LES MEDIAS.

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Je voudrais revenir très loin, dans le temps. Les journaux étaient la seule source d’information. Je parlerai des plus connus. « Le peuple » socialiste, « La Libre » PSC, « Le Soir » neutre. Simple pour le lecteur qui choisissait son journal d’après ses opinions.

A y regarder de plus près, ce n’était pas aussi simple. Je prends le cas du Soir, qui justifiait sa neutralité par le pluralisme de ses journalises. En réalité, les questions sociales étaient traitées par une socialiste, l’enseignement par un PSC, il n’y a guère que l’économie qui était neutre.

Je me souviens d’une anecdote amusante. J’étais dans le bureau d’un syndicaliste CSC réputé,  lorsque le journaliste de La Libre lui a téléphoné. Démarche logique, l’information  doit bien se trouver. Ce qui l’est moins, c’est que, le lendemain, j’ai lu l’article, un copier/coller de la conversation téléphonique ! Je n’ai jamais oublié cet incident.

Quand la télévision est apparue, très vite, la RTBF a été considérée comme socialiste mais sérieuse, RTL était la TV «  de faits divers ». Les intellos regardaient la RTBF plutôt que RTL. Cela a bien changé.

Je sais que la ligne éditoriale était censée être fixée par un comité mais dans les faits, les journalistes jouissaient d’une grande liberté. Tout le monde se souvient des remous engendrés quand le journal changeait de propriétaire, les journalistes craignant pour leur liberté éditoriale.

Les temps ont bien changé. Les journaux n’ont plus la même étiquette et de ce fait, l’information est souvent la même. Ce n’est pas toujours vrai.

J’ai assisté ces dernières semaines à une véritable campagne du Soir contre Albert II. Elle a commencé par les rumeurs relayées de l’abdication possible cette année. La Libre les a très bien analysées et l’éclairage était fort différent.

Je passe sur les autres attaques pour en venir à l’affaire Delphine Boël. Sa décision de recourir au tribunal pour obtenir l’ADN du roi, d’Astrid et de Philippe, a été un véritable choc dans la population. Le Soir en a remis une couche en sollicitant sa mère pour une « interview exclusive » qui a finalement été reprise dans les journaux et à la télévision.

Hier, lors des débats télévisés, j’ai appris que le roi ne pouvait, à l’époque, ni maintenant reconnaître Delphine puisqu’elle est légalement la fille de Jacques Boël. Pourquoi une information aussi importante n’a-t-elle pas été diffusée ? Cela me pose un réel problème car la population s’est enflammée sur ce qu’elle a perçu comme une « abomination » royale.

La vérité étant connue, il me semble que les journaux devraient la diffuser. Je ne sais pas ce que fera Le Soir, rien sur le site internet et renvoi à l’édition pour les abonnés. Rien dans La Libre qui se contente de parler de la démarche de mardi. Pourquoi ?

Le plus curieux, c’est que RTL sur son site fait un compte rendu du débat absolument inadmissible. Deux tiers sont consacrés aux propos de Van Uytendaele, rien sur l’impossibilité royale de reconnaître Delphine. Pourtant plusieurs personnes l’ont affirmé mais rien. Le résumé de la RTBF, très court, est plus objectif et reprend l’information.

Je n’ose imaginer que Le Soir soit devenu républicain mais pourtant je ne comprends pas cet acharnement contre Albert II assortie d’une hypocrisie qui me met hors de moi. Albert II a été un grand roi, mais oust, qu’il s’en aille !

Et si je juge cette manière d’agir hypocrite c’est qu’elle est assortie d’un éloge de Philippe qu’on n’a jamais entendu. Il est, paraît-il, méconnaissable. La ficelle est un peu grosse !

Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je dirai que je n’ai rien contre l’abdication du roi mais que, comme beaucoup, je pense que la décision lui appartient et que ces pressions sont intolérables. Je n’ai rien non plus contre Philippe mais le changement de ton à son égard me paraît suspect.

