CLIN D’OEIL : MES FEMINISTES.

jjounée des femmes 2013

La journée internationale des droits de la femme trouve son origine dans les manifestations des femmes au début du XXème siècle en Europe et aux Etats-Unis réclamant l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail, le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations-Unies en 1977 invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.

Il faut bien l’avouer que la multiplication des journées consacrées aux revendications de certains droits ou même tout simplement à des problèmes de société, journée sans tabac par exemple, fait que, généralement, le 8 mars passe un peu inaperçu. Les mouvements féministes ne sont plus florissants, beaucoup de revendications ont été rencontrées même si l’égalité homme/femme n’est touours pas acquise. Et que dire de la maltraitance et du viol qui touchent de nombreuses femmes dans le monde ?

J’ai eu envie de me rappeler certaines féministes qui m’avaient influencée. J’en oublie certainement…

Impossible de ne pas commencer par Simone de Beauvoir. Le « Deuxième Sexe » a été considéré comme la bible féministe par excellence. J’avoue que je l’avais trouvé ennuyeux mais j’étais peut-être trop jeune pour l’apprécier. Par contre, j’ai beaucoup aimé ses romans quasi illisibles actuellement.

Son pendant américain est Betty Friedan née en 1921 et décédée en 2006. J’avais beaucoup aimée La femme mystifiée beaucoup plus accessible que le Deuxième Sexe. La traduction du livre a été publiée en France en 1964. En 1981, elle écrit Femmes. Le second souffle dans lequel elle s’interroge sur la difficulté de concilier vie professionnelle et familiale et cette question :  nous sommes-nous trompées en encourageant les filles à faire des études ? Non bien sûr, mais elle constate que les jeunes trouvent naturel le droit à l’avortement, à la contraception, au divorce, le droit de voter mais paient encore lourdement l’indépendance acquise qui semblait aux féministes une garantie d’un plus grand bonheur. Elle publiera aussi La révolte du 3ème Age, sous-titré, Pour en finir avec le tabou de la vieillesse. (billet du 9 mars 2009)

Suzanne Lilar née à Gand en 1901 et décédée à Bruxelles en 1992 n’a, je trouve, pas la place qu’elle mérite. Elle est la première à avoir obtenu un diplôme de droit en 1925. Elle a écrit pour le théâtre et des romans mais son oeuvre féministe est Le Couple (1963) et Le Malentendu du Deuxième siècle, une remise en question de l’oeuvre de Simone de Beauvoir, un livre courageux. (Elle est la mère de la romancière Françoise Mallet-Joris).

J’ai beaucoup aimé Evelyne Sullerot née en 1924. Sociologue, elle s’est beaucoup intéressée aux femmes notamment à la presse féminine dont elle était très critique. Je me souviens de certains de ses propos comme : pourquoi les journalistes parlent-elles toujours à l’impératif, même dans les recettes de cuisine ? Elles culpabilisent les femmes… Ou encore : pourquoi les femmes ne jouent-elles pas ? Il est vrai, qu’à l’époque, les hommes emmenaient les enfants jouer et les femmes s’acquitaient des tâches ménagères. Elle a publié de nombreux ouvrages dont Demain les femmes, Histoire et sociologie du travail féminin que j’avais beaucoup appréciés.

Encore une oubliée, Geneviève Gennari, née en 1920 et décédée en 2001. Le dossier de la femme paru en 1965 est une histoire du féminisme depuis 1889. J’en ai parlé dans mon billet du 20 juillet 2009 ainsi que de son roman Journal d’une bourgeoise que j’avais beaucoup aimé. Une citation faite aux Etats-Généraux du féminisme en 1929 avait fait grand bruit. Lorsqu’une jeune fille majeure entre à la Mairie, avant d’avoir prononcé le « oui » sacramentel, elle jouit encore de ses droits civils (…) Aussitôt qu’elle a prononcé le « Oui, Monsieur le Maire » tous les droits qu’elle avait avant lui sont retirés. Mariée, la femme ne peut plus signer un contrat, elle ne peut ni acheter ni vendre sans la signature de son mari, elle ne peut pas plaider en justice au point de vue civil ni comme demanderesse, ni comme défenderesse, sans l’autorisation maritale. Elle est placée au même rang que les idiots, les fous, à qui l’on donne un conseil spécial. » Sic ! On a quand même fait du chemin…

Christiane Collange, née Servan-Screiber, en 1930 a été journaliste et romancière. Une anecdote amusante : lorsqu’elle est entrée à Madame Express, fondée par Françoise Giroud, celle-ci lui aurait dit : « Surtout ne faites pas de journalisme féminin. » Ses romans reflètent l’évolution de la société. Elle n’a pas vraiment milité comme féministe mais son influence était réelle. En vrac : « Madame et le bonheur, Le divorce boom, Chers enfants, Merci mon siècle, Je veux rentrer à la maison » (Ce dernier roman a été fort critiqué par les féministes.)

Voilà donc mon tour d’horizon « des anciennes » mais je vais rendre hommage aux plus connues, qui nous sont plus proches.

Fançoise Giroud, née Léa France Gourdji le 21 septembre 1916, à Lausanne, est décédée le 19 janvier 2003 à l’Hôpital américain de Paris à Neuilly sur Seine. Elle avait pris officiellement le nom de Giroud par un décret paru au journal officiel du 12 juillet 1964. Elle a fondé l’Express avec Jean-Jacques Servan-Screiber, son amant, en 1953. Elle dirigera le journal, en deviendra la directrice. Parallèlement à sa carrière journalistique elle a publié plusieurs essais et romans dont La Nouvelle Vague, portrait de la jeunesse en 1958. Ce terme s’imposera pour qualifier le style des nouveaux cinéastes issus des Cahiers du Cinéma.

Elle a été Secrétaire d’Etat à la Condition féminine de 1974 à 1976. Le décret précisait que le Secrétaire d’Etat « est chargé de promouvoir toutes mesures destinées à améliorer la condition féminine, à favoriser l’accès des femmes aux différents niveaux de responsabilité dans la société française et à éliminer les discriminations dont elles peuvent faire l’objet. » Projet ambitieux mais le temps était trop court que pour que le travail ait véritablement laissé des traces.

J’ai longuement parlé d’elle et de sa « rivale » Madeleine Chapsal dans mes billet du  29 juin 2010 et du 12 août 2011. Je n’en dirai pas plus pour le moment.

Gisèle Halimi, née en 1927, en Algérie, est une avocate très connue. J’en ai parlé à propos de son livre Ne vous résignez jamais dans mon billet du 15 septembre 2010.

Benoîte Groult,  née le 31 janvier 1920 à Paris est une romancière très connue. Ains soit-elle, Mon évasion, Touche étoile dans lequel elle défend l’euthanasie. (billet du 20 octobre 2008).

Elisabeth Badinter, née le 5 mars 1944, est une philosophe influente. Je noterai L’Amour en plus, Le Conflit. (billets du 9 mars 2010 et 27 octobre 2009)

Voilà donc mon clin d’oeil aux femmes qui m’ont beaucoup appris.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s