JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES.

Cette journée a été officialisée par la Nations-Unies en 1977. Elle est encore fêtée mondialement chaque année.

Je ne reviendrai pas sur le long chemin parcouru par les femmes,  j’en ai parlé l’an dernier dans mon blog : https://molinia.wordpress.com/2016/03/

Je voudrais simplement rendre hommage à ces féministes qui ont tant fait pour nous.

Simone de Beauvoir (1908/1986) et son « Deuxième Sexe »

Betty Friedan (1921/2006) américaine dont j’ai fort apprécié « La femme mystifiée » et « Pour en finir avec le tabou de la vieillesse » ou encore « La révolte du troisième âge »

Suzanne Lilar née à Gand en 1901 et décédée à Bruxelles en 1992. Elle s’oppose à Simone de Beauvoir dans « Le Malentendu du Deuxième siècle » Elle est la mère de la romancière Françoise Mallet-Joris.

Evelyne Sullerot née en 1924 est une sociologue  qui s’est fort intéressée aux femmes. Elle était très critique de la presse féminine qui, d’après elle, culpabilisait les femmes. « Demain les femmes » « Histoire et sociologie de travail féminin »

Geneviève Gennari née en 1920 et décédée en 2001 a écrit une histoire très intéressante du féminisme « Le dossier de la femme » et un roman que j’ai beaucoup aimé « Journal d’une bourgeoise »

Christiane Collange née en 1903, romancière et journaliste a écrit de nombreux romans. Une anecdote : quand elle est entrée à Madame Express Françoise Giroud lui aurait dit « Surtout ne faites pas de journalisme féminin »

Françoise Giroud née en 1916 et décédée en 2003, fondatrice de l’Express avec Jean-Jacques Servan-Screiber a eu une énorme influence. Elle est une des rares à être restée dans l’histoire. Le titre de son livre « La Nouvelle vague » s’imposera pour qualifier les nouveaux cinéastes.

Gisèle Halimi est née en Algérie en 1922. Avocate très connue, elle a écrit « Ne vous résignez jamais »

Benoîte Groult née en 1920 est une romancière qui s’est fait connaître par son essai « Ainsi soi-elle » et « Touche étoile » livre dans lequel elle défend l’euthanasie.

Elisabeth Badinter née en 1944 est très connue. Romancière, journaliste, elle s’exprime souvent dans la presse. « L’amour en plus » « Le conflit »

J’ai abondamment parlé de ces féministes dans mon blog. Citer tous les billets serait fastidieux.

Je vous souhaite à tous une excellente journée des droits de la femme.

Je vous invite à avoir une pensée pour toutes ces femmes qui, chez nous ou dans le monde, subissent des violences et des viols.

N’oublions pas non plus, nous qui avons la chance de vivre dans un pays en paix, celles dont le pays est en guerre, celles qui souffrent de la faim.

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager une citation faite aux Etats-Généraux de 1929 qui avait fait grand bruit.

« Lorsqu’une jeune fille majeure entre à la Mairie avant d’avoir prononcé le « oui » sacramentel, elle jouit encore de ses droits civils. Aussitôt qu’elle a prononcé le « oui, Monsieur le Maire, » tous les droits qu’elle avait lui sont retirés. Mariée, la femme ne peut plus signer un contrat, elle ne peutni acheter, ni vendre sans la signature de son mari, elle ne peut pas plaider en justice au point de vue civil ni comme demanderesse, ni comme défenderesse, sans l’autorisation maritale. Elle est placée au même rang que les idiots, les fous, à qui l’on donne un conseil spécial. »

Ouf ! nous avons fait du chemin !

TOUTES CES GRANDES QUESTIONS.

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Douglas Kennedy est un romancier américain né le 1er janvier 1966 à New York. Parfaitement francophone, grand voyageur, il vit entre Londres, Paris, Berlin et Wiscasset dans l’état du Maine où il a acheté une maison.

Il a été marié de 1985 à 2009, à Grace Carley, conseillère politique au ministère de la culture au Royaume-Uni. Ils ont deux enfants.

« Cul de sac » « L’homme qui voulait vivre sa vie « « Les Désarrois de Ned Allen » « La poursuite du bonheur » « Au pays de Dieu » « Mirages »

Billets : 20/08/2008 – 22/02/2010 – 21/06/2012 – 13/03/2013 – 17/08/2015

TOUTES CES GRANDES QUESTIONS.

