INDIGNATIONS.

La polémique enfle sur le livre de Frédéric Deborsu. Le débat de Controverse de dimanche dernier avait déjà été sujet d’affrontements sur le rôle de la famille royale. « Un brouhaha royal » titrait Le Soir le 28 octobre. C’est vrai. Marc Uyttendaele clamait fièrement : « La famille royale n’a pas la fonction cruciale que certains voudraient lui attribuer, elle est seulement utile en cas de crise mais n’importe qui pourrait assurer ce rôle de la même manière. » D’où la réponse d’Armand De Decker à Marc Uyttendaele et  José Dubié qui veulent faire de la Belgique une république « un président de la république belge auquel de toutes façons personne n’aurait confiance. La monarchie reste indispensable. »

Je me demande comment on peut parler de république dans un pays où il faut des semaines pour arriver à former un gouvernement et à se mettre d’accord sur un Premier ministre ! Très habilement, les deux républicains reconnaissent la Monarchie indispensable en temps de crise mais c’est tout. Pas d’autre argument que de critiquer la fonction royale parce qu’elle est héréditaire. Heureusement, car c’est un gage de stabilité. De plus, après les élections communales, qui ont magistralement démontré comme on se fichait de l’électeur, affirmer qu’un président élu serait plus démocratique est vraiment aberrant.

Le Vif  du 26 octobre titrait : « Famille royale : un bon filon pour le business » Et encore sur le livre de Frédéric Deborsu « Plus riche en insinuations qu’en révélations, un brûlot qui laisse beaucoup de questions sans réponse. »

Le livre s’est bien vendu comme se vend bien la presse people. Tout bénéfice pour l’auteur et l’éditeur.  La RTBF s’est contentée de se distancier de son journaliste, de l’interdire d’antenne et de l’envoyer au Service de documentation où, disait quelqu’un, il aura tout le loisir de consulter les archives pour écrire un autre livre !

Ce matin, Le Soir publie une lettre ouverte à Frédéric Deborsu écrite par le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez et Françoise Leurquin, psychologue parlant de « l’énorme coup de poing au ventre que vous infligez aux quatre enfants de Philippe et Mathide. En pâture pour l’opinion publique, vous lancez qu’ils ont été conçus par fécondation artificielle – soit, ils ne sont pas les seuls à notre époque où la fécondité moyenne est en baisse – mais surtout, qu’ils l’ont été parce qu’il n’y avait pas d’amour entre leurs parents. Quelle information invérifiable et horrible ! La difficulté de rumeurs étant ce qu’elle est, on la leur lancera à la figure ou ils en prendront conscience tout seuls avant la fin de leur adolescence. Et ensuite, au moins un doute grave viendra empoisonner le reste de leur vie, poison dont vous serez largement responsable. » Verdict terrible venant d’un psychiatre dont la compétence et l’honnêteté ont toujours fait l’unanimité.

Ce même jour, Le Soir nous apprend que le comte Thomas de Marchant et d’Ansembourg, cité dans le livre de Frédéric Deborsu comme ayant une relation intense avec le prince Philippe envisage de saisir le Conseil de déontologie journalistique. « Je suis effaré d’apprendre que, dans son enquête, l’auteur s’est contenté de deux à quatre témoignages concordants pour estimer que telle ou telle info était vraie. » Ce psychothérapeute renommé souligne aussi le mal fait à sa femme et à ses enfants et, comme il avait déjà fait, nie qu’il ait été homosexuel.

Je pourrais penser que Frédérique Deborsu regrette au moins ce qu’il a écrit. Pas du tout. Il nie avoir porté atteinte à la vie privée et, le comble, affirme que son retrait de l’antenne n’est pas une sanction mais une protection que lui offre la RTBF face à la tempête médiatique. Il est serein et affirme qu’il retrouvera bien vite sa fonction. Ses confrères, eux, parlent « de malaise ».

Pour moi, le tort fait à la crédibilité des journalistes de la RTBF est réel même si, bien sûr, tous ne sont pas comme leur confrère. Tout de même, j’aurais espéré une attitude plus ferme de la direction.

Je me pose pas mal de questions sur la personnalité de Frédéric Deborsu. On le dit jaloux du succès de son frère, en quête de notoriété, soit. Mais, qu’il affirme qu’il défend la Monarchie, lui rend service, dépasse tout ce que je peux entendre. Est-il stupide, naïf ? fieffé menteur, inconscient ? Je ne sais pas mais j’ai une certitude, il ne mérite plus le nom de journaliste.

 

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3 commentaires sur “INDIGNATIONS.

  1. Réaction du Palais : « Il n’est pas dans la tradition de la maison de réagir à ce genre de propos mais après mûre réflexion, nous avons décidé de saisir le Conseil de déontologie journalistique. »

  2. Le scandale véritable réside dans les prétextes évoqués qui légitimeraient la publication de ce torchon : liberté de la presse, droit à l’information, liberté d’expression et autre niaiserie qui ne sont rien devant l’abjection commise.

    Liberté de la presse? Mon oeil : pourquoi pas un « Questions carolo-socialistes », ou de tout autre parti ou apparatchik héréditaires comme ceux, par exemple, de Jodoigne? Mais tout simplement parce que le roi et les siens sont des proies faciles pour les gauchistes de luxe qui, le séans bien posé dans le beurre ded leur bienpensance, ne prennent pas beaucoup de risque à s’attirer aussi bassement la publicité de leur prose. Qu’ils aillent, par exemple, au Maroc où tant la population que les « services » se chargeront vite de lui faire comprendre que l’on ne fait pas n’importe quoi contre PAS n’importe qui.

    Droit à l’information? Mais ce livre n’apporte strictement rien de fondamental, et ce faisant son auteur est bien obligé de livrer à notre sagacité un supposé pamphlet fallacieux et amoral!

    Liberté d’expression? Donc quoi : pauvre Deborsu que l’on voudrait privé d' »expression »? Mais, pauvre pomme, comment font les vrais braves et honnêtes gens qui n’ont ni votre audience ni votre facilité d’écriture pour résoudre leur besoin à l’expression forcénée et dont tout le monde se fout éperdument?

    Aurait-il eu un tel besoin d’exorciser quoi que ce fût pour s’en prendre à des gens dont la discrétion et l’utilité sont avérées?

    Au pis des cas, c’est lamentable. Au mieux, une faute de goût de plouc absolu.

  3. Merci pour votre commentaire. Votre analyse est excellente et je la partage complètement. Le droit à l’information et la liberté d’expression servent bien souvent de prétexte pour dire n’imorte quoi, s’attaquer à n’importe qui. On a vu certains socialistes et journalistes défendre Deborsu qui, comme vous le dites très bien, ne le mérite vraiment pas.Certains, que je ne citerai pas, s’attaquent même à Moonsieur Hayet avec une bassesse incompréhensible sinon le désir de « salir ».

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