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REDOUBLEMENT EN 3ème MATERNELLE.

13 avril 2012

Les sujets de s’étonner, s’attrister ou s’indigner ne manquent pas. Depuis longtemps, les études qui se succèdent affirment que notre enseignement va mal. Niveau trop bas, trop d’échecs, trop de redoublements, manque de formation professionnelle.

Le redoublement surtout a suscité de vives polémiques. Je précise qu’il s’agissait de l’enseignement secondaire. Certains étaient pour; d’autres contre. Argument des “pour” : indispensable pour une bonne scolarité. Arguments des “contre” dont je fais partie : échec camouflé, répercussions négatives pour l’enfant, une solution facile, un alibi en sorte qui empêche de réfléchir aux vraies solutions. En tous cas, certainement pas un remède à l’absentéisme.

Vous comprendrez aisément que d’apprendre qu’un élève de 3ème maternelle pouvait redoubler m’a vraiment stupéfiée. La Libre Belgique précise : “Chaque année, près d’un enfant sur vingt en Communauté française entre ainsi en 1re primaire avec un an de retard, à la suite de son maintien en 3ème maternelle.” (art. mis en ligne le 12 avril).

Je crois rêver en lisant les arguments évoqués : manque de maturité, bénéfice d’une année supplémentaire avant d’entrer à l’école primaire. Je m’attendais plutôt à un manque de connaissance du français puisque les populations d’immigrés sont les plus touchées. Certaines rumeurs font état d’un absentéisme trop prononcé.

Quel est donc le rôle de l’école maternelle ? Pour moi, avant tout, un rôle de socialisation. Les enfants jouent ensemble, apprennent à se connaître tellement bien parfois que tout le monde a déjà entendu un môme parler de son amoureux/se avec le plus grand sérieux.

Autre rôle important, le développement de l’enfant qui, par des activités ludiques, va “grandir”. Un “éveil”,disait-on avant, pour caractériser les acquis au niveau psychomoteur ou mental avec une conséquence importante qu’est l’épanouissement de l’enfant.

En aucun cas, il ne s’agissait d’une préparation à l’école primaire, sinon au sens large comme je viens de l’exprimer.

Je me pose une question : comment un/e instituteur/trice décèle-t-il le manque de maturité d’un enfant ? Je ne vois pas. Je sais que c’est aussi la tarte à la crème dans le secondaire : votre enfant manque de maturité. – Ah ! bon, moi, sa mère, je ne l’avais pas remarqué. Un peu d’humour, c’est aussi ce que certains disent de leur conjoint…

Non, je ne peux pas accepter le redoublement en 3ème maternelle. Rien ne peut justifier de “marquer” un enfant, de lui infliger une blessure qui ne sera peut-être apparente que beaucoup plus tard. Le mal sera fait, de manière irrémédiable.

Allons, un peu de bon sens !

 

CONTROVERSE.

19 février 2012

L’émission était consacrée à l’enseignement, plus spécialement au désamour des enseignants pour la profession. Un enseignant sur deux (sur trois ?) quitte l’enseignement et on s’attend à une pénurie, réelle déjà, mais qui va s’accentuer, voire devenir grave dans les années prochaines.

Premier argument invoqué par une enseignante qui témoigne anonymement, les enseignants ne sont plus estimés. Ce n’est pas neuf ! De plus cela concerne bien des professions. Le médecin n’a plus le prestige qu’il avait, ni l’avocat, ni le notaire…

Antienne pas neuve non plus, le reproche fait aux enseignants d’avoir trop de congés. A contrario, je dirais que cela devrait encourager les jeunes à devenir enseignant, car, c’est vrai c’est un luxe de pouvoir s’occuper de ses enfants le soir et de ne pas avoir la hantise des congés scolaires. Mais, soyons justes, cela concerne surtout les mères de famille et je ne crois pas qu’un jeune ait cette préoccupation.

J’ai trouvé le débat très ennuyeux et si j’en parle c’est que je trouve qu’il était hors réalité. La violence qui règne dans les  écoles est, selon moi, la principale cause du rejet du métier. Dire, pudiquement, les enfants ne sont plus les mêmes, c’est un peu court. L’école n’est jamais que le reflet de la société. Celle-ci est de plus en plus violente et personne jusqu’ici n’a trouvé la potion magique qui la rendrait moins violente. Que de débats sur les incivilités ou sur la  délinquance ! Sans aucun résultat.

