JEAN TEULE.

Jean Teulé.

Jean Teulé est né en 1953. Ses professeurs remarquent son talent et lui conseillent de faire des études de dessin à Paris. Un de ses dessins exposé par un libraire est remarqué par André Barbé qui le fait entrer au magazine L’écho des savanes.

En 1984, il publie sa première bande dessinée Bloody Mary pour laquelle il sera récompensé à Angoulème.

A la fin des années 1980, il devient chroniqueur dans L’assiette anglaise puis Nulle part ailleurs.

Au début des années nonante, il se décide à écrire des romans dont plusieurs seront adaptés au cinéma.

Je citerai : « Rainbouw pour Rimbaud » « Darling » « Ô Verlaine » « Je, François Villon » « Le Montespan » « Charly 9 » « Fleur de Tonnerre »

Il est le compagnon de l’actrice Miou-Miou.

Billets : 28 août 2013 – 8 octobre 2013 – 4 avril 2014.

LE MAGASIN DES SUICIDES.

Les parents Tuvache tiennent un magasin où vous trouverez tout ce qu’il faut pour vous suicider. Leur slogan « Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort. »

Mishima et son épouse Lucrèce, à la mine sombre, conseillent leurs clients avec beaucoup de sérieux. Que choisir entre les cordes à nœud coulant, les poisons variés, les bonbons au cyanure ? Les clients défilent et expliquent pourquoi la vie leur est devenue insupportable. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne reviendront pas !

Leurs enfants participent. Vincent est un artiste torturé et anorexique, Marilyn, une ado mal dans sa peau.

Ce bel équilibre va être bouleversé par la naissance d’un troisième enfant, Alan, qui incarne la joie de vivre ce que ses parents ne comprennent pas. Non seulement, il chante mais scandale ! il est d’un optimisme que rien ne peut entamer. Même ses dessins respirent la joie de vivre.

« Bon-zou-our maman ! Bonzour papa ! Vous l’avez vu, il pleut, c’est bien. Il en faut de l’eau, hein ! »

« Plour, Ploum, tra…la…la !!! Voilà c’qu’on chante !…Ploum Ploum, tra la la !!! Voilà c’qu’on chante chez moi !…

Les parents sont excédés mais rien à faire. Alan console les clients, jette les bonbons empoisonnés, remplace les pommes venimeuses par de bonnes pommes.

Pour l’anniversaire de Marilyn, ses parents lui offrent une seringue avec laquelle elle s’injectera un poison qui rendra son baiser mortel. Les clients se pressent pour l’embrasser mais stupeur ! ils reviennent. Alan a, sans le dire, remplacé le produit par un placebo. Marilyn pourra embrasser le garçon du cimetière dont elle est amoureuse.

Profitant de la dépression de son père, qui n’en peut plus de la pagaille où Alan a plongé sa boutique et qui doit s’aliter quelques jours, Alan va transformer le magasin avec l’aide de sa mère, de son frère et de sa sœur atteints par son optimisme.

Terminé, le magasin des suicides ! Vive la vie !

Jean Teulé a abordé un sujet qui reste tabou, le suicide mais il le fait avec l’humour dont il est coutumier. Et cela donne un livre divertissant.

J’admire l’imagination de l’auteur. Tout semble réel mais tellement drôle !

 

JEAN TEULE.

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Jean Teulé est né le 26 février 1953 à Saint-Lô. Après des études de dessin, il devient auteur de bandes dessinées pendant une dizaine d’années.

Il arrête la bande dessinée pour faire de la télévision : « L’assiette anglaise » puis rejoint l’équipe de l’émission « Nulle part ailleurs » sur Canal+.

Il se lance ensuite dans l’écriture : « Darling » « Je,François Villon » « Le Magasins des Suicidés » « Le Montespan » « Charly 9 »

(Billets du 29 août 2013 – 8 octobre 2013)

FLEUR DE TONNERRE.

Jean Teulé a relaté dans un roman un fait divers breton du X1Xe siècle. L’auteur raconte l’histoire d’ Hélène Jégado, empoisonneuse en série, guillotinée le 26 février 1852 à Rennes.