Internet est considéré par tous comme un formidable outil d’information mais où les dérives peuvent être dangereuses. Je revendique la liberté des twittos et des blogueurs car tout le monde sait qu’il parle en leur nom. Je suis moi-même blogueuse et je sais que je ne serai pas, même si je fais attention, nécessairement objective. Je le dis d’ailleurs souvent même pour une présentation d’un livre.

Ce qui me pose aussi problème pour l’information est la composition des plateaux de télévision lors des débats. Le choix n’est jamais innocent. Pour les politiques, c’est clair, ils représentent leur parti. C’est moins évident pour les spécialistes. Inviter un constitutionnaliste plutôt qu’un autre, un psychiatre plutôt qu’un autre a des répercussions sur l’information qui va être donnée. L’animateur est là pour veiller à un minimum d’objectivité ne fût-ce que dans le temps de parole mais encore faut-il qu’il le veuille et qu’il ait assez d’autorité pour qu’il y ait un minimum d’objectivité.

Nous sommes saturés d’information mais ne sommes-nous pas, trop souvent, manipulés ? je le crains. Et ces dernières semaines ont renforcé ma crainte.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner combien j’ai apprécié les reportages de la RTBF sur nos rois sauf bien sûr le tout premier dont j’ai parlé dans mon blog. (billet du 28 mai).

Les journalistes font un métier difficile. Je suppose qu’ils ne sont pas toujours vraiment libres de dire ce qu’ils pensent. Je ne sais pas.

La presse hebdomadaire me semble plus claire. On sait très vite quelle est la « couleur » du magazine. On distingue aussi facilement la presse « people » de la presse sérieuse.

Je dirai, qu’heureusement, le lecteur a toujours le choix de son quotidien et peut exercer son esprit critique même si ce n’est pas toujours facile. Ne nous laissons pas manipuler !

 

ENSEIGNEMENT : DU NEUF ?

Forêt de Soignes

Du neuf ? Pas vraiment. Le gouvernement de la Communauté française vient d’adopter un décret-cadre déterminant les vacances et jours de congé dans tous les enseignements. Le nombre de jours de classe annuel reste fixé à 182 jours. Rien de changé. La nouveauté réside dans les appellations des différents congés scolaires, discutées depuis plus de vingt ans, modifiées dans les années 2000 mais cette fois ratifiées par un décret.

Quel était l’objectif ? Un constat : les congés scolaires correspondent à des fêtes religieuses. Insupportable pour certains. Mais peu de marge de manoeuvre puisqu’il fallait – tout de même – tenir compte des congés dans les entreprises. Supprimer Noël, Pâques, Pentecôte ou Toussaint,  était impossible. On avait donc eu recours à une astuce de langage. Les vacances de Noël devenaient les vacances d’hiver, les vacances de Pâques, vacances de printemps, le congé de Toussaint, congé d’automne.

Ce qui est plus étonnant, c’est d’avoir supprimé le congé du carnaval qui devient le congé de détente. Je me demande pourquoi car le carnaval est une manifestation folklorique importante pour tous. Tant pis, ce sera désormais un congé de détente ! Les vacances d’hiver, de printemps, d’automne, d’été sont des congés de….. Je ne sais pas.

Les cours restent suspendus pour la Fête de la Communauté française, la Commémoration de l’Armistice (11 novembre) le 1er mai. Rien de religieux : ouf ! Par contre, impossible comme je le disais plus haut, de supprimer le lundi de Pentecôte et le jeudi de l’Ascension.

Le décret-cadre précise les dates précises du début des vacances. Ce serait fastidieux de reprendre tout cela.

Le neuf réside dans le fait qu’une commission ne devra plus se réunir pour déterminer les congés en fonction de l’année civile et des demandes des PO d’avoir des jours « libres ».

On reparle aussi du décret d’inscription. J’avoue ne pas avoir suivi tous les changements opérés chaque année. Je note que le mécontentement a un peu faibli mais n’a pas disparu. Quant à l’objectif initial, améliorer la mixité sociale, je ne crois pas qu’il soit rencontré.

