcé à y aller. J’étais jeune. Je ne savais pas. C’était une guerre. (…) J’étais encore un gosse. Un gosse. Et on a mis un fusil dans mes mains, alors que j’étais presque encore un enfant. » Monsieur Bark pleure et Monsieur Linh essaie de l’entourer de ses bras et lui sourit. Il pense que c’est le souvenir de sa femme qui le fait pleurer.

Ce que lui avait annoncé Sara arrive. Monsieur Linh est emmené dans un château, sur une hauteur. L’infirmière lui remet un pyjama bleu comme à tous ceux qui se trouvent là. Monsieur Linh est désespéré. Comment va-t-il retrouver son ami ? Il essaie de s’enfuir mais est rattrapé par les gardiens.

Il y arrivera pourtant et erra dans la ville à la recherche de son ami, qu’il finira par retrouver.

Je ne peux en dire plus. La fin du livre est une surprise…

Un roman émouvant, intimiste. Monsieur Linh ne parle pas mais pense constamment au pays qu’il a quitté pour l’enfant. Il s’en occupe avec tendresse, la serre contre lui, c’est son sang, tout ce qui lui reste.

Nous ne savons pas quel est le pays natal de Monsieur Linh ni celui où il est emmené. Des indices nous font penser à un pays d’Asie, mais c’est sans importance.

Je ne sais pas si Philippe Claudel a voulu écrire un livre sur les immigrés. Pour moi, le livre est surtout le récit de l’amitié qui se crée entre deux personnes qui ne parlent pas la même langue et pourtant se comprennent.

L’émotion ne nous lâche pas. La beauté du style renforce encore l’émotion. C’est la magie des mots.

 

MOLIERE.

Molière

Une vieille polémique a ressurgi ces derniers jours à la télévision : Molière est-il l’auteur de ses pièces? Un documentaire a été diffusé par France3 dans l’émission « L’ombre d’un doute ». Des spécialistes se sont affrontés, s’appuyant notamment sur le livre de Pierre Louys, écrit en 1919. Pour lui, Corneille aurait écrit les pièces de Molière. Ainsi, le grand Corneille, membre de l’Académie française, condamné à écrire des tragédies, ayant besoin d’argent aurait été tout heureux d’écrire les comédies – en tout ou en partie – de Molière. Verdict des travaux faits à l’ordinateur avec un logiciel de comparaison : les vers de Molière sont très proches de ceux de Corneille. Autre argument :  Molière a séjourné six mois à Rouen, Corneille a déménagé à Paris pour être proche du célèbre comédien.

Dans « Secrets d’histoire » l’émission de France2 présentée par Stephan Bern, une allusion est faite à cette polémique. L’accent mis sur la jeunesse de Molière – études classiques, très sérieuses faites chez les Jésuites – semble contredire ceux qui affirment qu’il était incapable d’écrire ses pièces et était, avant tout, un homme d’affaires comme son père dont il avait repris la charge de tapissier du roi.

Quoiqu’il en soit, tous sont d’accord pour affirmer que par son génie de comédien il a révolutionné le théâtre de l’époque. Nul n’ignore l’importance qu’il apportait aux costumes, à la musique, la collaboration de Lully, l’appui de Louis XIV et le succès populaire dépassant tout ce que l’on peut imaginer.

Dans ma jeunesse, j’étais partagée : aimais-je plus Corneille ou Racine ? Cela dépendait sans doute de mon état d’esprit. Je pense quand même que Racine l’emportait. J’aimais moins Molière sauf « Le Misanthrope«  qui reste une de mes pièces préférées.

L’intrigue est simple. Alceste, l’intransigeant, est amoureux de Célimène, une jeune coquette. Son ami Philinte ne comprend pas cet amour. La pièce finit mal puisque Célimène refuse de se retirer dans le désert comme le lui demande Alceste.

Je n’ai pas l’intention d’analyser la pièce, je ne suis plus prof  mais simple blogueuse !

Plusieurs scènes me reviennent en mémoire. Celle dite du sonnet dans laquelle Orante essaie en vain d’obtenir l’approbation d’Alceste qui finit par lui dire : « Franchement, il est bon à mettre au cabinet ». « Ce style figuré, dont on fait vanité / Sort du bon caractère, et de la vérité; / Ce ne sont que jeu de mots, qu’affectation pure, / Et ce n’est point ainsi que parle la nature / Le méchant goût du siècle, en cela me fait peur ».