Douglas Kennedy nous signale que son éditeur américain a refusé le livre prétextant qu’étant un romancier à succès ses lecteurs n’apprécieraient pas ce changement de genre !

Le livre est une réflexion sur la vie, le bonheur, la mort. Il retrace surtout son long parcours pour arriver à trouver le sens de la vie qu’est pour lui, l’équilibre. Le livre se termine par les mots que lui disait son professeur de patins : « Ne sois pas si raide. Pense à ton équilibre. Arrange-toi pour glisser. »

L’auteur part de ce qui lui arrive dans la vie ou dans celle de ses amis pour en tirer des réflexions. Il le présente comme « une promenade à travers les questions cruciales que pose la condition humaine. »

Au moment où commence le livre, il s’est réfugié en Suisse pour réfléchir. Sa vie conjugale se détériore, il se tracasse pour son fils Max âgé de sept ans diagnostiqué autiste trois ans avant. Il a quarante-cinq ans.

La première question qu’il se pose est : « Voulons-nous vraiment être heureux ? » Question cruciale qu’il développera tout au long du livre. Très vite, il se demandera si nous ne sommes pas les artisans de la difficulté que nous rencontrons à être heureux. « Sommes-nous les victimes ou les artisans de notre infortune ? »

Sa réponse peut paraître surprenante, elle est pourtant, pour moi, d’une criante vérité.

« Vivre c’est se confronter à un incontournable truisme : la trajectoire de chacun d’entre nous est un récit qui se développe d’une manière que nous n’aurions jamais envisagée. Et si, comme c’est bien souvent le cas, les dénouements successifs de chaque phase de l’histoire nous laissent insatisfaits, ou prisonniers d’une réalité à laquelle il est difficile d’échapper, une vérité dérangeante apparaît : nous sommes les principaux artisans des impasses dans lesquelles nous aboutissons. »

L’auteur ira plus loin en affirmant que nous sommes souvent tentés de réécrire notre histoire pour la rendre plus supportable. Et pourtant « Le tragique fait intrinsèquement partie de l’existence. »

L’auteur s’interrogera aussi sur l’existence de Dieu. Sans répondre mais en rappelant cette visite faite dans une église évangéliste qu’il a racontée dans son livre « Au Pays de Dieu » Un reportage hallucinant !

Car Douglas Kennedy parle de ses livres et nous apprenons par exemple que « L’homme qui voulait être heureux » est inspiré par l’histoire de son père.

Un père qu’il a détesté : « Il m’avait toujours intimidé lorsque j’étais enfant et cela restait vrai. » « Malheureusement pour les autres et pour lui, mon père avait toujours besoin d’avoir raison. » J’ajouterai même quand il était cruel.

Sa mère, une vraie boule de nerfs, lui répétait constamment « Je ne t’aime pas » Parole tragique pour un enfant qu’elle répétera même à son fils devenu adulte. « Le plus dur quand on a un père ou une mère insupportable, c’est que l’on a tendance à se sentir responsable de ce mécontentement permanent. »

Après une violente dispute avec ses parents, Douglas restera plusieurs années sans les voir. C’est pourtant eux qui lui inspireront cette réflexion : « Pourquoi le pardon est-il (hélas) l’unique solution ? »

Son père veut qu’il lui achète une maison puisqu’il est devenu un romancier célèbre. Sa colère contre ses parents est toujours là mais il va s’interroger : « Neuf années avaient passé sans que je revoie mes parents. Ils étaient âgés, bientôt il serait trop tard. Peut-être devrais-je surmonter la peine et la colère ?

L’auteur va poursuivre sa réflexion : « Si je continuais à éprouver de la colère envers mes parents, je ne retirerais rien d’autre que cela : encore de la colère, toujours plus toxique et destructrice. »

Une évidence va s’imposer à lui : le pardon. « me libérer de la fureur que m’avaient inspirée mes parents, c’était retrouver mon intégrité, mettre fin aux émotions négatives qui me minaient, et la condition de cette libération était le pardon. » « Tu as cinquante-cinq ans et il t’a fallu tout ce temps pour comprendre l’un des principes les plus évidents de l’existence : c’est d’abord dans son propre intérêt que l’on pardonne. »

Le dernier chapitre du livre est consacré à son fils Max, autiste. Des pages émouvantes.

Avant de clôturer ce billet,  j’ajouterai que le livre est aussi un essai littéraire. L’auteur parle abondamment de ses lectures : Montaigne, Flaubert, Valéry, Kundera pour ne citer que ceux-là.

