TOUTES CES GRANDES QUESTIONS.

douglas-kennedy

Douglas Kennedy est un romancier américain né le 1er janvier 1966 à New York. Parfaitement francophone, grand voyageur, il vit entre Londres, Paris, Berlin et Wiscasset dans l’état du Maine où il a acheté une maison.

Il a été marié de 1985 à 2009, à Grace Carley, conseillère politique au ministère de la culture au Royaume-Uni. Ils ont deux enfants.

« Cul de sac » « L’homme qui voulait vivre sa vie « « Les Désarrois de Ned Allen » « La poursuite du bonheur » « Au pays de Dieu » « Mirages »

Billets : 20/08/2008 – 22/02/2010 – 21/06/2012 – 13/03/2013 – 17/08/2015

TOUTES CES GRANDES QUESTIONS.

Douglas Kennedy nous signale que son éditeur américain a refusé le livre prétextant qu’étant un romancier à succès ses lecteurs n’apprécieraient pas ce changement de genre !

Le livre est une réflexion sur la vie, le bonheur, la mort. Il retrace surtout son long parcours pour arriver à trouver le sens de la vie qu’est pour lui, l’équilibre. Le livre se termine par les mots que lui disait son professeur de patins : « Ne sois pas si raide. Pense à ton équilibre. Arrange-toi pour glisser. »

L’auteur part de ce qui lui arrive dans la vie ou dans celle de ses amis pour en tirer des réflexions. Il le présente comme « une promenade à travers les questions cruciales que pose la condition humaine. »

Au moment où commence le livre, il s’est réfugié en Suisse pour réfléchir. Sa vie conjugale se détériore, il se tracasse pour son fils Max âgé de sept ans diagnostiqué autiste trois ans avant. Il a quarante-cinq ans.

La première question qu’il se pose est : « Voulons-nous vraiment être heureux ? » Question cruciale qu’il développera tout au long du livre. Très vite, il se demandera si nous ne sommes pas les artisans de la difficulté que nous rencontrons à être heureux. « Sommes-nous les victimes ou les artisans de notre infortune ? »

Sa réponse peut paraître surprenante, elle est pourtant, pour moi, d’une criante vérité.

« Vivre c’est se confronter à un incontournable truisme : la trajectoire de chacun d’entre nous est un récit qui se développe d’une manière que nous n’aurions jamais envisagée. Et si, comme c’est bien souvent le cas, les dénouements successifs de chaque phase de l’histoire nous laissent insatisfaits, ou prisonniers d’une réalité à laquelle il est difficile d’échapper, une vérité dérangeante apparaît : nous sommes les principaux artisans des impasses dans lesquelles nous aboutissons. »

L’auteur ira plus loin en affirmant que nous sommes souvent tentés de réécrire notre histoire pour la rendre plus supportable. Et pourtant « Le tragique fait intrinsèquement partie de l’existence. »

L’auteur s’interrogera aussi sur l’existence de Dieu. Sans répondre mais en rappelant cette visite faite dans une église évangéliste qu’il a racontée dans son livre « Au Pays de Dieu » Un reportage hallucinant !

Car Douglas Kennedy parle de ses livres et nous apprenons par exemple que « L’homme qui voulait être heureux » est inspiré par l’histoire de son père.

Un père qu’il a détesté : « Il m’avait toujours intimidé lorsque j’étais enfant et cela restait vrai. » « Malheureusement pour les autres et pour lui, mon père avait toujours besoin d’avoir raison. » J’ajouterai même quand il était cruel.

Sa mère, une vraie boule de nerfs, lui répétait constamment « Je ne t’aime pas » Parole tragique pour un enfant qu’elle répétera même à son fils devenu adulte. « Le plus dur quand on a un père ou une mère insupportable, c’est que l’on a tendance à se sentir responsable de ce mécontentement permanent. »

Après une violente dispute avec ses parents, Douglas restera plusieurs années sans les voir. C’est pourtant eux qui lui inspireront cette réflexion : « Pourquoi le pardon est-il (hélas) l’unique solution ? »

Son père veut qu’il lui achète une maison puisqu’il est devenu un romancier célèbre. Sa colère contre ses parents est toujours là mais il va s’interroger : « Neuf années avaient passé sans que je revoie mes parents. Ils étaient âgés, bientôt il serait trop tard. Peut-être devrais-je surmonter la peine et la colère ?

L’auteur va poursuivre sa réflexion : « Si je continuais à éprouver de la colère envers mes parents, je ne retirerais rien d’autre que cela : encore de la colère, toujours plus toxique et destructrice. »

Une évidence va s’imposer à lui : le pardon. « me libérer de la fureur que m’avaient inspirée mes parents, c’était retrouver mon intégrité, mettre fin aux émotions négatives qui me minaient, et la condition de cette libération était le pardon. » « Tu as cinquante-cinq ans et il t’a fallu tout ce temps pour comprendre l’un des principes les plus évidents de l’existence : c’est d’abord dans son propre intérêt que l’on pardonne. »

Le dernier chapitre du livre est consacré à son fils Max, autiste. Des pages émouvantes.

