PAOLO GIORDANO.

Paolo Giordano

Paolo Giordano est né à Turin en 1952. Il prépare actuellement un doctorat en physique théorique. La Solitude des nombres premiers, son premier livre a reçu le prix Strega. Il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en Italie et a été traduit dans de nombreux pays.

LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS.

Les deux personnages principaux sont marqués par une blessure de l’enfance qui ne les quittera pas.

Mattia a abandonné sa jumelle, handicapée mentale, dans un parc alors qu’il se rendait à un anniversaire. « Il se tourna vers sa jumelle, qui avait les mêmes yeux que lui, le même nez, la même couleur de cheveux et un cerveau à jeter, et pour la première fois il éprouva une véritable haine à son égard. » Après bien des hésitations, il l’abandonne dans le parc mais il ne la retrouvera pas. Michela a disparu. Malgré les recherches, on ne la retrouvera jamais, pas plus que son corps.

Alice a été victime d’un accident de ski qui lui abîmera définitivement la jambe gauche et fera d’elle une boiteuse.

Mattia rencontre Alice au lycée. Comme lui, elle vit dans le rejet des autres souvent violent.

Ils sont cependant différents. « Les années de lycée avaient constitué une blessure ouverte, que Mattia et Alice avaient jugée trop profonde pour qu’elle se cicatrise. Ils les avaient traversées en apnée ; lui, refusant le monde ; elle se sentant refusée par le monde ; et ils s’étaient aperçu que cela ne faisait pas grande différence. » 

Mattia est un surdoué, passionné de mathématiques. Il vit dans un autre monde. Son amour des maths devient obsessionnel. Mais il reste attaché à Alice, même après le lycée.

La vie va faire qu’ils vont s’éloigner l’un de l’autre pour se retrouver plus tard sans que rien ne soit changé entre eux. « Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment. »

Mattia fera des études brillantes à l’université et sera engagé dans une université étrangère, poste qu’il n’acceptera quand il comprendra qu’il ne peut rien attendre d’Alice.

Brillant, Mattia n’est pourtant pas à l’aise dans la vie. Ainsi, lorsqu’il apprend qu’il a réussi son mémoire de maîtrise : « Il entra dans la bibliothèque et alla s’asseoir à sa place habituelle, près de la fenêtre. Il posa le papyrus sur la chaise voisine et mit les main à plat sur la table. Il se concentra sur sa respiration, qui continuait de s’échouer dans un ressac entre la gorge et le fond de ses poumons. Cela lui était déjà arrivé, mais pas aussi longtemps. »

Alice est anorexique. Petite, elle cachait la nourriture dans des serviettes pour aller la jeter. Au lycée, elle va essayer de se faire aimer de Viola, un jeune perverse qui tire son plaisir du mal qu’elle fait aux autres.

Dans l’espoir de lui plaire, elle se fait tatouer, voulant lui ressembler et ce, malgré l’interdiction de son père mais en faisant du chantage à Soleda qui s’occupe d’elle. Comme elle se réjouit de montrer son tatouage à Viola, celle-ci la rejette. Une nouvelle blessure qu’elle essaiera d’effacer en enlevant le tatouage, demandant même l’aide de Mattia dont elle sait qu’il s’est enfoncé un couteau dans le bras à un cours de biologie.

Au contraire de Mattia, elle va abandonner ses études et se plonger dans la photographie. Au cours d’une hospitalisation, elle va rencontrer un médecin, Fabio, qu’elle épousera. Il va apprendre qu’elle ne veut pas avoir d’enfant. « Qu’est-ce que tu aimerais ? Que je m’empiffre ? Que je me déforme pour avoir ton enfant ? (…) Je peux suivre un traitement si tu y tiens tant. Je peux prendre des hormones, des médicaments, toutes les saloperies qu’il faut pour te donner cet enfant. Comme cela, tu arrêteras de m’épier »

La rupture est violente. Elle lui demande de lui donner la boîte de riz, trop haut pour elle, dans l’étagère. « Il saisit le paquet de riz qui était déjà ouvert. Il l’agita . Puis il eut un sourire qu’Alice jugea sinistre. Il inclina le paquet, et le riz se déversa par terre, telle une pluie fine et blanche. – Qu’est-ce que tu fais ? lui demanda Alice. Il éclata de rire. Tu veux du riz ? Le voici. – Il agita la boîte avec plus de vigueur et les grains se répandirent dans toute la cuisine. (…) Comme à notre mariage, tu te souviens ? Notre putain de mariage ! »

La vie continue. Un jour, Alice croit reconnaître Michela. Elle envoie une photo d’elle et de Mattia, lui demandant de revenir. Elle est persuadée qu’elle doit la vérité à Mattia, sa sœur est toujours vivante.

Mattia n’hésite pas. Il rentre. Mais, Alice a changé d’avis. Elle ne dira rien. De manière assez surprenante, elle l’emmène en voiture et l’oblige à conduire alors qu’il ne sait pas. Une scène surréaliste ! Rentrés, il lui demande ce qu’elle voulait lui dire. « Le mot que tu m’as envoyé… Tu voulais me dire quelque chose. Alice sourit. – Ce n’était rien. – Tout à l’heure tu as dit que c’était important. – Non. Ca ne l’était pas. – Cela me concernait ? Elle hésita un instant. –  Non, Ca ne concernait que moi. »

Mattia repartira. Alice se retrouvera seule.

Le livre est assez surprenant.  Mattia et Alice se rencontrent, se quittent, se retrouvent… mais pas vraiment.

Un livre sur l’amitié, sur la difficulté de vivre sa différence. Un roman envoûtant mais qui m’a laissé une sensation de malaise.

Je ne sais pas pourquoi…  

 

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