ACCORD DU PARTICIPE PASSE.

 

Deux professeurs belges, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, ont, dans une tribune publiée par Libération le lundi 3 septembre, proposé de rendre invariable le participe passé d’un verbe conjugué avec l’auxiliaire avoir.

Ils ont reçu le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles. A mon grand étonnement, une polémique s’est très vite enclenchée sur les réseaux sociaux, soutenant ou rejetant la proposition.

La règle est pourtant très simple : le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément direct s’il précède le verbe, est invariable s’il le suit ou s’il n’y a pas de cod.

Un exemple : Les pommes que j’ai mangées : accord avec le cod que mis pour pommes ; j’ai mangé des pommes : le cod suit le verbe : j’en ai mangé : en est considéré comme neutre.

Comme pour toutes règles grammaticales il y aurait, paraît-il,  des exceptions mais j’avoue que je n’ai pas cherché me bornant à ce qui est habituellement enseigné.

Certains ont cité le cas des verbes pronominaux sans faire la distinction entre ceux pour lesquels l’accord se fait soit avec le cod soit avec le sujet. Je n’en dirai pas plus puisque ces cas ne relèvent pas de l’auxiliaire avoir. Exemple : ils se sont serré les mains – auxiliaire être mais accord comme si c’était l’auxiliaire avoir ; elles se sont évanouies : accord avec le sujet.

D’accord pour dire que c’est plus compliqué mais la distinction entre les verbes pronominaux réfléchis et les autres ne relèvent pas de la règle générale citée par les professeurs.

Pourquoi je suis contre la réforme.

Plusieurs raisons : elle ne concerne que la FWB ce qui veut dire qu’un jeune qui l’appliquerait dans un autre pays sera considéré comme faisant une faute d’orthographe.

Dans un monde où la mobilité est cruciale dans la recherche d’un emploi, cela me semble une aberration. Quid même de la Flandre ? Je n’ai pas la réponse.

Je pense aussi que cette réforme, présentée comme nécessaire parce que simplifiant la grammaire, cache une philosophie que je ne puis approuver. Nos jeunes wallons seraient donc  incapables de réfléchir pour appliquer une règle ou veut-on encourager la facilité plutôt que l’effort ?  Allons donc plus loin et simplifions tous les accords par exemple l’orthographe des mots composés. A quoi ressemblera encore notre langue ? Elle ne pourra en tous cas plus être considérée comme universelle.

J’ai écouté l’interview d’un des profs qui présente la réforme et j’ai vraiment été étonnée. Il faudrait 80 heures pour apprendre cette règle ! Il vaudrait mieux consacrer du temps à l’étymologie. Comme le français s’est enrichi au cours des années de nombreux emprunts aux autres langues, l’élève devra pour connaître l’origine d’un mot se référer au latin, grec, arabe, espagnol etc. Pour quel bénéfice ? De mon temps, ce cours s’appelait « grammaire historique » et n’était enseigné – s’il l’était – que dans l’enseignement supérieur.

Autre argument utilisé par ceux qui défendent la réforme, l’orthographe n’a pas d’importance ! Je n’en reviens pas. Un employeur acceptera-t-il d’envoyer un courrier criblé de fautes ? Pourra-t-on donc écrire n’importe comment ?

Cet argument me semble d’autant plus aberrant que l’on ne cesse de répéter que les jeunes utilisant le langage sms dans leur texte deviennent incapables d’écrire correctement. Il faudrait savoir ce qu’on veut, trouver l’orthographe indispensable ou admettre qu’en toute occasion le jeune peut utiliser le langage texto !

Il fut un temps où ceux qui éprouvaient des difficultés avec l’orthographe faisaient tout pour remédier à ce qu’ils considéraient comme un handicap. On dit aujourd’hui – très sérieusement – que la défense de l’orthographe est un combat contre la modernité !

Me voilà donc classée dans les rétrogrades qui ne comprennent pas le monde dans lequel ils vivent. Soit ! A mon âge, ce n’est pas gênant. Mais, de grâce, ne rendez pas l’insertion des jeunes dans le monde du travail plus difficile encore qu’elle ne l’est.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

TCHANTCHES.

Bonne fête aux Liégeois !

Tchantche  est une figure folkorique du quartier d’Outremeuse à Liège. C’est à l’origine une marionnette à tringle représentant le public venant au théâtre de marionnettes.

