ANNIVERSAIRES.

En tant que fidèle téléspectatrice, je tiens à souhaiter un bon anniversaire à Controverse qui fête sa millième émission.

Je ne suis pas toujours d’accord – et c’est normal – avec ce qui est dit à l’émission mais je la trouve souvent intéressante. Le choix des invités me laisse parfois perplexe mais je comprends que l’animatrice tienne à avoir un plateau qui suscitera la « controverse ». Je n’apprécie pas toujours la mauvaise foi de certains, les dénis, les attaques de personnes mais c’est la politique !

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Je n’apprécie pas la nouvelle formule de Controverse. Trop de sujets, une course contre la montre, les journalistes posant une question qui relance le débat pour… quelques minutes. L’animatrice n’aurait-elle pu poser la question elle-même ?

Je tiens particulièrement à remercier Pascal Vrebos qui a animé l’émission pendant très longtemps avec un professionnalisme exemplaire.

Aujourd’hui, il fête la 600ème émission de « L’invité » une émission dans laquelle les invités éprouvent beaucoup de difficultés à pratiquer la langue de bois. Bravo aussi pour son sérieux et pour son sourire !

Pascal Vrebos

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CONTROVERSE.

Dominique Demoulin

Comme je regrette Pascal Vrebos ! Je comprends qu’il ait choisi de mettre fin à l’animation de « Controverse » mais pour moi c’est bien dommage.

Dominique Demoulin l’a remplacé et pour moi, ce n’est pas un succès. Au lieu de se limiter à un seul sujet pour son débat, elle les multiplie. Débattre pendant 45 minutes lui semble impossible donc elle se hâte de passer « à autre chose ». Les yeux fixés sur sa montre, elle annonce : « Il est x minutes, l’heure de passer à y ». Elle me fait penser à un jeune prof qui de peur de ne pas avoir assez de matière en prévoit trop.

De plus, cette année, elle a ajouté la présence de journalistes, censés écouter le débat pour le commenter. Les pauvres prennent des notes et ont quelques minutes pour s’exprimer. Résultat, comme dimanche dernier, une question posée, laissée sans réponse et la parole qui revient aux débatteurs ! Au mieux, quelques phrases, vite coupées. Le temps, n’est-ce pas !

Je crois que Dominique Demoulin pourrait être une bonne animatrice. Elle a acquis de l’autorité, connaît son sujet, distribue plus ou moins équitablement la parole, est toujours aimable et souriante. Alors ? Elle doit revoir sa méthode et cesser de vouloir traiter tout ce qui fait l’actualité. Choisir…

Je profite de ce billet pour dire combien je regrette qu’il n’y ait pas en Belgique, à la télévision, de débats sur l’actualité internationale comme en France. L’information est donnée dans les journaux télévisés mais je souhaiterais un approfondissement.

Commenter ce qui se passe dans le monde me semble indispensable. Je regrette de ne pouvoir être informée que sur les chaînes françaises.

LES MEDIAS.

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Je voudrais revenir très loin, dans le temps. Les journaux étaient la seule source d’information. Je parlerai des plus connus. « Le peuple » socialiste, « La Libre » PSC, « Le Soir » neutre. Simple pour le lecteur qui choisissait son journal d’après ses opinions.

A y regarder de plus près, ce n’était pas aussi simple. Je prends le cas du Soir, qui justifiait sa neutralité par le pluralisme de ses journalises. En réalité, les questions sociales étaient traitées par une socialiste, l’enseignement par un PSC, il n’y a guère que l’économie qui était neutre.

Je me souviens d’une anecdote amusante. J’étais dans le bureau d’un syndicaliste CSC réputé,  lorsque le journaliste de La Libre lui a téléphoné. Démarche logique, l’information  doit bien se trouver. Ce qui l’est moins, c’est que, le lendemain, j’ai lu l’article, un copier/coller de la conversation téléphonique ! Je n’ai jamais oublié cet incident.