D’après une légende, une femme était devenue venimeuse, sa langue s’était fendue après avoir composé un bouquet de fleurs de tonnerre. Comme Hélène a cueilli une de ces fleurs, sa mère lui donne ce surnom.

Hélène est élevée au sein d’une famille de nobles déchus. Au fil des veillées, elle entend les légendes racontées par les adultes. Ainsi, celle de l’Ankou, ce terrible personnage qui collecte dans une charrette grinçante les âmes des défunts. D’après la légende, celui qui entend le bruit de la charrette meurt.

Hélène va aller voir, dans une chapelle, la statue de l’Ankou. Si elle pouvait lire, elle comprendrait ce qui est gravé sous la statue :

« Je ne ferai grâce à personne. Ni pape, ni cardinal je n’épargnerai. Pas un roi, pas une reine. Ni leurs princes ou princesses. Je n’épargnerai ni prêtres, bourgeois, juges, médecins ou marchands, ni pareillement les mendiants. »

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Hélène contemple la statue et l’ombre de la statue se fond sur elle. Elle sera l’Ankou.

L’auteur va raconter comment de village en village, Hélène va devenir une empoisonneuse. Elle se fait embaucher comme cuisinière, dans un presbytère, puis chez des notables bretons. Elle se procure de l’arsenic sous prétexte de tuer les rats. Elle mélange l’arsenic, la poudre blanche qui ressemble à de la farine et empoisonne sa mère, ses tantes, sa marraine puis tous ceux chez qui elle est travaille. Trente-sept morts !

Les médecins n’y comprennent rien mais constatant la mort, il pense au choléra car les symptômes sont les mêmes que ceux d’un empoisonnement.

Son forfait accompli, elle s’en va.

Un jour en quittant le presbytère, elle arrive sur le marché où les gens s’écrient : « Oh, regardez ! C’est celle qui n’a pas clamé chez l’abbé. Elle est encore en vie !… – Pourquoi t’as pas canné, toi ? ! – Dieu l’a sauvée, c’est une sainte ! beugle quelqu’un. »

Elle passe donc pour un être extraordinaire mais l’opinion va changer. Après deux autres morts, quand la jolie cuisinière arrive, tout le monde l’accuse : « C’est de ta faute ce qui s’est passé, mauvais œil !… Déjà, quand tu avais treize ans, ici, ta marraine… Tu es la miraculée qui porte malheur. (…) Quand tu arrives quelque part, la mort te suit. Quand tu t’en vas, le mal s’arrête ! – Ankou ! Ankou ! »

Mais, cela n’impressionne pas Hélène. Sur la route, qui la mène à un village, elle entend le bruit de la carriole qui la suit « Wik… Wik… »

Elle trouve facilement une place de cuisinière car, pensent les gens, les bonnes cuisinières sont rares de nos jours. Elle vante les recettes qu’elle a inventées, sa soupe aux herbes et ses gâteaux.

Une seule fois, elle l’épargnera quelqu’un, un garçon dont elle est tombée amoureuse. Elle le quitte ayant peur de l’empoisonner lui-aussi.

Elle sera finalement arrêtée. Son avocat la défendra : « Avez-vous entendu ? reprend l’avocat : « Inhumaine !… Voilà ce que crie l’opinion publique ainsi que la défense en cette fin d’après-midi. Et oui, ma cliente est inhumaine et ne pourra donc être condamnée comme le seraient des humains. »

Les juges ne le suivront pas… Elle sera exécutée, à l’aube, place du Champ de Mars.

Quand j’ai commencé la lecture du livre, je pensais qu’Hélène Jegado était un personnage inventé. Hélas ! elle a bien existé. Il faut un talent exceptionnel pour que le lecteur soit fasciné par ce récit.

Et comment comprendre qu’une légende puisse arriver à faire d’une enfant adorable une empoisonneuse, la plus meurtrière de tous les temps ?

 

JEAN TEULE.

