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PHILIPPE MOUREAUX.

19 avril 2012

 

Je le disais dans mon précédent billet, les occasions de s’étonner, s’attrister ou s’indigner ne manquent pas. Je ne réagis pas toujours. Les journalistes font leur travail, l’information est là, je garde mon indignation pour moi.

Cette fois, c’est impossible, c’est vraiment trop scandaleux. Pour mes lecteurs, qui ne sont pas Belges, un rappel des faits. Le 11 avril, la RTBF diffuse un reportage dans le cadre de ses émissions “Questions à la une”. Le sujet est délicat : “Faut-il craindre la montée de l’islam”. Je l’ai regardé, j’ai trouvé les journalistes bien courageux car, tout le monde le sait, parler de l’islam revient automatiquement à se faire traiter de raciste même quand on ne montre que la réalité.

Philippe Moureaux, vice-président du PS, bourgmestre d’une commune dite “sensible” a réagi. Je cite : “Questions à la une : des procédés dignes du nazisme”. Le journaliste, qui a pourtant fait correctement son métier est qualifié “d’islamophobe.” Accusation habituelle dès qu’un quidam ou même un spécialiste ose parler de l’islam mais, cette fois, il s’agissait d’une émission service public.

Je citerai encore ses propos repris par la Libre Belgique (art. mis en ligne le 17/04). “L’antisémitisme a fait un moment ses succès sur ce genre de méthode. C’est comme cela que Goebbels essayait d’attaquer les juifs, comme maintenant certains attaquent les musulmans.”

Pour corser le tout, un faux profil Facebook a été créé au nom du journaliste, Frédéric Deborsu. Sous le titre “Frédéric Deborsu et la Légion wallonie” en référence à l’unité SS dirigée par Léon Degrelle, ces mots “Degrelle, c’est mon papa”. Un procédé particulièrement odieux. La page a été supprimée, a réapparu, puis a de nouveau disparu.

La presse s’est mobilisée pour défendre le journaliste. Dorian de Meeûs, rédacteur en chef de La libre titrait son édito d’hier : “Non, M. Moureaux, ce ne sont pas des méthodes de nazis.” Il analyse très finement le reportage en concluant “Que ce reportage ne plaise pas à tout le monde, c’est normal. Mais que Philippe Moureaux, un professeur qui enseigne la critique historique à l’ULB, compare les méthodes journalistiques de la RTBF à des méthodes utilisées par Goebbels et par d’autres nazis de l’Histoire… Ce n”est pas simplement regrettable, c’est inacceptable. Ce dérapage mériterait des excuses publiques.”

Autre réaction, celle de Martine Simonis, secrétaire générale de l’Association des Journalistes Professionnels : “L’émission ne procède ni par stigmatisation, ni par polarisation. Il n’y a pas de généralisation abusive mais au contraire, une approche volontairement nuancée du sujet. Le reportage respecte les recommandations déontologiques en la matière.”

Je partage tout à fait cet avis et je suis contente que l’AJP l’ait exprimé.

Toujours dans la Libre Belgique, ce matin, un excellent édito de Francis Van de Woestyne, intitulé simplement : “Une faute.”

Le Soir reprenait hier l’analyse faite par l’AJP en titrant “Les propos de Moureaux sont dangereux pour les journalistes.”

Je n’ai pas été plus loin dans ma recherche. Je suis certaine que d’autres journalistes partagent l’avis de leurs collègues.

Je suis indignée parce que ce n’est pas la première fois que Philippe Moureaux tient des propos injurieux notamment sur les politiques qui ne sont pas du PS. Et les réactions sont souvent les mêmes : “On connaît son franc- parler. Il est comme cela.” Bref, à ma connaissance, c’est la première fois que les critiques sont unanimes. A propos du personnage, je me suis toujours demandé pourquoi il continuait à être invité à des débats télévisés, la haine qu’il diffuse est tellement violente qu’elle me dégoûte.

Je noterai encore que le président actuel du PS n’a pas voulu condamner les propos de Philippe Moureaux au nom de son droit à s’exprimer !

