OBLIGATION SCOLAIRE EN MATERNELLE.

 

Mer du nord

 

Tous les partis se prononcent pour l’obligation scolaire en maternelle. Je trouve que c’est une fausse bonne idée.

Bien entendu, la fréquentation en maternelle donne des chances à l’enfant pour réussir le passage en primaire notamment, mais pas seulement, par l’apprentissage de la langue.

Déjà beaucoup de parents mettent leurs enfants à l’école dès trois ans et parfois à deux ans et demi. C’est compréhensible. L’école est gratuite, les crèches coûtent cher. Dans notre société où les deux parents sont souvent obligés de travailler ne pas mettre son enfant à l’école est un luxe que peu de parents peuvent se permettre.

Mais, il faut bien le constater, les écoles maternelles sont surchargées, les infrastructures ne sont pas au top. S’occuper de mioches de trois ans, quand on en a trente dans sa classe, est vraiment difficile. Je rends hommage aux institutrices dont c’est le quotidien.

Ceci dit, pourquoi dis-je que c’est « une fausse bonne idée » ?

Bonne idée que d’encourager les parents à mettre leurs enfants en maternelle, mauvaise idée que de rendre l’enseignement en maternelle obligatoire.

L’obligation scolaire implique des règles strictes : une obligation de présence.

Ainsi, plus question pour les grands-parents ou plus rarement les parents d’emmener leurs enfants en vacances. Actuellement, à la côte, les estivants en mai et en juin, sont souvent des personnes âgées très heureuses de faire profiter leurs petits enfants d’un bol d’air.

Mai ou juin, parce que les locations sont impossibles en juillet ou août car la location d’un appartement est exorbitant. Même pendant les vacances de Pâques, le prix est majoré.

Pour le moment, il ne s’agit que de rendre l’enseignement obligatoire pour les enfants de cinq ans. Mais, tous les partis envisagent de le rendre obligatoire une année après l’autre donc à quatre ans, puis à trois ans.

Pauvres mioches déposés très tôt le matin, restant très tard à la garderie. Beaucoup de parents ne peuvent pas faire autrement mais pourquoi leur enlever la possibilité de permettre à leurs enfants une journée ou plusieurs sans école ? Je ne vois vraiment pas.

L’enseignement était, paraît-il, une priorité de ces élections. Je n’ai pas entendu grand-chose. Je ne vais pas relever tout ce qui a dans les programmes des partis, tâche impossible et inutile. Les sites internet donnent l’information.

Je relèverai quand même ce qui me semble des promesses qui ne pourront pas être tenues. Exemples : gratuité des repas scolaires et des études, subventionnement de l’enseignement libre au même niveau que l’enseignement officiel, fusion des réseaux.

Des promesses plus électoralistes que réalistes.

Je sais ce qu’est une promesse électorale et en Belgique il est toujours très simple, après les élections, de dire qu’on n’a pas pu obtenir ce qu’on souhaitait « à cause des autres ». Donc, allons-y !

Le calamiteux décret d’inscription s’est invité dans la campagne. Le MR et le FDF demandent sa suppression. Les autres partis y tiennent avec dit pudiquement « une révision » ! Ce n’est pas neuf et les études ont prouvé que l’objectif de mixité sociale n’était pas atteint.

Je rappelle que ce décret, à la base, a été voulu par le PS contre une dizaine d’écoles de l’enseignement libre qui, d’après eux, refusaient d’inscrire certains élèves. L’élitisme est, on le sait, le diable pour le PS. Ceci dans une société qui manque d’élites et où on déplore « la fuite des cerveaux ».

Ce n’est pas pour cela qu’il ne faut pas améliorer l’enseignement pour tous mais chaque enfant est différent et ne pas en tenir compte est cruel.

Je me réjouis d’entendre parler de développer l’enseignement en alternance ou la collaboration entre les entreprises et l’école. Mais je me souviens de l’opposition farouche du PS affirmant que l’école n’était pas là pour servir les entreprises ! Non, mais elle ne devrait pas non plus être destinée à former de futurs chômeurs.

J’aurais sans doute beaucoup d’autres remarques à faire sur les programmes des partis. Je ne vais pas me risquer à parler réforme fiscale, par exemple, ce n’est pas mon domaine…

La campagne électorale s’est animée ces derniers jours. Je crois que tous ceux qui ont suivi les débats ont pu se faire une opinion même si certains ont passé leur temps à dénaturer les propos de leurs adversaires.