J’ai beaucoup aimé le livre. Douglas Kennedy s’y livre comme il ne l’a jamais fait. Ce n’est pas une biographie, ni un livre de recettes, c’est une philosophie de vie que l’auteur nous invite à partager.

 

CHANDELEUR.

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Ce 2 février, soit quarante jours après Noël, nous fêtons la Chandeleur. Pour les chrétiens, c’est la fête de la présentation de Jésus au temple et de la purification de la Vierge.

« Lorsque furent accomplis les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. » (Luc 2,22)

Comme d’autres fêtes chrétiennes, la Chandeleur a été une fête païenne. Les Romains célébraient le dieu Lupercus, dieu de la fécondité et protecteur des troupeaux. Les habitants se promenaient dans les champs en arborant des flambeaux.

Les Celtes sortaient aussi dans les champs avec des flambeaux pour prier la déesse Birgit, capable de purifier les terres et de favoriser les futures semences.

Selon une autre source, les Celtes auraient offert de petites crêpes, symboles de l’astre solaire, à leurs divinités.

C’est au Ve siècle que la Chandeleur deviendra une fête chrétienne. Sous l’impulsion du pape Gélase, les chandelles remplaceront les flambeaux et les torches afin de rappeler que le Christ est la lumière du monde capable d’éclairer les nations.

A la fin de la cérémonie, les croyants rapportaient les cierges allumés chez eux. Si la mèche s’éteignait, elle devenait un mauvais présage. Un dicton affirmait : « Celui qui la rapporte chez lui allumée, pour sûr ne mourra pas dans l’année. » 

Progressivement, la fête deviendra la « fête des chandelles » puis la Chandeleur.

Pourquoi des crêpes ? Le pape Gélase aurait offert des galettes dorées aux pèlerins qui se rendaient à Rome. Et, toujours selon certaines sources, pour s’assurer bonheur et prospérité, les paysans tenaient de la main gauche une pièce d’or tout en faisant sauter la crêpe de la main droite, sans la faire tomber ou se retourner.

Nous voilà donc ramenés à une tradition qui a un long passé. Est-elle toujours respectée ? Je ne sais pas mais je puis affirmer qu’elle était encore au début du siècle dernier.

C’est une tradition bien sympathique. Pourquoi s’en priver ?

Bonne Chandeleur à tous !

 

YVES MONTAND.

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Yves Montand (Iva Livi) est né le 13 octobre 1921 en Toscane et est décédé le 6 novembre 1991 à Senlis, dans l’Oise, en France.

Il est à la fois chanteur et danseur, acteur, engagé politiquement : les trois sont inséparables. S’il a commencé par la chanson, s’il l’a parfois abandonné pour tourner des films, il est souvent remonté sur scène. Ses opinions politiques ont changé mais il est toujours resté un homme engagé, défendant ses opinions avec la même ferveur.

La famille de Montand est d’origine juive, son père est un ardent communiste. Il quitte l’Italie de Mussolini pour Marseille où il crée une usine de balais. Après sa faillite, ses enfants quittent l’école pour subvenir aux besoins de la famille.

La famille obtiendra la naturalisation française en 1929.

A onze ans, après avoir falsifié ses papiers,  Montand travaille comme livreur, serveur, apprenti dans un salon de coiffure. Il obtiendra un CAP de coiffure.

Montand a mal vécu cette période pendant laquelle il est traité de rital émigré. Mais, il est passionné de cinéma, de comédies musicales américaines et des numéros de claquettes de son idole Fred Astaire.

A partir de dix-sept ans il chante dans des cabarets notamment des chansons de Charles Trenet et de Maurice Chevalier. Il change son nom en souvenir de sa mère qui lui disait « Iva, monta » Quelques années plus tard, il chantera à l’Alcazar, puis à l’Odéon de Marseille avec grand succès.

La guerre le rattrape en 1919, il est obligé de travailler comme manœuvre « aux chantiers de Provence » d’où il s’enfuit et rejoint Paris. Au Moulin Rouge, il passe en première partie d’Edith Piaf avec qui il a une liaison. Celle-ci y mettra fin trouvant que Montand lui faisait trop d’ombre. Ils se séparent en 1946.

C’est à Saint-Paul-de-Vence sur la côte d’azur qu’il rencontre Simone Signoret. Elle quitte son mari le réalisateur Yves Allégret et emmène sa fille Catherine. Ils vivent à Paris et deviennent le couple le plus médiatique du monde du spectacle. Montand adoptera Catherine.