Quand la télévision est apparue, très vite, la RTBF a été considérée comme socialiste mais sérieuse, RTL était la TV «  de faits divers ». Les intellos regardaient la RTBF plutôt que RTL. Cela a bien changé.

Je sais que la ligne éditoriale était censée être fixée par un comité mais dans les faits, les journalistes jouissaient d’une grande liberté. Tout le monde se souvient des remous engendrés quand le journal changeait de propriétaire, les journalistes craignant pour leur liberté éditoriale.

Les temps ont bien changé. Les journaux n’ont plus la même étiquette et de ce fait, l’information est souvent la même. Ce n’est pas toujours vrai.

J’ai assisté ces dernières semaines à une véritable campagne du Soir contre Albert II. Elle a commencé par les rumeurs relayées de l’abdication possible cette année. La Libre les a très bien analysées et l’éclairage était fort différent.

Je passe sur les autres attaques pour en venir à l’affaire Delphine Boël. Sa décision de recourir au tribunal pour obtenir l’ADN du roi, d’Astrid et de Philippe, a été un véritable choc dans la population. Le Soir en a remis une couche en sollicitant sa mère pour une « interview exclusive » qui a finalement été reprise dans les journaux et à la télévision.

Hier, lors des débats télévisés, j’ai appris que le roi ne pouvait, à l’époque, ni maintenant reconnaître Delphine puisqu’elle est légalement la fille de Jacques Boël. Pourquoi une information aussi importante n’a-t-elle pas été diffusée ? Cela me pose un réel problème car la population s’est enflammée sur ce qu’elle a perçu comme une « abomination » royale.

La vérité étant connue, il me semble que les journaux devraient la diffuser. Je ne sais pas ce que fera Le Soir, rien sur le site internet et renvoi à l’édition pour les abonnés. Rien dans La Libre qui se contente de parler de la démarche de mardi. Pourquoi ?

Le plus curieux, c’est que RTL sur son site fait un compte rendu du débat absolument inadmissible. Deux tiers sont consacrés aux propos de Van Uytendaele, rien sur l’impossibilité royale de reconnaître Delphine. Pourtant plusieurs personnes l’ont affirmé mais rien. Le résumé de la RTBF, très court, est plus objectif et reprend l’information.

Je n’ose imaginer que Le Soir soit devenu républicain mais pourtant je ne comprends pas cet acharnement contre Albert II assortie d’une hypocrisie qui me met hors de moi. Albert II a été un grand roi, mais oust, qu’il s’en aille !

Et si je juge cette manière d’agir hypocrite c’est qu’elle est assortie d’un éloge de Philippe qu’on n’a jamais entendu. Il est, paraît-il, méconnaissable. La ficelle est un peu grosse !

Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je dirai que je n’ai rien contre l’abdication du roi mais que, comme beaucoup, je pense que la décision lui appartient et que ces pressions sont intolérables. Je n’ai rien non plus contre Philippe mais le changement de ton à son égard me paraît suspect.

Internet est considéré par tous comme un formidable outil d’information mais où les dérives peuvent être dangereuses. Je revendique la liberté des twittos et des blogueurs car tout le monde sait qu’il parle en leur nom. Je suis moi-même blogueuse et je sais que je ne serai pas, même si je fais attention, nécessairement objective. Je le dis d’ailleurs souvent même pour une présentation d’un livre.

Ce qui me pose aussi problème pour l’information est la composition des plateaux de télévision lors des débats. Le choix n’est jamais innocent. Pour les politiques, c’est clair, ils représentent leur parti. C’est moins évident pour les spécialistes. Inviter un constitutionnaliste plutôt qu’un autre, un psychiatre plutôt qu’un autre a des répercussions sur l’information qui va être donnée. L’animateur est là pour veiller à un minimum d’objectivité ne fût-ce que dans le temps de parole mais encore faut-il qu’il le veuille et qu’il ait assez d’autorité pour qu’il y ait un minimum d’objectivité.