Les animateurs ont fait du bon boulot. Ils ont souvent posé les bonnes questions veillant comme le veut la loi, à respecter le temps de parole.

Une question souvent posée me dérange. Demander aux politiques avec qui ils gouverneraient ou ne gouverneraient pas ou pire, quels étaient leur préalable à la formation d’un gouvernement.

Facile pour certains d’affirmer, nous n’accepterons jamais ceci ou cela… Promesses en l’air. Les négociations se font après les élections et qui dit négociations dit compromis.

On verra !

 

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QUEL PAYS !

Je veux pas parler de la Grèce, de l’Espagne, de la Libye, de la RDC ou d’autres pays d’Afrique ou d’Asie dont la situation dramatique de la population suscite chez moi tristesse et compassion Non, c’est de la Belgique dont je voudrais vous entretenir.

Petit retour en arrière. Après les élections législatives fédérales, Bart de Wever, grand victorieux, cède élégamment (sic) sa place de Premier ministre à Elio Di Rupo. C’est l’euphorie, un Premier francophone, c’est la seconde fois que cela arrive. Nous devons vite déchanter. Il faudra plusieurs mois pour former un gouvernement, les records mondiaux de durée étant battus.

Le Constitutionnel étant prioritaire, la scission de BHV est âprement négociée, mais, miracle ! elle finit par aboutir. Un dossier qui nous a empoisonnés pendant des années est « presque » réglé.

Le gouvernement travaille au budget. Des milliards à trouver mais il finit par y arriver. Ouf ! Mais il a fallu tellement de temps que les élections régionales sont proches, le 14 octobre 2012 s’annonce. Que se passe-t-il ? Tout s’arrête. Ministres fédéraux ou régionaux sont en campagne. Même si on sait que les électeurs votent plus pour une personne, leur bourgmestre par exemple, qu’un parti, ceux-ci ne vont pas prendre le risque de les mécontenter avant les élections.

Je ne reviendrai pas sur la « saga » d’après élections. Accords d’alliance dénoncés, règlements de comptes, alliances inattendues, le vote de l’électeur a peu de poids face aux partis. Pas très démocratique…

Retour au Fédéral pour le budget qui devrait impérativemet être voté avant la fin de l’année. Rien ne filtre au début puis les mauvaises nouvelles s’accumulent. Le taux de croissance est moins élevé que prévu, réduire la dette pour rester dans le déficit de 2,5 % reste un impératif que certains, notamment les socialistes, remettent en cause. C’est tentant mais serait catastrophique au niveau européen et pour le taux d’intérêt très bas dont jouit l’état.

Les langues se délient un peu et nous assistons aux déclarations habituelles. « L’ambiance est bonne » »Toutes les pistes sont envisagées » « Tout est sur la table » Tout le monde veut aboutir ».

En réalité, les partis se déchirent, les tabous fleurissent : index, indemnités de chômage, hausse de la TVA, cotisations temporaire de crise. Pas simple de faire des économies et de relancer la croissance. Chacun a sa petite idée, les notes sont déposées, je dirais presque l’une contre l’autre, comme dans un détestable jeu de cartes. Les chiffres défilent : x millions d’économies si on opte pour telle ou telle solution. Mais comment trancher ?

J’imagine que l’ambiance doit être détestable même si, interrogés à la sortie des négociations, tous les politiques arborent un sourire, un peu crispé, dirais-je.

Dans le pays, la situation se dégrade encore : fermetures d’usines, faillites. Mécontentement, colères, désespoir, discours enflammés et souvent haineux des syndicats, appels des entreprises pour sauver la compétitivité, tout s’enchaîne. Oserais-je dire que j’ai l’impression de vivre dans un pays en guerre ?

Comme si cela ne suffisait pas ou peur-être pour faire diversion, on reparle de la monarchie. Bravo à Albert II pour le rôle capital qu’il joue en ces temps difficiles mais, clament les républicains, un président de république aurait fait aussi bien !

Je rêve. Un pays où il est aussi difficile de se mettre d’accord, où on se moque éperdument des électeurs, où les querelles communautaires n’en finissent pas,  certains croient (ou font semblant) qu’un président élu serait plus légitime, plus efficace. Sur quelle planète vivent-ils ?