Ils vont acheter une propriété à Autheuil-Anthouillet en Normandie qui devient un lieu privilégié pour des artistes ou des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Luis Bunel, Jorge Semprun.

Le couple milite pour les idées communistes mais en 1956 il chante en Russie et rencontre Nikita Krouchtchev au moment où les chars russes envahissent Budapest en Hongrie. L’année suivante, il entreprend une tournée triomphale dans tous les pays de l’Est.

Le couple va revenir profondément marqué, déçu d’avoir constaté l’application concrète du communisme dans ces pays.

En 1959, lors d’une tournée triomphale aux Etats-Unis il rencontre Arthur Miller et sa femme Marilyn Monroe avec qui il joue dans « Le Milliardaire » Il a avec elle une idylle largement médiatisée qui brise l’idée du couple exemplaire. Simone Signoret dira cette phrase devenue célèbre : « Vous en connaissez beaucoup d’hommes qui peuvent résister à Marilyn Monroe ? »

C’est à partir de 1964 qu’il se consacre presque uniquement au cinéma tournant avec Costa- Gavras, Alain Resnais, René Clément, Claude Lelouch, Philippe de Broca, Gérard Oury, Jean-Luc Godard.

Il reviendra à la chanson pour l’enregistrement de son album « Montand d’hier et d’aujourd’hui » et triomphera à l’Olympia, au Brésil, aux Etats-Unis, au Canada et au Japon.

Après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968, il rompt définitivement avec le communisme. Il soutiendra le syndicat polonais Solidarnosc anti-communiste de Lech Walçsa.

Simone Signoret qu’il n’a jamais quittée meurt en 1985 âgée de 64 ans. Montand est profondément affecté.

Il aura une liaison avec Carole Amiel qui lui donnera un enfant. Montand a 67 ans. Il mourra trois ans plus tard d’un infarctus du myocarde.

Simone Signoret et Yves Montand reposent au cimetière du Père Lachaise à Paris.

FILMOGRAPHIE.

« Le salaire de la peur » « Les sorcières de Salem » « Jean de Florette « « Manon des Sources » « Garçon ! » « Le Sauvage » « Vincent, François, Paul et les autres… » « « César et Rosalie » « La folie des grandeurs » « Un soir, un train » « Le cercle rouge » « L’aveu » « z »

Je n’ai bien sûr pas tout repris. « Les sorcières de Salem » est une adaptation de la pièce d’Arthur Miller inspiré par un procès en sorcellerie en 1692. Il y joue avec Simone Signoret.

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MUSIQUE.

« La bicyclette » « Trois petites notes de musique » « Syracuse » « Les grands boulevards » «Barbara » « A Paris » « Mon manège à moi » « Il n’y a plus d’après » « Page d’écriture » « Les enfants qui s’aiment » « Le temps des Cerises » « Une demoiselle sur une balançoire »

J’aime beaucoup Yves Montand. J’ai autant apprécié le chanteur que l’acteur.

Je regrette de ne pas avoir retrouvé de vidéo de ses derniers tours de chant encore très présents dans ma mémoire : costume noir, chapeau, canne, pas de danse et son sourire.

Vidéo : La chanson très connue de Jacques Prévert « Les feuilles mortes »

 

JEAN-CLAUDE CARRIERE.

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Jean-Claude Carrière, normalien et historien,  est né en 1931. Ecrivain, scénariste, metteur en scène,  sa carrière est impressionnante.

Son premier roman « Lézard » paraît en 1952.

Scénariste, il a travaillé avec les plus grands cinéastes : Louis Malle « Viva Maria » « Le voleur » ; Luis Bunel « Belle de jour » « Cet obscur objet du désir » » « Le charme discret de la bourgeoisie » Leur collaboration a duré dix-neuf ans.

Je citerai aussi parmi ses nombreux films, les plus connus : « Le Tambour » et « Un papillon sur l’épaule »

Jean-Claude Carrière a adapté des œuvres littéraires : « Cyrano de Bergerac » « Le roi des aulnes » « Le Hussard sur les toits » « L’insoutenable légèreté de l’être »

Il a écrit aussi pour le théâtre et une douzaine de films pour la télévision.

En 2000, il écrit son autobiographie « Le Vin bourru » et en 2003 « Les années d’utopie »

Cette année, il a publié chez Odile Jacob un livre de réflexions « La Paix » dans lequel l’histoire occupe une grande place.

LA CONTROVERSE DE VALLADOLID.