Autre tarte à la crème, le manque de formation des profs. Et cette proposition que je trouve complètement aberrante faite par la CGSP et le ministre Marcourt de prolonger les études, autrement dit de faire de tous les enseignants des universitaires. Sans rire, le délégué CGSP affirme et, c’est vrai, qu’il faudrait évidemment payer tous les enseignants, de la maternelle au secondaire, au barème des licenciés. Bonne chance pour trouver l’argent !!!

Si certains jeunes apprécieraient de pouvoir faire un master après un régendat, je ne crois pas que ce soit dans l’esprit de devenir enseignant. Présenter cette mesure comme un remède à la pénurie est pour le moins paradoxal. Dois-je rappeler que l’enseignement universitaire coûte très cher et que les parents seraient donc les premiers pénalisés par cette mesure ?

La sagesse populaire dit : “C’est en forgeant qu’on devient forgeron”. Je ne veux pas dire qu’une formation n’est pas nécessaire mais le métier on l’apprend sur le tas. Je ne crois pas à la multiplication des formations. Croit-on sérieusement qu’une brochure énumérant ce qu’il faut faire ou pas en cas de conflits serait efficace ? Par contre, parler de ses problèmes avec un collègue qui s’en sort mieux peut être une véritable aide. Cela se fait déjà, sans qu’il soit besoin de mettre des structures en place. Remplacer quelques heures de cours des séniors pour aider les jeunes ne me semble pas une bonne idée. C’est trop artificiel. Et les séniors en auront-ils vraiment envie ?

La ministre a aussi parlé de la réforme des titres. Un chantier qui a toujours échoué et date au moins des années septante. Quant à l’article 20, il a toujours posé problème. Le débat m’a appris qu’on y avait de plus en plus recours. Il est en tous cas indispensable pour certaines formations professionnelles. Et pour certains, cela se passe bien.

J’avais déjà, le 21 mai 2008, parlé de la pénurie des profs. Je ne vais pas redire tout ce que je disais à ce moment-là. Je suis seulement attristée que rien n’ait changé.

ECOLO ET L’ENSEIGNEMENT.

23 novembre 2009

 

Sarah Turine était l’invitée de Matin première, ce lundi. Je résume ce qu’elle a dit pour l’enseignement.

LE  VOILE.

Pas question de l’interdire. Pas question de laisser les écoles choisir. En réponse, à une question d’un auditeur, elle précise qu’il ne faut pas créer de “ghettos” ce qui serait le cas si on interdisait le voile partout. Bizarre. Evidemment, dit-elle, il faut que les élèves suivent les cours normalement.

Voilà la position d’Ecolo, qui était celle de leur programme électoral mais pas, nuance, de la campagne électorale, réaffirmée clairement. Je me souviens pourtant que, dans un forum, Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant avaient dit qu’il fallait discuter… C’est fait.

Alors, je voudrais que Sarah Turine m’explique comment une jeune fille voilée peut valablement suivre le cours de gymnastique. De quel droit un parti politique peut-il supprimer ce qui se trouve depuis des années dans le règlement d’ordre intérieur des écoles, à savoir, pas de couvre-chef ? Les profs obtiennent, pas toujours facilement, que les garçons enlèvent leur casquette ce qui est une question de savoir-vivre même dans la religion musulmane. (cf. un film récent). Une nouvelle discrimination fille/garçon ?

Qu’on le veuille ou non, porter le voile est une manière “de se mettre à part”, de former un groupe bien visible. Je précise que les autres élèves de la classe, non voilées, musulmanes ou non, se font traiter “d’impures”. Je n’ai jamais entendu quelqu’un relayer leurs réactions qui sont pourtant bien connues des profs. Sur mon blog, quelqu’un m’a conseillé d’imiter la pudeur des femmes musulmanes ! Et oui, nous en sommes là.

Et je ne reprendrai pas tout ce que j’ai déjà dit sur la dignité de la femme, sur les combats des féministes, combien il est blessant de voir que la soi-disant “pudeur” est imposée aux femmes pour éviter la concupiscence masculine.