Je ne suis pas économiste c’est donc volontairement que je reste vague, que je n’affiche pas mes convictions ou mes préférences pour telle ou telle solution. De toute manière, on ne demande pas mon avis. J’ai voté, n’est-ce pas ? Mon droit s’arrête là ! Je me contente de dire ma tristesse devant ce qui se passe, mon anxiété pour l’avenir.

La crise est mondiale, c’est vrai. La Belgique n’est qu’un tout petit pays dans une Europe, malade elle aussi. Austérité, relance de la croissance, je suis bien consciente de la difficulté rencontrée par le gouvernement. Mais n’avons-nous pas le droit de comprendre, de savoir quelles seront les conséquences – à long terme – des décisions qui seront prises ?

Je le crois même si je ne me fais plus d’illusion.

Et pour terminer, une polémique que je trouve bien stérile, sur le sapin de Noël de Bruxelles. Coût plus élevé qu’un sapin naturel, mais tant pis, ce qui prime, disent les défenseurs, c’est la modernité et surtout de gommer le côté « religieux » de la fête. Dois-je rappeler qu’il a fallu longtemps pour que le sapin s’impose dans les foyers chrétiens même à côté de la crèche ? Qui s’en souvient ? Je vais donc le dire : le sapin n’est pas un signe religieux.

Chacun fait ce qu’il veut chez lui. Heureusement ! J’espère que Noël sera, cette année encore, une occasion de se retrouver en famille pour des moments heureux.

QUELQUES REFLEXIONS.

Quelle saga après les élections ! Comme prévu, tous les partis ont gagné. OK on gagne quelque part, on perd ailleurs. Affirmation scandée avant les élections : pas d’accord d’alliances Le démenti a été flagrant. Pour justifier le changement, les perdants ont déclaré qu’il y avait bien un accord secret avant les élections, par exemple à Bruxelles. Soit. Le respect de la parole donnée passe, disent nos élus, après le « bien » de la commune. Comme c’est beau ! Mais soyons de bon compte, dans certaines communes, il valait effectivement peut-être mieux ne pas reconduire les majorités actuelles. Je n’en dirai pas plus, nous avons assez entendu d’avis contradictoires que pour en rajouter.

Où cela se corse, c’est quand un élu dit clairement qu’il ne veut pas siéger à côté d’un élu d’une autre liste ! Si on suit ce raisonnement tenu à Ixelles contre Alain Destexhe, cela devient grave. Un précédent dangereux. Je ne crois pas que tous les élus de toutes les listes s’aiment d’amour tendre. Alors où va-t-on s’arrêter ?

Après les polémiques d’après élections, une autre actualité vient de s’imposer. Je parle du livre de Frédéric Deborsu, « Question(s) royale(s) » qui doit paraître demain. C’est vrai qu’on peut critiquer les fuites parues dans la presse mais c’est chose courante. En tous cas, je me demande quelle mouche a piqué Frédérique Deborsu pour s’attaquer, comme il le fait, à la famille royale.

En effet, le livre n’apporte rien au débat politique mais salit volontairement la monarchie. Et le plus grave en insinuant sans affirmer : exemple : Philippe serait homo ! Le roi aurait trahi le serment constitutionnel en faisant des confidences, pas à lui, dit-il maintenant, mais à son frère. Il n’hésite pas à remonter très loin (1960 ?) pour parler de Paola. Mathilde « forcée » au mariage… nous sommes bien au vingtième siècle ? Je n’en dirai pas plus.

Je suis absolument scandalisée d’autant plus que Frédéric Deborsu affirme qu’il a voulu s’interroger sur la famille royale en se demandant si elle était normale ? Tiens, voilà un nouveau philosophe qui sait ce qui est normal et ne l’est pas… Nous avons un nouveau spécialiste qui décrète ce qui est bien et ce qui est mal en se basant sur ses propres convictions. Je croyais que cette manière de penser était propre à certains groupes que je ne citerai pas mais que tout le monde reconnaîtra.

Le Palais royal a vivement réagi par un communiqué. « La presse fait état d’un livre qui sera publié prochainement sur la Famille royale. Si la presse reflète correctement ce qui est écrit dans ce livre, celui-ci contient de nombreuses informations erronées et injurieuses. »

Je me suis livrée à une petite enquête : connaissiez-vous Frédéric Deborsu, journaliste à la RTBF ? La réponse a souvent été négative. Il va sans doute connaître une notoriété qu’il n’avait jamais connue. A quel prix !