Ce récit, écrit pour la télévision puis adapté pour le théâtre, est un débat qui a eu lieu réellement en 1550 dans un couvent espagnol à Valladolid soixante ans après la découverte du Nouveau Monde et les expéditions de conquêtes qui ont suivi.

Dès le début des conquêtes, on s’intéressait en Espagne et dans les territoires conquis au sort réservé aux Indiens. Sont-ils égaux aux Espagnols ou inférieurs ? Doivent-ils être traités en esclaves ou en hommes libres ? La question ne sera jamais tranchée mais elle fera l’objet d’un débat à l’initiative du pape PaulIII et sous l’arbitrage de son légat Salvatore Roncieri.

Le débat opposera deux hommes, le dominicain Bartholomé de Las Casas et le philosophe Sépulvéda. Las Casas défend les Indiens et s’indigne de ce que les Espagnols les aient massacrés par millions. Sépulvéda les considère comme des sauvages qui doivent être dominés. Ils sont seulement d’accord sur un point : le nécessaire salut de l’âme.

Le récit est écrit en 1992 par Jean-Claude Carrière puis adapté pour la télévision la même année. Jean Carmet incarne le légat du pape, Jean-Pierre Marielle Las Casas et Jean-Louis Trintignant Sépulvéda. Le film est récompensé par un « Sept d’or » et le prix « Italia ».

Personnellement, je l’ai beaucoup apprécié et en ai gardé un excellent souvenir. C’était passionnant.

Pour le théâtre, Jean-Claude Carrière a dramatisé la dispute en en faisant un procès dont les spectateurs attendent le verdict.

C’est vraiment du grand art que de chercher les arguments des deux contradicteurs et de rendre le texte vivant et attrayant.

EXTRAITS.

Le légat du pape introduit le débat.

« Aujourd’hui, le Saint Père m’a envoyé jusqu’à vous pour décider une fois pour toutes, avec votre aide, si ces indigènes sont des êtres humains achevés et véritables, des créatures de Dieu et nos frères dans la descendance d’Adam. Ou si, au contraire, comme on l’a soutenu, ils sont des êtres d’une catégorie distincte ou même les sujets de l’empire du diable. A la fin de notre débat, la décision que je prendrai sera ipso facto confirmée par Rome. »

La Casas : « Depuis la découverte et la conquête des Indes, les Espagnols n’ont pas cessé d’asservir, de torturer et de massacrer les Indiens. Ce que j’ai à dire est si affreux que je ne sais par où commencer. Il y aurait de quoi remplir un énorme livre. (…) Oui, tout ce que j’ai vu, je l’ai vu faire au nom du Christ. J’ai vu des Espagnols prendre la graisse d’Indiens pour panser leurs propres blessures. Vivants ! »

Sépulvéda : « D’abord, les Indiens méritent leur sort parce que leurs péchés et leur idolâtrie sont une offense constante à Dieu. Et il en est ainsi de tous les idolâtres. Les guerres que nous menons contre eux sont justes. (…) …trois cents Espagnols soumettent un empire fort de vingt millions d’habitants, et on n’y verrait pas la main de Dieu ? (…) L’histoire des hommes est menée par Dieu. Personne n’en doute.(…) Ces Indiens sont des sauvages féroces. Non seulement il est juste, mais il est nécessaire de soumettre leurs corps à l’esclavage et leurs esprits à la vraie religion. »

Je n’irai pas plus loin. Un rappel important : nous sommes en 1550. Actuellement, personne n’ignore les horreurs commises au nom de Dieu. L’histoire est sanglante. Mais nous savons aussi que l’Eglise a évolué, les croyances ont changé. Personne ne justifierait ce qui s’est parfois passé lors des colonisations.

Ce qui nous choque maintenant, c’est de voir les djihadistes justifier leurs actes par la volonté de Dieu. Ces « fous de Dieu » pervertissent leur religion et nous ne pouvons, bien entendu, ni le comprendre, ni l’admettre.

« Plus jamais cela » disions-nous après la seconde guerre mondiale. Nous avons réussi en Europe à vivre en paix. Mais hélas ! les attentats nous ont placés dans une autre réalité. On peut s’amuser à discuter si, oui ou non, nous sommes en guerre. Je laisse ces querelles de langage aux spécialistes. L’horreur est là, bien là.

 

MERYL STREEP

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Meryl Streep est une actrice américaine née le 22 juin 1949 dans le New Jersey. Son talent a été maintes fois reconnu par ses pairs, si bien que le nombre de nominations à des récompenses pour ses prestations lui a permis de battre le record de Katharine Hepburn dans ce domaine. A elle seule, Meryl Streep compte 17 Oscars, 25 Golden Globes.

