L’A.P.P.E.L. A CINQUANTE ANS !

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L’association professionnelle du Personnel de l’Enseignement libre (A.P.P.E.L.) fête cette année cinquante ans d’activités et de présence syndicale dans l’enseignement libre en communauté française. (Enseignement confessionnel et non-confessionnel.)

Comment est née l’APPEL ?  En 1964, Emilie Declercq, affiliée à la CSC, ulcérée par le statut des enseignants que venait de signer son syndicat, décide de fonder un syndicat qui ne serait plus lié au pouvoir comme l’était la CSC. Elle est aidée par quelques collègues notamment messieurs Lagasse, Voglaire, Kesteloot.

Un réel défi. La CSC n’admet pas de perdre son monopole, le SEGEC (Secrétariat national de l’enseignement libre) est méfiant. D’autant plus que l’Appel affirme ses objectifs : obtenir un statut valable pour les enseignants, défendre leurs droits notamment la protection de la vie privée, être un contre-pouvoir.

Il faut se rappeler ce qu’était l’enseignement catholique à l’époque. L’arbitraire était absolu. Un exemple ? Les femmes mariées n’y étaient pas admises ! Disposition scandaleuse puisque, à l’époque, un jeune qui avait fait ses études dans l’enseignement libre n’avait pas accès à l’enseignement officiel.

L’Appel se développera rapidement mais il faudra des années pour que les relations entre la CSC et l’APPEL deviennent, dirais-je, harmonieuses et que des actions puissent se faire en front commun.

La CGSP (syndicat socialiste) n’était pas tendre non plus envers ce nouveau syndicat comme elle avait été opposée au Pacte scolaire qui en 1959 avait mis fin à ce qu’on a appelé « La guerre scolaire ».

Le Pacte scolaire avait permis le subventionnement de l’enseignement libre, le paiement des enseignants par les pouvoirs publics, la garantie d’une pension de fonctionnaire. Mais les enseignants du Libre restaient exclus de l’enseignement organisé par l’Etat.

Un problème se posait à l’APPEL : être légalement représentative puisqu’il fallait, pour cela, faire partie des organisations reconnues par le Conseil national du travail. C’est pourquoi en 1974, l’APPEL a signé un protocole d’accord avec la CGSLB (syndicat libéral). Ce protocole garantissait l’indépendance totale de l’APPEL mais lui permettait une présence dans les commissions officielles.

Je ne pourrais pas dans le cadre de ce billet rappeler  tout le travail de l’APPEL Je citerai l’obtention d’un statut légal et l’installation des commissions paritaires, les élections sociales, la défense des enseignants dans les écoles, l’important travail dans les conseils d’entreprise et les Comités de sécurité et d’hygiène, la défense des réaffactés dans la commission de réaffectation, la participation aux chambres de recours et dans toutes les commissions concernant l’enseignement.

Le statut des enseignants signé en 1993 au cabinet du ministre Elio Di Rupo représente pour moi, la plus grande victoire de l’APPEL. Il établissait les règles pour le recrutement des professeurs, les nominations à titre définitif et autres dispositions réglant les relations entre pouvoirs organisateurs et enseignants.

Le principal écueil était la protection de la vie privée, difficilement acceptable par le SEGEC. Il a fallu des heures de discussion pour obtenir un simple droit normal pour tous les travailleurs sauf pour les enseignants du libre.

Au même moment, l’APPEL signait la « Charte de l’enseignement en alternance » qui n’intéressait nullement les autres syndicats !

Je soulignerai aussi qu’un représentant de l’APPEL a été convié par la CGSLB comme expert au Conseil national du travail pour l’adaptation de la législation des conseils d’entreprise à l’enseignement. L’APPEL était d’ailleurs le seul syndicat à avoir rédigé un texte qui servira de base de discussion.

Je voudrais dire mon inquiétude à propos du Pacte Scolaire et de la fusion des réseaux.

J’ai dit l’importance du Pacte scolaire aussi ai-je vraiment été étonnée d’entendre André Antoine (CDH) le traiter de « vieux machin ». Y toucher pourrait être très dangereux et je compte sur la vigilance de l’APPEL Il y a déjà eu un coup de canif, il n’en faudrait pas d’autres.

Plus dangereux encore est la fusion des réseaux d’enseignement. Un vieux rêve socialiste qui paraissait irréalisable. Or, Paul Magnette, président ff du PS a dit dimanche, chez Pascal Vrebos, qu’il figurait dans le programme du PS pour les futures élections. Même affirmation, mais plus nuancée, ce matin, de Pierre Galand du Centre d’action laïque. (CAL). Je compte fermement sur la vigilance de l’APPEL.

Vous trouverez de plus amples renseignement sur le travail de l’APPEL sur son site internet ou dans les publications qu’elle publiera pour fêter son cinquantenaire.

Je tiens à remercier chaleureusement tous ceux qui ont combattu au sein de l’APPEL pour une équité sociale et contre l’arbitraire dont ont été victimes beaucoup d’enseignants.

Je leur souhaite une bonne fête le 22 mars à Nivelles et le courage, ce dont je ne doute pas, de continuer à défendre les enseignants du Libre.

Une citation de Diderot pour clore ce billet : « Le consentement des hommes réunis en société est le fondement du pouvoir. Celui qui ne s’établit que par la force ne peut subsister que par la force. »

 

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