LA BIBLIOTHEQUE DES COEURS CABOSSES.

bibliothequecoeurs

Un grand succès de librairie cette année. C’est le premier roman d’une suédoise Katarina Bivald qui vit près de Stockholm et travaille à mi-temps dans une librairie.

Sara Lindqvist, vingt-huit ans, vit à Haninge en Suède. Elle travaille dans une librairie. Elle va faire la connaissance d’Amy Harris, soixante-cinq ans, qui vit à Broken Wheel dans l’Iowa. Elles vont correspondre pendant deux ans, parlant surtout de livres.

Sara va perdre son emploi et Amy l’invite à venir chez elle en vacances. Sara accepte l’invitation. Elle va découvrir Broken Wheel : « Les bâtiments étaient si bas qu’ils semblaient disparaître au milieu de tout ce bitume. La rue principale se composait de quelques maisons des deux côtés de la chaussée. La plupart étaient fermées et à l’abandon, sinistres dans les derniers rayons du soleil de l’après-midi. Les magasins avaient des vitres sales ou barricadées, seule une gargote était encore ouverte. »

A peine arrivée, elle apprend qu’Amy est décédée. Grace, d’autorité, la fait conduire dans la maison d’Amy. Sara décide d’y rester comme lui demandent les habitants, contents d’avoir une touriste dans leur trou perdu.

Sara sera complètement prise en charge par la population. On lui donne un chauffeur qui la conduira où elle voudra. Il règne dans ce village une solidarité qui n’existe nulle part ailleurs.

Sara découvre les milliers de livres d’Amy et a un projet fou, ouvrir une librairie dans ce village où elle distribuera les livres d’Amy parce que, pour elle, lire est ce qui est le plus important dans la vie.

Au début, Sara fait ce qu’elle a toujours fait, lire. Installée dans la librairie, elle lit sans arrêt ce qui étonne les villageois. Pour Sara, les seuls amis qu’elle ait eus sont les personnages de ses lectures. Elle a toujours vécu en dehors de la vie réelle.

Ce n’est plus possible à Broken Wheel. Elle va dorénavant faire partie de la communauté, se faire des amis et rencontrera même l’amour.

Une anecdote est révélatrice du changement. Un jour où comme d’habitude elle est installée dans la librairie, deux jeunes l’observent. « Dans un premier temps, ils avaient juste attendu qu’elle les salue ou qu’elle les chasse, mais une heure s’était écoulée sans qu’elle remarque le moins du monde leur présence. »

Les jeunes décident de rester jusqu’à ce qu’elle lève les yeux. D’autres habitants arrivent et l’un deux décide de prendre une photo de Sara en train de lire, pour le journal local. Puis, peu à peu, l’attroupement grossit, ils mangent, boivent et Sara lit toujours.

« Jusqu’au moment où elle ne le fit plus. Elle lut la dernière page, sourit comme on le fait à un vieil ami, puis referma le livre. Elle décroisa les jambes et s’étira. Quand elle vit enfin l’attroupement, elle se leva à la hâte et se dirigea vers eux, confuse. – Mes amis ! lança Steven lorsqu’elle franchit le seuil, le temps est exactement de cinq heures et trente-sept minutes. Des applaudissements se déclenchèrent ça et là. Des odeurs de charbon de bois, de viande grillée et de bière flottaient dans l’air. Il y avait des canettes vides sur le sol. Le tout respirait la fête spontanée. »

La vie du village va changer. Sara n’a pas perdu de vue son objectif, arriver à ce que les villageois lisent. Ils viendront chercher des livres, en parleront et décideront d’organiser des fêtes et même de le faire connaître. Puisque la librairie a réussi, pourquoi pas un office de tourisme ?

L’auteur décrit la lente agonie des villages américains désertés par les jeunes qui préfèrent les grandes villes, la fermeture des commerces. Mais les villageois de Broken Wheel ont fait de leur village, celui de la solidarité, de la bonté, un village heureux.

L’auteur fait aussi de son livre une véritable encyclopédie de la littérature. Sara parle des livres qu’elle lit mais aussi de ceux qu’elle classe dans sa librairie. Des livres connus, d’autres moins sauf pour ceux qui connaissent bien la littérature américaine.

J’ai trouvé que le titre correspondait peu au contenu du livre. Il a sans doute été choisi comme c’est souvent le cas par l’éditeur.

Je l’ai bien aimé même si je l’ai trouvé un peu long.

J’ai surtout aimé Sara pour qui les héros des livres sont des amis et pas de simples personnages de romans. Même transformée par l’ambiance du village elle garde son amour des livres et réussit à le faire partager.

Un livre « phénomène » titrait un critique. Sans doute parce qu’on y retrouve des personnages ordinaires, qu’il n’y a pas vraiment une histoire mais que le lecteur s’attache à ces gens ordinaires mais heureux. Est-ce la raison du succès du livre ?

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s