Jean Teulé

Né le 26 février à Saint-Lô, Jean Teulé est un romancier et auteur de bandes dessinées. (billet du 28 août 2013)

LE MONTESPAN.

Quelle bonne idée de consacrer un livre au marquis de Montespan, né en 1640 et mort en 1691, époux de Madame de Montespan, favorite bien connue de Louis XIV !

Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin épouse en février 1963 Frnçoise Athénaïs de Rochehouart de Montemart en février 1663. Ils se sont mariés huit jours après leur rencontre. Ils sont très amoureux. Ils auront deux enfants, Marie-Christine et Louis-Antoine.

Le marquis est criblé dettes. Eloigné de la Cour, il n’a d’autres ressources que de faire la guerre pour éponger ses dettes et combler sa femme. Françoise n’est pas d’accord : « Monsieur je vous interdis de mettre sur un champ de bataille un seul de vos pieds charmants. »

Le marquis, qui, comme aristocrate , ne peut pas travailler ne voit pourtant que la guerre comme moyen de sortir de leur pauvreté. Il espère aussi retrouver une place à la Cour.

Il recrute des soldats, des garçons de ferme, et, sur son cheval blanc, étendard de taffetas au poing, s’en va devant les fortifications du château de Marsal. Hélas ! la bataille n’a pas lieu. Les armées royales ont fait capituler les assiégés. L’apprenant, le marquis s’indigne : « Pourquoi se rendent-ils ? Ils n’ont pas le droit ! C’est que j’ai emprunté,moi, pour cette guerre ! Alors ils doivent se défendre, nous jeter de l’huile bouillante, nous tirer dessus, lancer leur cavalerie, me forcer à un exploit ! »

Toutes ces tentatives de faire la guerre ne feront que renforcer ses dettes. Françoise ne supporte plus de vivre dans la pauvreté : « Demain ce sera pire, après-demain pire encore. (…) Je veux de l’argent, beaucoup ! »

Invitée par la duchesse de Montausier, Françoise est remarquée pour sa beauté et son esprit. « Menton décidé, nez droit, poignets, taille et cou fins, sa chevelure blonde est épaisse et abondante. Elle a inventé un style de coiffure qu’elle a baptisé : burluberlu. Tirés sur le front en arrière et maintenus par un cerceau au sommet du crâne, ses cheveux retombent de chaque côté en cascades de boucles qui encadrent le visage. »

La duchesse arrive à ce qu’elle devienne dame d’honneur de la reine avec l’accord de son mari. Celui-ci s’étonne des cadeaux que fait le roi à son épouse mais est loin de se douter qu’elle soit devenue sa favorite.

C’est revenu de la guerre dans les Pyrénées qu’il constatera que sa femme est enceinte du roi à qui lui dira Françoise, on ne peut rien refuser.

Le marquis est toujours amoureux et va passer sa vie à essayer de récupérer Frnçoise. Tout son entourage le presse de profiter de la bonne fortune de sa femme : « Louis-Henri, vous êtes stupide. Toutes les grâces, tous les honneurs sont prêts à fondre sur vous. Il suffirait de vous taire et de fermer les yeux. Mais vous préférez crier très haut quitte à subir les violences de l’arbitraire. C’est ce que beaucoup ne vous pardonnent pas. Vous les gênez d’oser mettre un grand roi en fâcheuse posture. »

Le marquis va alors entamer une guerre sans merci contre le roi. Il va demander aux prostituées de le contaminer pour qu’après avoir violé a femme, elle contamine le roi. Il va célébrer la mort de son amour en organisant des funérailles devant un cercueil vide et même essayer de violer la reine !

Le roi fera tout pour qu’il cesse de le ridiculiser.Il va l’emprisonner puis lui donner l’ordre de retourner dans son château de Bonnefont et d’y rester.