Avant de clôturer ce billet,  j’ajouterai que le livre est aussi un essai littéraire. L’auteur parle abondamment de ses lectures : Montaigne, Flaubert, Valéry, Kundera pour ne citer que ceux-là.

J’ai beaucoup aimé le livre. Douglas Kennedy s’y livre comme il ne l’a jamais fait. Ce n’est pas une biographie, ni un livre de recettes, c’est une philosophie de vie que l’auteur nous invite à partager.

 

LAURENT GOUNELLE.

Laurent Gounelle

Ecrivain, Laurent Gounelle, né le dix août 1966, est un spécialiste des Sciences humaines, formé en France et aux Etats-Unis. Ses livres expriment sa passion pour la philosophie, le psychologie et le développement personnel.

Romans : « L’homme qui voulait être heureux » « Dieu voyage toujours incognito » « Le philosophe qui n’était pas sage »
(
Billets : 17/09/2012 – 18/04/2013 – 16/12/2014)

LE JOUR OU J’AI APPRIS A VIVRE.

Jonathan, la trentaine, habite à San Francisco. Il est séparé d’Angela depuis trois mois. Ils ont eu une fille, Chloé, qui vient chez lui un week-end sur deux. Il travaille dans une compagnie d’assurance avec comme associés Angela et Michael.

Son objectif est de gagner le plus d’argent possible. Il n’hésite pas à vendre des contrats à des clients déjà assurés pour le même risque. Très admiratif de Michael, son ambition est de faire mieux que lui.

Un jour, une bohémienne lui prend la main et lui annonce qu’il va bientôt mourir. Il est bouleversé. Il essaie de ne pas croire la prévision mais rien n’y fait.

« Lui qui ne s’était jusque-là jamais préoccupé de la durée de son existence se surprenait maintenant à envisager la fin, et cette idée était… inacceptable, insupportable. »

« Quant à son ambition secrète, se dépasser en devenant meilleur commercial que Michael, elle n’avait plus guère de sens désormais. (…)Signer toujours plus de contrats… A quoi cela servait-il, en fin de compte ? »

En plein désarroi, il décide de quitter temporairement son travail et d’aller voir sa tante Margie qu’il aime beaucoup.

« De jour en jour, son euphorie allait croissant. La rancœur et la déprime qui l’avaient un temps habité disparaissaient totalement. Progressivement, la marche l’emplissait d’un sentiment de gratitude tout à fait nouveau pour lui. Gratitude envers la beauté du monde, envers la vie qui lui offrait enfin une joie et une quiétude jusque-là insoupçonnée. »

Peu à peu, Margie va lui inculquer sa philosophie qui est bien celle de l’auteur. Ainsi, l’assouvissement de nos désirs est une course sans fin qui ne nous rend pas heureux.

« Les bouddhistes ont très bien compris ce phénomène. Ils considèrent que nos désirs sont l’une des causes de nos souffrances. C’est pour cela qu’ils invitent à se libérer de ses désirs. »

Ou encore, il faut se connaître, écouter ce qui vient du plus profond de nous-mêmes : « Quand on ne se connaît pas, on laisse nos illusions diriger notre vie. »

Combien de combats inutiles ne livrons-nous pas ? La sagesse est dans cette prière que Margie croit inspirée par Marc Aurèle : « Donnez-moi le courage de changer ce qui peut l’être, d’accepter sereinement les choses que je ne peux changer, et la sagesse de distinguer l’une de l’autre. »

La dernière révélation de Margie déduite d’une expérience scientifique qu’elle fait vivre à Jonathan est que tous les hommes sont reliés. Ainsi, en luttant contre les autres, nous luttons contre nous.

C’est un Jonathan transformé qui quittera sa tante. Il avait retrouvé le goût de vivre et voyait la vie autrement : « Le monde est la résultante de nos actes individuels. Se changer soi-même est la seule voie vers un monde meilleur. Un monde où il fait bon vivre. »

Jonathan va apprendre la bonté. Il renoncera à arnaquer ses clients comme il le faisait. Il ira plus loin, en faisant de petites choses pour les autres comme d’offrir des fleurs à une inconnue descendant du train ou tondre la pelouse de son voisin. Et même se préoccuper de l’avenir de la planète en devenant végétarien et en mangeant bio.

Comme le lecteur le constatera, l’auteur a profité de son roman pour partager sa vision de la vie comme le dit très bien le titre du livre : « Le jour où j’ai appris à vivre. »

L’originalité consiste, d’après moi, à écrire un roman non un essai c’est-à-dire à nous convaincre par petites touches non par de grands discours. C’est aussi ce qu’il avait fait dans  « L’homme qui voulait être heureux »

En parallèle à Jonathan, il crée un autre personnage Ryan qui espionne ses voisins à l’aide d’une caméra et d’un magnétoscope. Il poste tout sur son blog et en tire une joie mauvaise. Jonathan sera d’ailleurs une de ses victimes.