Une autre scène appelée souvent »la tirade de Célimène » est un régal. Elle répond à Arsinoé, la prude, qui l’accuse d’être une coquette, de manière magistrale.

Je voudrais pouvoir reproduire tous les dialogues entre Alceste et son ami Philinte. Ainsi dans la première scène du premier acte où Alceste reproche à Philinte d’avoir le coeur corrompu : « Allez, vous devriez mourir de honte, / Une telle action ne saurait s’excuser, / Et tout homme d’honneur s’en doit scandaliser, / Je vous vois accabler un homme de caresses / Et témoigner pour lui, les dernières tendresses (…) Et quand je vous demande après quel est cet homme, / A peine pouvez-vous dire comment il se nomme (…) Morbleu, c’est une chose indigne, lâche, infâme, / De s’abaisser ainsi, jusqu’à trahir son âme : / Et si par malheur, j’en avais fait autant, / Je m’en irais de regret, pendre tout à l’instant. »

Et encore, dans la même scène : « (…) Et c’est n’estimer rien, qu’estimer tout le monde / (…) Je veux qu’on me distingue, et pour le trancher net, / L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait. »

Philinte répliquera avec ce qu’on pourrait qualifier de sagesse :« Il est bien des endroits, où la pleine franchise / Deviendrait ridicule, et serait peu  permise; / Et parfois n’en déplaise, à votre austère honneur, / Il est bon de cacher ce qu’on a dans le coeur ».

Le dialogue se poursuivra sans qu’Alceste n’en démorde. A Philinte qui lui dit : « Vous voulez un grand mal à la nature humaine! (…) Tous les pauvres mortels, sans nulle exception, / Seront enveloppés dans cette aversion ? / Encor en est-il bien, dans le siiècle où nous sommes… ».

Réponse d’Alceste  : « Non, elle est générale, et je hais tous les hommes : / Les uns, parce qu’ils sont méchants et malfaisants; / Et les autres pour être aux méchants complaisants « .

Tac ! Pauvre Alceste qui est amoureux fou de Célimène. Une conception bien étrange de l’amour puisqu’il l’accable de reproches, allant jusqu’à se plaindre de l’aimer : « On me laisse tout croire, on fait gloire de tout; / Et cependant mon coeur est encore assez lâche / Pour ne pouvoir briser la chaîne qui l’attache, / Et pour ne pas s’armer d’un généreux mépris / Contre l’ingrat objet dont il est trop épris ! »

La réponse de Célimène à Alceste est sans appel : « Non, vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime. » Alceste jaloux, mais fier de l’être, répondra : « Oui, je voudrais qu’aucun ne vous trouve aimable, que vous fussiez réduite en un sort misérable »

La pièce finit mal puisque Célimène n’accepte pas de fuir dans un désert comme Alceste le lui propose : « La solitude effraie une âme de vingt ans /  Je ne me sens point la mienne assez grande, assez forte / Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte. »

Réponse inouïe que celle d’Alceste : « Non, mon coeur à présent, vous déteste,  / Et ce refus, lui seul, fait plus que tout le reste. / Puisque vous n’êtes point en des liens si doux; / Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous / Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage, / De vos indignes fers, pour jamais me dégage. »

D’autres vers mériteraient bien d’être repris. Ainsi cette réplique de Philinte à Alceste : « Non, je tombe d’accord de tout ce qui vous plaît, / Tout marche par cabale, et par pur intérêt » Mais sa sagesse le reprend vite : « Si tous les coeurs étaient francs, justes, et dociles, / La plupart des vertus nous seraient inutiles « 

J’aime aussi beaucoup ces vers qui rendent Alceste plus sympathique : « Non, de trop de soucis, je me sens l’âme émue, / Allez-vous-en la voir, et me laissez, enfin / Dans ce petit coin sombre, avec mon noir chagrin. »

En me replongeant dans Molière pour écrire ce billet, je comprends pourquoi cette pièce est restée dans mon souvenir. L’amitié de Philinte pour Alceste, l’amour fou même s’il est ombrageux d’Alceste pour Célimène, la coquetterie de celle-ci, tout me semble terriblement actuel.

