BENOITE GROULT.

Le dernier livre de Benoîte Groult Mon évasion est une autobiographie. Elle y relate sa vie, décrit son époque, parle de la condition féminine. Les trois sujets sont intimement liés. Elle décrit son époque et parle de la condition féminine à travers son vécu.

Je ne m’étendrai pas sur le récit de sa vie, autobiographie classique. Elle est élevée par une mère dessinatrice de mode et un père styliste de meubles. Education catholique conforme à l’époque. Née en 1920, son premier mariage, en 1945, avec un étudiant en médecine, Pierre Heuyer est un mariage d’amour mais il meurt quelques mois plus tard. Elle épouse Georges de Caunes et essaie « d’être une bonne épouse et une bonne mère », mais vit mal le machisme de son mari. Troisième mariage, Paul Guimard avec qui elle vivra un amour heureux.

Son livre est très éclairant sur l’époque mais l’idée de progrès y est totalement absente sauf en ce qui concerne les femmes : le droit de vote, la contraception, l’IVG. Elle s’étend longuement sur le machisme ambiant dans les relations sociales et professionnelles. Très présent, tout au long du livre, son désir de liberté, d’échapper au conformisme imposé par son sexe.

Ses premiers romans sont écrits avec sa soeur Flora : Journal à quatre mains, Le Féminin Pluriel, Il était deux fois. (1963 à 1967). Elle écrira seule d’autres romans mais c’est Ainsi soit-elle qui le fera vraiment connaître, livre traitant de sujets douloureux et tabous, comme l’excision. Il fera scandale et, pour certains, la fera basculer dans le féminisme.

Beaucoup, dont je suis, ne la considèrent pas comme une féministe et elle s’en étonne. Elle a collaboré à plusieurs journaux féminins : Elle, Marie-Claire, F Magazine mais, même si elle a toute sa vie été très concernée par la condition féminine, elle n’a jamais été militante. Elle a aussi assuré la présidence de la Commission pour la féminisation des noms de métiers, pas vraiment approuvée par les féministes.

Moi, je retiens surtout d’elle son amour de la vie, de la mer, du bateau, de la pêche, de son jardin, de la Bretagne, de l’Irlande. J’apprécie aussi qu’elle milite pour l’ADM (Association pour le droit de mourir dans la dignité) dont elle parlait déjà dans la Touche étoile, livre un peu triste où elle réfléchit sur la vieillesse, qu’elle accepte mal. Mon évasion est un livre beaucoup plus serein.

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