Ryan est donc l’opposé de Jonathan mais en même temps l’auteur donne ainsi une certaine véracité au livre, c’est bien par le biais d’un roman que Laurent Gounelle nous livre sa conception de la vie.

On peut ou pas être d’accord avec l’auteur mais ce qui est certain c’est que son livre tranche radicalement sur beaucoup d’essais qui traitent du même sujet mais dont le pompeux du discours nous en éloigne très rapidement.

Je terminerai par la citation que Laurent Gounelle met en exergue de son livre :

« Celui qui est le maître de lui-même est plus puissant que le maître du monde » (Bouddha)

 

LA BIBLIOTHEQUE DES COEURS CABOSSES.

bibliothequecoeurs

Un grand succès de librairie cette année. C’est le premier roman d’une suédoise Katarina Bivald qui vit près de Stockholm et travaille à mi-temps dans une librairie.

Sara Lindqvist, vingt-huit ans, vit à Haninge en Suède. Elle travaille dans une librairie. Elle va faire la connaissance d’Amy Harris, soixante-cinq ans, qui vit à Broken Wheel dans l’Iowa. Elles vont correspondre pendant deux ans, parlant surtout de livres.

Sara va perdre son emploi et Amy l’invite à venir chez elle en vacances. Sara accepte l’invitation. Elle va découvrir Broken Wheel : « Les bâtiments étaient si bas qu’ils semblaient disparaître au milieu de tout ce bitume. La rue principale se composait de quelques maisons des deux côtés de la chaussée. La plupart étaient fermées et à l’abandon, sinistres dans les derniers rayons du soleil de l’après-midi. Les magasins avaient des vitres sales ou barricadées, seule une gargote était encore ouverte. »

A peine arrivée, elle apprend qu’Amy est décédée. Grace, d’autorité, la fait conduire dans la maison d’Amy. Sara décide d’y rester comme lui demandent les habitants, contents d’avoir une touriste dans leur trou perdu.

Sara sera complètement prise en charge par la population. On lui donne un chauffeur qui la conduira où elle voudra. Il règne dans ce village une solidarité qui n’existe nulle part ailleurs.

Sara découvre les milliers de livres d’Amy et a un projet fou, ouvrir une librairie dans ce village où elle distribuera les livres d’Amy parce que, pour elle, lire est ce qui est le plus important dans la vie.

Au début, Sara fait ce qu’elle a toujours fait, lire. Installée dans la librairie, elle lit sans arrêt ce qui étonne les villageois. Pour Sara, les seuls amis qu’elle ait eus sont les personnages de ses lectures. Elle a toujours vécu en dehors de la vie réelle.

Ce n’est plus possible à Broken Wheel. Elle va dorénavant faire partie de la communauté, se faire des amis et rencontrera même l’amour.

Une anecdote est révélatrice du changement. Un jour où comme d’habitude elle est installée dans la librairie, deux jeunes l’observent. « Dans un premier temps, ils avaient juste attendu qu’elle les salue ou qu’elle les chasse, mais une heure s’était écoulée sans qu’elle remarque le moins du monde leur présence. »

Les jeunes décident de rester jusqu’à ce qu’elle lève les yeux. D’autres habitants arrivent et l’un deux décide de prendre une photo de Sara en train de lire, pour le journal local. Puis, peu à peu, l’attroupement grossit, ils mangent, boivent et Sara lit toujours.

« Jusqu’au moment où elle ne le fit plus. Elle lut la dernière page, sourit comme on le fait à un vieil ami, puis referma le livre. Elle décroisa les jambes et s’étira. Quand elle vit enfin l’attroupement, elle se leva à la hâte et se dirigea vers eux, confuse. – Mes amis ! lança Steven lorsqu’elle franchit le seuil, le temps est exactement de cinq heures et trente-sept minutes. Des applaudissements se déclenchèrent ça et là. Des odeurs de charbon de bois, de viande grillée et de bière flottaient dans l’air. Il y avait des canettes vides sur le sol. Le tout respirait la fête spontanée. »

La vie du village va changer. Sara n’a pas perdu de vue son objectif, arriver à ce que les villageois lisent. Ils viendront chercher des livres, en parleront et décideront d’organiser des fêtes et même de le faire connaître. Puisque la librairie a réussi, pourquoi pas un office de tourisme ?

L’auteur décrit la lente agonie des villages américains désertés par les jeunes qui préfèrent les grandes villes, la fermeture des commerces. Mais les villageois de Broken Wheel ont fait de leur village, celui de la solidarité, de la bonté, un village heureux.

L’auteur fait aussi de son livre une véritable encyclopédie de la littérature. Sara parle des livres qu’elle lit mais aussi de ceux qu’elle classe dans sa librairie. Des livres connus, d’autres moins sauf pour ceux qui connaissent bien la littérature américaine.

