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CONTROVERSE.

19 février 2012

L’émission était consacrée à l’enseignement, plus spécialement au désamour des enseignants pour la profession. Un enseignant sur deux (sur trois ?) quitte l’enseignement et on s’attend à une pénurie, réelle déjà, mais qui va s’accentuer, voire devenir grave dans les années prochaines.

Premier argument invoqué par une enseignante qui témoigne anonymement, les enseignants ne sont plus estimés. Ce n’est pas neuf ! De plus cela concerne bien des professions. Le médecin n’a plus le prestige qu’il avait, ni l’avocat, ni le notaire…

Antienne pas neuve non plus, le reproche fait aux enseignants d’avoir trop de congés. A contrario, je dirais que cela devrait encourager les jeunes à devenir enseignant, car, c’est vrai c’est un luxe de pouvoir s’occuper de ses enfants le soir et de ne pas avoir la hantise des congés scolaires. Mais, soyons justes, cela concerne surtout les mères de famille et je ne crois pas qu’un jeune ait cette préoccupation.

J’ai trouvé le débat très ennuyeux et si j’en parle c’est que je trouve qu’il était hors réalité. La violence qui règne dans les  écoles est, selon moi, la principale cause du rejet du métier. Dire, pudiquement, les enfants ne sont plus les mêmes, c’est un peu court. L’école n’est jamais que le reflet de la société. Celle-ci est de plus en plus violente et personne jusqu’ici n’a trouvé la potion magique qui la rendrait moins violente. Que de débats sur les incivilités ou sur la  délinquance ! Sans aucun résultat.

Autre tarte à la crème, le manque de formation des profs. Et cette proposition que je trouve complètement aberrante faite par la CGSP et le ministre Marcourt de prolonger les études, autrement dit de faire de tous les enseignants des universitaires. Sans rire, le délégué CGSP affirme et, c’est vrai, qu’il faudrait évidemment payer tous les enseignants, de la maternelle au secondaire, au barème des licenciés. Bonne chance pour trouver l’argent !!!

Si certains jeunes apprécieraient de pouvoir faire un master après un régendat, je ne crois pas que ce soit dans l’esprit de devenir enseignant. Présenter cette mesure comme un remède à la pénurie est pour le moins paradoxal. Dois-je rappeler que l’enseignement universitaire coûte très cher et que les parents seraient donc les premiers pénalisés par cette mesure ?

La sagesse populaire dit : “C’est en forgeant qu’on devient forgeron”. Je ne veux pas dire qu’une formation n’est pas nécessaire mais le métier on l’apprend sur le tas. Je ne crois pas à la multiplication des formations. Croit-on sérieusement qu’une brochure énumérant ce qu’il faut faire ou pas en cas de conflits serait efficace ? Par contre, parler de ses problèmes avec un collègue qui s’en sort mieux peut être une véritable aide. Cela se fait déjà, sans qu’il soit besoin de mettre des structures en place. Remplacer quelques heures de cours des séniors pour aider les jeunes ne me semble pas une bonne idée. C’est trop artificiel. Et les séniors en auront-ils vraiment envie ?

La ministre a aussi parlé de la réforme des titres. Un chantier qui a toujours échoué et date au moins des années septante. Quant à l’article 20, il a toujours posé problème. Le débat m’a appris qu’on y avait de plus en plus recours. Il est en tous cas indispensable pour certaines formations professionnelles. Et pour certains, cela se passe bien.

J’avais déjà, le 21 mai 2008, parlé de la pénurie des profs. Je ne vais pas redire tout ce que je disais à ce moment-là. Je suis seulement attristée que rien n’ait changé.

C’EST LA RENTREE !

29 août 2011

 

Rentrée de vacances pour ceux qui ont eu la chance d’en prendre, rentrée scolaire, rentrée politique et retour des débats dominicaux.

CONTROVERSE.

Le thème est le slogan d’Anne Demelenne mais sous la forme interrogative : Faut-il faire payer les riches ?” Un oui sans surprise au premier tour de table. Très vite, l’unanimité craque. Qu’est-ce qu’un riche ? A partir de quels revenus ? Biens immobiliers + revenus professionnels ? Brouillard. Il est vrai que la question, si simple dans la bouche des syndicats, devient drôlement compliquée quand il s’agit d’être précis. Rappel de ce qu’on entend souvent : “Attention à la fuite des capitaux. Certains postes à responsabilité méritent bien un salaire élevé. Les politiques n’ont rien à dire dans le privé. Seuls devraient être concernés les entreprises publiques où l’état est actionnaire.”