La violence a été un sujet fort débattu ces derniers temps. Alors, une interrogation, pourquoi les jeunes seraient-ils plus respectueux que leurs “illustres” aînés ?

Un souhait ? Maintenant que la RTBF a été durement attaquée, qu’elle cesse de l’inviter. Qu’il reste dans sa luxueuse villa. Qu’il cesse de nous distiller son venin comme il le fait depuis des années. Même le PS s’en portera mieux.

AMIN MAALOUF.

24 février 2012

 

Amin Maalouf est né à Beyrouth en 1949. Il vit à Paris depuis 1946. Après des études de d’économie et de sociologie, il entre dans le journalisme. Grand reporter pendant douze ans, il a effectué des missions dans plus de soixante pays puis s’est consacré uniquement à l’écriture. Léon l’Africain, Samarcande, Le rocher de Tanios, Le Périple de Baldassare, Les Echelles du Levant, Les Jardins de Lumière.

En 1998, il publie Les Identités meurtrières dans lequel il s’interroge sur ce qu’est l’identité. Ce livre a souvent été repris comme un essai de référence. (voir billet du 10 septembre 2008)

LE DEREGLEMENT DU MONDE.

J’ai acheté le livre paru en livre de poche chez Grasset en 2009 ayant beaucoup apprécié Les Identités Meurtrières. Le livre m’a plu, je l’ai lu d’une traite comme un roman et pourtant au moment d’en parler, j’ai été absolument perplexe ne me sentant pas toujours en accord avec l’auteur.

L’essai est sous-titré : “Quand nos civilisations s’épuisent”. De quoi sursauter ! Et Amin Maalouf, dès le début, annonce la couleur : “Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole. Dès les tous premiers mois, des événements inquiétants se produisent, qui donnent à penser que le monde connaît un dérèglement majeur , et dans plusieurs domaines à la fois – dérèglement intellectuel, dérèglement financier, dérèglement climatique, dérèglement géopolitique, dérèglement éthique.”

L’objectif de l’auteur est de prouver ce qu’il affirme dans son avant-propos. Il le fait en trois grands chapitres : Les victoires trompeuses – Les légimitées égarées – Les certitudes imaginaires. Et l’épilogue, au titre surprenant : Une trop longue Préhistoire.

Pour l’auteur, le début du dérèglement est la chute du mur de Berlin où, d’après lui, l’Europe n’a pas su profiter de cet événement. Il ne mentionne pas la réussite de la réunification de l’Allemagne, le bonheur des peuples d’être débarrassés de la tutelle soviétique et même pour certains de pouvoir rejoindre la Communauté européenne ou le rêve d’y parvenir.

Je ne comprends donc pas pourquoi il prend la chute du mur de Berlin comme le début du dérèglement de la planète. Il affirme pourtant qu’un vent d’espoir avait soufflé sur le monde et que la fin de la confrontation entre l’Occident et l’Union soviétique avait levé la menace d’un cataclysme nucléaire. Je ne crois pas, comme il l’affirme, qu’on ait cru en ce moment que la démocratie allait couvrir toute la planète.

Il est très critique sur la Communauté européenne et certaines sont certainement fondées, la construction de l’Europe est difficile, la difficulté d’unir des nations jalouses de leur souveraineté est réelle mais est-ce, comme il le dit, parce que l’Europe a perdu ses repères ?

Je touche là une des critiques que je fais à l’auteur, il affirme mais éprouve des difficultés à prouver ce qu’il dit. Pourtant le livre n’est pas sans intérêt. Les pages historiques sont, à mon avis, les meilleures du livre. Ainsi consacre-t-il une longue étude sur l’échec de la construction de l’unité arabe.

