ERIC EMMANUEL SCHMITT.

Né le 28 mars 1960, écrivain et dramaturge d’origine française, il est installé à Bruxelles depuis 2002. Ayant obtenu la naturalisation belge en 2008, il dispose de la double nationalité. Ecrivain à succès, sympathique, il est très médiatisé.

ULYSSE FROM BAGDAD.

Son dernier roman paru chez Albin Michel en 2008 a comme narrateur Saad Saad, qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. Double signification qui permet à l’auteur de s’interroger sur l’identité. « Qui étais-je moi-même ? Irakien ? Arabe ? Musulman ? Démocrate ? Fils ? Futur père ? Epris de justice et de liberté ? Etudiant ? Autonome ? Amoureux ? Tout cela; pourtant tout cela résonnait mal ensemble. » (page 45).

Le livre s’ouvre sur son adolescence à Bagdad, sous la dictature de Saddam Hussein. Saad vit mal le régime de terreur du dictateur qui se croit au-dessus de Dieu. Arrestations arbitraires, un régime où tout le monde est suspect, peut être emprisonné, torturé, disparaître, sans aucune explication. Aussi, Saad vit l’arrivée des Américain comme un espoir. Il applaudit à la chute du tyran mais hélas ! les Américains ne réussissent pas leur guerre et la vie devient pire qu’avant. Son père est tué par un soldat américain alors qu’il tente de les avertir qu’un kamikaze vient de se faire sauter en plein marché.

C’est alors que Saad décide de partir pour l’Angleterre, sa mère l’encourageant pour qu’il puisse aider sa famille en leur faisant parvenir de l’argent. C’est un long périple qui le mène au Caire, Tripoli, Malte, Italie, Suisse, France pour atteindre enfin Londres.

Le récit de son voyage est décrit par l’auteur de façon très réaliste, ce qui le rend à peine soutenable. Amasser de l’argent pour les passeurs, de n’importe quelle manière, voyager dans des conditions très pénibles.

Eric-Emmanuel Schmitt introduit dans le récit, les dialogues avec son père, mort, qui le conseille ou s’indigne, mais parlant surtout par métaphores, n’est pas toujours compris par son fils. Une respiration dans un récit poignant qui nous permet de continuer la lecture.

Le titre est une référence à Ulysse mais l’auteur le justifie par des anecdotes. Un exemple : ayant jeté ses papiers pour ne pas risquer de dévoiler d’où il vient lors d’une arrestation et courir le risque d’être renvoyé à Bagdad, il dit s’appeler « Personne » ou « Ulysse venant d’Ithaque ». Autre référence, un groupe musical Les Sirènes dont il se servira pour poursuivre son voyage.

On dit souvent que les images sont plus fortes que l’écrit. Le livre prouve le contraire car les images de clandestins vues à la télévision sont brèves et anonymes. Dans le livre, nous nous attachons au personnage et ce que vit Saad, nous le vivons avec lui.

« Au terme de ce voyage, au début d’un nouveau, j’écris ces pages pour me disculper. Né quelque part où il ne fallait pas, j’ai voulu en partir; réclamant le statut de réfugié, j’ai dégringolé d’identité en identité, migrant, mendiant, illégal, sans-papiers, sans-droits, sans-travail; le seul vocable qui me définit désormais est clandestin…Bienvenu nulle part. Etranger partout. » (page 11).

On retrouvera à la fin du livre une carte qui reprend le voyage de Saad et une synthèse de L’Irak de Saddam Hussein.

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