J’ai trouvé que le titre correspondait peu au contenu du livre. Il a sans doute été choisi comme c’est souvent le cas par l’éditeur.

Je l’ai bien aimé même si je l’ai trouvé un peu long.

J’ai surtout aimé Sara pour qui les héros des livres sont des amis et pas de simples personnages de romans. Même transformée par l’ambiance du village elle garde son amour des livres et réussit à le faire partager.

Un livre « phénomène » titrait un critique. Sans doute parce qu’on y retrouve des personnages ordinaires, qu’il n’y a pas vraiment une histoire mais que le lecteur s’attache à ces gens ordinaires mais heureux. Est-ce la raison du succès du livre ?

 

ANNA GAVALDA.

Anna Gavalda.

Anna Gavalda est née le 9 décembre en région parisienne où elle vit toujours.

Romans : « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » « Ensemble, c’est tout » « L’Echappée belle » « La consolante ». (billet du 2 décembre 2008).

JE L’AIMAIS.

Chloé, mère de deux enfants Marion et Lucie, est abandonnée par son mari Adrien. Son beau-père, Pierre Dippel, soixante-cinq ans, époux de Suzanne, décide de l’emmener à la campagne.

Chloé accepte bien qu’elle n’aime pas son beau-père. Elle ne s’est jamais sentie à l’aise avec lui. Elle le trouve distant, trop sûr de lui et a en tête tout le mal qu’Adrien lui en a dit. Elle lui reproche aussi d’être peu affectueux envers sa femme.

Chloé rumine son chagrin tout en espérant un coup de téléphone d’Adrien. Il est parti en se disant confus, c’est tout. Chloé pleure. Elle est « larguée » et ironise : « Larguée, c’est merveilleux comme expression. Larguer les amarres. Détacher la bonne femme. Prendre le large, déployer ses ailes d’albatros et baiser sous d’autres latitudes… » « Je ne voyais rien. Je n’ai rien vu venir, vous comprenez ? Comment peut-on être si aveugle ? »

Dans un premier temps, Pierre essaie de distraire Chloé, lui dit qu’il l’aime, qu’il a autant de chagrin qu’elle mais refuse de condamner Adrien d’être parti.

Chloé lui en veut. Elle le traite d’égoïste, de quelqu’un qui n’a jamais pensé qu’à lui, de vieux con et le soupçonne de ne pas condamner son fils par esprit de famille.

Pierre va la détromper. « Je pense à lui. – Vous vous faites du souci pour Adrien ? – Oui, je crois… Oui. – C’est pour lui que je m’en fais le plus en tout cas… – Pourquoi ? – Parce qu’il est malheureux. »   

Chloé réagit violemment. Pourtant Pierre insiste : « On parle toujours du chagrin de ceux qui restent mais as-tu songé à celui de ceux qui partent ? »

Propos inattendu de la part de quelqu’un qui est censé comprendre et partager le chagrin de Chloé qui, bien évidemment, ne peut qu’engendrer une réaction violente.

L’explication viendra dans la longue conversation que Pierre et Chloé vont avoir au cours de la nuit. Elle commence par un aveu : « J’ai aimé une femme… Je ne parle pas de Suzanne, je te parle d’une autre femme. (…) Je l’ai aimée plus que tout. Plus que tout… ».

Il avait quarante-deux ans quand il est tombé amoureux « comme on attrape une maladie ». Amoureux de Mathilde, sa traductrice, rencontrée dans un congrès. Une longue liaison faite de mensonges et de fausses promesses qui se terminera par un ultimatum : « Choisir entre elle et sa femme. »

Suzanne a accepté la liaison parce qu’elle ne veut pas perdre sa maison, son statut social… Mais, le choix, c’est Mathilde qui l’a fait.

Pierre l’a accepté et des années plus tard il se demande s’il a bien fait. Il est resté auprès de sa femme mais est devenu quelqu’un de dur avec ses enfants et même dans sa vie professionnelle.

Et l’ultime question en parlant de sa fille : « Est-ce que cette petite fille têtue n’aurait pas préféré vivre avec un papa plus heureux ? »

Et c’est ce qu’il essaiera de faire comprendre à Chloé : « Je pense que c’est une bonne chose. – Une bonne chose de quoi ? – Ce qui t’arrive là… – D’être la reine des connes ? – Non, qu’Adrien s’éloigne. Je pense que tu vaux mieux que cela… Mieux que cette gaieté un peu forcée… (…) Mieux que ce que vous étiez devenus tous les deux. (…) Je pense qu’Adrien n’était pas à la hauteur. »

Roman banal sur un sujet banal. Un mari part sans qu’on sache pourquoi, sa femme voit ce départ comme un désastre, une trahison. Classique. Ce qui l’est moins, c’est le personnage de Pierre. Il persuade Chloé que le départ d’Adrien est un bien pour elle. Qu’elle n’était pas heureuse. Mais, l’auteur le fait dire à Pierre après nous avoir montré le chagrin de Chloé dans la moitié du livre !