Elle a interprété de nombreux rôles marquants, notamment aux côtés de Dustin Hoffman en 1979 dans « Kramer contre Kramer« , mais aussi avec Robert Redford dans « Out of Africa » et  « Le Choix de Sophie » grâce auquel elle emporte son premier Oscar de la meilleure actrice en 1983. Elle a aussi incarné Margaret Thatcher dans « La dame de fer » en 2012.

J’ai surtout aimé « Sur la route de Madison » de Clint Eastwood.

Francesca Johnson semble vivre une vie de famille sans heurt. Un jour de l’été 1965, alors que son mari et ses enfants sont partis à une foire dans l’Illinois, le photographe Robert Kincaid (Clint Eastwood)  lui demande sa route. Elle le guide à travers les ponts couverts du comté de Madison qu’il est chargé de photographier pour la National Geographic. L’ amour, celui qui n’arrive qu’une fois dans une vie, s’abat sur eux et les quatre jours qu’ils passent ensemble les marqueront à jamais, quand bien même Francesca ne peut se résoudre à abandonner sa famille. Ce renoncement brise leur cœur, mais le souvenir de ces quatre jours les aide à continuer à vivre. Ses enfants n’apprendront son secret qu’après sa mort.

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Mery Streep a reçu le Cecil B. DeMille Award lors de la cérémonie des Golden Globes. Plutôt que de revenir longuement sur sa carrière et ses souvenirs de comédienne, elle a critiqué Donald Trump sans jamais le citer.

Elle a rappelé comment Donald Trump s’était moquée d’une journaliste handicapée pendant sa campagne. « Quelqu’un qui n’avait ni le privilège, ni le pouvoir, ni la capacité de pouvoir répondre. Ca m’a brisé le coeur quand je l’ai vu et je n’arrive pas à le sortir de ma tête parce que ce n’était pas un film, c’était la vraie vie. (…) Le manque de respect pousse au manque de respect, la violence invite à la violence. Et quand les puissants abusent de leur position pour humilier les autres, nous sommes tous perdants. »

Un discours émouvant et courageux. Celui d’une grande dame.

 

EPIPHANIE.

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Le six janvier est, dans la tradition chrétienne, la fête de l’Epiphanie. Selon l’évangile de Saint Mathieu, trois rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, venant de l’orient, guidés par une étoile se seraient rendus à Bethléem dans la crèche où reposait Jésus.

Ils lui auraient offert de l’or, de la myrrhe et de l’encens.

L’Epiphanie est fixée au six janvier soit douze jours après la naissance du Christ mais comme elle n’est pas un jour férié elle est souvent fêtée le dimanche suivant.

Elle existait déjà dans l’antiquité sous une forme païenne puisqu’on y fêtait le dieu Dyonisos, dieu de la vigne et du vin. Concomitante avec le solstice d’hiver, elle symbolisait le retour de la lumière et la renaissance de la végétation.

Une autre origine de l’Epiphanie est aussi une fête païenne, les Saturnales, célébrée par les Romains en l’honneur du dieu Saturne.

Les chrétiens vont donc progressivement remplacer les traditions païennes par une fête chrétienne. On se réunissait autour d’une galette pour la célébrer, c’est la fameuse galette des rois. A noter que les Calvinistes et les Luthériens ont longtemps rejeté cette coutume à cause de son origine païenne.

La coutume de mettre une fève vient aussi des fêtes de la Rome antique. Celui qui avait la fève était proclamé roi et pouvait faire tout ce qu’il voulait.

Le mot « Epiphanie » emprunté au grec signifie manifestation ou apparition. Dans son acceptation religieuse elle renvoie à la manifestation de Jésus aux rois mages.

La galette des rois a fort évolué au cours des temps. A l’origine il s’agissait de simples pains dans lesquels un haricot était utilisé en guise de fève. Chez nous, elle est traditionnellement une pâte feuilletée associée à de la frangipane, un mélange de crème pâtissière, de beurre, de sucre et de poudre d’amandes. Dans certaines régions, c’est une brioche.

La fève est maintenant remplacée par de la porcelaine ou même du plastique. Certains en font collection.

La galette des rois est donc une tradition bien sympathique. Celui qui aura la fève portera la couronne des rois et parfois devra choisir sa reine ce qui sera peut-être embarrassant…