Tareq Oubrou, théologien et iman à Bordeaux, qui plaide pour un islam moderne, disait dans une interview : les partisans du port du voile, par leur position religieuse, réduisent la femme à un vêtement, et par leur fragilité, trahissent leur ignorance. Ou encore “Cette visibilité est néfaste car, à long terme, cette pratique pose des problèmes spirituels et psychologiques aux filles qui  veulent étudier ou travailler.” Tareq Oubrou participe régulièrement aux émissions religieuses “Islam” sur France2 mais n’est pas invité dans les débats télévisés….

Un dernier mot, je n’arrive pas à comprendre pourquoi Ecolo ne veut pas défendre les valeurs de la laïcité. Et, je rappelle que de très nombreuses écoles catholiques interdisent le port du voile en se basant sur le règlement d’ordre intérieur.

MIXITE  SOCIALE.

 La position de Sarah Turin est très claire. Il faut 20 % d’élèves “défavorisés” dans toutes les écoles. Et en  réponse à un auditeur, “l’élève défavorisé” devient”la musulmane voilée” ! On appréciera. Et elle précise : “Les enfants qui sont actuellement inscrits en école primaire pourront avoir accès à l’école secondaire si l’école primaire est adossée mais ceux qui s’inscriront à partir de demain n’auront plus cet avantage.”

La presse nous a largement informés que le projet de décret d’inscription était une proposition d’Ecolo. Le fameux formulaire…

Beaucoup pensaient qu’Ecolo au pouvoir signifiait le retour des taxes. Cela viendra sans doute. En attendant, ils ne respectent pas un droit constitutionnel qui est la liberté de choix des parents pour l’école de leurs enfants.

Ils ne sont pas conscients du tout que céder sur des valeurs essentielles c’est ouvrir la porte à des dérives qui pourront, dans l’avenir, être graves.

Isabelle Durant, s’était déjà exprimée : elles sont si mignonnes les jeunes filles voilées qu’elle rencontre dans le bus ! Comme s’il s’agissait de cela !

Regarde-t-elle ce qui se passe dans les pays où la charia est appliquée ? N’est-ce rien à ses yeux que les femmes fouettées ? Rien, le combat de beaucoup de musulmanes pour que leur dignité soit reconnue ? Rien, les larmes de celles qui racontent comment la police les traite ? A-t-elle oublié le combat de la jeune fille courageuse qu’on a surnommée “la fille au pantalon” ?

Désespérant.

DECRET D’INSCRIPTION.

13 novembre 2009

Marie-Dominique Simonet. 

Lors de la campagne électorale, tous les partis ont répété qu’ils faisaient de l’enseignement une priorité. Et de citer la revalorisation de l’enseignement professionnel, une meilleure formation des élèves, la prise en compte des écoles défavorisées etc. sans jamais préciser comment atteindre ces objectifs. Le CDH a revendiqué le poste de ministre de l’enseignement, Joëlle Milquet estimant qu’il était temps que ce ne soit plus un socialiste. Je ne sais pas si elle a bien réfléchi aux difficultés qu’allait fatalement rencontrer la ministre.

Première étape : les économies dans l’enseignement. Une mesure parmi d’autres, l’extension de la charge horaire des enseignants du secondaire. Mesure retirée aussi vite après les protestations syndicales ou plus vraisemblablement parce que la mesure était inapplicable. Il y a peu de cours d’une ou deux heures dans le secondaire.

Et voilà, le décret d’inscription revient sur la table. Ce qui était convenu : partir d’une page blanche. La logique aurait été, après les décrets calamiteux précédents, de les abroger et de s’en tenir là. Mais, il y a l’obsession de “mixité sociale” acceptée, paraît-il, par tous comme une nécessité absolue.

Première remarque : la mixité sociale est un fait dans la très grosse majorité des écoles. Il suffit d’aller voir la sortie des écoles, par exemple, près du Botanique pour constater que la population scolaire n’est plus ce qu’elle était il y a dix ou vingt ans.

Deuxième remarque : les écoles visées pour leur “mauvais comportement” sont une dizaine. Fallait-il pour cela bouleverser tout l’univers scolaire comme cela a été fait ? Et, cerise sur le gâteau, on a épinglé ces écoles comme de très bonnes écoles à faire pâlir celles qui n’étaient pas dans la liste.