Pierre à la fin de sa vie pense qu’il s’est trompé en restant près de Suzanne. Et surtout, qu’il a été lâche. Adrien, lui, est égoïste mais courageux. On sera d’accord ou pas.

Le style est familier. Le roman se réduit à un long dialogue. On n’aime ou on n’aime pas.

D’un sujet banal, Anna Gavalda fait un roman plaisant. Convaincante son idée du bonheur ? Pas pour moi. J’aurais préféré qu’elle creuse un peu…

 

JEAN d’ORMESSON.

Jean d'ormesson

Jean d’Ormesson est né à Paris le 16 juin 1925. Ecrivain, chroniqueur, journaliste, il a été élu à l’Académie française en 1973. Il en est actuellement le doyen.

Elevé par sa mère jusqu’à  l’âge de 14 ans, il entre à 19 ans à l’Ecole Normale Supérieure. Licencié en lettres et histoire, il est admis ensuite à l’agrégation de philosophie.

En 1950, il devient Secrétaire Général du Conseil international de la philosophie et des sciences de l’UNESCO dont il devient président en 1992.

En 1970, il devient directeur du Figaro. L’année suivante, il publie « La gloire de l’Empire » pour lequel il obtient le Grand Prix du roman de l’académie française.

Chaque année, paraîtra un autre roman dont « Au Plaisir de Dieu » « Mon dernier rêve sera pour vous » « Histoire du Juif errant » « Le rapport Gabriel » « C’était bien » « C’est une chose étrange à la fin que le monde ».

(Billets du 27 février 2008 – 4 novembre 2010 – 23 janvier 2013)

UN JOUR JE M’EN IRAI SANS EN AVOIR TOUT DIT.

Le titre est un vers d’Aragon comme l’était « C’est une chose étrange à la fin que le monde ».

Publié comme ses autres livres comme étant un roman, c’est presque une autobiographie. Je pourrais le résumer en une phrase : Il est parti de son enfance pour arriver aux étoiles et à Dieu. »

La première partie du livre intitulée Tout passe est un rappel de son enfance mais aussi un survol historique de son époque. « Je suis tombé dans ce monde en un temps où beaucoup de choses disparaissaient et où beaucoup d’autres apparaissaient. Il y a eu le jeudi noir de Wall Street, la dépression, les banques qui sautent, le chômage, l’inflation. Il y a eu la guerre, le goulag, la Shoah, les Kmers rouges, le Rwanda. Il y a eu un progrès qui a semé en même temps l’enthousiasme et la crainte. Longtemps, demain a ressemblé à hier. Et puis, tout à coup, l’histoire a pris le mors aux dents. »

Pour l’auteur, le changement le plus spectaculaire est que la science et la technique aient remplacé la philosophie et la religion.

Lui, qui s’est tellement intéressé aux découvertes des galaxies ou des étoiles redit son étonnement que l’homme ne soit que des poussières d’étoile. Cependant, il attribue le plus grand changement de la conception du monde à Képler ou Copernic, mais surtout à Darwin, qui bien que croyant, a changé pour toujours la conception de l’homme au mépris de Dieu. « Dieu après avoir connu bien des épreuves passe son pouvoir à l’homme. »

De son enfance, il ne dira pas plus qu’il n’a dit dans « Au plaisir de Dieu » Enfance choyée, où le plus important est la famille. Il parlera pourtant de Marie dont il était très amoureux et qui a brisé sa vie en épousant Pama Karpo. Celui-ci, moine bouddhiste orphelin, avait été adopté par sa tante Françoise. Il deviendra le fermier de son père puis fera fortune après guerre.

L’argent, il n’en a jamais manqué, mais s’il le méprise, il reconnaît qu’il est indispensable à celui qui veut vivre une vie de  plaisisirs : « L’argent est un serviteur dont l’idée fixe est de devenir le maître – et il faut l’en empêcher. – Il règne avec arrogance dans le monde d’aujourd’hui ».

Sa vie, justement, lorsque Marie lui revient, sera faite de plaisirs, voyages en Grèce, Turquie, Maroc, Inde, Mexique et surtout l’Italie dont il a abondamment parlé dans ses autres romans.

Plaisirs de la lecture. Je ne reprendrai pas la longue énumération des livres qui l’ont marqué. Juste une petite vengeance en parlant de Sartre qui disait n’importe quoi avec beaucoup de talent et beaucoup de culot…

Les livres justement. Il commence le sien en parlant de la littérature actuelle qui ne vaut pas l’ancienne. « Tout le monde écrit » « L’image triomphe et l’emporte sur l’écrit en déroute » Et encore : « Le piège à éviter, c’est de se jeter dans le moderne et comme si ça ne suffisait pas, tout le monde veut être rebelle par-dessus le marché. Pour être au goût du jour, tout le monde cherche à grimper dans le train déjà bondé des mutins de Panurge. »

Ces paroles pourraient faire sourire venant d’un auteur qui a passé sa vie à écrire des romans mais je le crois quand il dit qu’il n’a jamais cherché à être à la mode. Pour lui, écrire est devenu une nécessité, presqu’un virus dont il ne peut plus se passer. Je serai la dernière à le lui reprocher moi qui l’ai beaucoup lu avec toujours autant de plaisir.