 

DOMINIQUE FABRE.

Dominique Fabre est né en 1960 à Paris. A trois ans, il est placé dans une famille d’accueil. A douze ans il habite avec sa mère et sa soeur dans une HLM à Asnières mais est aussitôt placé dans un internat jusqu’à la terminale. Il obtient une maîtrise de philosophie à Nanterre. Il vit de petits boulots en France puis en Nouvelle-Orléans où il restera un an. Correcteur pour le « Journal du textile » il publie son premier roman « Moi aussi un jour,  j’irai loin » en 1995. (voir billet du 31 janvier 2012).

Il publiera une dizaine de romans : Ma vie d’Edgar » « Celui qui n’est pas là » « Fantômes » « Mon quartier » « Les types comme moi »  » Les prochaines vacances ».

Comme dans son premier roman, il s’intéressera surtout aux plus démunis. Son enfance est aussi très présente dans ses livres. Actuellement, il enseigne l’anglais.

J’AIMERAIS REVOIR CALLAGHAN.

Jimmy Callaghan est le fils d’un maçon anglais et d’une mère remariée en Provence. Il intrigue ses amis de l’internat par ses départs et retours à l’internat dont il ne donne pas la raison. De plus, le week-end, il vit seul dans un petit appartement à Paris.

Le narrateur est subjugué par Jimmy. « Callaghan me sourit de temps en temps avec son regard bleu anglais. Je me souviens qu’il laisse traîner sa jambe qui bat nonchalamment derrière et dessus le bureau. Il portait des pantalons de toile beige clair ou des jeans blancs. Il était un modèle d’élégance pour moi ».

Le narrateur parle peu de la vie en internat. Le plus important semble être de passer à travers le grillage dans le bois de Saint-Cucufa pour rejoindre des filles d’un internat voisin et, surtout, d’attendre le retour de Callaghan. « Sous mes yeux il est redevenu lui, et je ne sais pas ce qui me rend heureux, le voir ou simplement me rendre compte qu’il n’est pas perdu, qu’il sera toujours parmi nous, qu’il sera encore là pour alimenter mes rêves. »

Petit à petit, Callaghan se dévoile, parle de sa famille. Son père, très malade vit à Londres dans la petite maison de sa tante Myriam. Sa mère est remariée avec un « type qu’il n’aimait pas ». Une fois de plus, il quitte l’internat.

Huit jours plus tard, la police débarque à sa recherche. Il a disparu. Ses compagnons le retrouveront caché dans le bois, près de l’internat. Ils le prennent en charge, lui apportent nourriture et vêtements. Une fois de plus, il disparaît et cette fois définitivement.

Vingt ans après, le narrateur le retrouve par hasard dans la rue, avec une énorme valise. Il est devenu SDF. Il lui propose de dormir chez lui ou plutôt chez sa femme, dont il vient de se séparer. Comme la maison lui appartient, il doit la quitter et chercher un logement. Il s’installera à Asnières, au grand étonnement de ses amis. « J’étais allé jusqu’à Paris dans ma vie et là, je retournais où j’avais passé mon enfance, en banlieue. Ca allait bien m’aider à cicatriser, Asnières. » Jimmy l’aide à déménager puis s’en va, une fois de plus, lui demandant de garder sa valise.

C’est la première fois que le narrateur parle de lui. Il souffre d’avoir quitté Hélène surtout quand il apprend qu’elle attend un enfant d’un autre. Il est prof d’anglais depuis quelque temps et regrette de ne pas avoir écrit de livres comme il en avait rêvé dans son adolescence. « Et toutes ces vieilles histoires qui me revenaient en boucle, depuis trois ans que je vivais seul, et que j’essayais de les raconter. Alors si je réussissais enfin à le faire, je serais peut-être plus vivant, moi aussi ? »

Son obsession de Callaghan ne l’a pourtant pas quitté après autant d’années. Il a rencontré une fille, Carole, mais il en parle peu.

Il finira par ouvrir la valise de Callaghan qui contient toute sa vie. Son mariage en Australie, sa fille, l’échec de son entreprise, sa fuite en France à cause de ses dettes. Il décide de lui rapporter sa valise à Londres où il le découvre gérant d’un pub.

