HARUKI MURAKAMI.

Haruki Murakami est né à Kyoto, le 12 janvier 1949. Il reçoit le prix « Gunzo » pour son premier roman paru en 1979. Suivront « Chroniques de l’oiseau à ressort » « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil » « Les amants du Spoutnik » Kafka sur le rivage »  » Le passager de la nuit.

Il quitte le Japon pour la Grèce, l’Italie, les Etats-Unis où il enseigne la littérature japonaise à l’université de Princeton. Il est aussi traducteur en japonais de plusieurs écrivains anglo-saxons dont Scott Fitzgerald. Il est un auteur culte au Japon et son oeuvre est traduite dans plus de trente pays. La critique s’accorde à voir en lui un futur lauréat du prix Nobel de littérature.

Il revient au Japon après le tremblement de terre de Kobé en 1995 et publie un recueil de nouvelles « Après le tremblement de terre ».

APRES LE TREMBLEMENT DE TERRE.

Le recueil comprend six nouvelles dont les personnages n’ont rien à voir les uns avec les autres. Mais tous ont subi la vague de choc qu’a été le tremblement de terre leur révélant la vacuité de leur existence. Tous sont des personnages désemparés. L’auteur ne décrit pas le tremblement de terre mais celui-ci est la toile de fond de toutes les nouvelles.

La première est intitulée « Un ovni a atterri à Kushiro ».

Komura, beau garçon, est vendeur de matériel audio à Tokyo. Après avoir eu de nombreuses aventures féminines, il se marie à vingt-six ans avec une femme que l’auteur qualifie de « quelconque ». « Non seulement elle avait un physique ordinaire, mais sa personnalité était dénuée du moindre charme. Elle parlait peu, avec un air particulièrement bougon. Elle était petite, avec des bras épais, et paraissait on ne peut plus lourdaude. »

Komura trouve la paix auprès d’elle. Mais sa femme, originaire de Yamagata, n’aime pas la vie citadine étriquée qu’elle mène à Tokio. Très souvent, elle part dans sa famille quelques jours et revient de meilleure humeur qu’avant son départ.

Bien qu’elle n’ait aucun parent ou ami dans la région de Kobé, quand arrive le tremblement de terre, elle passe cinq jours entiers devant la télévision, contemplant les paysages dévastés. « Profondément enfoncée dans le canapé, les lèvres serrées, elle ne réagissait pas quand Komura lui parlait, ne secouant même pas la tête pour acquiescer ou répondre non. »

Le cinquième jour, quand il revient du travail, sa femme a disparu laissant une lettre lui disant qu’elle n’avait pas l’intention de revenir, qu’elle ne voulait plus vivre avec lui. « Le problème, avait-elle écrit, c’est que tu ne m’apportes rien. Pour dire les choses plus clairement encore, tu n’as rien à donner. Tu es gentil, tendre, tu es beau, mais vivre avec toi, c’est comme vivre avec une bulle d’air. »

Elle demande le divorce et les formulaires signés, Komura demande une semaine de congé. Un collègue, Sasaki, lui propose d’aller à Kushiro pour remettre un colis à sa soeur. Komura accepte et Sasaki lui remet une sorte de petite urne enveloppée de papier kraft. « Komura prit le paquet dans sa main, le regarda un moment, le secoua légèrement pour voir, mais il ne sentit rien, n’entendit rien bouger à l’intérieur. »

A l’aéroport, il est accueilli par Keilo Sasaki et une amie, Shimao. Il leur remet le paquet et elles le conduisent dans un « love hotel ». En parlant du départ de sa femme, les jeunes filles lui demandent si son départ a quelque chose à voir avec le tremblement de terre et comme il répond qu’il n’en sait rien, elles disent : « Il y a peut-être un lien quelque part (…) un lien qui vous échappe. »  Elles leur racontent comment un de leurs amis a quitté sa femme après avoir vu un ovni, sans donner la moindre explication.

Plus tard, il aura avec Shimao, une étrange conversation. « Une bulle d’air ? Qu’est-ce que cela veut dire ? – Ca veut dire que je suis vide à l’intérieur. Oui, vide, creux, je n’ai pas de contenu. C’est peut-être vrai. Je ne sais pas très bien. Même si on me dit cela, je me demande ce que c’est le « contenu » de quelqu’un. »

Shimao lui donnera la réponse sans vraiment la donner en lui apprenant que dans la boîte qu’il avait apportée, il y avait son contenu. Une réponse surréaliste qui laisse perplexe.

Dans toutes les nouvelles, les personnages se posent des questions existentielles. Mais,  Marukami ne donne jamais de solutions, il propose seulement des pistes dans lesquelles la vie spirituelle est toujours privilégiée. Il insiste sur l’importance du rêve niché en chacun de nous.

Il sera un peu plus explicite dans la seconde nouvelle « Paysage avec fer ». Myaké qui allume des feux sur la plage dira : « Le feu a une forme libre. Aussi ceux qui le regardent se mettent-ils graduellement à y voir tout ce qu’ils veulent. Toi, par exemple, Junko, tu te sens apaisée en le regardant, mais c’est simplement un calme qui est présent au fond de toi qui se reflète dans les flammes. »

Le livre est assez déroutant. Sans doute parce que Murakami nous invite, mais de manière très subtile, à déceler ce que nous portons en nous.

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