Son costume fixé bien plus tard que son apparition est un pantalon à carreaux noir et blanc, un sarrau bleu, un foulard rouge à pois blancs, une casquette noire. C’est le costume typique des ouvriers de la fin du XIXe début du XXe dans le nord de l’Europe. Il arbore également le nez rouge d’amateur de peket, le genièvre.

Il incarne l’esprit frondeur des Liégeois qui, à l’époque de sa création, au milieu du XIXe siècle venaient de bouter les Hollandais dehors peu après qu’ils aient fait de même avec les princes-évêques. Il est courageux et déterminé, assoiffé de liberté. On lui a associé une femme liégeoise, Nanesse.

Ces deux marionnettes font  intégralement partie des fêtes du 15 août à Liège.

 

ANNA DE NOAILLES.

La comtesse Anna de Noailles est une poétesse et une romancière française, d’origine roumaine, née à Paris le 15 novembre 1875 et décédée à Paris le 30 avril 1933.

Œuvre : « Les éblouissements » « L’ombre des jours » « Poème de l’amour » « Le visage émerveillé » « L’honneur de souffrir » « L’offrande »

Pour oublier la chaleur, ces deux poèmes.

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…

Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.

De lointains roulements arrivent de la ville…
La poussière, qu’un peu de brise soulevait,
Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles.

Nous avons tous les jours l’habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir…

Lumineux matin.

Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui pique chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long.

Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, œil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées
Dans les buissons luisants s’ouvrir comme des yeux.

Heure de bel espoir qui s’ébat dans l’air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons
Où les coteaux herbeux, d’où l’aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons.

Belle heure, où tout mouillé d’avoir bu l’eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
— Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L’orage, la fatigue et la peur, cher matin…

J’aime beaucoup, c’est un(e) de mes poètes préférés.

 

LA FONTAINE.

 

Jean de La Fontaine est né le 8 juillet 1621 à Château -Thierry et décédé le 13 avril 1695 à Paris

Sa renommée vient de ses Fables encore d’actualité actuellement. Beaucoup en connaissent une ou plusieurs.

Il a été reçu à l’Académie Française en 1684.

LE LOUP ET L’AGNEAU.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l’Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
Comment l’aurais-je fait si  je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau ; je tette encor ma mère
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
Je n’en ai point. C’est donc quelqu’un des tiens:
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l’emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

Ne vous l’ai-je pas dit, La Fontaine est toujours d’actualité. Cette fable vous rappellera certainement des faits actuels mais je vous laisse le soin d’en décider.

Bonne lecture !

 

 

ENTREE AU PANTHEON.

Recouverts du drapeau français, les cercueils de Simone Veil et de son mari sont entrés ce matin au Panthéon par le portail monumental. Les deux fils encore vivants du couple assistaient à la crémonie ainsi que le président de la République, son épouse et une foule très nombreuse, personnalités et anonymes.

On a pu entendre un solo de violoncelle de la suite numéro 5 de Jean-Sébastien Bach, de la musique juive. le chant des déportés et l’hymne à la joie de Beethoven.

Avant de pénétrer dans le Panthéon, les cercueils ont parcouru la rue Soufflot recouverte pour l’occasion d’un tapis de moquette bleue, une couleur qui selon l’Élysée symbolise la « paix, l’ONU et bien sûr l’Europe ». Le cortège s’est arrêté à trois reprises lors de cette remontée. Des pauses pendant lesquelles des choristes ont interprété des chants.  Des films sur l’Europe et la Shoah ont été diffusés sur écrans géants.

Simone Veil et son mari reposeront dans le caveau n° 6 non loin de Jean Moulin, André Malraux et Jean Monnet.

De l’avis de tous la cérémonie était très émouvante.

Inscription sur le fronton :

 

HOMMAGE A SIMONE VEIL.

Photo : Réception à l’Académie française.

Un an après sa mort, Simone Veil deviendra dimanche 1er juillet, la cinquième femme à faire son entrée au Panthéon, au  cote de son mari Antoine. Avant cette cérémonie, un dernier hommage lui est rendu ce vendredi et samedi au Mémorial de la Shoah, dans le 4e arrondissement de Paris.

J’ai beaucoup d’admiration pour Simone Veil. Je lui ai consacré plusieurs billets dans ce blog

19/03/2010 – 26/11/2014 – 5/07/2017 – 6/07/2017/ – 29/06/2018.