LES TRIBULATIONS D’UNE CAISSIERE.

Anna Sam qui est l’auteur de ce petit livre a été caissière de supermarché pendant huit ans. Elle avait exercé ce métier, comme beaucoup d’étudiants, pendant ses études : bac+5, DEA de littérature française. Après quelques stages dans des maisons d’édition, elle décide de faire de son travail d’étudiant son premier boulot. Comme les anecdotes qu’elle raconte à ses amis les font rire, elle décide d’en faire un blog. Un journaliste de la presse régionale le remarque, en parle et François Azouvi, des éditions Stock, lui demande d’en faire un livre. Elle troque son statut de caissière pour celui d’auteur. Elle est actuellement rédactrice en chef adjointe du site www.bdencre.com. Elle continue son blog, a ouvert un forum et se dit ravie d’avoir pu contribuer à faire mieux connaître les difficultés rencontrées par celles qu’on appelle « hôtesses de caisse ».

Ce livre m’a fait beaucoup rire. L’auteur décrit avec beaucoup d’humour son travail de caissière et le comportement de certains clients. Défilent les malins, les bougons, les agressifs, les râleurs, les atteints de téléphonite aiguë, les gênés d’acheter des DVD porno, les dragueurs, les voleurs… Les dialogues entre Anna et les clients sont savoureux.

Ainsi cet exemple d’un client « malin ».

  » – Vous êtes ouverte ?
– Moi non, mais ma caisse oui. Bonjour !
– Super !
Les quatre articles sont scannés.
– 5,45 euros, s’il vous plaît.
– Attendez, ma copine a oublié un truc. Elle arrive tout de suite.

Cinq minutes plus tard, toujours pas de copine en vue et des clients qui attendent derrière.

Je vous mets en attente ?
– Elle arrive ! Vous pouvez quand même attendre une seconde !

Et  c’est vrai, à ce moment-là, la caissière la voit qui arrive avec… deux paniers remplis à ras bord. »

 Un autre exemple parmi d’autres :

  « – Bonjour, vous avez moins de 10 articles ?
– Evidemment !
Nombre d’articles posés sur le tapis = 20.
–  Merci de vous diriger vers une autre caisse.
– Feignante ! »

N’allez pas croire que l’objectif de l’auteur est de se moquer de ses clients, non, elle veut faire comprendre combien le métier est difficile. Sourire, dire en une journée, 250 « Bonjour », 250 « Au revoir. Bonne journée », 500 « Merci », 200 « Avez-vous la carte fidélité? » 70 « Vous pouvez composer votre code », 70 « Vous pouvez retirer votre carte. », 30 « Les toilettes sont par là ».
Etre un robot ? Mais non. Un robot ne sourit pas. »

Ce n’est pas tout. En-dehors du manque de considération ressenti, même quand il n’est pas voulu par les clients, vont s’ajouter bien des contraintes. Fatigue physique, pauses trop courtes, comptage et recomptage de la caisse, pression des chefs, plannings qui changent toutes les semaines etc.

Son livre a eu un grand succès. En juin 2009, elle a publié « Conseils d’amie à la cliente ». Elle  écrira d’autres ouvrages. Peut-être sourira-t-elle en se rappelant  certains mots d’enfants :

Le petit Richard (sept ans) : Il est où ton lit ?
Le petit Nicolas (neuf ans) : Et à moi, tu m’en donnes des sous ?

Comme elle le dit : »il est loin le temps où avoir fait des études conduit à un emploi de rêve. Aujourd’hui, les diplômés universitaires occupent aussi bien souvent des petits boulots »

Et oui !

Anna Sam s’est battue contre l’ouverture généralisée des magasins le dimanche. Elle a pu expliquer l’illusion du volontariat, combien il est difficile de refuser 50 ou 100 euros quand on gagne peu.

 

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