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LIBRES PROPOS.

20 juin 2011

Comment avoir envie d’écrire quand on a l’impression d’avoir déjà tout dit sans aucune chance d’être écoutée ? L’écriture délivre, dit-on, c’est peut-être une raison suffisante pour m’exprimer.

GREVE.

La grève, m’a-t-on toujours dit, est un moyen ultime qu’ont les citoyens pour protester, faire pression sur leur patron ou l’Etat, un droit sacré. Tous ceux qui prennent le bus pour se rendre au travail ou à l’école ont très mal pris la grève du TEC. Le mécontentement de 17 personnes réclamant une prime a pénalisé beaucoup de monde. La disproportion entre le motif de la grève et les dommages subis par la population est flagrante. Les syndicalistes auxquels les journalistes ont fait remarquer que le moment était mal choisi n’ont pas hésité à les rembarrer vertement. “Il n’y a jamais de bon moment” “Une grève doit faire mal”. Langage connu mais inacceptable dans ce cas précis.

Je ne comprends pas que les centrales syndicales ne l’aient pas condamnée. Certes, il y aura toujours des grèves sauvages parce qu’il suffit d’un mécontentement local pour que le personnel se mette en grève. Est-ce acceptable ? En agissant ainsi les travailleurs ne banalisent-ils pas la grève ? Les centrales syndicales devraient, au moins, se poser le problème au lieu de reprendre un autre refrain connu : “Il y a grève quand la concertation sociale, que nous privilégions a échoué.” Cela ne correspond pas à la réalité.

MOUVEMENT REFORMATEUR.

Charles Michel a rencontré Bart De Wever. Une rencontre qui devrait être considérée comme normale, même encouragée. Que des présidents de partis se parlent, n’est-ce pas ce que tout le monde souhaite ? Comment comprendre les critiques violentes qui ont suivi ? “Trahison du front francophone” “Scandaleux” ! Décidément, le bon sens est absent du jeu politique, j’irai même plus loin, le respect de la démocratie, aussi.

“La gauche bloque autant que la NVA”. Propos vigoureusement condamnés par Laurette Onkelinx qui parle d’arrogance, par le CDH, par Jean-Michel Javaux qui y voit un manque d’humilité. Et de reprendre son refrain habituel sur la responsabilité des libéraux en 2007. Une manière de réécrire l’histoire. Tout le monde sait maintenant que l’orange bleue a échoué parce que le CDH voulait le retour des socialistes au pouvoir, ce qu’il a obtenu.

Pour moi, l’erreur a été d’écarter les libéraux des négociations en prétextant que puisqu’il s’agissait de donner de nouvelles compétences aux régions, l’Olivier seul devait négocier. Ne soyons pas cruels, mais la situation actuelle devrait, pour reprendre les propos de Jean-Michel Javaux, appeler l’Olivier à un peu “d’humilité” ! Comment peut-on affirmer que seul l’Olivier était en droit de négocier une réforme qui allait chambouler complètement le pays ? Pour moi, il s’agit d’un déni de démocratie.

CERTIFICAT D’ETUDE DE BASE.  

Je souhaite bonne chance à tous les écoliers qui le passent. Mais, déjà, les écoles en immersion soulignent leurs difficultés. Les enfants qui ont suivi un cours en néerlandais ne connaissent pas l’équivalent des mots en français. Les écoles ont essayé de “rattraper” mais ce n’est pas évident. Pour moi ce CEB n’est peut-être pas une très bonne idée. Personne ne peut nier que toutes les écoles primaires sont du même niveau. Je crains qu’on ne se serve des résultats pour établir les listes des “bonnes” écoles.

J’ai aussi trouvé très cynique la remarque de Marie-Dominique Simonet qui affirme que des places vont se libérer parce qu’il y aura des échecs. Dans quelles écoles ?

GOUVERNEMENT.

La note du formateur est attendue avec un certain scepticisme. On verra. En attendant la situation de la Grèce, inquiète la zone euro. La Belgique aussi pourrait être concernée. Et si le gouvernement démissionnaire a fait ce qu’il a pu, obtenant même un bon bulletin de l’Europe, on peut craindre des difficultés si la situation actuelle se prolonge.

Sans vouloir être trop pessimiste, je crains aussi qu’un gouvernement formé, les difficultés seront encore aggravées. Quel sera l’arbitrage entre des programmes socioéconomiques aussi éloignés ? Quelles répercussions économiques pour les régions si les réformes passent ?

Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Encore faut-il ne pas se tromper.

LA GARANTIE DU RESPECT.

8 juillet 2010

 

C’était le slogan électoral du MR :  RESPECT.

Les élections sont terminées, le MR n’a pas eu le succès escompté, socialistes et NVA se sont partagé la victoire. Bart De Wever remettra son rapport d’informateur, au Roi, cet après-midi. On verra ce qu’il en est.

Dans ce climat difficile, on pouvait espérer que les partis politiques soient conscients de l’enjeu pour notre pays. Hélas ! au MR certains et non des moindres, loin de se préoccuper de la situation du pays, ont repris leurs querelles. Le groupe autoproclamé “Renaissance” est reparti en campagne, appelant inévitablement les réactions de ceux qu’ils appellent “l’autre clan”.