Je ne vais pas refaire le débat d’ailleurs peu audible. Je retiendrai seulement que l’écart entre hauts et bas revenus s’est agrandi et que c’est insupportable. De plus, c’est important, n’importe quelle taxe sur les riches rapporterait bien peu par rapport aux millards nécessaires. Dire, comme le martèle la FGTB, que cela règlerait tout, est une tromperie.

Pour preuve que rien n’est simple, la proposition d’Etienne Davignon d’une cotisation de solidarité temporaire est jugée, par certains, être une aumône. Je repense à la fameuse déclaration de François Hollande : “Je n’aime pas les riches.”

MISE AU POINT.

Thème du débat, les négociations. Il était faussé dès le départ puisque tous ont bien dit que les négociations ne se faisaient pas sur un plateau de télévision et que la discrétion était indispensable pour  la réussite. Seule exception, Olivier Maingain et, ce qui était assez marrant, c’est de constater que finalement, le débat tournait autour de lui. Tout le monde connaît ses propositions. Il les a rappelées assez souvent. L’élargissement de Bruxelles, la ratification de la convention-cadre sur la protection des minorités, la nomination des bourgmestres dans les communes à facilités.

Les politiques sur le plateau ont été d’une grande prudence. L’élargissement de Bruxelles ? Il y a différentes formules, on verra en négociations…

Je m’attendais à ce qu’on rappelle ce que les francophones ont toujours dit : compensations si BHV est une scission pure et simple, non négociée et surtout, l’indispensable, le refinancement de Bruxelles.

Olivier Maingain, a été beaucoup plus loin que ce qu’il dit d’habitude. En périphérie, si la scission de BHV, se fait, même négociée, un francophone ne pourrait plus passer son permis de conduire, comme c’est le cas actuellement, à Bruxelles. Pas de réaction, je pense que l’argument n’était pas connu, du moins c’est mon impression. Alors, tant qu’il y était, Olivier Maingain a été beaucoup plus loin, en demandant qu’il y ait des écoles francophones en périphérie, ajoutant avec l’air sérieux qu’il a habituellement, que cela ne le gênait pas qu’il y ait des écoles flamandes en Wallonie ! Là, je crois qu’il a perdu des points car ce n’est évidemment pas une revendication des francophones de la périphérie et il sait très bien que c’est surréaliste. Pour moi, il a perdu en quelques phrases toute crédibilité.

J’ai déjà dit que je ne voyais vraiment pas en quoi l’élargissement de Bruxelles, autrement dit, trois ou six communes, qui deviennent bruxelloises, était vital pour la survie du pays. Je dirais même le contraire. On sait que c’est un tabou flamand infranchissable, donc qui compliquerait encore la recherche d’un compromis. De plus, la volonté de rattacher Bruxelles à la Wallonie, m’apparaît bien comme prémisse de scission du pays.

Je ferais remarquer à Olivier Maingain que l’exemple de son permis de conduire n’est pas propre à la scission de BHV mais aux transferts des compétences aux régions, or, paradoxalement, il affirme haut et fort qu’il est régionaliste !

Pour moi, je n’ai pas changé d’avis. Il faut scinder BHV, sans toucher aux limites territoriales de Bruxelles, en préservant comme la note Di Rupo le prévoit, les droits d’être jugé dans sa langue.

Je regrette toujours que les partis au nord comme au sud, n’aient pas plutôt concentré leurs efforts sur une Belgique à quatre régions, non à deux. Cette hypothèse n’a jamais été retenue. Pourquoi ? En arrière fond, on sent bien que la scission du pays plane comme une menace. Elle pèse lourd, même si les politiciens savent bien qu’elle n’est pas réelle. Cela a été assez démontré. Il y a surtout, ce qui ne se dit pas, la crainte de pertes électorales, de pouvoir.

Les politiciens évoquent aussi le danger d’une cogestion de Bruxelles par la Flandre. Or cet argument devrait justement les inciter à travailler pour l’autonomie entière de Bruxelles. Plus les francophones affirment que Bruxelles leur appartient, plus les flamands tiennent à la cogérer. La logique voudrait que Bruxelles soit rendue aux Bruxellois.

Je voudrais aussi insister sur les compétences supplémentaires données aux régions. Celles-ci sauront-elles les assumer ? Que deviendra le Fédéral ? La Belgique sera-t-elle encore viable quand le fossé nord/sud se creusera davantage ? Je sais que l’on nous dit le contraire. Les réformes entreprises doivent faire de la Belgique un état moderne. Peut-être, mais viable ?