Portant une perruque blonde, imitant la coiffure de Françoise, Montespan va parcourir la France dans son carosse orné de cornes et aura même l’idée de faire un testament qui sera vendu dans toute la France au grand contentement de la population qui rit bien de ce roi bafoué : « Je lègue et donne au roi mon château de Bonnefont, le suppliant d’y instituer une communauté de dames repenties, à la charge de mettre mon épouse à la tête du dit couvent et de l’y nommer première abbesse. »

Jean Teulé profite du voyage de Montespan pour décrire la France. Celui-ci assiste au supplice d’un noble décapité pour avoir déplu au roi, à l’embarquement pour le bagne d’un enfant pour un vol de poireaux…

En quelques lignes, l’auteur décrit l’état de la France : « En Auvergne, la famine est telle que les femmes dévorent leurs enfants morts (…) La nouvelle persécution des protestants, la dégradation du climat, les répercussions directes sur les récoltes, le peuple écrasé par les impôts, la misère, les guerres ruineuses allumées de tous côtés aux frontières. »

Montespan aura le chagrin de voir sa fille Marie-Christine mourir à douze ans de l’absence de sa mère. Son fils lui reprochera sa conduite : « Il faut toujours obéir au roi » Il lui fera même la morale : « Père, il ne faut pas commencer par boire avant de manger : c’est le propre des ivrognes. Il ne faut pas non plus gloutonner comme vous le faites : c’est le propre des animaux. Se remplir jusqu’au gosier et souffler pour reprendre haleine, c’est faire comme les chevaux. Cessez d’avaler les morceaux tout entiers, ce sont les cigognes qui agissent ainsi. » « Père, je n’aime pas les pauvres » Il en faudrait plus pour déconcerter Montespan qui lui réplique : « Louis-Antoine, tu parles fort bien pour ton âge, mais je me demande si tu ne serais pas un petit individu vraiment révoltant. » (sic)

Françoise, chassée de Versailles et entrée au couvent demande pardon à son mari et l’autorisation de revenir près de lui.

Quelle sera la réponse de celui qui a passé sa vie à essayer de la récupérer ? « Madame, je ne veux ni vous recevoir ni plus ouïr parler de vous le reste de ma vie. »

J’ai bien aimé le livre. Certes, n’importe quelle encyclopédie pourrait retracer la vie de Montespan. Mais l’art de Jean Teulé est d’arriver à nous y intéresser, à nous faire rire, à nous faire revivre ce siècle passé dans l’histoire comme celui d’un grand roi ! Et pourquoi pas, à nous faire apprécier cet extravagant.

Le livre publié chez Pocket est illustré par Philippe Bertrand.

 

JEAN TEULE.

Jean Teulé

Né le 26 février 1953 à Saint-Lô, Jean Teulé est un romancier et auteur de bandes dessinées. Il a participé à l’émission  L’Assiette anglaise de Bernard Rapp et à Nulle part ailleurs sur Canal+.

En 1990, il abandonne toutes ses activités pour se consacrer à l’écriture. « Ballade pour mon père oublié » « Longues peines » « Le Magasin des suicides » « Le Montespan » « Fleur de Tonnerre ».

CHARLY 9.

Le livre s’ouvre sur le conseil du roi qui doit persuader Charles IX du massacre de la Saint-Barthélemy. (Dimanche 24 août 1572).

L’auteur décrit la scène de manière magistrale. « Un mort ? Un gentil garçon semblant à peine sorti de l’adolescence – il vient d’avoir vingt-deux ans – écarquille ses grands yeux : Quoi ? Vouloir que j’ordonne, pour cette nuit, l’assassinat d’un convalescent surpris en plein sommeil ? Vous n’y pensez pas, ma mère ! Et puis quel homme, l’amiral de Coligny que j’appelle « mon père ». Jamais je ne scellerai cet édit ! »

Charles IX va apprendre que c’est sa propre mère, Catherine de Médicis, qui a ordonné l’attentat raté dont a été victime Coligny, amiral de France et chef du parti protestant. Elle lui reproche d’avoir trop d’influence sur le roi. Il essaierait de le persuader d’intervenir aux Pays-Bas espagnols où Philippe II opprime les huguenots.

