ENSEIGNEMENT.

 

Je souhaite une bonne rentrée aux élèves et aux enseignants.

Les médias se sont largement exprimées en ce jour de rentrée scolaire. D’après La Libre à la veille de la rentrée, il y avait encore 307 enfants sur des listes d’attente. Parents et enfants concernés sont consternés, leurs témoignages sont émouvants et absolument hallucinants.  Ainsi celui-ci : « On est sur une liste d’attente dans 6 écoles différentes. Notre erreur ? Avoir voulu mettre notre enfant dans la même école que ses frères et soeurs. On s’est fait piéger par le calcul des indices et des critères. On habite Boistfort, mais on devra finalement opter pour une école de Basse-Wavre. »

Ainsi, vouloir mettre son enfant dans la même école que ses frères et soeurs n’est, j’espère que c’est seulement dans certains cas, pas possible. Je crois rêver. Ce n’est donc pas une question de « bonne » ou « mauvaise » école comme on le disait l’an dernier.

Bien sûr, la ministre affirme qu’il y a encore des places disponibles. Cela ne justifie pas de gommer un principe élémentaire, qui a toujours existé avant ce catastrophique décret d’inscription, la primauté du choix des parents.

Je me demande quel est l’état d’esprit de l’enfant qui a passé ses vacances à se demander dans quelle école il irait et qui apprend maintenant qu’il sera dans une école où il ne souhaitait pas aller. Après cela, qu’on ne me dise plus que l’épanouissement des enfants est une priorité.

J’apprends aussi que les enseignants sont mal formés. Voilà qui doit leur faire plaisir. Le remède ? Allonger les études !

La ministre annonce le plus sérieusement du monde que la durée d’études d’un instituteur ou d’un régent passera de trois à cinq ans !

Pratiquement, cela veut dire autant d’années d’études qu’un universitaire. Et donc, suivant les règles en vigueur, traitement d’un universitaire. C’est payable, paraît-il. On aura donc dans une école les profs payés comme universitaires et les autres, payés différemment. J’ajouterai que les parents qui devront assumer financièrement deux années de plus pour le même métier ne seront pas ravis.

Sans rire, la ministre affirme que les enseignants seront plus contents car mieux formés. Je suis sceptique pour plusieurs raisons. Pourquoi choisir d’être instituteur si on peut faire des études universitaires ? Un an de stage = un an de galère. Il est bien plus difficile d’enseigner chaque fois dans une autre école avec un prof au fond de la classe et parfois son prof de stage que dans sa classe. J’ai eu des stagiaires. Il fallait une patience d’ange pour les rassurer et leur dire que tout irait bien. Affirmer que les stages donneront le goût de l’enseignement est une idée saugrenue. Déjà maintenant, les futurs profs abandonnent leurs études lors de stages qui se passent mal. 

Et la pénurie de professeurs ? Prolonger les études cela veut dire qu’il faudra deux années sans qu’aucun prof ne puisse enseigner. Voilà un bon remède à la pénurie !

Je crois que ces mesures cachent l’impossibilité de remédier aux problèmes sérieux que sont l’échec scolaire, les redoublements, le niveau des études. Il est plus facile de rejeter la faute sur les enseignants soi-disant mal formés, que de chercher de vraies solutions.

J’ai déjà dit que le redoublement en maternelle était une aberration. J’apprends aujourd’hui que d’après les statistiques l’enfant qui redouble en maternelle redoublera aussi dans les premières années du secondaire.

Je suis bien d’accord avec la ministre : « La société a évolué. Tous les problèmes s’invitent à l’école : le socio-économique, la pauvreté, la violence familiale etc. »

C’est certain, il est plus difficile d’enseigner maintenant qu’il y a trente ans. J’insisterais sur la violence régnant dans la société et fatalement dans les écoles. Ma colère contre les manifestants de Malonne s’explique aussi par l’exemple donné aux enfants. Des adultes qui se battent contre les policiers et arrachent des barrières !

Je le pense souvent, le vingtième siècle a vu des progrès techniques très importants mais les progrès de l’humain n’ont pas suivi. C’est un très grand problème qui demande une réflexion approfondie. Rejeter la faute sur les parents ou les enseignants n’arrange rien. Ce n’est pas ainsi qu’on trouvera des solutions.

Je ne parlerai pas de l’idée d’introduire des tablettes à l’école. Je pense qu’il faut réfléchir sérieusement à toutes les implications.

J’aurais aimé en ce trois septembre être optimiste pour l’avenir de notre enseignement. Malheureusement, je ne vois aucune raison de l’être. Dommage.

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