L’histoire finit là, elle est devenue un livre mais son désir de revoir Callaghan est intact :« Il m’arrive encore de me dire que j’aimerais revoir Callaghan, que j’aimerais tous les revoir, en fait. Ca me prend de temps en temps quand tombe la nuit, pour espérer trouver le sommeil, ou que je vois une ombre assise toute seule sur le banc d’un arrêt de bus. »

Difficile de juger ce livre. Il se lit facilement, est même agréable. Il a obtenu le Prix des Lecteurs, mais cette obsession d’un ami de classe, est difficile à comprendre. La solidarité entre les amis de l’internat, qui s’étend sur plusieurs années, toute une vie même est bien réelle et, il faut bien le dire, inhabituelle.

J’aurais aimé que le narrateur parle un peu plus de lui. Il se considère comme un « raté » sans véritable explication.

Bon roman ou non, c’est au lecteur de juger.

 

PHILIPPE GRIMBERT.

 

Philippe Grimbert, né à Paris en 1948, est psychanalyste et romancier. Son roman « Un secret » a été porté à l’écran par Claude Miller en 2007. (voir billet du 24 janvier 2010)

UN GARCON SINGULIER.

« Recherche jeune homme motivé pour s’occuper d’un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados).

Cette annonce, Louis la découvre à l’université. Elle attire parce qu’il s’agit d’Horville, l’endroit où, adolescent, il passait ses vacances. Après avoir renoncé aux Lettres pour se diriger vers le Droit, il s’apprête à abandonner une discipline qui ne lui plaît pas. Conscient qu’il devait trouver un boulot, il a consulté les annonces. Celle-ci l’a attiré aussi parce que ses parents l’appellent « le grand taciturne » et trouvent qu’il est un garçon singulier, mal dans sa peau comme le garçon de l’annonce.

Il prend contact avec le père qui lui explique que Iannis vit avec sa mère. Elle cherche quelqu’un pour s’occuper de son fils parce qu’elle veut se consacrer à son roman.

Louis s’embarque pour Horville, sans vraiment savoir qui est ce Iannis. Il est reçu par sa mère, Hélène, qui lui fait grosse impression. « Elle n’était pas belle mais son visage m’impressionna. Son nez un peu fort, le pli d’amertume de sa bouche et ses yeux si noirs, où l’iris ne se distinguait pas de la pupille, donnaient à ses traits un caractère brutal, accentué par le désordre de ses cheveux » »Malgré une quarantaine largement dépassée, elle avait conservé une silhouette adolescente, qu’elle enveloppait dans un grand pull d’homme aux manches roulées jusqu’aux coudes. »

 Hélène ne veut pas parler d’Iannis pour ne pas l’influencer, elle se borne à dire qu’il ne parle pas, ne sait ni lire, ni écrire et que ses réactions sont imprévisibles.

 Louis insiste cependant pour le voir le soir même. « Dans le lit une forme se devinait, entortillée dans les couvertures. Iannis dormait en position foetale, deux doigts en foncés dans la bouche et je ne distinguais de lui qu’un profil délicat découpé sur l’oreiller. Une pointe du col de son pyjama masquait sa joue et seul un pli très marqué entre ses sourcils indiquait une tension que le sommeil même ne pouvait apaiser. Je fus saisi par la beauté de ce visage auréolé d’une masse de cheveux blonds, par la longueur de ses cils et la ligne de son nez, quand je m’attendais à un faciès déformé par les troubles psychiques. »

Louis va donc s’occuper de Iannis, faire de longues promenades le long de la mer et même s’il est persuadé que Iannis ne le comprend pas, il lui raconte ses vacances à Horville, lui parle de son ami Antoine.

Une amitié très forte va lier Iannis et Louis. Il s’apercevra que Iannis sait écrire mais le cache. Iannis lui fera cadeau d’une salière, retrouvé dans le sable et qui était un trésor pour Antoine et Louis. Iannis le conduira même à l’hôtel qu’il habitait et à un endroit interdit et dangereux mais dont  Antoine et Louis avaient fait leur jardin secret : le Saut du Loup.