Dans la seconde partie du livre, c’est en philosophe que Jean va discourir sur les grands thèmes : l’allégresse, l’angoisse, le chagrin, le mal, la joie, la beauté, la vérité, le temps.

Je ne peux pas tout détailler. Quelques citations : « La gaieté est la forme de ma mélancolie – Le mal est d’abord en moi – C’est peut-être parce que je suis idiot que la vie et le monde m’ont tant plu – La difficulté est qu’il y a de tout dans la vérité et qu’il y a de tout dans l’erreur – Nous ne savons rien du temps- Le présent est coincé entre le passé et l’avenir. C’est un entre-deux minuscules jusqu’à l’inexistence. »

L’inexistence, la mort, l’interrogation perpétuelle de d’Ormesson : que faisons-nous donc sur cette terre ?

C’est dans la ligne de cette interrogation qu’il consacre la troisième partie de son livre à Dieu. « Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré. »

Cette partie est un très long développement sur la vie vécue avec joie alors que nous nous savons mortels. Il dira même qu’il faut être heureux.

C’est la première fois qu’il affirme avec certitude qu’il croit en Dieu même s’il rejette la résurrection ce qui l’afflige car il aimerait tant retrouver Marie dans l’éternité.

Mais, paradoxe, dans sa prière à Dieu, qui termine le livre, il lui dira « Merci » et Dieu lui répondra « Je te pardonne. »

Un beau livre. Des formules qui font mouche. « Longtemps, j’ai été jeune – J’aimais beaucoup ne rien faire. Dans cette occupation suprême, j’étais presque excellent. Je ne m’ennuyais jamais. – Le travail ne m’intéressait pas. J’étais désintéressé. – Je passais le temps qui passe. »

Un roman d’amour. De Marie, des paroles, des mots, de la vie.

Un livre sans fausse modestie dans lequel l’auteur se livre en toute simplicité.

 

FRANCOIS WEYERGANS.

francois wergans

François Weyergans est né à Etterbeek (Bruxelles) le 2 août 1941. Il a suivi les cours de l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHES), a écrit des critiques dans « Les cahiers du cinéma » et a réalisé plusieurs films : « Statues » « Voleuses » « Un film sur quelqu’un ».

En 1973, à la suite d’une analyse il publie un compte rendu sarcastique de sa cure dans un roman « Le pitre » qui obtient le prix Roger-Nimier.

En 1981, après avoir été récompensé par le prix Rossel pour son roman « Macaire le Copte » il décide de se consacrer uniquement à la littérature.

Livres et récompenses vont se succéder : « Le Radeau de la Méduse », prix Méridien, « La démence du boxeur » prix Renaudot suivis de « Franz et François » « La vie d’un bébé » « Trois jours chez ma mère » en 2005. Pour ce roman, il obtient le prix Goncourt au terme d’une compétition avec « La Possibilité d’une île » de Michel Houellebecq qui était un grand succès.

Il est élu à l’Académie française au fauteuil de Maurice Rheims, laissé vacant par le décès d’Alain Robbe-Grillet. Jean d’Ormesson racontera qu’il avait séduit les Académiciens par ses lettres de candidature « inouïes de drôleries et d’ironie ». Il arrivera d’ailleurs quinze minutes en retard pour son intronisation et prononcera un discours qualifié par Jean « de coq-à-l’âne ».

ROYAL ROMANCE.

Le héros est Daniel Flamm, d’une soixantaine d’années, marié depuis une vingtaine d’années à Astrid. Ils ont deux filles Iris et Olga. Ecrivain, il éprouve de grandes difficultés à terminer ses livres, voyage beaucoup et multiplie les aventures amoureuses.

Il a eu la chance d’être engagé par Ari Trokkel pour un travail qui lui laisse beaucoup de loisirs, lui permet de voyager et de jouir de revenus substantiels.

Grâce à l’argent de Trokkel, il n’est plus obligé d’écrire mais il est poursuivi par une histoire d’amour très ancienne qu’il se sent obligé de raconter « pour se délivrer ».

C’est le sujet du roman. Daniel Flamm a rencontré, à Montréal, une canadienne, Justine, âgée d’une vingtaine d’années. Un vrai coup de foudre. Venu pour une semaine à Montréal, il va y rester plus longtemps. « J’avais d’autres raisons de prolonger mon séjour, des complications avec les papetiers, mais je préfère penser que ce fut à cause d’elle et pour elle que je restais. »

Je préfère penser… une phrase qui en dit long sur Daniel. Il est amoureux mais guère comme elle qui l’aime vraiment. Il ne tarde pas à la tromper avec deux autres canadiennes.