Nous sommes saturés d’information mais ne sommes-nous pas, trop souvent, manipulés ? je le crains. Et ces dernières semaines ont renforcé ma crainte.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner combien j’ai apprécié les reportages de la RTBF sur nos rois sauf bien sûr le tout premier dont j’ai parlé dans mon blog. (billet du 28 mai).

Les journalistes font un métier difficile. Je suppose qu’ils ne sont pas toujours vraiment libres de dire ce qu’ils pensent. Je ne sais pas.

La presse hebdomadaire me semble plus claire. On sait très vite quelle est la « couleur » du magazine. On distingue aussi facilement la presse « people » de la presse sérieuse.

Je dirai, qu’heureusement, le lecteur a toujours le choix de son quotidien et peut exercer son esprit critique même si ce n’est pas toujours facile. Ne nous laissons pas manipuler !

 

INDIGNATIONS.

La polémique enfle sur le livre de Frédéric Deborsu. Le débat de Controverse de dimanche dernier avait déjà été sujet d’affrontements sur le rôle de la famille royale. « Un brouhaha royal » titrait Le Soir le 28 octobre. C’est vrai. Marc Uyttendaele clamait fièrement : « La famille royale n’a pas la fonction cruciale que certains voudraient lui attribuer, elle est seulement utile en cas de crise mais n’importe qui pourrait assurer ce rôle de la même manière. » D’où la réponse d’Armand De Decker à Marc Uyttendaele et  José Dubié qui veulent faire de la Belgique une république « un président de la république belge auquel de toutes façons personne n’aurait confiance. La monarchie reste indispensable. »

Je me demande comment on peut parler de république dans un pays où il faut des semaines pour arriver à former un gouvernement et à se mettre d’accord sur un Premier ministre ! Très habilement, les deux républicains reconnaissent la Monarchie indispensable en temps de crise mais c’est tout. Pas d’autre argument que de critiquer la fonction royale parce qu’elle est héréditaire. Heureusement, car c’est un gage de stabilité. De plus, après les élections communales, qui ont magistralement démontré comme on se fichait de l’électeur, affirmer qu’un président élu serait plus démocratique est vraiment aberrant.

Le Vif  du 26 octobre titrait : « Famille royale : un bon filon pour le business » Et encore sur le livre de Frédéric Deborsu « Plus riche en insinuations qu’en révélations, un brûlot qui laisse beaucoup de questions sans réponse. »

Le livre s’est bien vendu comme se vend bien la presse people. Tout bénéfice pour l’auteur et l’éditeur.  La RTBF s’est contentée de se distancier de son journaliste, de l’interdire d’antenne et de l’envoyer au Service de documentation où, disait quelqu’un, il aura tout le loisir de consulter les archives pour écrire un autre livre !

Ce matin, Le Soir publie une lettre ouverte à Frédéric Deborsu écrite par le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez et Françoise Leurquin, psychologue parlant de « l’énorme coup de poing au ventre que vous infligez aux quatre enfants de Philippe et Mathide. En pâture pour l’opinion publique, vous lancez qu’ils ont été conçus par fécondation artificielle – soit, ils ne sont pas les seuls à notre époque où la fécondité moyenne est en baisse – mais surtout, qu’ils l’ont été parce qu’il n’y avait pas d’amour entre leurs parents. Quelle information invérifiable et horrible ! La difficulté de rumeurs étant ce qu’elle est, on la leur lancera à la figure ou ils en prendront conscience tout seuls avant la fin de leur adolescence. Et ensuite, au moins un doute grave viendra empoisonner le reste de leur vie, poison dont vous serez largement responsable. » Verdict terrible venant d’un psychiatre dont la compétence et l’honnêteté ont toujours fait l’unanimité.