Hélène interroge Louis sur la relation privilégiée qu’il a avec Iannis. Louis lui répondra : et « Je lui assurai que mes journées avec son fils m’apportaient beaucoup qu’il faisait preuve de capacités insoupçonnées. » Il ajoutera :  » que son fils était branché sur nos pensées les plus secrètes, que telle une éponge, il absorbait nos émotions et nos angoisses ». Il  précisera même que ce qui l’attirait le plus en Iannis était « sa clairvoyance ».

Philippe Grimbert a choisi d’entrecouper les récits de ses journées avec Iannis de ses souvenirs personnels, surtout de son amitié avec Antoine que Iannis lui rappelle.

En parallèle l’auteur raconte comment Hélène veut avoir une relation sexuelle avec Louis. Il se refuse, pour ne pas trahir Iannis, très amoureux de sa mère. Pour se justifier, il s’invente une fiançée ce qui fait rire Hélène mais ne l’empêche pas de forcer Louis, jusqu’à jouir sur lui.

Du mois passé à Horteville, Louis sortira transformé. Sans déflorer la fin du roman, je peux citer un passage qui clôture le livre : « Où est passé Louis, celui qui traînait son existence, d’année en année, à la poursuite d’un futur qu’il n’avait pas choisi ? »

Un très beau roman. Autobiographique, par ses souvenirs de vacances et  par son travail de psychanalyste auprès des enfants autistes ou psychotiques. « Merci aux enfants douloureux qui m’ont inspiré le personnage de Iannis. »

J’ajouterai que son travail lui a permis d’écrire un roman émouvant, un roman d’amour.

FRANCIS VEBER.

 

QUE CA RESTE ENTRE NOUS.

J’avoue que je ne connaissais pas Francis Veber quand j’ai reçu ce livre.  Il est pourtant un dramaturge, dialoguiste, scénariste célèbre. « Le jouet », Le Dîner de cons », « Le Placard », « L’Emmerdeur », » Le téléphone rose », « Le grand blond avec une chaussure noire », « Le Magnifique ». Il est aussi le scénariste de « La cage aux folles » d’Edouard Molinaro.

D’emblée, moi, qui d’habitude, n’aime pas ce genre de livres, j’ai été séduite par le ton, l’humour, les portraits parfois féroces des nombreuses célébrités, réalisateurs ou acteurs. Il faut y ajouter des anecdotes de cinéma ou de théâtre, ses réflexions sur la difficulté d’un scénariste toujours en quête d’inspiration.

SA FAMILLE.

Francis Veber est né à Neuilly, en 1937, d’un père juif et d’une mère arménienne. « Ma mère était une jolie femme. Elle avait des yeux superbes et un peu trop de nez, mais elle disait elle-même que les Arméniennes avaient les yeux qui lançaient des éclairs et le nez qui servait de paratonnerre ». Elle écrit des romans à l’eau de rose pour faire vivre sa famille. Quant à son père : « Nous sommes quasi arrivés ensemble dans sa vie, les Allemands et moi. C’était trop pour lui. Les Allemands ne s’en sont pas rendus compte, moi si. Emprisonné dans sa chambre, il avait des réactions violentes de taulard et l’enfant que j’étais en souffrait. Il m’a fallu longtemps pour cesser de le détester et commencer à le plaindre. » Francis Veber est l’héritier d’une longue lignée d’écrivains dont l’un des plus célèbres est son grand-oncle Tristan Bernard.

LES DEBUTS.

Il fait des études médiocres : « En fait, si j’apprenais tout par coeur, ce n’était pas seulement par peur des professeurs, mais parce que je n’aimais pas apprendre. Mémoriser, c’est juste un exercice. Ca ressemble à mâcher du chewing-gum, les mâchoires travaillent, mais on n’avale rien. »  Bac en poche, il commence la médecine, son père voulait absolument lui éviter une carrière littéraire. Quatre années, qui ne le mènent à rien, il est dégoûté par la chirurgie : « En un coup de bistouri, la jeune fille a cessé d’être une statue pour devenir une pièce de boucherie. » Il bifurque à la Faculté des sciences où il restera deux ans avant d’arrêter ses études. Le service militaire fera de lui un reporter. Il rencontre Philippe Labro et Jacques Séguéla. Il entrera ensuite comme stagiaire à RTL, trois années pendant lesquelles Armand Jammot, le rédacteur en chef, n’arrêtait pas de répéter : »J’attends qu’il soit près de la porte pour le virer. » Il écrira pourtant un spectacle avec Jacques Martin « Petit patabon » qui sera un bide mais pour lui, une entrée dans le monde du spectacle. Philippe Labro lui présentera Gilbert Goldschmidt, un producteur de feuilletons télévisés. Echec de la série projetée puis pour d’autres feuilletons mais rencontre avec Edouard Molinaro et Alain Poiré, rencontres décisives pour sa carrière.