DEBATS DU DIMANCHE 26 SEPTEMBRE.

 

Le philosophe André Comte-Sponville avoue qu’il déteste les dimanches. « Le dimanche. Pour quoi ?Pour le repos. Pour attendre le lundi. Pour rien. » (Le goût de vivre). Bien entendu, il développe son point de vue mais ce n’est pas mon sujet.

Chez nous, les débats Controverse et Mise au point suscitent souvent beaucoup d’intérêt. Une manière de décrypter l’information, d’écouter les politiques, journalistes ou politologues, l’espoir de comprendre un peu mieux l’actualité.

Ce dimanche, les deux débats étaient consacrés à Bart De Wever. Que veut-il ? Est-il capable de compromis ? En cas d’échecs des négociations se dirige-t-on vers de nouvelles élections ?

Questions, on s’en doute, restées sans réponse. Sauf une. Jean-Marie De Decker, à RTL, affirme avec son assurance habituelle, que Bart De Wever souhaite des élections. Inutile de préciser le peu de fiabilité du président de la LDD qui ne représente plus rien. Je me demande encore pourquoi il est invité, parlant sans y être autorisé, coupant la parole à tout le monde sans qu’aucun de ses propos ne soit intéressant. L’inviter parce qu’il est le seul Flamand à accepter de participer me semble peu probant. D’autant plus que, Eric Donckier, éditorialiste flamand, pouvait avantageusement jouer « le Flamand de service ». Pour clore ce chapitre, j’ai été étonnée d’entendre Pierre Vercauteren, politologue à la Fucam, dire que la probabilité d’élections était de 50/50.

En réalité, le débat à RTL comme à la RTBF, portait sur la chronique de Bart De Wever sur la collaboration. Indignation générale sur le contenu. Accusation de provocation. Boule puante. Moment inopportun.  La question de fond me semble être l’argument qu’un homme politique ne peut pas écrire de chroniques. Là, je m’étonne. Un homme politique peut donner des entretiens, des conférences de presse mais ne peut pas s’exprimer librement dans un journal ! Je dirais qu’écrire une chronique est bien plus périlleux que de répondre à des questions de journaliste. Pratiquer la langue de bois lors d’entretiens est un exercice auquel tout politicien est rodé et si, bien sûr, le mensonge est toujours possible quel que soit l’exercice auquel on se livre, j’ai l’impression qu’une chronique révèle mieux ce que le signataire pense vraiment. Bart De Wever réagissait à quelques minutes de reportage sur son grand-père, collabo, réalisée par la RTBF et reprise par la VRT. C’est donc bien l’homme qui s’exprimait. Pourquoi n’en aurait-il pas le droit ? Au lecteur d’exercer son sens critique.

Patrick Roegiers, écrivain, a rappelé le livre d’Hugo Claus Le Chagrin des Belges qui, pour moi, est très éclairant sur la collaboration en Flandre et le nationalisme flamand. « Les Allemands sont nos cousins. » Mais, bien entendu, la collaboration restera toujours un sujet sensible et il faut laisser les historiens faire leur travail et admettre qu’ils ne sont pas toujours objectifs.

Olivier Maroy, avait invité René Zayan, qui s’est livré à son exercice habituel sur la personnalité de Bart De Wever. Je ne reprendrai pas ses propos, que je ne puis considérer comme crédibles, mais je soulignerai la réaction des invités : le rire ! J’ai bien aimé la remarque de Guy Vanhengel : il faudrait se livrer au même exercice pour Elio Di Rupo. Je crains, cher Guy, qu’à la RTBF cela soit impossible !

En résumé, deux débats décevants. Un mot sur la non-participation des socialistes « pour ne pas jeter de l’huile sur le feu ». Très amusant quand on se rappelle les déclarations de Laurette Onkelinx et de Rudy Demotte sur le plan B ! Il est vrai qu’Elio Di Rupo a l’habileté de laisser parler ses scribes sans se manifester. Du grand art. Une manière de préparer l’opinion ou de la tester; la discrétion est de mise, mais les négociateurs peuvent, comme le dit si bien Laurette Onkelinx, s’exprimer sous le coup de la colère… Je ne crois pas qu’il s’agissait d’un coup de gueule. Comme on a pu le voir, l’effet médiatique a été immense, même à l’étranger.