Ce même jour, Le Soir nous apprend que le comte Thomas de Marchant et d’Ansembourg, cité dans le livre de Frédéric Deborsu comme ayant une relation intense avec le prince Philippe envisage de saisir le Conseil de déontologie journalistique. « Je suis effaré d’apprendre que, dans son enquête, l’auteur s’est contenté de deux à quatre témoignages concordants pour estimer que telle ou telle info était vraie. » Ce psychothérapeute renommé souligne aussi le mal fait à sa femme et à ses enfants et, comme il avait déjà fait, nie qu’il ait été homosexuel.

Je pourrais penser que Frédérique Deborsu regrette au moins ce qu’il a écrit. Pas du tout. Il nie avoir porté atteinte à la vie privée et, le comble, affirme que son retrait de l’antenne n’est pas une sanction mais une protection que lui offre la RTBF face à la tempête médiatique. Il est serein et affirme qu’il retrouvera bien vite sa fonction. Ses confrères, eux, parlent « de malaise ».

Pour moi, le tort fait à la crédibilité des journalistes de la RTBF est réel même si, bien sûr, tous ne sont pas comme leur confrère. Tout de même, j’aurais espéré une attitude plus ferme de la direction.

Je me pose pas mal de questions sur la personnalité de Frédéric Deborsu. On le dit jaloux du succès de son frère, en quête de notoriété, soit. Mais, qu’il affirme qu’il défend la Monarchie, lui rend service, dépasse tout ce que je peux entendre. Est-il stupide, naïf ? fieffé menteur, inconscient ? Je ne sais pas mais j’ai une certitude, il ne mérite plus le nom de journaliste.

 

DEBATS DU 24 JUIN.

MISE AU POINT.

Le débat était consacré à l’enseignement. Rien de très neuf. La carte sur les échecs plus fréquents dans les zones défavorisées n’apprend que ce tout le monde sait depuis longtemps. Idem pour notre enseignement inégalitaire et le taux d’échecs très important.

Un échange de vues qui n’a rien apporté de neuf. La remédiation, tant prônée, n’est pas une réussite. Le décret d’inscription n’a pas été une solution à l’inégalité sociale. Il ne faut pas être spécialiste pour constater cela. J’ai déjà dit le mal que je pensais de ce décret, je n’y reviens pas.

Une idée neuve, la prolongation du tronc commun jusqu’à seize ans. Pas d’unanimité chez les invités et une question de bon sens : ne devrait-on pas revoir ce qui existe déjà ?

Opinions très partagées sur les redoublements. Avec des réponses de normand : bon parfois, pas toujours, cela dépend.

La question du financement a aussi été posée. Injecter plus d’argent, à mon avis, ne changerait rien. On a déjà fait des efforts pour les écoles en difficulté avec un succès mitigé.

Une idée lancée par l’Appel, un nouveau mouvement, ajouter des cours techniques au premier degré, présenté comme un remède à l’enseignement professionnel, je n’y crois pas. Je caricature mais j’entends déjà les gosses dire : je ne viens pas à l’école pour jouer avec des bouts de bois !

Vouloir solutionner des questions aussi multiples par un débat est évidemment utopique. Je ne vais pas non plus avoir la prétention de le faire en un billet sur un blog. Je pourrais simplement dire que j’ai toujours été contre le redoublement, que je ne crois pas, je trouve même cela injurieux, que le regard que la société porte sur les enseignants est une des causes de l’échec de notre enseignement. Il faudrait parler programme y compris et surtout pour l’enseignement professionnel. Admettre que l’inégalité est constitutive de l’humain. Le slogan : »réussite pour tous » restera ce qu’il est : un slogan.

Il y a des gros, des minces, des forts, des faibles, des blonds, des bruns, des peaux foncées, des peaux claires, des doués et des moins doués. Pour moi, tous les gosses sont intelligents mais de manière différente. Vouloir classer tout le monde dans le même moule, c’est cela, la véritable injustice.

CONTROVERSE.

« Faut-il avoir une carte de parti, la bonne, pour être nommé à une haute fonction ». Autrement dit, les nominations sont-elles toujours politiques ? Le constat de départ est que 88 % des hauts fonctionnaires wallons sont PS ou CDH. Ajoutons la polémique faite autour de la désignation d’un socialiste, premier du classement, refusée par le ministre Vincent Van Quickenborne. Entretemps, un compromis à la belge a été trouvé.