LE THEATRE – LE CINEMA.

Il avait envie d’écrire, il se décide pour le théâtre. Il travaillera six mois à « L’enlèvement » dont il dira lui-même que c’était une mauvaise pièce. « Je ne connaissais rien au théâtre et je me suis vite trouvé confronté au problème le plus torturant de la dramaturgie : la construction. » Echec jusqu’au miracle, une bonne critique de Jean-Jacques Gautier. Puis, ce sera « L’Emmerdeur », la création de son personnage, devenu culte, François Pignon, qui sera interprété par sept comédiens différents.

SON DESTIN.

Je trouve intéressant de reproduire ce qu’il dit de son destin, en parlant de son personnage : « Comme lui, j’ai été précipité dans une aventure qui m’a toujours dépassé. Si je n’avais pas été chassé de Radio Luxembourg, je serais devenu d’abord un vieux journaliste, puis un journaliste à la retraite. Je doute que j’aurais eu le courage d’écrire une première pièce en ayant un travail à plein temps. Je suis arrivé dans le showbiz comme Pignon dans la banque des « Fugitifs ». J’étais aussi maladroit que lui et comme lui, j’ai été entraîné dans des situations imprévues. Dans mon cas, ce fut le théâtre, le scénario, la mise en scène, l’Amérique, autant d’épisodes que j’ai traversés sans avoir jamais l’impression de tenir le volant de ma vie dans mes mains. »

SES PORTRAITS.

Ils sont innombrables : Lino Ventura « un homme exceptionnel mais incroyablement chiant »;  Jacques Brel : « Brel a eu beaucoup de mal à entrer dans « L’Emmerdeur ». N’étant pas du tout un acteur de comédie, il avançait à tâtons dans le rôle, malgré le soutien de Ventura et de Molinaro »; Philippe Labro : « un ami »; Jacques Séguéla : « un sourire de lézard dans une peau qui s’écaillait »; Jean Poiret : « un des hommes les plus drôles que j’aie rencontré »; Alain Poiré : « exceptionnellement intelligent »; Luc Besson ; « un homme très attachant qui avait l’air d’un gros nounours »; Claude Berri : « Petit, trop vite chauve, au bord du bégaiement, il n’avait rien pour plaire et c’était un séducteur »; Philippe de Broca : « mon plus mauvais souvenir de scénariste » Et tant d’autres : Pierre Richard, Gérard Depardieu, Dany Boon… Impossible de les citer tous.

REFLEXIONS.

 » les producteurs n’aiment pas les auteurs, qu’ils considèrent comme des traits d’union caractériels entre leurs profits et eux-même. »

« Ce n’est pas simple d’adapter sa propre pièce. Je l’ai fait pour L’Emmerdeur et Le Dîner de cons et, chaque fois, j’ai eu l’impression de m’emparer d’un corps vivant, l’oeuvre théâtrale, et de le dessécher pour le mettre dans cette boîte de conserve qu’est le cinéma. »

« On sait à quel point le théâtre est une loterie. »

Le livre de Francis Veber m’a fait entrer dans un monde que je ne connaissais pas. Un monde de showbiz, de rivalités, de jalousies mais aussi d’amitié. J’ai compris combien le métier de scénariste ou d’acteur pouvait être éprouvant.

Le lecteur appréciera la galerie de photos qui se trouve au milieu de l’ouvrage : affiches de films, photos d’acteurs et de sa famille. Plusieurs pages émouvantes du livre sont consacrés à sa femme Françoise, ses enfants, ses grands-parents, ses oncles qui ont joué un rôle important dans sa vie.