JEAN d’ORMESSON

J’aime beaucoup Jean d’Ormesson. Je l’ai découvert, il y a très longtemps, dans Au plaisir de Dieu dans lequel il raconte son enfance et sa jeunesse. Il a écrit de nombreux romans qui sont toujours le récit de sa vie, il se raconte abondamment, mais il parle aussi de ses rencontres, de ses interrogations sur le monde, sur l’existence. Si certains sont empreints de mélancolie, je dirai que le fil rouge qui les relie est un goût prononcé du bonheur. Il aime la mer, les voyages, les femmes. Un érudit, mais qui ne boude pas son plaisir.

C’est un écrivain très médiatisé. Il a le record des passages chez Bernard Pivot, chez qui, le regard bleu pétillant de malice, il égrenait ses citations. Un vrai plaisir.

Je ne peux pas parler de tous les livres que j’ai lus. Je ferai donc une sélection très subjective.

LE RAPPORT GABRIEL. (Gallimard 1999)

Il imagine que Dieu, déçu du monde, envoie l’archange pour lui faire rapport sur ce qui se passe sur terre.

« Je le vis sur le chemin qui menait vers la mer. Il portait une chemise blanche et un pantalon blanc. Immobile, debout, il avait l’air d’attendre. Quand je passai à sa hauteur, les cheveux encore mouillés, ma serviette à la main, il me lança : – Salut. Je lui répondis : – Salut. La nuit tombait. Je lui répondis – Salut. Dieu te garde, reprit-il. Je lui jetai un coupr d’oeil avec un peu de suprise. ».

C’ETAIT BIEN. (Gallimard 2003)

Il nous relate comment il a essayé d’être heureux dans un siècle sanglant, où la science est porteuse autant de craintes que d’espérance.

« Je pense très peu. Et quand je pense, je ne pense à rien. Je ne suis même pas sûr d’avoir des opinions. Je me demande le plus souvent si les autres n’ont pas raison contre moi. La seule chose que je sais, c’est que le monde est un secret et que nous sommes une énigme. »

UNE FETE EN LARMES. (Robert Laffont 2005).

C’est le récit de la rencontre entre l’écrivain et une jeune femme, Clara, venue l’interviewer. Un voyage mélancolique et enchanteur à travers ses souvenirs.

 » Un roman ? me dit-elle. Je la regardai. Elle devait avoir un peu plus de vingt ans. Et un mètre soixante-quinze, ou peut-être soixante-dix-huit. Les femmes avaient beaucoup grandi depuis les jours de ma jeunesse. »

C’est vrai, Jean d’Ormesson a beaucoup parlé de lui dans ses romans. De son amour de la mer, des voyages, des femmes. Des écrivains qu’il a aimés et qu’il cite abondamment surtout son préféré, Chateaubriand dont il a écrit une biographie sentimentale. Mon dernier rêve sera pour vous. (Jean-Claude Lattès 1982)

Académicien, il a consacré deux livres à l’histoire de la littérature. Une autre histoire de la littérature française. (Nil édition 1977/1978). Un vaste panorama où on retrouve Rabelais, Stendhal, Flaubert, Voltaire, Hugo, Lamartine, Vigny mais aussi Sartre, Malraux, Camus, Apollinaire, Aragon etc.

A 83 ans, il ne boude pas les studios de télévision. Je l’ai vu chez Calvi disant, lors d’un débat consacré à la réforme de la grammaire, qu’il ne savait pas ce qu’il faisait là ! Ou encore, sur LCI, dans un débat politique, où il remplaçait le journaliste attitré, conclure par cette savoureuse réflexion : « J’aimerais bien revenir ».

Jean d’Ormesson, romancier, chroniqueur, directeur, un temps, du Figaro, dans lequel il continue régulièrement sa collaboration à la rubrique « Débats et opinions » est quelqu’un qui aura marqué son époque, du moins, la mienne.

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