Le débat ne pouvait qu’être très animé. et tellement peu clair que j’avoue que je n’ai rien compris aux procédures actuelles pour la nomination des fonctionnaires.

Personne n’a quand même osé dire qu’il n’y avait jamais eu de nominations politique. Il est vrai qu’un ministre qui a son administration contre lui a les mains liées. De là à réserver tous les postes aux mêmes partis, il y a de la marge.

Ce que les médias ont retenu, c’est le clash entre Michel Legrand, président du Gerfa et Jacky Leroy, président du SFP Personnel et Organisation. Jacky Leroy affirmant, pour les téléspectateurs, qu’il ne tenait jamais compte de l’appartenance politique des candidats. Je le crois volontiers. Michel Legrand l’a traité d’homme sandwich du PS ce qui a mis Jacky Leroy vraiment en colère. Les deux se sont affrontés, penchés l’un sur l’autre, le téléspectateur pouvait craindre un vrai pugilat. Dominique Demoulin s’est empressée de mettre fin à la discussion.

J’ai connu Jacky Leroy quand il était chef de cabinet d’Elio Di Rupo. Il est très compétent mais il est de notoriété publique qu’il doit son exceptionnelle carrière au PS.

J’ai lu qu’un journaliste disait qu’il avait « pété les plombs ». Pour ma part, je l’ai toujours connu comme cela. Homme de conviction, il n’accepte pas facilement la contradiction.

Ce qui m’a amusée, ce sont les propos d’André Flahaut, repris d’ailleurs ce matin dans un article de la DH. Une série de questions posées à Michel Legrand dont il connaît très bien les réponses. Willy Borsu a parlé « d’un lynchage ».

Amusant quand on sait qu’André Flahaut a bien connu les nominations politiques et que le Gerfa est la bête noire des socialistes. L’entendre dire qu’il craignait pour la démocratie parce que le Gerfa faisait état de l’appartenance politique des nominés m’a fait bien rire.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, je précise que le Gerfa a été créé en 1981 par quelques fonctionnaires en réaction à la politisation massive des services publics. Il est devenu organisation syndicale agréée en 1990. Il ne reçoit aucun subside et est fier de son indépendance.

Pour vous faire rire, je vais me permettre de raconter une anecdote personnelle. Lors d’une réunion au cabinet d’Elio Di Rupo, sur je ne sais plus quel sujet, j’avais déclaré ne pas pouvoir me faire une opinion faute de renseignements. Jacky Leroy est parti et est revenu avec une pile de dossiers qu’il a posée sur mes genoux. « Tu veux des renseignements, lis tout cela ».  J’étais complètement ahurie. Comme quoi, il y a des souvenirs qui vous restent !

CONTROVERSE.

L’émission était consacrée à l’enseignement, plus spécialement au désamour des enseignants pour la profession. Un enseignant sur deux (sur trois ?) quitte l’enseignement et on s’attend à une pénurie, réelle déjà, mais qui va s’accentuer, voire devenir grave dans les années prochaines.

Premier argument invoqué par une enseignante qui témoigne anonymement, les enseignants ne sont plus estimés. Ce n’est pas neuf ! De plus cela concerne bien des professions. Le médecin n’a plus le prestige qu’il avait, ni l’avocat, ni le notaire…

Antienne pas neuve non plus, le reproche fait aux enseignants d’avoir trop de congés. A contrario, je dirais que cela devrait encourager les jeunes à devenir enseignant, car, c’est vrai c’est un luxe de pouvoir s’occuper de ses enfants le soir et de ne pas avoir la hantise des congés scolaires. Mais, soyons justes, cela concerne surtout les mères de famille et je ne crois pas qu’un jeune ait cette préoccupation.