J’ai retrouvé aussi l’auteur des Identités Meurtrières dans plusieurs affirmations. Un exemple : “La Légitimité, c’est ce qui permet aux peuples et aux individus d’accepter sans contrainte excessive, l’autorité d’une institution, personnifiée par des hommes et considérée comme porteuse de valeurs partagées”

Je le rejoins aussi quand il dit  ”Ce n’est pas en prônant un retour illusoire aux comportements d’autrefois que l’on pourra faire face aux défis de l’ère nouvelle.” Pour lui, sortir du dérèglement qui affecte le monde ne pourra se faire qu’en adoptant une échelle de valeurs basée sur la primauté de la culture. Il explicite en disant : “Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre plus longtemps, et mieux; forcément guettés par l’ennui, la peur du vide, forcément tentés d’y échapper par une frénésie consommatrice. Si nous ne souhaitons pas épuiser très vite les ressources de la planète, il nous faudra privilégier autant que possible d’autres formes de satisfaction, d’autres sources de plaisir, notamment l’acquisition du savoir et le développement d’une vie intérieure épanouissante”. Un bel idéal mais qui m’apparaît, dans l’état actuel du monde, rongé par la pauvreté, fort utopique.

Autre affirmation très forte, présentée comme un reproche aux puissances européennes : ne pas avoir voulu imposer leurs valeurs au reste du monde : “De ce fait, c’est une faute impardonnable que de transiger sur les principes fondamentaux sous l’éternel prétexte que les autres ne seraient pas prêts à les adopter. Il n’y a pas des droits de l’homme pour l’Europe, et d’autres droits de l’homme pour l’Afrique, l’Asie, ou pour le monde musulman. Aucun peuple sur terre n’est fait pour l’esclavage, pour la tyrannie, pour l’arbitraire, pour l’ignorance, pour l’obscurantisme, ni pour l’asservissement des femmes. Chaque fois que l’on néglige cette vérité de base, on trahit l’humanité, et on se trahit soi-même”. Hélas ! l’actualité actuelle montre que ce n’est pas si simple. Il suffit de voir la difficulté qu’à la communauté internationale pour répondre aux demandes des opposants syriens, pour ne citer qu’eux.

Il revient, comme il l’avait fait dans les “Identités Meurtrières” sur l’humiliation des Arabes qui n’ont d’autre choix que de se réfugier dans la religion pour y retrouver de la dignité. Mais il appelle l’Europe à combattre le communautarisme : “En notre époque guettée par une dérive communautariste d’ampleur planétaire, “enchaîner” les femmes et les hommes à leur communauté religieuse aggrave les problèmes au lieu de les résoudre. C’est pourtant ce que font de nombreux pays d’Europe lorsqu’ils encouragent les immigrés à s’organiser sur une base religieuse, et qu’ils favorisent l’émergence d’interlocuteurs communautaires.”

Je l’ai dit, au début, j’ai aimé le livre mais j’ai regretté que les raisonnements ne soient pas plus rigoureux. J’espère cependant ne pas avoir trahi l’auteur même si un résumé est par définition une amputation d’un livre. Que le lecteur lise ce post comme des réflexions obligatoirement subjectives, j’ai retenu ce qui m’a touchée.

MOHAMED SIFAOUI.

21 avril 2010

 

Mohamed Sifaoui est né en Algérie, en 1967. Journaliste, écrivain, réalisateur de reportages et de documentaires, il est également conférencier. Membre du Bureau national de SOS Racisme, il est par ailleurs impliqué dans le combat contre les racismes et l’antisémitisme. Il a couvert comme journaliste, depuis 1988, plusieurs zones de conflits et travaille depuis une vingtaine d’années sur les mouvements islamistes. Il a également réalisé plusieurs enquêtes journalistiques sur la montée de l’idéologie islamiste en Europe et en France. Ses principaux ouvrages sont : “Ben Laden dévoilé” “Combattre le terrorisme islamiste” “Mes “frères” assassins” “La France malade de l’islamisme”.

POURQUOI L’ISLAMISME SEDUIT-IL ?

Dans son avant-propos il tient à préciser : “L’Islam est une religion, une spiritualité, une éthique, des croyances, des traditions, des dogmes et des coutumes ; l’islamisme est une idéologie politique ou plus précisément une idéologisation de l’islam, voire une politisation de cette religion.”