Catherine ne s’arrêtera pas là. Le dialogue avec son fils se poursuit : « Deux morts ? Six ? Dix ? Cent ? Cent mille ? Des femmes aussi…des vieillards…des enfants… »

Charles IX résiste : « Jamais, je n’ordonnerai ce que vous me réclamez. J’aimerais mieux que mon corps soit traîné dans la boue des rues de Paris. ». Et comme Catherine insiste, il s’indigne « Nous sommes tous du même royaume que je sache. Par des mains de Français, des Français immolés. » « C’est impossible d’être aussi cruel. »

Un argument va ébranler le roi. Catherine prétend que les huguenots rassemblés autour de Coligny ont décidé d’égorger la famille royale. « Ce sera eux ou nous. »

Ebranlé, le roi demande réflexion mais pour Catherine il faut qu’il se décide tout de suite. Il en vient à marchander. Pas Ambroise Paré, huguenot, chirurgien du roi. Pas sa maîtresse, huguenotte elle-aussi, Marie Touchet. Le garde des Sceaux rappelle que Navarre et Condé, huguenots eux-aussi, doivent être protégés par leur appartenance à la descendance de Saint Louis. « A condition que ces princes de sang abjurent leur religion hérétique » exige perfidement Catherine.

Désespéré, Charles IX finit par dire : « Agis comme tu le veux, mamma. C’est ta décision… – Ma décision doit être légalisée par toi pour être applicable. C’est donc sur ton ordre seul qu’on peut agir. Dis : « Je le veux » – Bon, bon… Ah non, jamais … Oui, non, bon, oui, non… »

Le pauvre Charles IX a cédé et l’ordre retentit : « Le roi le commande ! C’est la volonté du roi ! C’est ton commandement ! Le roi le veut ! Tuez-les tous. »

Cette scène imaginaire est tellement bien écrite qu’on y croirait. On sait que les historiens sont toujours partagés sur le massacre de la Saint-Barthélemy. Était-ce une décision imposée à un pauvre adolescent sous tutelle de sa mère ou la responsabilité de Catherine de Médicis est-elle entière ? L’auteur a tranché.

Jean Teulé va faire de Charles IX, Charly 9, dévoré par la culpabilité, devenant fou. « Tu n’es plus un roi, mais un assassin » Il le décrira voyant du sang partout, même sur lui, enfermé dans d’affreux cauchemars et cherchant à tuer le plus d’animaux possibles. Il chassera même dans les couloirs du Louvre…

Une anecdote parmi d’autres. Au moment de communier, il voit une hostie liquide de sang qui va tacher son habit blanc et, effrayé, recule. Même sa femme, il la voit « rouge ».

Je crois que l’auteur s’est bien amusé à décrire Charly 9 courant le lapin et le cerf dans le Louvre ou massacrant tout sur son passage.

Haï de tous, Charles IX mourra à 23 ans, officiellement d’une pleurésie suite à une pneumonie.

Jean Teulé, dans la première scène du livre, décrit Catherine de Médicis : « Mamma, assise juste en face de son rejeton royal, porte autour du cou une immense collerette tuyautée en façon de roue de carrosse. Couverte d’une poudre de riz parfumée, celle-ci enfarine le haut des manches bouillonnées d’une robe noire de veuve. Yeux globuleux et joues molles, les lèvres lippues de la reine remuent… »

Henri : « Menton ras, face pâle, geste efféminé, l’œil d’un Sardanapale, voilà tel qu’il paraît en ce bal. Garni bas et haut de roses et de nœuds, visage de blanc et de rouge empâté, une coiffe en forme de coquillage comme un gros bulot rose sur sa tête… »

D’un sujet tragique, Jean Teulé fait un livre amusant, qui se lit sans que le lecteur ne se pose trop de questions et c’est très bien ainsi.

L’histoire est pleine d’épisodes sanglants. Hélas ! notre siècle n’est pas épargné. Chaque jour nous assistons à des scènes dont l’horreur finirait par nous faire douter de la nature humaine.

Charles IX

  Charles IX.

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis.