YVES MONTAND.

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Yves Montand (Iva Livi) est né le 13 octobre 1921 en Toscane et est décédé le 6 novembre 1991 à Senlis, dans l’Oise, en France.

Il est à la fois chanteur et danseur, acteur, engagé politiquement : les trois sont inséparables. S’il a commencé par la chanson, s’il l’a parfois abandonné pour tourner des films, il est souvent remonté sur scène. Ses opinions politiques ont changé mais il est toujours resté un homme engagé, défendant ses opinions avec la même ferveur.

La famille de Montand est d’origine juive, son père est un ardent communiste. Il quitte l’Italie de Mussolini pour Marseille où il crée une usine de balais. Après sa faillite, ses enfants quittent l’école pour subvenir aux besoins de la famille.

La famille obtiendra la naturalisation française en 1929.

A onze ans, après avoir falsifié ses papiers,  Montand travaille comme livreur, serveur, apprenti dans un salon de coiffure. Il obtiendra un CAP de coiffure.

Montand a mal vécu cette période pendant laquelle il est traité de rital émigré. Mais, il est passionné de cinéma, de comédies musicales américaines et des numéros de claquettes de son idole Fred Astaire.

A partir de dix-sept ans il chante dans des cabarets notamment des chansons de Charles Trenet et de Maurice Chevalier. Il change son nom en souvenir de sa mère qui lui disait « Iva, monta » Quelques années plus tard, il chantera à l’Alcazar, puis à l’Odéon de Marseille avec grand succès.

La guerre le rattrape en 1919, il est obligé de travailler comme manœuvre « aux chantiers de Provence » d’où il s’enfuit et rejoint Paris. Au Moulin Rouge, il passe en première partie d’Edith Piaf avec qui il a une liaison. Celle-ci y mettra fin trouvant que Montand lui faisait trop d’ombre. Ils se séparent en 1946.

C’est à Saint-Paul-de-Vence sur la côte d’azur qu’il rencontre Simone Signoret. Elle quitte son mari le réalisateur Yves Allégret et emmène sa fille Catherine. Ils vivent à Paris et deviennent le couple le plus médiatique du monde du spectacle. Montand adoptera Catherine.

Ils vont acheter une propriété à Autheuil-Anthouillet en Normandie qui devient un lieu privilégié pour des artistes ou des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Luis Bunel, Jorge Semprun.

Le couple milite pour les idées communistes mais en 1956 il chante en Russie et rencontre Nikita Krouchtchev au moment où les chars russes envahissent Budapest en Hongrie. L’année suivante, il entreprend une tournée triomphale dans tous les pays de l’Est.

Le couple va revenir profondément marqué, déçu d’avoir constaté l’application concrète du communisme dans ces pays.

En 1959, lors d’une tournée triomphale aux Etats-Unis il rencontre Arthur Miller et sa femme Marilyn Monroe avec qui il joue dans « Le Milliardaire » Il a avec elle une idylle largement médiatisée qui brise l’idée du couple exemplaire. Simone Signoret dira cette phrase devenue célèbre : « Vous en connaissez beaucoup d’hommes qui peuvent résister à Marilyn Monroe ? »

C’est à partir de 1964 qu’il se consacre presque uniquement au cinéma tournant avec Costa- Gavras, Alain Resnais, René Clément, Claude Lelouch, Philippe de Broca, Gérard Oury, Jean-Luc Godard.

Il reviendra à la chanson pour l’enregistrement de son album « Montand d’hier et d’aujourd’hui » et triomphera à l’Olympia, au Brésil, aux Etats-Unis, au Canada et au Japon.

Après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968, il rompt définitivement avec le communisme. Il soutiendra le syndicat polonais Solidarnosc anti-communiste de Lech Walçsa.

Simone Signoret qu’il n’a jamais quittée meurt en 1985 âgée de 64 ans. Montand est profondément affecté.

Il aura une liaison avec Carole Amiel qui lui donnera un enfant. Montand a 67 ans. Il mourra trois ans plus tard d’un infarctus du myocarde.

Simone Signoret et Yves Montand reposent au cimetière du Père Lachaise à Paris.

FILMOGRAPHIE.

« Le salaire de la peur » « Les sorcières de Salem » « Jean de Florette « « Manon des Sources » « Garçon ! » « Le Sauvage » « Vincent, François, Paul et les autres… » « « César et Rosalie » « La folie des grandeurs » « Un soir, un train » « Le cercle rouge » « L’aveu » « z »

Je n’ai bien sûr pas tout repris. « Les sorcières de Salem » est une adaptation de la pièce d’Arthur Miller inspiré par un procès en sorcellerie en 1692. Il y joue avec Simone Signoret.

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MUSIQUE.

« La bicyclette » « Trois petites notes de musique » « Syracuse » « Les grands boulevards » «Barbara » « A Paris » « Mon manège à moi » « Il n’y a plus d’après » « Page d’écriture » « Les enfants qui s’aiment » « Le temps des Cerises » « Une demoiselle sur une balançoire »

J’aime beaucoup Yves Montand. J’ai autant apprécié le chanteur que l’acteur.

Je regrette de ne pas avoir retrouvé de vidéo de ses derniers tours de chant encore très présents dans ma mémoire : costume noir, chapeau, canne, pas de danse et son sourire.

Vidéo : La chanson très connue de Jacques Prévert « Les feuilles mortes »

 

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JEAN-CLAUDE CARRIERE.

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Jean-Claude Carrière, normalien et historien,  est né en 1931. Ecrivain, scénariste, metteur en scène,  sa carrière est impressionnante.

Son premier roman « Lézard » paraît en 1952.

Scénariste, il a travaillé avec les plus grands cinéastes : Louis Malle « Viva Maria » « Le voleur » ; Luis Bunel « Belle de jour » « Cet obscur objet du désir » » « Le charme discret de la bourgeoisie » Leur collaboration a duré dix-neuf ans.

Je citerai aussi parmi ses nombreux films, les plus connus : « Le Tambour » et « Un papillon sur l’épaule »

Jean-Claude Carrière a adapté des œuvres littéraires : « Cyrano de Bergerac » « Le roi des aulnes » « Le Hussard sur les toits » « L’insoutenable légèreté de l’être »

Il a écrit aussi pour le théâtre et une douzaine de films pour la télévision.

En 2000, il écrit son autobiographie « Le Vin bourru » et en 2003 « Les années d’utopie »

Cette année, il a publié chez Odile Jacob un livre de réflexions « La Paix » dans lequel l’histoire occupe une grande place.

LA CONTROVERSE DE VALLADOLID.

Ce récit, écrit pour la télévision puis adapté pour le théâtre, est un débat qui a eu lieu réellement en 1550 dans un couvent espagnol à Valladolid soixante ans après la découverte du Nouveau Monde et les expéditions de conquêtes qui ont suivi.

Dès le début des conquêtes, on s’intéressait en Espagne et dans les territoires conquis au sort réservé aux Indiens. Sont-ils égaux aux Espagnols ou inférieurs ? Doivent-ils être traités en esclaves ou en hommes libres ? La question ne sera jamais tranchée mais elle fera l’objet d’un débat à l’initiative du pape PaulIII et sous l’arbitrage de son légat Salvatore Roncieri.

Le débat opposera deux hommes, le dominicain Bartholomé de Las Casas et le philosophe Sépulvéda. Las Casas défend les Indiens et s’indigne de ce que les Espagnols les aient massacrés par millions. Sépulvéda les considère comme des sauvages qui doivent être dominés. Ils sont seulement d’accord sur un point : le nécessaire salut de l’âme.

Le récit est écrit en 1992 par Jean-Claude Carrière puis adapté pour la télévision la même année. Jean Carmet incarne le légat du pape, Jean-Pierre Marielle Las Casas et Jean-Louis Trintignant Sépulvéda. Le film est récompensé par un « Sept d’or » et le prix « Italia ».

Personnellement, je l’ai beaucoup apprécié et en ai gardé un excellent souvenir. C’était passionnant.

Pour le théâtre, Jean-Claude Carrière a dramatisé la dispute en en faisant un procès dont les spectateurs attendent le verdict.

C’est vraiment du grand art que de chercher les arguments des deux contradicteurs et de rendre le texte vivant et attrayant.

EXTRAITS.

Le légat du pape introduit le débat.

« Aujourd’hui, le Saint Père m’a envoyé jusqu’à vous pour décider une fois pour toutes, avec votre aide, si ces indigènes sont des êtres humains achevés et véritables, des créatures de Dieu et nos frères dans la descendance d’Adam. Ou si, au contraire, comme on l’a soutenu, ils sont des êtres d’une catégorie distincte ou même les sujets de l’empire du diable. A la fin de notre débat, la décision que je prendrai sera ipso facto confirmée par Rome. »

La Casas : « Depuis la découverte et la conquête des Indes, les Espagnols n’ont pas cessé d’asservir, de torturer et de massacrer les Indiens. Ce que j’ai à dire est si affreux que je ne sais par où commencer. Il y aurait de quoi remplir un énorme livre. (…) Oui, tout ce que j’ai vu, je l’ai vu faire au nom du Christ. J’ai vu des Espagnols prendre la graisse d’Indiens pour panser leurs propres blessures. Vivants ! »

Sépulvéda : « D’abord, les Indiens méritent leur sort parce que leurs péchés et leur idolâtrie sont une offense constante à Dieu. Et il en est ainsi de tous les idolâtres. Les guerres que nous menons contre eux sont justes. (…) …trois cents Espagnols soumettent un empire fort de vingt millions d’habitants, et on n’y verrait pas la main de Dieu ? (…) L’histoire des hommes est menée par Dieu. Personne n’en doute.(…) Ces Indiens sont des sauvages féroces. Non seulement il est juste, mais il est nécessaire de soumettre leurs corps à l’esclavage et leurs esprits à la vraie religion. »

Je n’irai pas plus loin. Un rappel important : nous sommes en 1550. Actuellement, personne n’ignore les horreurs commises au nom de Dieu. L’histoire est sanglante. Mais nous savons aussi que l’Eglise a évolué, les croyances ont changé. Personne ne justifierait ce qui s’est parfois passé lors des colonisations.

Ce qui nous choque maintenant, c’est de voir les djihadistes justifier leurs actes par la volonté de Dieu. Ces « fous de Dieu » pervertissent leur religion et nous ne pouvons, bien entendu, ni le comprendre, ni l’admettre.

« Plus jamais cela » disions-nous après la seconde guerre mondiale. Nous avons réussi en Europe à vivre en paix. Mais hélas ! les attentats nous ont placés dans une autre réalité. On peut s’amuser à discuter si, oui ou non, nous sommes en guerre. Je laisse ces querelles de langage aux spécialistes. L’horreur est là, bien là.

 

MERYL STREEP

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Meryl Streep est une actrice américaine née le 22 juin 1949 dans le New Jersey. Son talent a été maintes fois reconnu par ses pairs, si bien que le nombre de nominations à des récompenses pour ses prestations lui a permis de battre le record de Katharine Hepburn dans ce domaine. A elle seule, Meryl Streep compte 17 Oscars, 25 Golden Globes.

Elle a interprété de nombreux rôles marquants, notamment aux côtés de Dustin Hoffman en 1979 dans « Kramer contre Kramer« , mais aussi avec Robert Redford dans « Out of Africa » et  « Le Choix de Sophie » grâce auquel elle emporte son premier Oscar de la meilleure actrice en 1983. Elle a aussi incarné Margaret Thatcher dans « La dame de fer » en 2012.

J’ai surtout aimé « Sur la route de Madison » de Clint Eastwood.