J’ai trouvé le débat très ennuyeux et si j’en parle c’est que je trouve qu’il était hors réalité. La violence qui règne dans les  écoles est, selon moi, la principale cause du rejet du métier. Dire, pudiquement, les enfants ne sont plus les mêmes, c’est un peu court. L’école n’est jamais que le reflet de la société. Celle-ci est de plus en plus violente et personne jusqu’ici n’a trouvé la potion magique qui la rendrait moins violente. Que de débats sur les incivilités ou sur la  délinquance ! Sans aucun résultat.

Autre tarte à la crème, le manque de formation des profs. Et cette proposition que je trouve complètement aberrante faite par la CGSP et le ministre Marcourt de prolonger les études, autrement dit de faire de tous les enseignants des universitaires. Sans rire, le délégué CGSP affirme et, c’est vrai, qu’il faudrait évidemment payer tous les enseignants, de la maternelle au secondaire, au barème des licenciés. Bonne chance pour trouver l’argent !!!

Si certains jeunes apprécieraient de pouvoir faire un master après un régendat, je ne crois pas que ce soit dans l’esprit de devenir enseignant. Présenter cette mesure comme un remède à la pénurie est pour le moins paradoxal. Dois-je rappeler que l’enseignement universitaire coûte très cher et que les parents seraient donc les premiers pénalisés par cette mesure ?

La sagesse populaire dit : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Je ne veux pas dire qu’une formation n’est pas nécessaire mais le métier on l’apprend sur le tas. Je ne crois pas à la multiplication des formations. Croit-on sérieusement qu’une brochure énumérant ce qu’il faut faire ou pas en cas de conflits serait efficace ? Par contre, parler de ses problèmes avec un collègue qui s’en sort mieux peut être une véritable aide. Cela se fait déjà, sans qu’il soit besoin de mettre des structures en place. Remplacer quelques heures de cours des séniors pour aider les jeunes ne me semble pas une bonne idée. C’est trop artificiel. Et les séniors en auront-ils vraiment envie ?

La ministre a aussi parlé de la réforme des titres. Un chantier qui a toujours échoué et date au moins des années septante. Quant à l’article 20, il a toujours posé problème. Le débat m’a appris qu’on y avait de plus en plus recours. Il est en tous cas indispensable pour certaines formations professionnelles. Et pour certains, cela se passe bien.

J’avais déjà, le 21 mai 2008, parlé de la pénurie des profs. Je ne vais pas redire tout ce que je disais à ce moment-là. Je suis seulement attristée que rien n’ait changé.

C’EST LA RENTREE !

 

Rentrée de vacances pour ceux qui ont eu la chance d’en prendre, rentrée scolaire, rentrée politique et retour des débats dominicaux.

CONTROVERSE.

Le thème est le slogan d’Anne Demelenne mais sous la forme interrogative : Faut-il faire payer les riches ? » Un oui sans surprise au premier tour de table. Très vite, l’unanimité craque. Qu’est-ce qu’un riche ? A partir de quels revenus ? Biens immobiliers + revenus professionnels ? Brouillard. Il est vrai que la question, si simple dans la bouche des syndicats, devient drôlement compliquée quand il s’agit d’être précis. Rappel de ce qu’on entend souvent : « Attention à la fuite des capitaux. Certains postes à responsabilité méritent bien un salaire élevé. Les politiques n’ont rien à dire dans le privé. Seuls devraient être concernés les entreprises publiques où l’état est actionnaire. »

Je ne vais pas refaire le débat d’ailleurs peu audible. Je retiendrai seulement que l’écart entre hauts et bas revenus s’est agrandi et que c’est insupportable. De plus, c’est important, n’importe quelle taxe sur les riches rapporterait bien peu par rapport aux millards nécessaires. Dire, comme le martèle la FGTB, que cela règlerait tout, est une tromperie.

Pour preuve que rien n’est simple, la proposition d’Etienne Davignon d’une cotisation de solidarité temporaire est jugée, par certains, être une aumône. Je repense à la fameuse déclaration de François Hollande : « Je n’aime pas les riches. »

MISE AU POINT.

