HENRY ROTH.

Henry Roth.

Henry Roth est né en 1906, Galicie, province de l’empire austro-hongrois. Il a trois ans lorsque sa famille rejoint la communauté juive de New York. Son premier roman « L’Or de la terre promise » publié en 1934 passe presque inaperçu. Il épouse en 1939, Muriel Parker, fille d’un pasteur baptiste et pianiste qui l’accompagne dans l’Etat du Maine où il exerce plusieurs métiers : garde-forestier, infirmier dans un hôpital psychiatrique, aide plombier.

Le couple avec ses deux enfants s’établit dans une ferme du Maine où il vit chichement de l’élevage de canards et du salaire d’institutrice de son épouse.

En 1964, « L’Or de la terre promise » est réédité en livre de poche et connaît un immense succès. Henry Roth décide alors de reprendre la plume. Il vivait alors dans un mobile home d’Albuquerque, au Nouveau Mexique. Il forme le projet d’écrire cinq romans autobiographiques dont le dernier sera publié après sa mort, survenue en 1995.  Il devient ainsi un grand écrivain de la littérature américaine

UN AMERICAIN, UN VRAI.

C’est le dernier volume de son autobiographique. Traduit de l’anglais par Michel Lederer, il vient d’être publié aux « Editions de L’olivier ».

Ira Stigman, double littéraire de Roth, a trente ans quand il rencontre M. dont il est et restera très amoureux.

Il va raconter sa vie chaotique, dominée par le manque d’argent malgré l’aide d’Edith avec qui il a vécu dix ans. Son premier roman a été un succès mais il n’arrive pas à en écrire un autre. Il essaie de publier des nouvelles dans un journal mais c’est un échec. Il décide de tenter sa chance en écrivant des scénarios pour Hollywood mais là aussi c’est un échec.

Ira est déprimé, souffre d’être juif, d’être né dans un milieu pauvre, de ne pas arriver à écrire. Il a la carte du parti communiste mais n’est pas militant. L’Amérique est vue au travers des personnes qu’il rencontre. Antisémitisme et racisme sont très présents.

M. est une américaine née dans un milieu bourgeois. Elle est pianiste et compositrice. « Elle affichait une noblesse inhérente, toutes les vertus, les charmes de la bonne éducation et des traditions. »

Il va cependant la quitter malgré les protestations de M. pour rompre avec Edith « Juste pour un petit moment ».

Edith n’accepte pas la rupture. Ira voudrait ne plus dépendre d’elle mais elle est très critique vis-à-vis de M. qui, d’après elle, ne lui apportera rien et l’empêchera d’écrire. « Elle était tellement intransigeante avec ses yeux marron proéminents implacables dans son petit visage inflexible – son corps menu lui-même, son corps de femme mûre personnifiant le reproche -, tandis qu’elle était assise à sa place habituelle, le dos tourné au mur, sur le canapé de velours noir en dessous de la reproduction de Van Gogh. »

Ira se rend compte qu’il ne parviendra pas à quitter Edith avec qui il a vécu dix ans, qu’il lui a appris à écrire et lui a apporté une aide financière. C’est alors qu’il décide d’essayer d’acquérir son indépendance avant d’aller rechercher M.

Il va tomber sous une autre domination, celle de Bill. Celui-ci est un communiste convaincu. Ses propos irritent Ira mais il n’arrive pas à s’y opposer sauf quand il critique M. « Lénine, Marx, Engels et Staline étaient tous issus du prolétariat. La bourgeoisie ne valait pas tripette ; le prolétariat avait tout fait, tout inventé, tout découvert. »

Bill déteste aussi les Mexicains. Lorsqu’Ira lui raconte combien il a été ému en voyant un Mexicain essayant de changer le pneu crevé de sa voiture, il se moque. « Alors comme ça, il a enlevé son chapeau avec les deux mains, dit Bill, poussant un grognement de satisfaction tranquille… »

Un autre épisode vécu par Ira est une illustration du racisme. Il se trouve avec Johnny dans un wagon frigorifié. Quelqu’un essaie d’entrer. Pas question pour Johnny car « c’est un nègre « « Ce fumier est trop fainéant que pour aller jusqu’à la loco » Le Noir finira par entrer et au moment de partir, propose de leur vendre ses bottes. Ira refuse et lui donne de l’argent à la grande colère de Johnny « Merde, pourquoi tu lui as filé du fric ? Les traits durs de Johnny se tordirent en grimace. »

Je ne pouvais pas raconter le livre, passionnant et très fouillé. J’ai donc choisi de présenter quelques personnages qui illustrent une certaine Amérique de l’époque.

Le livre se termine par la mort de M., qu’Ira a épousée et avec qui il a vécu cinquante ans.  Courageuse jusqu’au bout, elle termine une semaine avant son hospitalisation une œuvre pour piano.

Un dernier hommage à sa femme. « L’artiste en eux possédait le pouvoir de les déchirer, ainsi qu’il l’avait constaté chez d’autres couples mariés. Non, c’était plutôt la détermination de M. qui s’attachait sans cesse à le renforcer qui avait sauvé leur couple, sa résolution de soumettre sa musique aux besoins de sa famille, de calmer son mari névrosé et frusté, et d’élever convenablement leurs deux fils ».

Un très beau roman d’amour.

 

Publicités

3 commentaires sur “HENRY ROTH.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s