Une semaine commence. Fête de la Communauté française, commentaires des sondages, travail des experts de « haut niveau », elle sera sans doute fertile en débats. Pour me faire plaisir, je vais reprendre la formule devenue rituelle : elle sera décisive !

 

DEBATS ELECTORAUX. (2)

 

J’avais été très déçue des débats électoraux dimanche dernier. Je voudrais corriger cette mauvaise impression. Cette semaine, la campagne a vraiment été fertile en confrontations et je crois que les futurs électeurs ont pu se forger une opinion. Je tenais à le dire.

J’ai particulièrement apprécié le « Face aux Belges » de RTL. Les questions étant posées par les citoyens étaient plus concrètes, les réponses aussi. J’ai vu deux débats, Elio Di Rupo et Didier Reynders. Ils ont répondu très franchement, manifestant une réelle volonté d’écoute. J’ai pu remarquer aussi que les deux présidents exposaient clairement la position de leurs partis, avec je crois, beaucoup de franchise. Ils ont tous les deux eu l’occasion de rectifier ou de clarifier ce que les citoyens avaient entendu dans d’autres débats. Comme d’habitude, Pascal Vrebos a tenu à ce que tous les citoyens sur le plateau puissent s’exprimer ce qui l’a amené à intervenir « énergiquement » pour contenir la verve des deux présidents mais sans jamais manifester de l’agressivité. Mais, on le sait, c’est un grand professionnel.

Je reste toujours aussi critique pour « Huis Clos ». Johanne Montay, du haut de sa cage, dominant les politiques, choisissant les questions, à qui elle donne la parole en premier, m’a agaçée. Je sais qu’elle appelle cela « prendre de la hauteur », moi, j’y vois une manière pour le moins étrange de « dominer » les hommes politiques.Ce n’est pas le rôle d’une journaliste.

J’ai d’ailleurs trouvé que le choix fait par la RTBF de confronter Flamands/Wallons n’était pas des plus heureux. Les Flamands étaient souvent, malgré eux, forçés de retourner au communautaire. Je pense par exemple à Guy Vanhengel, sur des oeufs pour défendre Bruxelles, comme il l’a toujours fait.

Le débat de ce matin sur la RTBF, avec les têtes de liste au sénat n’était pas un modèle de courtoisie. Paul Magnette, par exemple, n’a cessé de couper la parole aux autres. Il a certainement raison de dire que MR et Socialistes, c’est un autre choix de société, mais il le dit avec une telle agressivité qu’il m’exaspère.

Je n’ai pas l’intention de faire un compte rendu des débats, sur le fond. Je tenais seulement à souligner que les électeurs ont, cette semaine, été vraiment informés. A chacun d’interpréter ce qui a été dit !

Je me permettrais quand même de regretter que l’institutionnel ait tenu une si grande place, en cette période de crise. Et ce d’autant plus que c’était inutile, les politiques ne pouvant pas dire ce qu’ils pourraient ou non accepter. Or, les grandes lignes sont connues depuis longtemps. On a donc tourné en rond sauf le fameux plan B, mais je crois qu’il ne faut pas y accorder trop d’importance. Je la considère comme une petite dérive…

Un mot, même si cela n’a rien à voir, (encore que !) sur l’angoisse des 668 élèves qui attendent toujours leur inscription. Décidément, ce décret voulu par les socialistes, puis repris par le CDH, est vraiment une calamité. L’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions…

JE VOTE OU JE NE VOTE PAS ?

 

Cette question était le thème des débats télévisés de ce dimanche. Les sondages annonçant un record d’abstentions inquiètent les hommes politiques. De plus, les sites appelant à ne pas voter se multiplient sur internet et il est vraiment facile d’ajouter sa signature à une pétition. Malgré cela, je trouve positif que des citoyens puissent manifester leur opinion, c’est la preuve que, contrairement à ce que l’on entend souvent, ils se sentent bien concernés.

Je vais reprendre les arguments entendus pour persuader les citoyens de voter. Le premier : « Le suffrage universel est une victoire après un long combat. » Peu convaincant comme d’ailleurs tout rappel au passé. Un exemple ? Le féminisme. Dites aux jeunes ou au moins jeunes que les luttes des féministes leur ont permis de profiter de la contraception, de libertés pour les femmes, du droit de vote etc… La réponse sera toujours la même : «  Et après ? C’est acquis, c’est tout. » Ou encore « Oh là ! le passé ne m’intéresse pas. »

Deuxième argument : « Pensez aux nombreux pays où les habitants ne peuvent pas voter librement. » Cela ne marche pas non plus. Pas plus que de dire aux musulmanes de penser à leurs soeurs qui se battent pour ne pas porter le voile.