Justine est une comédienne débutante. Elle aime les films pornos, est drôle, anticonformiste  et très belle. Le titre du roman est celui d’un cocktail sont elle raffole : moitié gin, un quart Grand Marnier, un quart fruit de la Passion, un soupçon de grenadine.

Leur liaison est torride mais éphémère car Daniel rentre à Paris. Elle ne cessera cependant pas de lui téléphoner, lui écrire, lui envoyer des textos, des cassettes qu’il n’écoute pas toujours entièrement ou même pas du tout.

Un ami lui apprendra que Justine a un cancer du sein. Elle ne lui dit rien pour l’épargner mais par égoïsme il ne lui en parle pas, n’ayant même pas l’idée qu’elle pourrait avoir besoin de réconfort.

Même si tous les deux mènent chacun leur vie de leur côté, leur lien reste fort pendant des années. Ils n’ont jamais pensé à vivre ensemble et malgré la distance, Justine reste très amoureuse.

Elle débarque à Paris au moment où Daniel entretient une relation amoureuse avec Florence. Astrid l’a quitté mais il ne le dit pas à Justine qu’il voit encore mais qu’il garde à distance, refusant même de lui montrer son appartement.

Elle ira le rejoindre à Strasbourg où il s’est réfugié chez sa sœur pour voir plus facilement Florence. Elle vient d’apprendre que son cancer a récidivé et enfin ! se décide à lui parler de ce qu’il lui a fait vivre.

« Je dois t’avouer, Daniel, que j’ai déjà eu un cancer à Montréal quand on ne se voyait pas. J’ai peur, c’est une récidive, je sais que c’est peut-être grave. Mon premier cancer, je n’ai pas voulu t’en parler. (…) J’avais peur que tu disparaisses. (…)D’accord, il y a eu un bonheur que je ne renierai jamais, des sentiments que je n’avais jamais connus, jamais soupçonnés avant toi. Mais tu n’as pas su rompre avec ta vie d’avant. (…) Mais chaque nuit j’ai souhaité que tu t’endormes contre moi. »

L’histoire se terminera tragiquement. Justine est hospitalisée dans un hôpital psychiatrique, puis dès qu’elle peut sortir, sans même  rentrer chez elle, elle se jette sous le métro.

Comment réagit Daniel ? Il s’enferme chez lui, écoute les cassettes qu’elle lui avait envoyées et les recopie. Il rêve de Justine se jetant sous les rames du métro alors qu’il essaie de l’en empêcher. Trop tard !

A ce moment, le lecteur comprend qu’il ait voulu écrire l’histoire pour « se délivrer ».

Je pourrais dire que le livre n’est qu’une banale histoire d’amour entre une femme trop amoureuse et un séducteur lâche, préoccupé uniquement de lui-même et de ses conquêtes.

François Weyergans en fait autre chose. Il décrit minutieusement Montréal et Strasbourg presque comme un guide touristique. Mais il y a aussi l’actualité,  des références cinématographiques ou littéraires qui viennent un peu par hasard. C’est ce que les critiques appellent ses « coq-à-l’âne ».

Des questions sérieuses comme : « à quoi riment nos vies ? – on a beau revenir en arrière, on ne peut plus rien changer – combien de gens réussit-on à rendre heureux dans une vie ? – Pourquoi si souvent n’ose-t-on pas dire ce qu’on pense ? Ceux qui ne supportent pas qu’on leur fasse des reproches ne se privent pas de vous en faire. »

Et sur les journaux : « L’intérêt des journaux, c’est que leur lecture le mettait hors de lui et finalement le stimulait. »

Des remarques amusantes comme celle-ci en parlant de son ordinateur : « La résolution des problèmes s’est terminée sans détecter de problème. (…)Le pape ne fait pas de miracles, Windows en fait. Le miracle s’appelle la restauration du système. » 

Cet aveu qui me le rend un tout petit peu plus sympathique : « Je voudrais tant être restauré à l’état qui était le mien quand j’ai rencontré Justine, avant les bourdes, les gaffes, la souffrance… »

J’avoue avoir eu du plaisir à lire le livre même si le héros m’est tout à fait antipathique.

Décidément, François Weyergans a beaucoup de charme.  

 

DOUGLAS KENNEDY.

Douglas Kennedy est né à New York en 1955. Dramaturge, il a été régisseur dans des théâtres de Brodway. Il quitte l’Amérique pour Dublin en 1977. En 1991, après un long voyage en Australie, il publie, en Angleterre « The Dead Heart »(Cul-de-sac) qui obtiendra un grand succès et sera porté à l’écran par Stephan Eliot.

Vu le succès du premier livre, les éditeurs anglais et américains se livreront une véritable bataille commerciale pour son deuxième livre « The Big Picture »(L’homme qui voulait vivre sa vie) qui sera traduit dans une quinzaine de langues.

