AMIN MAALOUF

Amin Maalouf est né à Beyrouth en 1949. Il vit à Paris depuis 1976. Après des études d’économie et de sociologie, il entre dans le journalisme. Grand reporter pendant douze ans, il a effectué des missions dans plus de soixante pays. Ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique, il consacre aujourd’hui l’essentiel de son temps à l’écriture de ses livres. Léon l’Africain, Samarcande, Le Rocher de Tanios, Le Périple de Baldassare, Les Echelles du Levant, Les Jardins de lumière.

Les identités meurtrières a été publié en 1998. Arabe et chrétien, il s’interroge sur ce qu’est l’identité. Son livre est un long cheminement pour essayer d’expliquer en quoi les identités peuvent devenir meurtrières.

Il part d’un constat. L’identité de chaque personne est constituée d’une foule d’éléments : appartenance religieuse, une nationalité, parfois deux, un groupe ethnique ou linguistique, une famille, une profession, un milieu social. L’identité se construit et se transforme tout au long de l’existence. Pour l’auteur, chacun devrait pouvoir assumer toutes ses identités. Lorsqu’une identité devient prioritaire, elle pèse lourd et peut entraîner des dérives, voire devenir « meurtrières ». Ainsi, par exemple, la religion, la langue, l’ethnie, l’appartenance à une communauté.

L’auteur établit un parallèle entre le christianisme et l’islam. Le christianisme a engendré bien des violences : tortures, procès iniques, inquisition mais est arrivé à vivre en harmonie avec la laïcité, les droits de l’homme, la démocratie. Au contraire, du temps où les Arabes triomphaient (Moyen Age) ils interprétaient leur foi dans un esprit de tolérance et d’ouverture mais l’islam a dérivé vers des comportements intolérants et totalitaires.

L’auteur analyse aussi comment en quelques siècles, la civilisation occidentale est devenue, pour le monde entier, une civilisation de référence, fait unique dans l’histoire.

Je n’ai pas été convaincue par les arguments, peu clairs, de l’auteur sur ce qu’il appelle « l’humiliation des Arabes ». J’ai eu l’impression qu’il s’appuyait sur son expérience, peut-être des blessures toujours ouvertes.

Dans une troisième partie, il prêche pour la tolérance, l’acceptation de l’autre, de ses différences, un humanisme ouvert, qui refuse à la fois, l’uniformisation planétaire et le repli sur la « tribu ».

Amin Maalouf cite souvent la Belgique, qu’il compare même au…Liban. « Le sentiment d’appartenance à la communauté nationale se rétrécit, jusqu’à disparaître ».

Je voudrais signaler que pour le livre d’Elie Barnavi Les religions meurtrières le titre a été choisi par l’éditeur et ne correspond pas au contenu.

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