Francesca Johnson semble vivre une vie de famille sans heurt. Un jour de l’été 1965, alors que son mari et ses enfants sont partis à une foire dans l’Illinois, le photographe Robert Kincaid (Clint Eastwood)  lui demande sa route. Elle le guide à travers les ponts couverts du comté de Madison qu’il est chargé de photographier pour la National Geographic. L’ amour, celui qui n’arrive qu’une fois dans une vie, s’abat sur eux et les quatre jours qu’ils passent ensemble les marqueront à jamais, quand bien même Francesca ne peut se résoudre à abandonner sa famille. Ce renoncement brise leur cœur, mais le souvenir de ces quatre jours les aide à continuer à vivre. Ses enfants n’apprendront son secret qu’après sa mort.

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Mery Streep a reçu le Cecil B. DeMille Award lors de la cérémonie des Golden Globes. Plutôt que de revenir longuement sur sa carrière et ses souvenirs de comédienne, elle a critiqué Donald Trump sans jamais le citer.

Elle a rappelé comment Donald Trump s’était moquée d’une journaliste handicapée pendant sa campagne. « Quelqu’un qui n’avait ni le privilège, ni le pouvoir, ni la capacité de pouvoir répondre. Ca m’a brisé le coeur quand je l’ai vu et je n’arrive pas à le sortir de ma tête parce que ce n’était pas un film, c’était la vraie vie. (…) Le manque de respect pousse au manque de respect, la violence invite à la violence. Et quand les puissants abusent de leur position pour humilier les autres, nous sommes tous perdants. »

Un discours émouvant et courageux. Celui d’une grande dame.

 

UN HOMME ET UNE FEMME.

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Pierre Barouh, célèbre parolier, est décédé mercredi à Paris. Il avait 82 ans.

Compositeur, interprète, éditeur beaucoup de ses chansons nous sont familières. Une des plus connues, celle du film « Un homme et une femme » de Claude Lelouch, dont il est non seulement le parolier mais aussi l’interprète avec Nicole Croisille sur une musique de Francis Lai.

J’aime aussi « La bicyclette » interprétée par Yves Montand et « Des ronds dans l’eau » chantée par Françoise Hardy.

J’espère que vous aurez autant de plaisir que moi en les regardant.

 

 

MICHELE MORGAN.

Michèle Morgan, née Simone Roussel, est née le 29 février à Neuilly-sur-Seine. Elle est décédée mardi à l’âge de 96 ans.

Elle a tourné dans soixante films des années 1930 aux années 1980, avec les plus grands réalisateurs : Marcel Carné, Marc Allégret, René Clément, Claude Chabrol, Claude Lelouch et beaucoup d’autres.

Elle a reçu un César d’honneur en 1992 et un Lion d’or en 1996.

Elle est la première actrice française à recevoir au premier Festival de Cannes en 1946, le prix d’interprétation féminine pour son rôle de Gertrude dans le film « La Symphonie Pastorale ».

Quelques dates :

29 février 1920 : Naissance à Neuilly-sur-Seine

1937: Joue dans Gribouille, de Marc Allégret

1938 : Le Quai des brumes, de Marcel Carné

1942 : Joan of Paris, de Robert Stevenson

1943 : Two Tickets to London, d’Edwin Marin

1944 : Passage to Marseille, de Michael Curtiz

1948 : La Symphonie pastorale de Jean Delaunoy

1955 : Les Grandes Manœuvres, de René Clair

1967 : Benjamin ou les mémoires d’un puceau, de Michel Deville

1975 : Le Chat et la Souris, de Claude Lelouch

1977 : Publie ses Mémoires Avec ces yeux-là (Robert Laffont)

En 1959, elle devient la compagne de Gérard Oury, rencontré sur le tournage du film « Le miroir à deux faces » d’André Cayatte l’année précédente. Ils resteront ensemble jusqu’au décès d’Oury en 2006.

Elle a annoncé la fin de sa carrière en 2001.

Elle est, à mon avis,  malheureusement connue surtout pour la réplique de Jean Gabin « T’as d’beaux yeux, tu sais » dans « Le quai des brumes. »

Cette réplique la suivra toute sa vie !

Photo : Quai des brumes avec Jean Gabin.

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