ALAIN FINKIELKRAUT A L’ACADEMIE FRANCAISE.

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Alain Finkielkraut a été reçu en séance solennelle sous la Coupole, le jeudi 28 janvier à 15 heures, par Pierre Nora, au 21ième fauteuil, celui de Félicien Marceau. Ses deux parrains étaient Marc Fumaroli et Jean d’Ormesson.

Avant la cérémonie ses amis lui avaient remis son épée d’académicien. Le philosophe de 66 ans avait demandé que soient gravés une vache normande, un aleph, première lettre de l’alphabet hébraïque et cette phrase de Charles Péguy qui résume son engagement « La République une et indivisible, notre royaume de France. »

Alain Finkielkraut avait été élu en 2014 au premier tour par 16 voix sur 28 mais son nom avait été barré d’une croix, en signe de désaveu, sur huit bulletins.

« C’est à ne pas y croire »  dira Alain Finkielkraut dans son discours d’intronisation devant une très nombreuse assemblée et en présence du Premier ministre Manuel Valls.

« C’est aux miens que je pense. A mes parents bien sûr qui ne sont pas là pour connaître ce bonheur, l’entrée de leur fils à l’Académie française, alors que le mérite leur en revient. »

Comme le veut la tradition, il devait faire l’éloge de son prédécesseur sous la Coupole, le dramaturge belge Félicien Marceau. Reporter à Radio Bruxelles entre 1940 et 1942, ce dernier fut condamné par contumace à la Libération à 15 ans de prison pour collaboration avant que le général de Gaulle ne lui accorde la nationalité française.

Alain Finkielkraut s’amuse de ceux qui voyaient dans cette obligation un « châtiment » que lui, fils de déporté, doive pour endosser l’habit vert faire l’éloge d’un collabo. Mais, très habilement, il va rendre à Félicien Marceau, né Louis Carette, sa vérité en demi-teinte : si Louis Carette n’a pas choisi la résistance, il ne fut pas un fanatique de la collaboration. Il a choisi le pacifisme, une erreur tragique et lourdement payée.

Il revenait à Pierre Nora de lui répondre. Il commença avec humour : « Pendant une heure, vous allez devoir m’écouter, sans m’interrompre, vous l’intranquille… » Après quelques piques, il finira en disant qu’il peut rejoindre celui qui a défendu l’école, la transmission : « Vous valez mieux que le procès qu’on vous fait. » Il lui rappellera pourtant que, dorénavant, quoiqu’il dise ou écrive, ce sera désormais comme académicien français.

Philosophe souvent contesté, même détesté, il avait pourtant fallu installer un écran pour les nombreux invités assis dans une salle attenante.

Si vous voulez en savoir plus sur lui je vous renvoie à mes billets : 09/12/2009 – 01/12/2011 – 27/03/2012 – 10/12/2013.

J’avoue être contente qu’il soit à l’Académie française. Je ne partage pas toujours ce qu’il dit mais j’admire qu’il ait le courage de défendre ses convictions même devant un public hostile.

 

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