Dans son premier chapitre, il va reprendre les grandes étapes de l’islam et de l’islamisme. Dès son installation à Médine, Mahomet est prophète, guide spirituel mais aussi chef de guerre, homme d’Etat et dirigeant d’un gouvernement, mais, précise l’auteur, ce sont les circonstances de la naissance de l’islam et le contexte de celle-ci qui l’ont exigé et non le texte coranique en tant que tel. Les musulmans veulent reconquérir La Mecque, considérée comme un lieu sacré parce qu’abritant La Kaaba, dont ils ont été chassés. C’est la première “guerre sainte” autorisée pour défendre leur foi. Mais, le “jihad” allait imprégner fortement les premiers croyants : “leur religion leur permettait de se défendre, ils pouvaient remporter un combat même opposés à une troupe plus puissante et mieux équipée et les versets coraniques annonçaient le “paradis éternel” à ceux qui seraient tués “dans le sentier de Dieu”. Ces conclusions seront largement utilisées plus tard par les islamistes.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que la religion musulmane était un progrès, une révolution même, pour l’époque. Elle s’opposait à l’injustice, instaurait un meilleur statut de la femme, plus d’équité en prônant une meilleure répartition des richesses etc.

Du long exposé que fait Mohamed Sifaoui de l’histoire de l’islamisme, je ne retiendrai que deux faits : la naissance du salafisme walhabite au XVIIIe siècle et de la confrérie des “Frères Musulmans” fondée en Egypte, par Hassan Al-Banna, en 1928.

Les salafistes appellent à un retour à l’islam d’origine qui pour eux signifie le rejet de toutes les idées humanistes et des principes philosophiques comme la démocratie, la laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes. La charia devient sacrée, elle ne peut être ni discutée, ni modifiée, venant d’Allah, elle ne peut être que parfaite. D’où par exemple la justification des châtiments corporels.

Les Frères musulmans deviendront au fil des années le principal mouvement inspirant l’idéologie islamiste. “L’islam est religion et Etat, Coran et glaive, culte et commandement, patrie et citoyenneté. Allah est notre but, le Prophète notre modèle, le Coran, notre loi, le jihad, notre voie, le martyr notre voeu.” C’est la célèbre phrase doctrine d’Hassan Al-Banna.

D’après Mohamed Sifaoui, les Frères musulmans pratiquent un double langage. “Ses adeptes dénoncent le terrorisme tout en l’encourageant; ils se disent modernistes tout en favorisant l’archaïsme et prétendent respecter la démocratie tout en fustigeant les valeurs qu’elle renferme.” L’auteur consacrera tout un chapitre à  Tariq Ramadan, petit-fils d’Hassan Al-Banna qui fait l’apologie de son aïeul et affirme ne rien renier de son enseignement. L’auteur s’étonne d’ailleurs de l’audience qu’il a en France et regrette que, très souvent, il n’a pas en face de lui, quelqu’un capable de lui apporter valablement la contradiction.

Le chapitre 4 du livre est intitulé “Les idiots utiles de l’islamisme”. L’expression est empruntée à Lénine qui désignait ceux qui, par complaisance envers l’idéologie bolchevique, fermaient les yeux sur les réalités les moins reluisantes de l’Union soviétique. Mohamed Sifaoui accuse certains intellectuels français d’être les “idiots utiles” de l’islamisme parfois par anti-sionisme ou anti-américanisme. Ils leur reprochent aussi de traiter “d’islamophobie” toute critique de l’islam, ce qu’il juge injurieux pour les musulmans.

Que veulent les islamistes ? D’après l’auteur, leur objectif n’est pas “l’islamisation de l’Europe” mais la mise en place de conditions qui leur permettraient de pratiquer leur vision de l’islam comme ils l’entendent (…) représenter, un jour, une communauté suffisamment puissante au sein des sociétés européennes pour infléchir les positions des gouvernements quant à leur soutien à des régimes arabo-musulmans qu’ils considèrent comme “apostats” et faciliter la création de Républiques islamiques, surtout dans les Etats du Maghreb.”

Toujours d’après l’auteur, les Frères musulmans, souhaitent être assez forts pour peser sur les débats nationaux en vue d’amener les pays européens à modifier leur politique. C’est ainsi, par exemple, qu’ils sont largement intervenus dans l’affaire des caricatures danoises de Mahomet, dans les débats sur le port du voile ou de la burqua.