Thème du débat, les négociations. Il était faussé dès le départ puisque tous ont bien dit que les négociations ne se faisaient pas sur un plateau de télévision et que la discrétion était indispensable pour  la réussite. Seule exception, Olivier Maingain et, ce qui était assez marrant, c’est de constater que finalement, le débat tournait autour de lui. Tout le monde connaît ses propositions. Il les a rappelées assez souvent. L’élargissement de Bruxelles, la ratification de la convention-cadre sur la protection des minorités, la nomination des bourgmestres dans les communes à facilités.

Les politiques sur le plateau ont été d’une grande prudence. L’élargissement de Bruxelles ? Il y a différentes formules, on verra en négociations…

Je m’attendais à ce qu’on rappelle ce que les francophones ont toujours dit : compensations si BHV est une scission pure et simple, non négociée et surtout, l’indispensable, le refinancement de Bruxelles.

Olivier Maingain, a été beaucoup plus loin que ce qu’il dit d’habitude. En périphérie, si la scission de BHV, se fait, même négociée, un francophone ne pourrait plus passer son permis de conduire, comme c’est le cas actuellement, à Bruxelles. Pas de réaction, je pense que l’argument n’était pas connu, du moins c’est mon impression. Alors, tant qu’il y était, Olivier Maingain a été beaucoup plus loin, en demandant qu’il y ait des écoles francophones en périphérie, ajoutant avec l’air sérieux qu’il a habituellement, que cela ne le gênait pas qu’il y ait des écoles flamandes en Wallonie ! Là, je crois qu’il a perdu des points car ce n’est évidemment pas une revendication des francophones de la périphérie et il sait très bien que c’est surréaliste. Pour moi, il a perdu en quelques phrases toute crédibilité.

J’ai déjà dit que je ne voyais vraiment pas en quoi l’élargissement de Bruxelles, autrement dit, trois ou six communes, qui deviennent bruxelloises, était vital pour la survie du pays. Je dirais même le contraire. On sait que c’est un tabou flamand infranchissable, donc qui compliquerait encore la recherche d’un compromis. De plus, la volonté de rattacher Bruxelles à la Wallonie, m’apparaît bien comme prémisse de scission du pays.

Je ferais remarquer à Olivier Maingain que l’exemple de son permis de conduire n’est pas propre à la scission de BHV mais aux transferts des compétences aux régions, or, paradoxalement, il affirme haut et fort qu’il est régionaliste !

Pour moi, je n’ai pas changé d’avis. Il faut scinder BHV, sans toucher aux limites territoriales de Bruxelles, en préservant comme la note Di Rupo le prévoit, les droits d’être jugé dans sa langue.

Je regrette toujours que les partis au nord comme au sud, n’aient pas plutôt concentré leurs efforts sur une Belgique à quatre régions, non à deux. Cette hypothèse n’a jamais été retenue. Pourquoi ? En arrière fond, on sent bien que la scission du pays plane comme une menace. Elle pèse lourd, même si les politiciens savent bien qu’elle n’est pas réelle. Cela a été assez démontré. Il y a surtout, ce qui ne se dit pas, la crainte de pertes électorales, de pouvoir.

Les politiciens évoquent aussi le danger d’une cogestion de Bruxelles par la Flandre. Or cet argument devrait justement les inciter à travailler pour l’autonomie entière de Bruxelles. Plus les francophones affirment que Bruxelles leur appartient, plus les flamands tiennent à la cogérer. La logique voudrait que Bruxelles soit rendue aux Bruxellois.

Je voudrais aussi insister sur les compétences supplémentaires données aux régions. Celles-ci sauront-elles les assumer ? Que deviendra le Fédéral ? La Belgique sera-t-elle encore viable quand le fossé nord/sud se creusera davantage ? Je sais que l’on nous dit le contraire. Les réformes entreprises doivent faire de la Belgique un état moderne. Peut-être, mais viable ?