J’ai trouvé fort amusant l’article de La Libre du 25 mars sous-titré : Recto/Verso pour reprendre les arguments des uns et des autres. Je n’en dirai pas plus car j’en ai déjà beaucoup parlé. Je regrette qu’on y ait passé autant de temps et surtout que des listes de bonnes ou mauvaises écoles aient fatalement vu le jour.

Ce que j’ai trouvé à la fois amusant et désolant est l’article du Vif du 22 mars sur les Jésuites. Amusant, dans le contexte scolaire qu’est le nôtre depuis le décret d’inscription; désolant, d’établir les listes des politiques ou célébrités qui ont fréquenté l’enseignement des Jésuites.  Fouiller dans la vie privée est très mode. Les personnes citées ont été, soit fières d’avoir eu un enseignement considéré comme élitiste, soit mécontentes qu’on le dise. Je n’en sais rien.

Qu’on ne se méprenne pas, je trouve que faire un dossier sur les Jésuites après l’élection du Pape François était une bonne idée.

A quand un véritable débat sur la qualité de notre enseignement et surtout sur ce qui est envisagé pour l’améliorer ? C’est moins simple que de parler « congés » mais tellement important.

LES ISLAMISTES AU MALI.

Islamistes au Mali

Je ne suis pas  journaliste, je ne suis pas spécialiste des conflits mais un article paru dans La Libre ce matin  a ravivé ma tristesse et mon indignation. Comment peut-on agir ainsi ?

L’article – disponible sur le site internet du journal – relate la vie quotidienne sous les islamistes. Le titre du reportage en dit long : « Tombouctou : châtié pour avoir rencontré une amie. »

Je sais que le sujet est tabou mais comment pouvoir se taire ?

http://www.lalibre.be/actu/international/article/792124/tombouctou-chatie-pour-avoir-rencontre-une-amie.html

EGYPTE : TEMOIGNAGE.

La Libre d’aujourd’hui publie un témoignage terrible sur la répression en Egypte faite par les Frères Musulmans.

Un journaliste égyptien, appartenant à l’opposition,  a pu pénétrer dans une chambre de torture où sont emmenés les manifestants arrêtés par le régime.

Extrait.

« Encerclées de barrières en fer, ces salles sont à l’abri des regards. « Des officiers de police en uniforme étaient présents dans la chambre, ainsi que des agents en civil du poste de police de Nozha. Quinze membres des Frères Musulmans étaient aussi là, supervisés par trois barbus qui décidaient si quelqu’un devait partir ou rester » témoigne le journaliste dans son article. Les opposants seraient d’abord battus, on leur arracherait leurs vêtements, avant de les emmener à part dans différentes chambres. « Je ne sais pas vous dire combien de chambres il y avait exactement, elles étaient établies partout près du bâtiment », ajoute Al-Masry Al-Youm.

Les pièces d’identités leur étaient tout de suite confisquées, ainsi que leurs téléphones ou leur argent. Ensuite ils ont eu droit à un « interrogatoire », ou plutôt à des coups violents voués à leur faire avouer leurs torts. »

Voir l’article dans La Libre  d’aujourd’hui :

http://www.lalibre.be/actu/international/article/785359/egypte-temoignage-depuis-les-chambres-de-torture-des-freres-musulmans.h

Certains mettront peut-être en doute ce témoignage ou estimeront qu’il ne fallait pas le publier. Chaque jour nous voyons des images terribles à la télévision : manifestations, répressions, morts. Pouvons-nous rester insensibles ?

L’Egypte n’est pas le seul pays où la violence est présente. Elle est toujours insupportable.

Les Egyptiens avaient mis beaucoup d’espoir en Mohamed Morsi. Ils manifestent violemment leur opposition à ses projets.

J’en parle parce que la fin de l’année approche. 2012 ne verra donc pas la fin des violences, ni la réalisation de l’espoir suscité par le printemps arabe.