JOUR DES MORTS.

victorhugo18791a

En hommage à tous mes disparus, j’offre ce magnifique poème de Victor Hugo. L’écrivain s’adresse à sa fille Léopoldine, disparue quatre ans plus tôt et dont il commémore la mort dans un pèlerinage annuel dans le village de Normandie où elle s’est noyée accidentellement avec son mari et où elle est enterrée.

 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

3 septembre 1847.

 

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