L’endoctrinement passe par les femmes qui ont un rôle important à jouer dans la diffusion de l’idéologie islamiste. Ce sont elles qui éduquent les enfants, elles, qui, par le port du voile rendent l’islam visible. “Finalement, celle qui est censée rechercher la discrétion fait tout pour se faire remarquer. Avec son voile, elle donne l’impression de vouloir dire : “Regardez-moi, je suis une musulmane pratiquante.”" Un comble, dit l’auteur, quand on sait que la religion interdit de manière claire et limpide l’ostentation.

Je n’ai pu donner qu’un faible aperçu de ce livre très documenté, qui ne fera certainement pas l’unanimité. Le titre est un peu trompeur car l’auteur ne répond à la question de la séduction de l’islamisme que brièvement. L’islamisme sait se servir de la pauvreté et de la misère. Les jeunes peuvent être attirés par une religion qui leur donne une nouvelle “identité”, par un discours qui joue énormément sur “les mots tels que fraternité, solidarité, entraide, égalité, engagement et don de soi”. De plus, les islamistes utilisent abondamment les médias et internet. Les pages, les blogs, les forums se comptent par centaines et sont disponibles dans toutes les langues. On y donne des conseils et on recrute…

LES MINARETS : QUELLE TEMPETE !

2 décembre 2009

 

La votation des Suisses pour l’interdiction des minarets a créé une véritable tempête. Les journaux ont orchestré une campagne unanime de désapprobation. En vrac : “Les minarets en Suisse par votation populaire : le choc !” “Vote de la honte.” “Tremblement de terre démocratique en Suisse !” “Le vote de la peur.” “Le monde musulman entre incompréhension et colère.”

 Par contre, dans les forums, les internautes, en grande majorité, se réjouissaient d’un vote démocratique et félicitaient les Suisses pour leur courage. (Réactions très vives parfois d’où la fermeture rapide des forums !)

Les débats se sont enchaînés et les Suisses ont été qualifiés de citoyens d’extrême droite. Rappelons que 57,5 % de la population s’est prononcée pour l’interdiction. S’il est vrai que la votation était organisée par un parti populiste, si l’affiche était provocante, en déduire que la majorité des Suisses sont d’extrême droite me semble un peu court.

J’aurais aimé qu’au lieu de revêtir la Suisse d’un manteau d’opprobre, les journalistes s’interrogent sur ce résultat inattendu. La Suisse a toujours pratiqué l’hospitalité. Les musulmans sont peu nombreux et, nous dit-on, bien intégrés.

Je suis étonnée qu’un vote démocratique, dans un pays démocratique,  ait suscité une telle campagne. Depuis quand, la France, la Belgique ou d’autres pays s’arrogent-elles le droit de s’ingérer d’une telle manière, à la limite de l’injure, dans ce qui ne les concerne absolument pas ? S’interroger, oui, critiquer de manière aussi véhémente, non.

Je ne suis pas qualifiée pour analyser les raisons de ce vote mais entendre parler de représailles, de demande d’annulation, me choque. J’ai suivi certains débats à la télévision et comme toujours, j’ai entendu les mêmes arguments. L’Islam est une religion qui prône la tolérance. Chaque fois qu’il s’agit de l’Islam, on fait des amalgames. On peut critiquer l’Islam, mais pas n’importe comment etc. Plus amusant : la tour Eiffel est le meilleur minaret en France !

Je serais plutôt d’accord avec Odon Vallet : la religion suscite toujours des passions : positives, c’est l’enthousiasme; négative, c’est le fanatisme. Ou encore : il est bien difficile de mettre la barrière entre un islam radical ou modéré.

J’ai retenu surtout qu’un minaret est un signe de visibilité. Comme un clocher, comme un phare. L’islam revendique cette visibilité comme les musulmanes le font en portant le voile…(dit par un musulman sur FR5).

Plus raisonnable, il s’agit d’architecture. Plus marrant, toujours dit par un musulman, les minarets devraient être construits comme les autres éléments architecturaux du pays, différents en Bretagne ou ailleurs. En briques rouges, par exemple…

Un paradoxe : la peur, nous dit-on, se trouve dans les deux camps. Je peux comprendre l’indignation des musulmans mais la peur ?