Ce matin, Willy Borsu voulait siffler “la fin de la récréation” ! Je sais que c’est une formule commode mais tout de même, ce qui se passe n’a rien d’une récréation.  Il a été “choisi” comme vice-président pour pacifier, rassembler et le moins que je puisse dire est qu’il n’y est pas parvenu. Qu’il justifie la cooptation des sénateurs de communauté comme s’étant déroulée en toute légalité, me laisse perplexe. Les journalistes ont bien titré : “Victoire du groupe Renaissance”. Et pour lui, ceux qui ont été choisis, l’ont été pour leur qualité. Ce sont sans doute les vilains journalistes qui les appellent les “contre Reynders”.

Dans mon billet du 29 octobre 2009, intitulé  “Trahison”, j’avais dit combien je trouvais déplaisant cette manière de remettre une pétition à un président qui, disaient-ils, ne les écoutait pas. Je viens de le relire et je n’ai pas une ligne à retirer. Malheureusement.

Je n’ai pas à donner de leçon. Je ne tiens pas à intervenir dans les querelles du MR. Pourtant, comme citoyenne, je puis regretter qu’un parti se dévalorise à un moment crucial pour le pays.

La Renaissance, cette magnifique période historique, est à la base de ce qu’on appellera l’humanisme, dont une des valeurs est justement le respect. Comment pourrais-je dire que ceux qui font partie de ce “clan” partagent cet idéal ? Hélas !

TRAHISON.

20 octobre 2009

Didier Reynders. 

Je viens de voir les signataires de la pétition remise à Didier Reynders. Que de noms de ceux qui hier encore se disaient son ami. Ils justifient leur acte par une impossibilité de se faire entendre. C’est vraiment trop facile. Que l’on soit président de parti, comme Gérard Deprez, ministre, comme Charles Michel, chef de groupe MR comme Willy Borsu, députée européenne comme Frédérique Ries, ou poids lourd de la politique comme Louis Michel, on s’avoue incapable de se faire entendre par son président. Comment alors font-ils leur boulot ? Il est donc, d’après eux, plus difficile de parler à un homme qu’à une assemblée ! Quel aveu d’incompétence. Etre un homme ou une femme politique, c’est être capable de défendre ses idées, de convaincre même ceux qui ne sont pas prêts à vous donner raison ce qui est le pain quotidien des politiques.

 Que des syndicalistes remettent une pétition aux politiques, rien de plus normal. Que des affiliés les imitent, en utilisant les mêmes moyens, le tam-tam médiatique, c’est à la fois triste et indigne.

 Didier Reynders avait placé très haut son objectif pour les élections de juin, il ne l’a pas atteint, mais en faire un bouc émissaire est particulièrement odieux. Il a fait des erreurs, sans doute, il a attaqué les autres partis, n’est-ce pas le propre des campagnes électorales ? Les militants n’ont-ils pas applaudi ? Elio Di Rupo et Joëlle Milquet ont été plus habiles, c’est vrai. Rappelons tout de même qu’étant ministre des Finances, on lui a fait endosser toute la responsabilité de décisions qui étaient pourtant collectives.

 Et maintenant ? Louis Michel a dit et répété qu’il voulait être président en Wallonie, il ne l’est pas, il râle. Gérard Deprez, très content d’être son suppléant, n’a pas eu son mandat de député, il râle. Il était furieux qu’Olivier Maingain ait été choisi comme négociateur et pas lui. Sa rage ne pouvait qu’empirer.

 Alors le raisonnement est facile. On se débarrasse de Didier Reynders comme président de parti, la place est libre pour Louis Michel et Gérard Deprez retrouve son mandat. J’admire l’hypocrisie qui consiste à affirmer qu’il doit rester ministre des Finances pour préparer le futur ! Evidemment, sinon le plan ne tient pas !

 Les journalistes de la RTBF se sont vantés d’avoir fait dire à Louis Michel que Didier Reynders n’était “pas un atout pour le MR.” Louis est tombé à pieds joints dans le panneau !

 Christine Defraigne ? Je l’ai entendue dans Matin Première, je ne la connaissais pas, j’ai été littéralement, abasourdie de l’entendre accuser tout le monde, ses propos entrecoupés de “rires” que j’espère seulement nerveux.

 Si les signataires de la pétition avaient donné de vrais arguments pour la justifier, je pourrais réfléchir, peser le pour et le contre, argumenter mais il n’y a rien. Donc, je ne m’étendrai pas davantage.

 Je ne fais pas partie du MR, je ne connais pas Didier Reynders, je sais seulement que chaque fois que je lui ai écrit, j’ai eu une réponse claire et cordiale à mes questions ce qui est rare.

 Alors pourquoi ce billet ? Des raisons très simples. Je déteste les mises à mort. Je déteste la lâcheté. Je déteste l’hypocrisie. Je déteste l’injustice.

 Les conflits en politiques existent et existeront toujours. Les désaccords aussi. Mais ce montage est un tel manque d’éthique qu’il me dégoûte.

“Mais quand du plus beau feu l’on s’est montré capable,
Qui trahit un moment reste toujours coupable.”
                                                                                 
(Thomas Corneille.)