DEBATS DU DIMANCHE 26 SEPTEMBRE.

27 septembre 2010

 

Le philosophe André Comte-Sponville avoue qu’il déteste les dimanches. “Le dimanche. Pour quoi ?Pour le repos. Pour attendre le lundi. Pour rien.” (Le goût de vivre). Bien entendu, il développe son point de vue mais ce n’est pas mon sujet.

Chez nous, les débats Controverse et Mise au point suscitent souvent beaucoup d’intérêt. Une manière de décrypter l’information, d’écouter les politiques, journalistes ou politologues, l’espoir de comprendre un peu mieux l’actualité.

Ce dimanche, les deux débats étaient consacrés à Bart De Wever. Que veut-il ? Est-il capable de compromis ? En cas d’échecs des négociations se dirige-t-on vers de nouvelles élections ?

Questions, on s’en doute, restées sans réponse. Sauf une. Jean-Marie De Decker, à RTL, affirme avec son assurance habituelle, que Bart De Wever souhaite des élections. Inutile de préciser le peu de fiabilité du président de la LDD qui ne représente plus rien. Je me demande encore pourquoi il est invité, parlant sans y être autorisé, coupant la parole à tout le monde sans qu’aucun de ses propos ne soit intéressant. L’inviter parce qu’il est le seul Flamand à accepter de participer me semble peu probant. D’autant plus que, Eric Donckier, éditorialiste flamand, pouvait avantageusement jouer “le Flamand de service”. Pour clore ce chapitre, j’ai été étonnée d’entendre Pierre Vercauteren, politologue à la Fucam, dire que la probabilité d’élections était de 50/50.

En réalité, le débat à RTL comme à la RTBF, portait sur la chronique de Bart De Wever sur la collaboration. Indignation générale sur le contenu. Accusation de provocation. Boule puante. Moment inopportun.  La question de fond me semble être l’argument qu’un homme politique ne peut pas écrire de chroniques. Là, je m’étonne. Un homme politique peut donner des entretiens, des conférences de presse mais ne peut pas s’exprimer librement dans un journal ! Je dirais qu’écrire une chronique est bien plus périlleux que de répondre à des questions de journaliste. Pratiquer la langue de bois lors d’entretiens est un exercice auquel tout politicien est rodé et si, bien sûr, le mensonge est toujours possible quel que soit l’exercice auquel on se livre, j’ai l’impression qu’une chronique révèle mieux ce que le signataire pense vraiment. Bart De Wever réagissait à quelques minutes de reportage sur son grand-père, collabo, réalisée par la RTBF et reprise par la VRT. C’est donc bien l’homme qui s’exprimait. Pourquoi n’en aurait-il pas le droit ? Au lecteur d’exercer son sens critique.

Patrick Roegiers, écrivain, a rappelé le livre d’Hugo Claus Le Chagrin des Belges qui, pour moi, est très éclairant sur la collaboration en Flandre et le nationalisme flamand. “Les Allemands sont nos cousins.” Mais, bien entendu, la collaboration restera toujours un sujet sensible et il faut laisser les historiens faire leur travail et admettre qu’ils ne sont pas toujours objectifs.

Olivier Maroy, avait invité René Zayan, qui s’est livré à son exercice habituel sur la personnalité de Bart De Wever. Je ne reprendrai pas ses propos, que je ne puis considérer comme crédibles, mais je soulignerai la réaction des invités : le rire ! J’ai bien aimé la remarque de Guy Vanhengel : il faudrait se livrer au même exercice pour Elio Di Rupo. Je crains, cher Guy, qu’à la RTBF cela soit impossible !

En résumé, deux débats décevants. Un mot sur la non-participation des socialistes “pour ne pas jeter de l’huile sur le feu”. Très amusant quand on se rappelle les déclarations de Laurette Onkelinx et de Rudy Demotte sur le plan B ! Il est vrai qu’Elio Di Rupo a l’habileté de laisser parler ses scribes sans se manifester. Du grand art. Une manière de préparer l’opinion ou de la tester; la discrétion est de mise, mais les négociateurs peuvent, comme le dit si bien Laurette Onkelinx, s’exprimer sous le coup de la colère… Je ne crois pas qu’il s’agissait d’un coup de gueule. Comme on a pu le voir, l’effet médiatique a été immense, même à l’étranger.

Une semaine commence. Fête de la Communauté française, commentaires des sondages, travail des experts de “haut niveau”, elle sera sans doute fertile en débats. Pour me faire plaisir, je vais reprendre la formule devenue rituelle : elle sera décisive !