Ses livres sont toujours des succès de librairie. Je citerai : « Les Désarrois de Ned Allen » « La poursuite du bonheur » « Une relation dangereuse »  « Les charmes discrets de la vie conjugale » « La poursuite du bonheur » « Quitter le monde » « Au pays de Dieu ». (voir billiets du 20 août 2008 et 22 férier 2010.)

RIEN NE VA PLUS.

David Armitage, aspirant scénariste à Hollywood, n’arrive pas à percer. Il rêve d’être célèbre mais tous ses scénarii sont refusés. « J’ai toujours rêvé d’être riche. Je sais, ça doit avoir l’air idiot de dire ça, mais c’est la vérité et j’admets, j’admets. Mon voeu s’est réalisé il y a près d’une année, après dix ans de poisse continuelle, une accumulation toxique de lettres de refus. »

Un coup de fil va changer sa vie. Son agente, Alison Ellroy, lui apprend qu’elle a réussi à vendre le pilote de « Vous êtes à vendre ! » la trépidante et complexe vie interne d’une agence de relations publiques à Chicago. Le feuilleton est un succès et la chaîne décide de le prolonger. David Armitage devient riche.

David vit en ce moment avec Lucy rencontrée à Manhattan. Elle a joué dans des feuilletons pour la télévision puis est devenue une star de la télévente. Ils habitent dans un petit deux pièces à Los Angeles. Ils ont une fille Caitlin.

Six mois après le début de son succès, il rencontre Sally Birmingham, chef de projet à la Télévision. Il est tout de suite sous le charme : « Grande, un visage fin et lumineux, cheveux noisette coupés court, sourire narquois »

Il a une liaison avec elle et apprend à mentir. « La dissimulation est vraiment un art, comme je m’en suis vite rendu compte, et un art très exigeant. Dès que l’on commence à broder sur le réel, on a créé une fiction dans laquelle on est obligé de rester. (…) Le mensonge appelle le mensonge et la broderie s’étend jusqu’au point où l’on se surprend souvent à se demander si la tromperie n’est pas finalement la vérité »

David quitte Lucy, divorce pour vivre avec Sally. Mais, ce qu’il n’avait pas prévu, il est séparé de sa fille qu’il ne voit plus qu’une fois par mois. « La logique implacable du succès qui me poussait en avant, sans cesse, me permettait d’esquiver momentanément les tête-à-tête avec ma culpabilité, avec ce doute muet et insistant que j’éprouvais devant les moindres aspects de cette nouvelle vie. »

David a réussi son rêve, être riche mais il n’est pas heureux. Il a cassé son mariage, regrette que ses rapports avec sa fille ne soient plus les mêmes.

David va vivre une autre expérience. Il est invité par un milliardaire, Philip Fleck, pour un séjour paradisiaque sur une île. Il va y rencontrer brièvement l’ex-femme de Philip, Martha, qui jouera un rôle dans sa seconde « nouvelle vie ».

Même dans ce paradis, David est désabusé. « Alors qu’elle est censée simplifier la vie, la réussite ne fait que la compliquer. Parce que nous avons besoin de nouvelles difficultés, de nouveaux défis, de nouvelles aspirations à un plus grand succès encore. »

Rentré chez lui, David est victime d’une machination. Un journal l’accuse de plagiat, les médias s’en mêlent, il perd tout, menacé même de devoir rembourser les droits qu’il a perçus pour sa série télévisée.

Très vite, c’est la descente aux enfers et Douglas Kennedy nous y entraîne, nous faisant vivre toutes les catastrophes qui frappent son personnage.

Ce n’est qu’à la fin du livre que le lecteur apprend qui est à l’origine de la manipulation.

Le livre est construit comme un triller mais parsemé de réflexions. Qu’est-ce que la réussite ? Qu’est-ce que le bonheur ? Qu’apporte la richesse ? David est-il responsable de ce qui lui arrive ? A-t-il sacrifié son mariage pour un bonheur illusoire et éphémère ?

Comme toujours, Douglas Kennedy est un maître du suspense. Il décrit minutieusement ses personnages, leur physique mais aussi leurs faiblesses. Comme dans ses autres romans, Douglas Kennedy, l’air de rien, pose les questions essentielles sur la vie.

Plusieurs de ses romans, reprennent le même thème, croire qu’un changement de vie, même s’il apparaît providentiel, n’apporte pas nécessairement le bonheur.

Certains critiques littéraires reprochent à Douglas Kennedy son côté populaire. Mais les lecteurs l’apprécient. Le style est enlevé, les dialogues percutants, les personnages tellement bien décrits qu’ils en deviennent « vivants ».

Romans faciles, peut-être, mais passionnants. On ne s’ennuie jamais en lisant Douglas Kennedy. Quelques heures d’évasion n’est-ce pas appréciable ?