Troisième remarque : on a traité certaines écoles de “ghettos” de quoi faire bondir ceux qui n’ont pas oublié ce que ce nom a signifié dans l’histoire du vingtième siècle. Vouloir dix ou quinze % d’élèves “défavorisés” dans toutes les écoles comme le souhaitent les socialistes ou les écolos est-ce une mesure qui supprimera les écoles ZEP qualifiées honteusement de “ghettos” ? Certainement pas. J’admire d’ailleurs la sémantique. Qu’est-ce qu’un élève défavorisé ? Moins intelligent, ayant de moins bon résultat en primaire,  issu de  l’immigration,  venant  d’un milieu social qualifié d’inférieur ? Evidemment, le politiquement correct interdit de tenir des propos aussi “hard”. Donc, pas de définition.

Quatrième remarque : le choix des parents est un droit. Et là réside le paradoxe. On affirme le respecter mais toutes les mesures envisagées sont contre ce choix. Elèves prioritaires ou pas, selon tel ou tel critère, on nage en plein délire. La dernière proposition, demander que chaque élève de 6ème primaire remplisse une fiche avec ses préférences ou  son droit à être prioritaire, est tout simplement aberrante. Si cela se fait, je souhaite bonne chance à ceux qui devront les dépouiller !

Quel gâchis ! S’insurger qu’un enfant de primaire puisse continuer dans l’école secondaire du même pouvoir organisateur sous prétexte que cela favorise l’enseignement catholique est-ce vouloir le bien de l’enfant ? N’est-ce pas légitime ? C’est vrai que l’enseignement primaire officiel est communal, l’enseignement secondaire provincial ou dépendant de la Communauté Française donc “l’adossement” (quel vilain mot !) n’existe pratiquement pas. Mais, que je sache, rien n’a jamais empêché un enfant sortant d’une école communale de s’inscrire dans un lycée.

L’absurdité est vraiment poussée très loin. J’entendais Proper Boulanger proclamer qu’il faudrait un décret d’inscription pour le primaire si la ministre ne changeait pas son projet ! Et d’ajouter qu’il était contre l’autonomie des directeurs ou des PO. Vraiment ? La CSC n’a-t-elle pas défendu fermement les projets pédagogiques ?

Cela me rappelle une époque très lointaine où les inspecteurs linguistiques faisaient le tour des écoles maternelles de Bruxelles pour voir s’il n’y avait pas de petits flamands égarés dans les écoles francophones. Cela m’avait beaucoup choquée. Justement, parce que le droit des parents de choisir l’école de leurs enfants n’était pas respecté. Comme maintenant.

Faut-il répéter que la meilleure école est celle où l’enfant se sent bien. Qu’il vaut mieux se trouver dans son quartier où les liens avec les autres enfants pourra être beaucoup plus fort. Qu’imposer aux enfants de longs trajets en voiture ou en bus, quand on pourrait l’éviter, est un scandale. Qu’enfin, quelle que soit l’école, les enfants qui veulent réussir s’en sortiront toujours.

Je terminerai avec un peu d’humour car je suis très en colère. Un des critères proposé est la distance entre les écoles “à vol d’oiseau”. La ministre va-t-elle équiper des pigeons de puces électroniques pour être certaine qu’il n’y a pas cent mètres de trop ?

Et dire qu’il y a tellement à faire pour rendre notre enseignement performant. Pour tous.

 

DE L’INEGALITE.

23 août 2009

Liberté, égalité, fraternité.Personne ne contestera que nous sommes tous différents. Certains sont intellectuels, d’autres manuels, artistes ou dénués de dons artistiques, gros ou maigres, hommes ou femmes, sportifs ou non sportifs, bons en math ou pas et je pourrais continuer l’énumération.

Pourquoi ces différences causent-elles problèmes ? Plusieurs causes : l’organisation de la société, le regard que nous portons sur d’autres que nous, les mentalités souvent issues de deux mille ans d’histoire ou de religion. Les conséquences sont que ce qui est naturel peut devenir scandaleux.

Je m’explique. Certains métiers paraissent plus nobles que d’autres. Ainsi, un médecin, un juge, un avocat seront considérés comme socialement supérieurs aux ouvriers. Pourtant, le diplôme de médecin ne fait pas de vous de facto un bon médecin, capable d’un bon diagnostic ou d’une bonne interprétation d’un scanner. Mais la société a établi une hiérarchie des métiers avec des conséquences : statut social, notoriété, rémunérations différentes. Et pourtant, il y a de bons et de mauvais avocats, de bons et de mauvais juges, de bons et de mauvais chefs d’entreprise, mais le statut social l’emporte sur la qualité humaine. Il faut qu’un scandale surgisse pour qu’on affirme qu’un juge, par exemple, est d’abord un être humain, avec tout ce que cela comporte.

Certaines disparités ont appelé la société à réagir pour rétablir une plus grande égalité. Qu’une femme soit moins payée qu’un homme, pour le même travail, a suscité l’indignation et l’essai d’une correction : la loi l’interdit mais elle reste inopérante parce que l’égalité ne s’établit pas par des lois. Deux mille ans de mépris de la femme ne se corrige pas par une décision législative. De la même manière, en politique, l’essai d’établir des quotas a toujours échoué.

En sport, la société admet qu’un footballeur soit mieux payé qu’un autre sportif et pire déroge à une loi universelle : il peut être “vendu” contrairement à une exigence éthique, reconnue par tous, qu’est l’interdiction de la vente d’êtres humains. C’est admis parce que l’unanimité s’est faite pour conférer ce statut très spécial à un footballeur.

Si un plombier est moins considéré socialement que celui qui exerce une profession libérale, il aura pourtant la reconnaissance de ses clients. Je ne crois pas qu’étant dépanné pour une fuite d’eau ou une machine à laver, nous soyons moins reconnaissants à notre plombier qu’au médecin qui nous a, le même jour, délivré une ordonnance. Quant à l’argent, il y a de telles disparités qu’on ne peut pas en faire un critère d’inégalité.

Pourquoi ai-je réfléchi à ces questions d’égalité ? Tout bonnement, à propos du décret de mixité sociale. Nous en connaissons les ravages et l’aberration qui a consisté à établir la liste de bonnes et de mauvaises écoles, les inscriptions multiples, les tirages au sort, et cerise sur le gâteau, 250 élèves qui seront pris en charge pour des “activités” s’ils ne sont pas inscrits dans une école.

Ce qui me paraît le plus inacceptable, c’est que les politiques n’admettent pas que la mixité sociale existe, et que, de toute manière, elle ne peut, en aucun cas, s’établir par un décret. Si on juge notre enseignement inégalitaire, il faut réfléchir à ce que cela veut dire, sans brandir des slogans dont tout le monde sait qu’ils ne veulent rien dire :”Les mêmes chances pour tous” ! Un décret ne changera rien aux inégalités inhérentes à la condition humaine ou établies par la société.

Il y a d’autres paradoxes à propos de l’enseignement. Nos politiques affirment vouloir faire de l’enseignement technique ou professionnel, un enseignement de qualité mais ne disent jamais comment ils vont s’y prendre. Peut-être, par une circulaire affirmant : “Dorénavant, l’enseignement technique et professionnel doit être considéré comme l’équivalent de l’enseignement général.” ? (!)

Autre paradoxe : on proclame la mixité sociale, qui devrait selon moi, être interprétée comme le fait d’établir une égalité entre tous les enfants. En même temps, on s’engage dans un communautarisme qui en est tout le contraire : le port du voile fait des musulmanes un groupe “à part”, bien visible dans une classe, ce qui ne me semble bon, ni pour elles, ni pour les autres.

J’espérais qu’au moins vu l’échec du décret de mixité sociale, on abandonnerait cette fausse bonne idée. Hélas, on nous promet de recommencer, en partant d’une page blanche ! mais sans aucune réflexion sur la nécessité de légiférer pour mettre fin à quelques abus qui seraient bien plus simple de régler autrement.

“La France a toujours cru que l’égalité consistait à couper ce qui dépasse” (Jean Cocteau).

“Les Français n’aiment point la liberté : l’égalité seule est leur idole.”  (Chateaubriand).