Troisième argument : « Voter est un droit donc ausi un devoir. » Là, c’est très mauvais. Nous ne sommes plus dans une société où l’impératif, le « tu dois » est accepté. Le monde a changé, les valeurs aussi et l’individualisme prime sur l’intérêt commun. D’autant plus que les politiques eux-mêmes sont dans cette logique. Dois-je rappeler la chute du gouvernement provoquée par Alexander De Croo ? Ou encore, le « tout est bon pour gagner » même parfois au détriment de la vérité ou de moyens peu dignes utilisés pour discréditer l’adversaire ?

J’aurais dit : « Pensez à votre intérêt. Examinez les programmes des politiques et posez-vous les bonnes questions. » Suis-je pour la baisse des impôts ? Suis-je pour le soutien des entreprises ? Suis-je pour une intervention toujours plus importante de l’état dans ma vie ? Est-ce que j’accepte d’être culpabilisée quand je laisse mon ordinateur ou ma TV en veille, quand j’utilise ma voiture, quand je n’isole pas ma maison ? Suis-je pour ou contre le port du voile ou de la burqua ? Est-ce que j’accepterais que mes enfants soient forcés de manger « halal » à la cantine ? Est-ce que je veux plus de sécurité ? Etc.

Je sais qu’il est très difficile de voir clair dans les programmes politiques mais certaines phrases sont parfois très éclairantes sur le choix d’un projet de société.

Les arguments des « contre le vote » qui reviennent le plus souvent sont :  « On prend les mêmes et on recommence. On ne tient de toute façon pas compte de mon vote. Les partis promettent puis après font ce qu’ils veulent, d’autant plus qu’ils sont forcés de faire des alliances. »

Je dois dire que je serais prête à dire la même chose ! Laurette Onkelinx annonce qu’elle est pour l’Olivier, Elio Di Rupo dément et se prononce pour un gouvernement d’union nationale, ce matin, dans Le Soir, je lis la déclaration de Paul Magnette faite sur la VRT : « Une majorité « olivier » rassemblant socialistes, chrétiens et humanistes ainsi qu’écologistes, serait la meilleure coalition. »

De quoi vous rendre perplexe. Hier, en choeur, ils disaient tous qu’il n’y avait pas d’accord préélectoral mais nous ne sommes qu’au début de la campagne et cette insistance à rejeter les libéraux sans attendre le vote des électeurs est, disons à tout le moins, très déplaisante. Dois-je rappeler qu’en 2007, on a perdu un an parce que l’orange bleue, soit un gouvernement sans les socialistes, n’était pas acceptable pour le CDH ? Ils sont revenus…

Je disais que les politiques n’hésitaient pas à travestir la vérité. Hier, avec insistance, on fait porter la chute du gouvernement non plus sur Alexander De Croo mais sur Olivier Maingain ! En téléphonant de sa voiture, il aurait fait capoter les négociations ! Quel pouvoir ! Et cette phrase déformée : « Il a traité les Flamands de nazis. » Je rappelle la citation « Si les Flamands nommaient des bourgmestres qui n’ont pas la confiance des électeurs, ce serait une pratique digne de l’occupation allemande. Nuance tout de même.

Discussion aussi sur le vote obligatoire. Je ne sais plus qui a dit que si le vote n’était pas obligatoire, seuls les « riches » voteraient. Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Les socialistes votent souvent par reconnaissance ou encore parce que le socialisme est dans leurs gènes ou qu’ils apprécient les discours de la FGTB, souvent très simplistes il faut le reconnaître, mais qui marchent depuis des années. « Prenez l’argent aux riches ». Lesquels ?  Je ferais une exception pour les jeunes qui sont moins sensibilisés que leurs aînés au devoir de « reconnaissance ».

J’irai voter. Non parce que je le « dois » mais parce que je le « veux ». Je pense que si l’abstention était beaucoup plus forte en Wallonie et à Bruxelles, qu’en Flandre, nous serions dans une situation très grave. Ceux qui veulent la fin de la Belgique profiteraient d’un affaiblissement des partis francophones.

Mais, de grâce, faites une campagne « digne » et n’anticipez pas sur le vote des électeurs. Et après les élections, respectez-le.